Étiquette : Le Bussy
Déraag par Alain Le Bussy

Fiche de Déraag
Titre : Déraag
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir
Première page de Déraag
« La colline dominait la ville de toute sa masse aux parois raides, avec, çà et là, des pans de falaise nus qui lui donnaient un aspect encore plus rébarbatif. Quelques arbustes tentaient bien d’adoucir l’apparence de la colline, mais ils arrivaient rarement à l’âge d’arbre. Quand la tempête d’hiver ne les déracinait pas, c’était une année de sécheresse extrême qui les tuait. Et s’ils échappaient aux maux naturels, il se trouvait toujours quelque serviteur zélé des Seigneurs pour les faire arracher, sous prétexte que par eux, on aurait pu atteindre les murs du château.
Ils n’avaient pas tout à fait tort, le risque existait, même si cela faisait bien longtemps que personne n’avait osé se dresser contre eux.
Ou même songé sérieusement à le faire.
La Citadelle qui se dressait au sommet de la colline rappelait trop bien la puissance des Seigneurs. Il y avait d’abord les murs de pierre grise qui suivaient plus ou moins régulièrement les courbes naturelles du sommet de la colline. Ils estompaient les différences de relief, sans toutefois prétendre à l’horizontalité parfaite. »
Extrait de : A. Le Bussy. « Déragg. »
Djamol de Kîv par Alain Le Bussy
Fiche de Djamol de Kîv
Titre : Djamol de Kîv (Tome 6 sur 13 – Yorg)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir
Première page de Djamol de Kîv
« Tza-Feng ne décolérait pas depuis six jours. Au départ, cela n’avait été qu’une simple irritation, qui s’était traduite par un visage encore plus crispé qu’à l’accoutumée, puis la tension avait commencé à monter. Il ne se contentait plus des rapports des éclaireurs ou de ses officiers, mais courait à pied ou à cheval tout au long des deux lieues de la rive occidentale du Nièpp qu’occupaient ses troupes.
Il y avait vingt radeaux qui attendaient d’être lancés dans le courant, et une douzaine de pirogues. Une douzaine seulement, et aucune barque de quelque importance : les Nièpps avaient parfaitement nettoyé cette rive de toutes les embarcations qui s’y trouvaient en général accostées. Des guerriers malahims avaient déniché les quelques pirogues plus au nord, ou bien dans quelque hangar où on les avait traînées pour les réparer. C’étaient les seules embarcations capables de traverser le fleuve en moins d’une heure, et elles ne pouvaient emporter que cinq ou six hommes à la fois. Comme il en fallait au moins deux pour pagayer, cela réduisait leur puissance de feu, et les matelots de Kîv, à l’abri derrière leurs rambardes d’épaisses planches, ne craignaient pas le tir des carabines. »
Extrait de : A. Le Bussy. « Djamol de Kiv – Yorg. »
Jorvan de la mer par Alain Le Bussy
Fiche de Jorvan de la mer
Titre : Jorvan de la mer (Tome 5 sur 13 – Yorg)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir
Première page de Jorvan de la mer
« La falaise se mit à mugir comme un immense troupeau. Torkiz tomba à genoux en se couvrant les oreilles des deux mains, et Yorg dut faire un effort pour ne pas agir comme l’enfant. De son côté, Hou avait fait un bond vers la voiture pour s’abriter derrière elle.
C’est du moins ce que crut Yorg un instant, jusqu’au moment où il entendit gronder le moteur. Où voulait aller le Tching ? L’eau les entourait de toutes parts. C’est alors que Hou alluma les phares et que leur double pinceau de lumière tenta de percer le brouillard pour éclairer l’étrange falaise mobile.
La brume n’était pas très dense et si la lumière des phares se diluait vite dans les gouttelettes d’eau en suspension dans l’air, elle luisait sur la surface de l’eau et permettait de comprendre que la falaise en mouvement flottait en fait sur l’eau. C’était une paroi qui pouvait avoir la hauteur de dix hommes et au moins le double en largeur. Elle était irrégulière, avec des taches ocres, d’autres claires et quelques taches noires. »
Extrait de : A. Le Bussy. « Jorvan de la mer – Yorg. »
Jana des couloirs par Alain Le Bussy
Fiche de Jana des couloirs
Titre : Jana des couloirs (Tome 4 sur 13 – Yorg)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir
Première page de Jana des couloirs
« Les Yagrr ont dû quitter leurs terres ancestrales sous la pression d’envahisseurs venus de l’Est, les Longs-Cheveux, qui se nomment eux-mêmes les Hommes-du-Vent. En avant-garde du groupe près de mourir de froid et de faim car l’hiver est très rude, Yorg découvre un lac au milieu duquel se situe une île défendue par des falaises abruptes. Il réussit pourtant à en atteindre le sommet, puis à y amener le reste des Yagrr, car l’île les met à l’abri des Longs-Cheveux et le climat y est étrangement plus doux.
