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Ultima par Alain Le Bussy

Fiche de Ultima

Titre : Ultima
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 2005
Editeur : Rivière blanche

Première page de Ultima

« Il sortit du caisson d’hibernation la tête encore pleine des lumières chatoyantes d’Astoria. Il y avait la musique aussi, inséparable des pinceaux de lumière colorée dont le ballet avait rythmé la fête. Et les parfums ! Ceux, doux, caressants, des fleurs du jardin du Régent et les autres, plus agressifs, des mets qu’on lui avait servi et qu’il avait pu toucher après que Rolf y eut goûté. Les rires des danseuses se mêlaient aux rythmes des orchestres comme les filles s’étaient mêlées aux invités. Il y aurait bien goûté aussi, mais Rolf ou Sieg étaient là pour le protéger des tentations, tandis qu’Hergill veillait sur sa sécurité.

Ce n’était pas pruderie mais prudence : il était l’héritier du trône des Six Planètes et bien des complots pouvaient s’ourdir autour de lui, soit pour le supprimer, soit pour le subvertir. Et des filles, il y en avait assez sur Ultima, qui n’attendaient qu’un signe de lui. Des filles pour le plaisir, pour la distraction, et même l’une ou l’autre qu’il pourrait épouser, mais toutes, absolument toutes, certifiées sans danger pour l’héritier. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Ultima. »

Soleil fou par Alain Le Bussy

Fiche de Soleil fou

Titre : Soleil fou
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir

Première page de Soleil fou

« Ils m’ont tout volé. Ce n’est pas par pure méchanceté ou par avidité… en général. C’est seulement une habitude. Ils le font entre eux. Ils l’ont fait souvent dans le passé, dépouillant ceux qu’ils appelaient primitifs de leur innocence, de leur joie de vivre. Et, s’ils m’ont tout volé, ils m’ont donné beaucoup en échange, il est vrai. Mais si j’ai assez appris pour pouvoir apprécier ce que j’ai reçu, je reste assez près de mes origines pour être capable de ressentir cruellement ce qui me manque.
C’est une longue histoire, qui s’étend à la fois sur plus de deux siècles et sur quelques dizaines d’années…
 
J’étais si jeune quand j’ai accepté de les suivre. Plein d’illusions sur eux, sur moi-même. Et le mot « accepté » n’est pas correct. Pas honnête, même. C’est moi qui ai voulu venir, je m’en souviens bien. Évidemment, je ne savais pas que je serais absent si longtemps. Je n’étais pas le premier à partir, même si c’était exceptionnel, et les autres étaient revenus au bout d’un temps. De longues années parfois, mais ils étaient revenus, et ne demandaient qu’à partir à nouveau. Ils avaient les yeux emplis de merveilles – ils avaient appris et n’avaient encore rien perdu – et leurs bouches tentaient de traduire tout ce qu’ils avaient vu, tout en répétant qu’il y avait encore tant et tant à découvrir. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Soleil fou. »

Quête impériale par Alain Le Bussy

Fiche de Quête impériale

Titre : Quête impériale
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir

Première page de Quête impériale

« Les Seigneurs de la Guerre ont toujours raison. Il est impensable qu’ils puissent faire erreur en prévoyant l’issue d’un combat ou la conséquence d’une décision, que ce soit au niveau stratégique ou au plan tactique. Une prévision exacte est leur raison d’être.
 
Ces phrases sans réplique obsédaient Varlo depuis peu. On les lui avait enseignées dans son enfance, et il les avait répétées souvent, comme des milliards d’hommes. Cependant, en lui-même, il avait toujours ressenti une sorte de besoin de s’insurger contre toute affirmation trop catégorique. Il y avait celle-ci, il y en avait d’autres, mais dans ce cas précis, avec le temps, l’apprentissage et la maturité, il en était venu à penser que cela ne servait qu’à camoufler un trop rapide renoncement.
Ces derniers jours, son opposition s’était faite obsession.
Une fois de plus, à l’instigation de l’un des Jeunes Royaumes – le Royaume du Quadrant dans ce cas précis –, une planète frontalière venait de refuser de payer le tribut annuel et de se déclarer indépendante. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Quête impériale. »

Piège vital par Alain Le Bussy

Fiche de Piège vital

Titre : Piège vital
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 2009
Editeur : Griffe d’encre Editions

