Étiquette : King

 

Sleeping beauties par S. King et O. King

Fiche de Sleeping beauties

Titre : Sleeping beauties
Auteur : Stephen King et Owen King
Date de parution : 2017
Traduction : J. Esch
Editeur : Albin Michel

Première page de Sleeping beauties

« Ree demanda à Jeanette si elle regardait parfois le carré de lumière de la fenêtre. Non, dit Jeanette. Ree occupait le lit du haut, Jeanette celui du bas. L’une et l’autre attendaient que les portes des cellules s’ouvrent, pour le petit déjeuner. Un matin comme les autres.
Apparemment, la compagne de cellule de Jeanette avait étudié le carré en question. Ree lui expliqua qu’il apparaissait sur le mur opposé à la fenêtre, et qu’ensuite il descendait, peu à peu, glissait sur le dessus du bureau, pour finir sur le sol. Où il se trouvait maintenant, au centre, comme Jeanette pouvait le constater, éclatant.
« Ree, dit Jeanette. Je n’en ai rien à foutre de ton carré de lumière.
– Tu ne peux pas ne rien avoir à foutre d’un carré de lumière ! »
Ree lâcha ce petit rire nasillard par lequel elle exprimait son amusement.
« OK. Comprenne qui pourra », dit Jeanette.
Sa compagne de cellule se remit à cacarder. »

Extrait de : S. King. « Sleeping beauties. »

Simetierre par S. King

Fiche de Simetierre

Titre : Simetierre
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1983
Traduction : F. Lasquin
Editeur : Le livre de poche

Première page de Simetierre

« Louis Creed, qui avait perdu son père à l’âge de trois ans et n’avait jamais connu aucun de ses deux grands-pères, ne se serait jamais attendu à se trouver un père aux approches de l’âge mûr, et pourtant c’est exactement ce qui lui arriva – quoiqu’il préférât donner à cet homme le nom d’ami, comme on est bien forcé de le faire lorsqu’on est adulte et qu’on découvre le père qu’on aurait voulu avoir dans une phase relativement tardive de l’existence. Louis fit la connaissance de cet homme le soir où, en compagnie de sa femme et de ses deux enfants, il vint s’installer à Ludlow dans la grande maison en bois blanche où Winston Churchill (Church, le chat de sa fille Eileen) élit résidence avec eux. »

Extrait de : S. King. « Simetierre. »

Salem par S. King

Fiche de Salem

Titre : Salem
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1975
Traduction : C. Thiollier, J. Bernard
Editeur : Le livre de poche

Première page de Salem

« C’est le père et le fils, se disait-on en les voyant.

Ils traversaient le pays suivant une diagonale chaotique, du nord-est au sud-ouest, dans une vieille Citroën, empruntant de préférence les routes secondaires, s’arrêtant de-ci de-là…. Ils firent trois haltes dans leur périple, avant d’atteindre leur destination finale : la première à Rhode Island, où l’homme aux cheveux bruns trouva un travail dans une usiné textile ; puis à Youngstown dans l’Ohio, pendant trois mois, où il travailla comme OS sur une chaîne d’assemblage de tracteurs ; et enfin, dans une petite ville de Californie, à côté de la frontière mexicaine, comme pompiste, dans un garage où l’on réparait des petites voitures étrangères. Il s’était découvert, à cette occasion, un don pour la mécanique et il en tira une certaine fierté.

Partout où ils s’arrêtaient, l’homme achetait un journal du Maine, le Press-Herald de Portland, et regardait s’il s’y trouvait quelque nouvelle d’une petite ville du nom de Jérusalem’s Lot. Cela arrivait de temps en temps. »

Extrait de : S. King. « Salem. »

Sale gosse par S. King

Fiche de Sale gosse

Titre : Sale gosse
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2014
Traduction : O. Bies, N. Gassie
Editeur : Albin Michel

Première page de Sale gosse

« La prison était située à trente kilomètres de la petite ville la plus proche sur une étendue de prairie déserte où le vent soufflait pratiquement en continu. Dressé sur l’horizon, le bâtiment principal était une horreur en pierre perpétrée contre le paysage au début du vingtième siècle. Sur ses deux flancs, des cellules en béton avaient poussé l’une après l’autre au cours des quarante-cinq dernières années, principalement grâce au flot d’argent fédéral qui avait commencé à couler durant les années Nixon et ne s’était presque jamais tari depuis.