Les Hommes-du-Vent, quant à eux, s’installent au pied d’un grand mur dominé par un colossal chien de pierre. Ils s’abritent du froid dans des cavernes au-dessus du sol, ce qui reste en fait d’un grand entrepôt.
Pendant ce temps, sous le sol, vivent deux groupes bien
différents. Ceux qui se donnent le nom de Survivants descendent de gens qui cinq siècles plus tôt se sont réfugiés dans un immense abri, dont ils ne cessent d’étendre les couloirs. Ils n’ont conservé qu’un embryon des connaissances de leurs ancêtres et, surtout, ont presque tout oublié de la surface. »
Extrait de : A. Le Bussy. « Jana des couloirs – Yorg. »
Hou des machines par Alain Le Bussy

Fiche de Hou des machines
Titre : Hou des machines (Tome 3 sur 13 – Yorg)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir
Première page de Hou des machines
« Les jours s’étaient écoulés fort vite, rythmés par le bruit des mottes d’une terre de plus en plus sèche éclatant sous les sabots des chevaux. Le fleuve et la ville étaient loin derrière eux, maintenant. Ils n’avaient aperçu les tuniques rouges des soldats que le premier et le deuxième jour. Et c’étaient seulement de petits groupes qui – on l’aurait juré – avaient préféré éviter l’affrontement puisque les barbares quittaient clairement les terres contrôlées par Kîv. Plus loin, il y avait encore eu quelques villages, qu’ils contournaient par prudence pour éviter d’être vus, mais sans vraiment craindre de voir les villageois se dresser en ennemis devant eux.
Ils avaient ensuite retrouvé avec plaisir, surtout pour les Hommes-du-Vent, le vide immense des plaines, à peine perturbé, de-ci, de-là, par quelques bosquets, les traces de quelques cavaliers ou les cendres d’un feu.
Maintenant que la voie de l’Orient s’ouvrait sans obstacle devant eux, Rork ne cachait plus son impatience d’arriver enfin au but qu’il s’était fixé. »
Extrait de : A. Le Bussy. « Hou des machines – Yorg. »
Rork des plaines par Alain Le Bussy
Fiche de Rork des plaines
Titre : Rork des plaines (Tome 2 sur 13 – Yorg)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir
Première page de Rork des plaines
« L’éclat tomba de l’autre côté, produisant un fracas longuement répercuté, qui glaça le sang d’André. Il lui sembla qu’on avait dû entendre le bruit jusqu’à l’extrême limite des couloirs.
Cela ne dura qu’un instant.
Un instant assez long pour revoir tout ce qui l’avait mené jusque-là.
*
Ce plan de l’Abri, il avait fini par le dessiner au grand complet malgré la plaisanterie, qui ne s’était d’ailleurs pas renouvelée : une ébauche de galerie là où il savait qu’il n’y avait rien. Et le pigment qui ne s’effaçait pas ne changeait rien au fond de l’affaire, avait-il d’abord jugé. Il avait pris des précautions, bricolant une fermeture du Grand Théâtre qui en interdisait l’entrée à quiconque, et on n’avait plus tenté de saboter son œuvre. »
Extrait de : A. Le Bussy. « Rork des plaines – Yorg. »
Yorg de l’île par Alain Le Bussy

Fiche de Yorg de l’île
Titre : Yorg de l’île (Tome 1 sur 13 – Yorg)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir
Première page de Yorg de l’île
« Yorg marchait en éclaireur, quelques centaines de pas devant la tribu. Celle-ci s’était mise en route depuis six jours maintenant. Ou depuis plusieurs semaines, en fait, car ils n’avaient fait qu’une halte d’un peu plus d’une lune dans la vallée tranquille et fertile qu’ils avaient fini par atteindre après leur fuite. Des semaines d’une course effrénée, avec la menace permanente des Longs-Cheveux sur leurs talons. Ceux-ci aussi devaient être fatigués et avoir envie de s’installer quelque part, surtout avec l’arrivée du mauvais temps, pensaient-ils tous. Et c’était vrai que durant quelques jours, ils avaient pu espérer. On n’avait pas entendu le galop de leurs chevaux, ni leurs cris sauvages dans les bois.
