Étiquette : Gore

 

Cauchemar qui tue par Lewis Mallory

Fiche de Cauchemar qui tue

Titre : Cauchemar qui tue
Auteur : Lewis Mallory
Traduction : N. Monnin
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir / Gore

Première page de Cauchemar qui tue

« Theresa avait huit ans quand elle fit des cauchemars. Elle s’éveillait la nuit en hurlant et le matin, lorsqu’elle ouvrait les yeux, les images terrifiantes étaient encore présentes à son esprit. Elle rêvait toujours des mêmes choses. De feu, d’eau et de sang.

Son père écarta les boucles brunes et déposa deux baisers sur ses joues.

— Bonne nuit, mon ange, dit-il en la soulevant à bout de bras. Tu es contente d’avoir une petite sœur  ?

— Ce sera peut-être un petit frère, intervint sa mère du fauteuil où elle était installée.

Elle paraissait satisfaite, malgré les cernes qui, sous ses yeux, traduisaient sa fatigue.

Theresa se tortilla dans les bras de son père, qui la déposa sur le tapis. Il s’assit et elle s’agenouilla près de lui. Elle observa sa mère. En regardant attentivement, elle pouvait voir bouger le tissu de la robe tendu sur son ventre. Parfois, le mouvement était lent, comme provoqué par la contorsion d’une étrange créature sous-marine. D’autres fois, il était brusque et ressemblait à une ruade. »

Extrait de : L. Mallory. « Cauchemar qui tue. »

La nuit des vers voraces par John Halkin

Fiche de La nuit des vers voraces

Titre : La nuit des vers voraces
Auteur : John Halkin
Traduction : B. Roques
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir / Gore

Première page de La nuit des vers voraces

« Avec un claquement sec, trois vers firent brusquement demi-tour dans l’égout pour se précipiter vers la main de Matt. De vrais serpents qui mesuraient au moins trente centimètres, aussi gros que son poignet et qui fonçaient droit sur lui.

Ils avaient l’air aussi dangereux que des reptiles et leur peau gardait un étrange éclat, malgré la demi-obscurité.

Matt était en train de farfouiller dans la vase, à la recherche de son photomètre qu’il avait fait tomber. Il n’eut pas le temps de retirer sa main et sentit les dents du premier ver se planter dans son pouce. Il recula, chancelant  ; la douleur lui coupait le souffle.

Le ver ne lâchait pas prise. Il ne bougea pas, ne se mit même pas à se tortiller. Ses crocs acérés se resserraient comme un étau.

Matt essaya désespérément de se redresser sur l’étroit passage qui bordait le canal, mais en vain. Il était trop grand et le pilier qui soutenait la galerie s’incurvait vers la voûte. Les eaux de trois affluents se rejoignaient au pied du pilier, dans un tourbillon d’écume. Un seul faux pas et il se retrouverait dans le collecteur avec de l’eau jusqu’aux genoux. »

Extrait de : J. Halkin. « La nuit des vers voraces. »

Fureur cannibale par Glenn Chandler

Fiche de Fureur cannibale

Titre : Fureur cannibale
Auteur : Glenn Chandler
Traduction : P. Benita
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir / Gore

Première page de Fureur cannibale

« Parfois, pour soulager la douleur dans son dos, il roulait sur le côté gauche, une position qui lui permettait de contempler la blessure suppurante qui lui labourait l’épaule droite. Elle était d’un vert éclatant. Profondément enfoncé dans ses chairs se trouvait un nid d’œufs crémeux : la progéniture d’un insecte tropical depuis longtemps envolé. Il attendait qu’ils éclosent. Il ne pouvait rien faire d’autre. Il avait enfin abandonné l’idée de s’en débarrasser. C’était une source de fascination, la seule chose encore intéressante en ces ultimes moments de désespoir. Ces œufs étaient ses enfants, qui poussaient en lui et qui lui survivraient lorsqu’il serait mort. Ce qui ne tarderait pas à se produire.

Car l’homme blanc était sûr d’une chose : il allait mourir.

Il allait mourir dans cette jungle après sept jours d’une fièvre qui lui avait consumé le corps et l’esprit, qui avait brûlé ses dernières réserves. Il allait mourir parce qu’il était le grand cochon.

Puaka bulava.