Première page de Piège vital

« Il y a des gens qui n’ont aucun respect pour la fortune, même honnêtement acquise. On les confond parfois avec ceux qui ont une vénération pour l’argent, au point de vouloir s’en emparer où qu’il se trouve, fût-ce même dans la poche d’un autre. D’ailleurs, si le mot « poche » correspond à compte en banque, cache secrète ou portefeuille d’actions, c’est en général là qu’on le trouve. Certains se contentent de grappiller cent après cent, rendant d’honnêtes services. D’autres visent un peu plus haut, quelques crédeures à la fois, en vendant très cher un produit qui ne vaut en réalité pas grand-chose. Une bouteille d’eau qui vaut trois cents et qui se vend deux crédeures, ça fait vite une fortune !
Il y en a pour qui ce n’est pourtant pas assez rapide, et c’était sur l’un de ceux-là que j’étais tombé. Ce n’était pas le premier, hélas. L’homme est un loup pour l’homme, on a découvert ça il y a déjà pas mal de temps. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Piège vital. »

Nouvelles.net par Alain Le Bussy

Fiche de Nouvelles.net

Titre : Nouvelles.net
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution :
Editeur :

Sommaire de Nouvelles.net

  • Destins
  • Le palais des monstres
  • Le Ramon de la Macrâle
  • L’amateur de cailloux
  • L’effeuilleuse morte
  • Une visite intéressée
  • Ecran blanc

Première page de Destins

« Autoroute Cologne-Paris. 500 km non-stop en principe. De nos jours, les frontières n’existent plus vraiment. Seulement des lignes pointillées sur les cartes et le style des panneaux indicateurs qui change. 4 heures de route, toujours en principe. Beaucoup plus en hiver, parfois avec la neige, le verglas – le merglas, disait Coluche, qui roulait bien à moto… en principe.
Dominique est dans les temps. À condition de rouler normalement, il sera à l’heure au rendez-vous.
3 septembre. Ça roule serré, surtout entre 7 et 8 heures. Poids-lourds longs courriers, camionnettes d’entreprises en route vers les chantiers avec leur cargaison humaine qui dort encore à moitié, navetteurs qui vont des villages vers une ville, parents conduisant leurs enfants à l’école, au collège, au lycée. Les tops de 7 heures et le journal. La Yougoslavie, ce qu’il en reste, a remplacé Gorba et Eltsine, Khadafi ou les Brigades Rouges, mais c’est toujours la même chose avec les malheurs des autres : au bout d’un temps, ça lasse. Dominique tend la main vers l’auto-radio pour interrompre la litanie d’horreurs qui se déverse… »

Extrait de : A. Le Bussy. « Nouvelles.net. »

Nexus de feu par Alain Le Bussy

Fiche de Nexus de feu

Titre : Nexus de feu
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1998
Editeur : Fleuve noir

Première page de Nexus de feu

« C’était vraiment un beau petit nexus. En d’autres temps et lieux, on aurait presque pu dire que Ktyk était tout ému de le contempler. Une émotion qu’il ne ressentait pas : Ktyk était puissant et intelligent, mais il ressentait très peu d’émotions, et elles étaient liées à la satisfaction de ses besoins de base. Il y avait la faim et le contraire de la faim, la satisfaction d’avoir pu se nourrir. Il y avait parfois quelque chose proche de la joie, lorsqu’un projet avait abouti, ou qu’il le savait proche de la réussite. Mais les seuls projets qu’ils connaissait avaient trait au fait de se nourrir.
C’était cela, essentiellement, qu’il ressentait pour l’instant, la joie de savoir qu’il n’avait pas patienté pour rien.
Il contempla une fois de plus le nexus. Il ne lui avait encore permis de se nourrir qu’une seule fois, et de grignoter quelques bouchées de-ci, de-là, mais il était prometteur, très prometteur. Et Ktyk, après plusieurs échecs, avait appris à réprimer son avidité, à faire taire sa faim, pour laisser au nexus le temps de se développer et d’atteindre sa pleine puissance. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Nexus de feu. »

Le mendiant de Karnathok par Alain Le Bussy

Fiche de Le mendiant de Karnathok

Titre : Le mendiant de Karnathok
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1999
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le mendiant de Karnathok