Cela n’avait été, hélas, qu’un court répit. Les Longs-Cheveux avaient fait leur réapparition alors que la tribu commençait à peine à se remettre de ses fatigues. »
Extrait de : A. Le Bussy. « Yorg de l’île – Yorg. »
Le maître d’Iquand par Alain Le Bussy
Fiche de Le maître d’Iquand
Titre : Le maître d’Iquand (Tome 4 sur 4 – Chatinika)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1999
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le maître d’Iquand
« Nial’Ha aspira profondément à plusieurs reprises comme s’il était à bout de souffle.
— Aaah ! Que cela fait du bien !
Il se retourna vers ses compagnons qui suivaient à peu de distance. Il y avait d’abord Chatinika, montée sur une jument blanche. Elle venait de finir d’aiguiser les carreaux de son carquois et buvait quelques gorgées d’eau, s’en aspergeant aussi le front et le cou. Ensuite venait Wandia, qui somnolait en selle, revivant peut-être la nuit précédente en compagnie d’Oudeh. Celui-ci cheminait juste derrière elle, monté sur un étalon géant, une bête dont il était presque tombé amoureux sur le marché de Tambul, tant elle semblait à sa (dé)mesure.
Derrière lui venaient les chevaux de bât au nombre de six, chargés de vivres et d’armes, mais aussi de quelques marchandises qu’ils échangeraient en chemin contre d’autres vivres, ou contre des renseignements, car rien ne s’obtient gratuitement, sinon l’amitié. »
Extrait de : A. Le Bussy. « Le maître d’Iquand – Chatinika. »
La route du sud par Alain Le Bussy
Fiche de La route du sud
Titre : La route du sud (Tome 3 sur 4 – Chatinika)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1998
Editeur : Fleuve noir
Première page de La route du sud
« Cela avait été une franche bataille comme Nial’Ha les aimait : en plein soleil, sans traîtrise – sinon l’embuscade elle-même, mais il fallait reconnaître que leurs adversaires n’auraient pu faire autrement – et avec des compagnons courageux ou des adversaires qui savaient manier leurs armes et prendre des risques calculés.
Ils avaient mal calculé cette fois, et une douzaine de corps jonchaient le sol autour des chariots. Deux d’entre eux hélas appartenaient à la caravane. Les autres étaient ceux des pillards qui avaient tenté leur chance dans cet étroit défilé.
Maître Del-Hiss s’était battu en personne. Petit, fluet, plus habitué à marchander ou à caresser une étoffe du bout des doigts pour en évaluer la valeur, il avait ramassé une pique abandonnée par l’un de ses hommes et avait tenu à distance deux pillards qui tentaient de prendre les défenseurs à revers le temps nécessaire pour qu’arrive le renfort.
Les chariots étaient intacts, les chevaux de trait indemnes, et on allait pouvoir se remettre en route sans tarder. Mais pas sans prendre soin des morts, songea-t-il : cela portait malheur de laisser des cadavres pourrir au soleil, offerts aux dents puantes des charognards. »
Extrait de : A. Le Bussy. « La route du sud. »
Le dieu avide par Alain Le Bussy
Fiche de Le dieu avide
Titre : Le dieu avide (Tome 2 sur 4 – Chatinika)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le dieu avide
« Le ciel était d’un bleu étincelant, avec, de-ci, de-là, quelques gros nuages blancs qui ne préludent pas au mauvais temps mais sont un simple ornement, assurant parfois le passage d’une zone d’ombre sur les voyageurs. Ceux-ci, au nombre de quatre, traversaient une campagne riante et sauvage. Riante, parce que les arbres et une profusion de buissons en tous genres y poussaient dru entre des zones herbeuses entrecoupées de petits ruisseaux à l’eau vive et claire. Sauvage, parce c’était les dieux de la nature qui, seuls, décidaient des essences reines des lieux : il n’y avait pas la moindre trace de champs cultivés, de sillons tracés au cordeau, ou de ces pistes empierrées qui viennent briser l’élan des courbes de terrain. Ou alors, parfois, des traces si anciennes que le temps les avait harmonieusement mariées aux lignes sinueuses propres à ce qui est libre.
Tout ceci ne signifiait pas qu’il n’y avait pas de traces humaines : la contrée n’avait rien d’un désert, et les voyageurs avaient aperçu deux heures plus tôt quelques fumées signalant la présence d’un village. »
Extrait de : A. Le Bussy. « Le dieu avide – Chatinika. »