Lui, l’homme blanc et sa peau rose formaient un morceau de choix. Et tous ses amis qui se réveillaient à présent là dehors allaient être contents. »

Extrait de : G. Chandler. « Fureur cannibale. »

Grand-Guignol 36-88 par Kurt Steiner

Fiche de Grand-Guignol 36-88

Titre : Grand-Guignol 36-88
Auteur : Kurt Steiner
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir / Gore

Première page de Grand-Guignol 36-88

« À cheval sur un balai de série, une jeune sorcière très sexy amorce sa descente vers l’aéroport du sabbat. À la suite d’une fausse manœuvre, le balai est plaqué au sol, où il prend feu. La malheureuse est carbonisée malgré la diligence des secours.
On s’agite sur la piste d’atterrissage, on vérifie les balais entreposés dans les hangars. Le sorcier directeur du personnel sorcier fait de sévères commentaires.
— Les usines de Salem ne sont plus ce qu’elles étaient, dit-il. On y construit maintenant un matériel qui n’est plus fiable…
Il entre dans la tour de contrôle et s’adresse aux aiguilleurs sorciers du ciel.
— Je vous interdis de boire du sang de crapaud pendant les heures de service, dit-il d’une voix ferme.
Mais le trafic doit continuer. D’autres jeunes sorcières sexy prennent place sur un grand balai moyen-courrier. Les insouciantes voyageuses passent au-dessus des restes calcinés de leur sœur. L’une d’elles s’exclame :
— Voilà ce que c’est que le destin  ! On échappe au bûcher… »

Extrait de : K. Steiner. « Grand-Guignol 36-88. »

La tronçonneuse de l’horreur par Nick Blake

Fiche de La tronçonneuse de l’horreur

Titre : La tronçonneuse de l’horreur
Auteur : Nick Blake
Traduction : Y. Boniface
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir / Gore

Première page de La tronçonneuse de l’horreur

« La boîte à outils tomba sur le sol, ouverte, une hachette aux contours aiguisés apparaissant sur le dessus. La lame était enduite d’huile et des morceaux de tissus et de bois restaient collés sur le métal.

Ralph Briggs abaissa sa lourde carcasse, replaça la hachette et vérifia la fermeture de la boîte. Mentalement, il prit note de remplacer le système défectueux dès qu’il le pourrait. Il ne voulait pas que ses outils se répandent partout la prochaine fois qu’il effectuerait des travaux à l’extérieur.

Cette boîte était presque aussi âgée que son propriétaire et il y avait une certaine ressemblance entre sa couleur et celle du visage de Briggs. De larges rides lui barraient le front et rejoignaient le coin de ses yeux. Ces marques profondes résultaient de l’attitude soucieuse et renfrognée qu’il affichait toujours. Un masque qu’il ne quittait jamais, même chez lui, et qui ne s’effaçait légèrement que devant l’arrivée d’un nouveau client. »

Extrait de : N. Blake. « La tronçonneuse de l’horreur. »

Le démon des âges troubles par Ivor Watkins

Fiche de Le démon des âges troubles

Titre : Le démon des âges troubles
Auteur : Ivor Watkins
Date de parution : 1983
Traduction : B. Roques
Editeur : Fleuve noir / Gore

Première page de Le démon des âges troubles

« Cette année-là, des pluies torrentielles s’abattirent sur l’Europe. Des semaines durant, la tempête fit rage, sans le moindre répit. Les montagnes isolées du nord du pays de Galles furent parmi les zones les plus touchées. Par endroits, la couche sédimentaire fut érodée par les intempéries, laissant les rochers à nu, en équilibre instable.

Une nuit, plusieurs blocs furent entraînés dans un creux que recouvrait une végétation touffue impénétrable. Nul pas humain n’avait foulé ce sol oublié de tous depuis l’époque où les druides y avaient accompli leurs derniers rites orgiaques, depuis l’ultime sacrifice humain.

Au fond de la dépression s’ouvrait un gouffre étroit, sombre et sans fond, une faille dans laquelle on avait précipité les victimes terrifiées, selon l’ancien rite. Les forces du mal engendrées par l’homme, qui s’étaient nourries de la douleur des victimes et avaient pris possession du gouffre lui-même, s’animaient imperceptiblement, pour la première fois depuis des siècles. Une ombre impalpable, un vague chuchotement. Il n’en fallait pas plus.

Le Démon s’était réveillé. »

Extrait de : I. Watkins. « Le démon des âges troubles. »

Terreur déliquescente par Harry Adam Knight

Fiche de Terreur déliquescente

Titre : Terreur déliquescente
Auteur : Harry Adam Knight
Date de parution : 1983
Traduction : B. Blanc, D. Brotot
Editeur : Fleuve noir / Gore

Première page de Terreur déliquescente

«   Bon sang, qu’est-ce que ça caille  !  » pensa Paul Latham. Sous la morsure du vent, son visage avait viré à l’écarlate. Mais il devait faire comme si de rien n’était  ; rester stoïque.

Dans le bateau, ses compagnons se tenaient serrés les uns contre les autres, mal protégés par leurs vêtements légers. Chris et Mark, Linda et Rachel, quatre pauvres épaves frissonnantes…

Alex, lui, jouait au dur. Comme Paul. Tous deux étaient assis très droit, les yeux fixés sur le large, avec leurs chemises à demi ouvertes. Aucun ne voulait céder le premier, avouer qu’il était gelé, et effrayé. Une idiotie, Paul s’en rendait compte. Mais, au moins, cela lui occupait l’esprit et l’empêchait de s’abandonner au désespoir auquel ses amis se laissaient aller, peu à peu.