« Les ombres s’allongeaient sur le marché de Karnathok, mais ce n’était pas une raison suffisante pour que les centaines de boutiquiers s’interrompent. Chacune des vingt-huit heures du jour était propice à un commerce, parfois à l’un plus qu’à l’autre, mais le marché et ses échoppes ne fermaient jamais. Ou alors seulement pour quelques fêtes réparties sur l’année. Il y avait aussi – mais il valait mieux ne pas y penser – les décisions souvent incompréhensibles du Traghorn, qui interdisaient subitement toute activité pour quelques heures voire pour deux jours. Mais ce n’était pas le cas ce soir-là.
Jern Alvann circulait entre les échoppes, pas vraiment sans but – trouver de quoi manger était un but en soi, éminemment respectable, comme ce l’était tous les soirs et aussi tous les matins – mais personne ne l’avait chargé d’une commission et il n’àvait pas repéré la « bonne affaire » au cours de ses circuits précédents. Il regardait tout autour de lui, observant avec plus d’intensité les échoppes vendant de la nourriture et essayant de maîtriser les mouvements et les cris de son estomac : il n’avait rien trouvé à manger ce matin, pas plus que la veille au soir. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Le mendiant de Karnathok. »

Jouvence par Alain Le Bussy

Fiche de Jouvence

Titre : Jouvence
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 2007
Editeur : Griffe d’encre Editions

Première page de Jouvence

« Les instructions défilaient sur l’écran. L’état-major de l’Explo II en prenait connaissance. Le commandant – qui était une commandante, mais ce détail n’avait aucune importance – avait été informé avant le départ, mais il relisait les quelques dizaines de lignes avec la même attention que le reste des officiers. Il disposait en fait d’un document plus détaillé, lui disant ou lui suggérant ce qu’il convenait de faire si telle ou telle éventualité se présentait, mais il n’y ferait référence que le moment venu. Si tout se déroulait de manière parfaitement limpide, il n’aurait pas besoin d’utiliser ces instructions qui n’étaient qu’une sorte de manuel permettant de faire face à toutes les situations.
Il n’avait jamais connu l’échec et, s’il admettait que cette mission, comme toutes celles du service d’exploration, devait être une occasion d’apprendre et de faire des découvertes, celle de l’insuccès ne figurait certes pas à son programme personnel.
L’Explo II était en route vers les franges de la galaxie. Une zone où les étoiles étaient souvent éloignées l’une de l’autre de plusieurs dizaines d’années-lumière au point que les relations commerciales s’étaient peu à peu éteintes avec un grand nombre de mondes. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Jouvence. »

Garmalia par Alain Le Bussy

Fiche de Garmalia

Titre : Garmalia
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir

Première page de Garmalia

« Garmalia, j’en rêve.
Et que pourrais-je faire d’autre qu’en rêver ? Garmalia, c’est bien trop loin pour que je puisse espérer y aller un jour. Le voyage est long, et cher. Cher ? Je n’en connais même pas le prix, mais comme, de toute manière, je ne possède pas le quart d’un munit, ça ne change pas grand-chose.
Et c’est aussi un voyage bien trop dangereux pour que je m’y risque.
C’est ce qu’ils ont tous dit, le père, la mère, mes oncles, mes tantes et le reste du village, quand j’ai fait la bêtise de parler de mon rêve. Ils ne me prennent pas vraiment au sérieux, mais le reste du village trouve plus gentil – ou plus poli envers mes parents – d’essayer de me décourager de cette façon, par la bande. Car certains pensent simplement que je suis fou. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Garmalia. »

Equilibre par Alain Le Bussy

Fiche de Equilibre

Titre : Equilibre
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1997
Editeur : Fleuve noir

Première page de Equilibre

« La planète n’offrait aucun intérêt particulier. Elle n’était même que marginalement habitable. Mais, même marginalement, c’était le seul point de l’espace à des dizaines d’années-lumière où l’homme pouvait vivre à l’air libre. Le seul point aussi où il avait le droit de se trouver.
Et le devoir de se trouver.
Sa marginalité ne résidait pas dans la composition de l’atmosphère, ou dans la pesanteur qu’on y ressentait. Pas même dans les températures – tout au moins à une certaine altitude – ou dans le climat qui pouvait être considéré, en ces endroits, comme tempéré ou méditerranéen.
Le problème, c’était que les endroits en question étaient rares : les océans occupaient plus de quatre-vingt-dix pour cent de la surface, et le reste était soit marécageux, soit constitué de zones d’un volcanisme actif où nul n’aurait songé à faire de lourds investissements pour installer une colonie permanente. Il y avait aussi quelques pics montagneux, lieux idéaux pour installer des observatoires, ou des stations de sports d’hiver, s’il y avait eu une véritable clientèle et de la neige en suffisance. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Équilibre. »