Étiquette : Le livre de poche

 

Sécurité absolue par Serge Brussolo

Fiche de Sécurité absolue

Titre : Sécurité absolue (Tome 3 sur 3 – Oswald Caine)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1993
Editeur : Le livre de poche

Première page de Sécurité absolue

« Il avait vu venir la tempête, il l’avait vue naître au fin fond du désert, il avait vu le vent la fabriquer derrière les dunes et les collines arides, là-bas, sur la ligne d’horizon. Maintenant elle courait vers lui, elle chargeait, tel un animal énorme noyé au sein d’un nuage de poussière. Il la regardait venir, sans bouger, abattu dans son grand fauteuil de cuir qu’il avait fait pivoter pour fixer l’immense baie vitrée occupant toute la paroi sud de son bureau. C’était comme l’écran d’un téléviseur gigantesque aux images merveilleusement vivantes. Un panneau de polycarbonate analogue à celui employé dans la confection des carlingues d’avion de chasse, et capable de supporter des pressions fantastiques.
Recroquevillé dans la coquille du fauteuil en peau d’autruche, il se préparait au choc, attendant le moment où la bourrasque percuterait de plein fouet le donjon de la résidence.
Le « donjon », c’était toujours ainsi qu’il désignait la plus haute tour du complexe d’habitation qu’il avait fait surgir de terre, en plein désert Mohave. »

Extrait de : S. Brussolo. « Sécurité absolue – Oswald Caine. »

Bunker par Serge Brussolo

Fiche de Bunker

Titre : Bunker (Tome 1 sur 3 – Oswald Caine)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1993
Editeur : Le livre de poche

Première page de Bunker

« Accrochée au bord de la falaise, la villa paraissait minuscule, fragile, et pour tout dire en équilibre instable.

De rares ouvertures semblables à des meurtrières perçaient ses parois épaisses et blanches. Sous la morsure du soleil, elles faisaient penser à des paupières que l’éblouissement aurait changées en de minces fentes frangées d’ombre. Une haute grille de fer aux barreaux serrés faisait le tour de la véranda ; elle fermait le seul accès possible, achevant de donner à la bâtisse l’allure d’une prison.

Nuco se coula un peu plus entre les roches, grinçant des dents quand les pierres chauffées à blanc frôlaient sa chair rouge d’Indio sous laquelle les muscles se nouaient au rythme de sa lente reptation. Il avait un nez busqué, des pommettes saillantes, et une chevelure d’un noir de jais que le ruissellement de la sueur avait agglutinée en lanières huileuses. Il s’immobilisa dans la poussière. À deux mètres de lui, au fond d’un trou noyé d’obscurité, un iguane égaré le fixait, la gorge palpitante, raclant de temps à autre la pierre avec les longues épines osseuses jaillissant de son échine. L’œil de la bête chercha celui de l’homme, comme pour une interrogation muette. »

Extrait de : S. Brussolo. « Bunker – Oswald Caine. »

La captive de l’hiver par Serge Brussolo

Fiche de La captive de l’hiver

Titre : La captive de l’hiver (Tome 2 sur 2 – Marion des Pierre)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2001
Editeur : Le livre de poche

Première page de La captive de l’hiver

« Le pressentiment l’avait assaillie tout l’après-midi, lui coupant parfois la respiration. Elle ne savait d’où venait cette peur étrange, cet étouffement qui lui avait fait, à plusieurs reprises, rejeter la tête en arrière pour aspirer un surplus d’air.
Il y avait eu des signes néfastes, depuis le matin. Trois corbeaux perchés sur la statue du saint patron de l’ordre, dans la cour de l’abbaye. Trois corbeaux curieusement sûrs d’eux, et que rien n’avait effrayés, ni les claquements de paumes, ni les cailloux lancés par les frères convers. Indifférents aux menaces, ils étaient restés là, hostiles, entêtés, couvant la population du moutier d’un œil ironique qui semblait dire : « Vous ne savez pas ce qui vous attend ! »
Leur présence avait d’abord agacé, puis inquiété. Marion, elle-même, avait à plusieurs reprises interrompu sa tâche pour regarder par-dessus son épaule. Chaque fois, elle espérait que les sinistres volatiles auraient disparu, chaque fois elle avait été déçue. Au bout d’un moment, elle avait même eu l’impression que les corbeaux la regardaient, elle, tout particulièrement. Étaient-ils venus là pour la surveiller ? Mais pourquoi ?
C’était absurde. »

Extrait de : S. Brussolo. « La Captive de l’Hiver – Marion des Pierre. »

Pèlerins des ténèbres par Serge Brussolo

Fiche de Pèlerins des ténèbres

Titre : Pèlerins des ténèbres (Tome 1 sur 2 – Marion des Pierre)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2000
Editeur : Le livre de poche

Première page de Pèlerins des ténèbres

« Frère Guillaume fuyait dans la nuit, et l’enfer tout entier courait sur ses talons.