Un peu à l’écart du corps principal s’élevait un bâtiment plus petit. Les détenus appelaient cette annexe le Manoir de l’Aiguille. Délimité par une clôture grillagée, un corridor extérieur de quarante mètres de long sur six de large saillait sur l’un des côtés. Chacun des résidents du Manoir – actuellement au nombre de sept – avait droit à deux heures de Basse-Cour par jour. Certains marchaient. »

Extrait de : S. King. « Sale Gosse. »

Sac d’os par S. King

Fiche de Sac d’os

Titre : Sac d’os
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1998
Traduction : W. O. Desmond
Editeur : Le livre de poche

Première page de Sac d’os

« Par une très chaude journée d’août 1994, ma femme me dit qu’elle devait se rendre à la pharmacie Rite Aid de Derry pour faire renouveler son traitement antiallergique – un médicament que l’on peut acheter aujourd’hui sans ordonnance, je crois. J’avais rempli mon objectif d’écriture pour la journée et lui offris d’aller le chercher à sa place. Elle me remercia, mais elle voulait en profiter pour passer prendre le poisson de notre repas du soir, au supermarché voisin de la pharmacie. Sur ce, elle souffla un baiser dans ma direction et sortit. Lorsque je la revis, ce fut sur un écran de télé. C’est ainsi qu’on identifie les morts ici, à Derry ; fini, de remonter un couloir souterrain dallé, carreaux verts sous vos pieds, tubes de néon audessus de la tête, terminé, le corps nu qui surgit sur sa glissière d’un placard glacial. »

Extrait de : S. King. « Sac D’Os. »

Running man par S. King (R. Bachman)

Fiche de Running man

Titre : Running man
Auteur : Stephen King (R. Bachman)
Date de parution : 1982
Traduction : F. Straschitz
Editeur : J’ai lu

Première page de Running man

« Les yeux mi-clos, elle s’efforçait de lire le thermomètre à la lumière froide qui tombait de la fenêtre. Derrière elle, dans la bruine incessante, se dressaient les autres immeubles de Co-Op City. Au-dessous, dans le puits d’aération, du linge grisâtre séchait sur des fils. Tout en bas, des rats et des chats de gouttière bien nourris fouillaient dans les tas d’ordures.

Elle regarda son mari. Il était assis à la table, fixant le Libertel avec un regard d’une totale vacuité. Il faisait
ça depuis des semaines. Ça ne lui ressemblait pas. Il avait toujours détesté le Libertel. Bien sûr, il y en avait un dans chaque appartement  ― c’était la loi – mais il n’était pas encore interdit de l’éteindre. La loi de 2021 sur la prestation obligatoire n’avait pas obtenu (à six voix près) la majorité requise des deux tiers. D’habitude, il ne la regardait jamais. Depuis que Cathy était malade, il suivait tous les jeux. En le voyant ainsi, une peur insidieuse s’emparait d’elle. »

Extrait de : S. King (R. Bachman). « Running man. »

Rose Madder par S. King

Fiche de Rose Madder

Titre : Rose Madder
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1995
Traduction : W. O. Desmond
Editeur : Le livre de poche

Première page de Rose Madder

« Assise dans le coin, elle essaie de respirer, laborieusement, un air qui semble s’être brusquement raréfié dans la pièce. Paraissant venir de très loin, lui parvient un faible woup-woup : elle sait que c’est de l’air qui descend et remonte dans sa gorge en une série de petits hoquets fiévreux, mais cela ne change rien, fondamentalement, à ce qu’elle ressent, à cette impression de se noyer dans un angle de la pièce avec sous les yeux les restes déchiquetés du livre de poche qu’elle lisait à l’arrivée de son mari.