Ils étaient coincés depuis près de quatre jours dans ce minuscule canot de sauvetage, leurs réserves d’eau et de nourriture quasiment épuisées. Au début, ils n’avaient guère montré d’inquiétude. »

Extrait de : H. A. Knight. « Terreur déliquescente. »

L’immonde invasion par Harry Adam Knight

Fiche de L’immonde invasion

Titre : L’immonde invasion
Auteur : Harry Adam Knight
Date de parution : 1985
Traduction :
Editeur : Fleuve noir / Gore

Première page de L’immonde invasion

« Quand Norman Layne arriva chez lui, il avait depuis longtemps oublié l’embarrassante collision avec l’élégante jeune femme, sur Tottenham Court Road. Il remâchait sa rage d’avoir gâché tout un après-midi dans cette fosse à purin appelée le West End. Il avait pourtant pris la précaution de téléphoner. Son correspondant l’avait assuré qu’en effet, le magasin Bradford et Simpkins avait bien le foret spécial dont il avait absolument besoin pour achever le meuble qu’il avait en chantier. Mais, une fois rendu sur place, il s’était avéré que l’outil n’était pas en stock. Il en était resté sans voix face au jeune vendeur arrogant. Puis il avait compris qu’il était encore la victime d’une des éternelles injustices de la vie.

Dehors, il en avait craché sur le trottoir de dégoût. Pour se faire immédiatement réprimander, éberlué et indigné, par un agent de police aussi jeune que le vendeur. Alors que tout autour d’eux les Noirs souillaient la rue du vacarme de leurs radios, de leurs dangereux patins à roulettes et de leur vulgarité crâneuse! Furieux, il avait descendu Tottenham Court Road à grands pas, pestant entre ses dents. »

Extrait de : H. A. Knight. « L’immonde invasion. »

Colore-moi rouge sang par Herschell Gordon Lewis

Fiche de Colore-moi rouge sang

Titre : Colore-moi rouge sang
Auteur : Herschell Gordon Lewis
Date de parution : 1964
Traduction : B. Roques
Editeur : Fleuve noir / Gore

Première page de Colore-moi rouge sang

« Les mains manucurées se posèrent sur le tableau pour le soulever et le retirer de son emplacement. L’impeccable veston laissait deviner une chemise qui venait de chez un bon tailleur, les boutons de manchettes étaient de bon goût.

L’alarme resta muette. L’homme emportait le tableau  ; il sortit de la galerie de peinture par la porte de derrière. Sans hâte, il déposa le cadre de prix contre un mur de briques.

Il considéra une dernière fois son œuvre, une curieuse expression de dégoût mêlé d’admiration se peignit sur ses traits. Puis, résolument sans aucune hésitation, il répandit un bidon d’essence sur la toile et y mit le feu.

Le tableau s’embrasa instantanément, puis, lorsque le cadre se mit à brûler, la fumée se joignit aux flammes. Mais la toile ne s’enflamma pas comme elle aurait dû le faire. La peinture rouge qui, normalement, devait se dessécher et se consumer, s’échappait littéralement de l’œuvre et, presque liquéfiée, se répandait sur le sol, au pied du brasier qui se transformait en autel de sacrifice. L’homme ne montra aucune surprise. »

Extrait de : H. G. Lewis. « Colore-moi rouge sang. »

2000 maniacs par Herschell Gordon Lewis

Fiche de 2000 maniacs

Titre : 2000 maniacs
Auteur : Herschell Gordon Lewis
Date de parution : 1964
Traduction : C. Mallerin
Editeur : Fleuve noir / Gore

Première page de 2000 maniacs

« — Ya-hoo  ! s’exclama la jeune femme d’une voix perçante.

— Vous êtes complètement dingue  ! jura son compagnon.

La femme écrasa l’accélérateur de son pied chaussé d’un mocassin.

— Regardez, on le rattrape  ! s’écria-t-elle.

La décapotable arrivait en effet à la hauteur du train, qui se traînait péniblement à leur droite. La conductrice, cheveux au vent et lèvres entrouvertes, ne quittait pas des yeux les roues qui se rapprochaient en martelant les rails.

Ce train avait roulé pendant des kilomètres à travers des champs de carottes, de laitues et de betteraves  ; il avait parcouru les étendues d’alfa de l’État voisin et vu défiler ses fermes laitières. Il était imprégné d’une odeur de bétail, de fumier et d’ammoniaque. À son passage, un vacarme assourdissant ébranlait l’air estival.

Pour Terry Adams, ce train n’avait d’autre raison d’être que le plaisir que lui procurait le fait de faire la course avec lui. »

Extrait de : H. G. Lewis. « 2000 maniacs. »