Depuis une semaine qu’il errait dans la montagne, vivant comme une bête aux abois, il avait déchiré son froc de bure et allait presque nu, le corps couvert d’estafilades.

Il dormait le jour et se mettait en marche dès le coucher du soleil, car il aurait été trop dangereux pour lui de s’abandonner au sommeil à l’heure où le Malin règne en maître et s’insinue dans les rêves. Les légions du diable étaient à ses trousses. On ne voulait pas qu’il puisse dire ce qu’il avait vu, là-bas, au-delà des défilés, au bout du labyrinthe des chemins tortueux serpentant à flanc d’abîme. Il était le dernier témoin, le survivant. Il avait contemplé l’horreur… et il avait eu la chance de pouvoir s’échapper. Hélas, les démons avaient retrouvé sa trace, depuis ils ne le lâchaient plus et le traquaient sans relâche, meute infatigable qui prenait la piste dès que la lune hissait son disque farineux dans le ciel obscurci. Jusque-là, frère Guillaume avait réussi à leur glisser entre les griffes, mais cela ne durerait pas, car l’épuisement le gagnait. »

Extrait de : S. Brussolo. « Pèlerins des ténèbres – Marion des Pierre. »

Le labyrinthe de Pharaon par Serge Brussolo

Fiche de Le labyrinthe de Pharaon

Titre : Le labyrinthe de Pharaon (Tome 1 sur 2 – Anouna l’embaumeuse)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1998
Editeur : Le livre de poche

Première page de Le labyrinthe de Pharaon

« C’est en se penchant sur le sarcophage de bois peint qu’Anouna, parfumeuse au Per-Nefer de Sethep-Abou, s’aperçut que la momie sur laquelle elle travaillait depuis trois jours avait disparu. Une mince bandelette de lin sortait de la boîte funèbre, marquant le chemin emprunté par le mort lors de sa fuite. Une fine bande de tissu à peine froissée, imprégnée d’essences rares, et qui se tortillait comme la mue laissée par un serpent en train de faire peau neuve. La jeune fille voulut pousser un cri d’alarme mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il fallait donc se résoudre à admettre l’impossible : le défunt avait mis la nuit à profit pour quitter la maison d’embaumement en laissant se dérouler dans son sillage l’interminable pansement enduit de résine qui constituait son armure d’éternité. Pourquoi était-il parti ? Parce qu’il refusait d’entrer dans le royaume des morts… ou parce qu’il était mécontent des services de l’embaumeur choisi par sa famille ? Anouna opta pour cette deuxième hypothèse car elle savait que les travaux du Per-Nefer laissaient quelque peu à désirer dès lors qu’il s’agissait d’enterrements de seconde classe. »

Extrait de : S. Brussolo. « Le labyrinthe de pharaon – Anouna l’embaumeuse. »

L’enchâssement par Ian Watson

Fiche de L’enchâssement

Titre : L’enchâssement
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1973
Traduction : D. Pemerle
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’enchâssement

« CHRIS SOLE s’habillait rapidement. Eileen l’avait déjà appelé une première fois. La seconde fois, le facteur venait de passer.
« Il y a une lettre du Brésil ! cria-t-elle du bas de l’escalier. Une lettre de Pierre…»
De Pierre ? Dans quel but écrivait-il ? Il appréhendait d’avoir de ses nouvelles. Depuis la naissance de leur enfant, Eileen était si distante, si indifférente, accaparée par ses problèmes personnels, par Peter et par ses souvenirs. Et, face à cette indifférence, Chris ne se sentait plus de taille à lutter. Disons, pour être franc, qu’il avait baissé les bras. Quel effet aurait donc sur elle la lettre de son ancien amant ? Surtout, qu’elle ne fasse pas trop de vagues, espéra-t-il.
La porte-fenêtre lui résuma le spectacle habituel de champs noirs, des autres maisons du personnel et de l’hôpital qui, à moins d’un kilomètre de là, portait à son sommet l’anxiété matinale dont il était souvent, au détour des collines, la proie. Il y jeta un rapide coup d’œil. Il se réveillait et il allait se rendre à l’hôpital. Pour ces deux raisons, il frissonna. »

Extrait de : I. Watson. « L’enchâssement. »

Contrepoint par Aldous Huxley

Fiche de Contrepoint

Titre : Contrepoint
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1926
Traduction : J. Castier
Editeur : Le livre de poche