Non pas qu’elle y attache beaucoup d’importance. La douleur est trop forte pour qu’elle se soucie de problèmes mineurs comme respirer, ou du fait qu’il n’y ait plus d’air, dirait-on, à respirer. La douleur l’a engloutie comme la baleine aurait englouti Jonas, le saint déserteur, d’après ce qu’on raconte. »

Extrait de : S. King. « Rose Madder. »

Roadmaster par S. King

Fiche de Roadmaster

Titre : Roadmaster
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2002
Traduction : F. Lasquin
Editeur : Albin Michel

Première page de Roadmaster

« Dans l’année qui a suivi la mort de son père, le fils de Curt Wilcox a beaucoup fréquenté nos locaux, beaucoup c’est même peu dire, mais on l’a jamais engueulé parce qu’il était tout le temps dans nos pattes, personne lui a jamais demandé ce qu’il fichait là.

Ce qu’il faisait, on le savait bien : il essayait de s’accrocher au souvenir de son père. En matière de psychologie du deuil, les flics en connaissent un rayon ; pour la plupart, on aimerait mieux en savoir moins.

Cette année-là, Ned Wilcox était en terminale au lycée de Statler. Au lieu de se mettre sur les rangs pour l’équipe de football, il avait jeté son dévolu sur la Compagnie D. On a du mal à s’imaginer qu’un gamin de son âge puisse préférer des corvées non rétribuées aux matches du vendredi et aux boums du samedi, mais il l’avait choisi librement. »

Extrait de : S. King. « Roadmaster. »

Revival par S. King

Fiche de Revival

Titre : Revival
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2014
Traduction : O. Bies, N. Gassie
Editeur : Albin Michel

Première page de Revival

« Par un aspect au moins, nos vies ressemblent à des films. Les personnages principaux sont les membres de notre famille et nos amis. Les rôles secondaires sont tenus par nos voisins, nos collègues, des profs et des connaissances. Il y a aussi les petits rôles sans grande importance : la caissière du supermarché avec son joli sourire, le sympathique barman du troquet du coin, les types avec qui vous faites de la gym trois fois par semaine. Et bien sûr, des milliers de figurants – ces gens qui passent dans la vie de tout un chacun comme de l’eau à travers une passoire, croisés une fois et jamais revus. L’ado qui feuillette les bédés chez Barnes & Nobles et que vous devez frôler (en murmurant un « Excusez-moi ») pour pouvoir accéder aux magazines. La femme dans la file d’à côté qui profite du feu rouge pour se remaquiller. La mère qui essuie le visage barbouillé de glace de son bambin dans le restaurant routier où vous vous êtes arrêté pour manger un bout. Le marchand qui vous a vendu un paquet de cacahuètes au dernier match de base-ball. »

Extrait de : S. King. « Revival. »

Rêves et cauchemars par S. King

Fiche de Rêves et cauchemars

Titre : Rêves et cauchemars (l’intégrale)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1993
Traduction : J.-D. Brèque, H. Collon, W. O. Desmond
Editeur : Albin Michel

Sommaire de Rêves et cauchemars

  • La cadillac de Dollan
  • Le grand bazar : finale
  • Laissez venir à moi les petits enfants
  • Le rapace nocturne
  • Popsy
  • Ça vous pousse dessus
  • Dentier claqueur
  • Dédicaces
  • Le doigt télescopique
  • Pompes de basket
  • Un groupe d’enfer
  • Accouchement à domicile
  • La saison des pluies
  • Mon joly poney
  • Désolé, bon numéro
  • La tribu des dix plombes
  • Crouch end
  • La maison de Maple Street
  • Le cinquième quart
  • Le docteur résout l’énigme
  • La dernière affaire d’Umney
  • Le mendiant et le diamant

Première page de La cadillac de Dollan

« Pendant sept années j’ai attendu, j’ai surveillé. Dolan, je l’ai vu venir. Je l’ai observé lorsqu’il entrait dans les restaurants chics, en smoking, avec à chaque fois une femme différente au bras, et en sandwich entre ses deux gardes du corps. J’ai vu ses cheveux poivre et sel acquérir d’élégants reflets argentés pendant que les miens se contentaient bêtement de tomber et de me laisser chauve comme un œuf. Je l’ai épié à chaque fois qu’il quittait Las Vegas, pour ses pèlerinages réguliers sur la côte Ouest ; j’ai épié à chaque fois son retour. Deux ou trois fois, je l’ai vu, depuis une route de service, tandis qu’il passait sur la US 71, en route pour Los Angeles, dans sa Cadillac DeVille du même gris argenté que ses cheveux. »

Extrait de : S. King. « Rêves et cauchemars. »