Première page de Contrepoint

« – Tu ne rentreras pas tard ? – La voix de Marjorie Carling était chargée d’inquiétude, et de quelque chose, même, qui ressemblait à une prière.
– Non, je ne rentrerai pas tard, dit Walter, avec la certitude malheureuse et coupable qu’il n’en serait rien. – Elle l’ennuyait avec sa façon même de parler, un peu traînante, un peu trop raffinée, fut-ce dans la douleur.
– Pas plus tard que minuit. – Elle eût pu lui rappeler le temps où il ne sortait jamais, le soir, sans elle. Elle eût pu le faire, mais elle ne le voulait pas ; c’eût été contraire à ses principes ; elle ne voulait pas forcer son amour, de quelque façon que ce fût.
– Mettons… une heure. Tu sais ce que c’est, des soirées comme celle-là… – En réalité, elle n’en savait rien, pour la bonne raison que, n’étant point sa femme, elle n’y était pas invitée. Elle avait quitté son mari pour vivre avec Walter Bidlake, et Carling, qui avait des scrupules religieux avec des goûts légèrement sadiques, goûtait sa vengeance et refusait de divorcer. Il y avait maintenant deux ans qu’ils vivaient ensemble. Deux ans seulement ; et déjà il avait cessé de l’aimer, il avait commencé d’en aimer une autre. La faute perdait sa seule excuse, les désagréments d’ordre social, leur seule contrepartie. Et elle était enceinte. »

Extrait de : A. Huxley. « Contrepoint. »

Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède par Selma Lagerlöf

Fiche de Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède

Titre : Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1906
Traduction : M. de Gouvenain, L. Grumbach
Editeur : Le livre de poche

Première page de Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède

« Il était une fois un garçon. Âgé d’environ quatorze ans, il était grand et dégingandé et ses cheveux étaient blonds comme le lin. Il ne valait pas grand-chose : son plaisir, c’était dormir et manger, sans compter qu’il aimait faire des bêtises.
On était dimanche matin et les parents de ce garçon se préparaient pour aller au temple. Le garçon, quant à lui, était assis en bras de chemise au coin de la table et pensait à la chance qu’il avait : son père et sa mère partis, il serait tranquille pour quelques heures. « Je vais pouvoir décrocher le fusil de papa et l’essayer une ou deux fois sans que personne ne s’en mêle », se disait-il en lui-même.
Mais ce fut presque comme si le père avait deviné les pensées du garçon car, alors qu’il franchissait le seuil pour s’en aller, il s’arrêta et se retourna.
— Puisque tu ne veux pas venir à l’église avec ta mère et moi mais préfères rester ici, dit-il, il me semble que tu pourrais au moins en profiter pour lire le sermon. Veux-tu me promettre de le faire ? »

Extrait de : S. Lagerlöf. « Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède . »

L’ensoleillé par Brandon Sanderson

Fiche de L’ensoleillé

Titre : L’ensoleillé
Auteur : Brandon Sanderson (illustrations par Ernanda Souza, Nabetse Zitro et Kudria Ken)
Date de parution : 2023
Traduction : M. Fazi
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’ensoleillé

« Nomade se réveilla parmi les condamnés.

Il cligna des yeux, joue droite contre la terre. Puis il se concentra sur le spectacle incongru d’une plante poussant en accéléré devant ses yeux. Était-ce un rêve ? La pousse fragile se tortillait et tremblait en se soulevant du sol. Elle semblait s’étirer avec joie, déployant ses cosses comme des bras tendus après un profond sommeil. Une tige émergea du centre, goûtant l’air comme la langue d’un serpent. Puis elle s’étira vers la gauche, vers la lumière qui brillait faiblement dans cette direction.

Nomade leva la tête en geignant, l’esprit embrouillé, les muscles endoloris. Où l’avait conduit son Saut cette fois ? Assez loin pour se cacher de la Brigade nocturne ? »

Extrait de : B. Sanderson. « L’ensoleillé. »

Manuel de survie du sorcier frugal dans l’Angleterre médiévale par Brandon Sanderson

Fiche de Manuel de survie du sorcier frugal dans l’Angleterre médiévale

Titre : Manuel de survie du sorcier frugal dans l’Angleterre médiévale
Auteur : Brandon Sanderson (illustrations par Steve Argyle)
Date de parution : 2023
Traduction : S. Guillot
Editeur : Le livre de poche

Première page de Manuel de survie du sorcier frugal dans l’Angleterre médiévale

« Je repris conscience les poings levés, mon corps parcouru d’une décharge d’adrénaline. Je pivotai sur moi-même, le pied léger, en quête de quelqu’un à frapper ; de la sueur coulait le long de mes joues.

Je me trouvais dans un champ.

Un champ ensoleillé, avec une forêt à proximité.

C’est quoi ce bordel ?

C’est quoi ce putain de bordel ?

Je restai là, mon cœur battant la chamade, à essayer de comprendre ce qui m’était arrivé. Jusqu’à ce qu’un bruit sec derrière moi me pousse à faire volte-face, les mains en garde. »

Extrait de : B. Sanderson. « Manuel de survie du sorcier frugal dans l’Angleterre médiévale. »