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Tous à Zanzibar par J. Brunner

Fiche de Tous à Zanzibar

Titre : Tous à Zanzibar (Tome 1 sur 4 – La tétralogie noire)
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1968
Traduction : D. Pemerle
Editeur : Le livre de poche

Première page de Tous à Zanzibar

« LA MÉTHODE D’INNIS

Il n’y a rien d’arbitraire ou de forcé dans le mode d’expression d’Innis. Si on le traduisait en prose perspective, non seulement faudrait-il beaucoup d’espace, mais on perdrait les intuitions, les coups de sonde à l’intérieur des modes d’interaction des formes d’organisation. Parce qu’il ressentait le besoin pressant de ce genre de pénétration, Innis a sacrifié point de vue et prestige. Un point de vue peut devenir un luxe dangereux si on le substitue à la perspicacité et à la compréhension. À mesure qu’il voyait clair, Innis a complètement cessé d’utiliser les simples points de vue pour exposer son sujet. Lorsqu’il relie étroitement l’invention de la presse mue à la vapeur et « l’unification des langues vulgaires » avec la montée du nationalisme et de l’esprit révolutionnaire, il n’exprime pas le point de vue de qui que ce soit, et encore moins le sien. Il compose, par la méthode des mosaïques, une configuration, ou galaxie, destinée à illuminer la question… Innis, toutefois, ne se fatigue pas à « déchiffrer » les interrelations des éléments de la galaxie. Ses derniers travaux ne sont pas des produits prêts à être consommés, mais des objets « à faire soi-même »…
 
Marshall McLuhan ; La Galaxie Gutenberg. »

Extrait de : J. Brunner. « La tétralogie noire – Tous à Zanzibar. »

Terremer – l’intégrale par U. Le Guin

Fiche de Terremer – l’intégrale

Titre : Terremer – l’intégrale
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 2018
Traduction : J. Bailhache, I. Delord-Philippe, P.-P. Durastanti, P. Dusoulier, S. Guillot, P. R. Hupp, F. Maillet
Editeur : Le livre de poche

Sommaire de Terremer – l’intégrale

  • Le sorcier de Terremer
  • Les tombeaux d’Atuan
  • L’ultime rivage
  • Tehanu
  • Contes de Terremer
  • Le vent d’ailleurs
  • Description de Terremer
  • Le mot de déliement
  • La règle des noms
  • La fille d’Odren
  • Au coin du feu
  • Terremer revisité

Première page de Le sorcier de Terremer

« Les guerriers dans la brume

L’île de Gont, formée d’une seule montagne qui se dresse à cinq mille pieds au-dessus des flots tumultueux de la mer du Nord-Est, est une terre renommée pour ses magiciens. Bien des hommes de Gont ont quitté les bourgades de ses hautes vallées, et les ports de ses sombres baies encaissées, pour s’en aller servir les Seigneurs de l’Archipel dans leurs cités, comme sorciers ou comme mages ; d’autres, préférant l’aventure, sont partis voguer d’île en île, pratiquant leur magie d’un bout à l’autre de Terremer.

Certains disent que parmi eux, le plus grand, et sans nul doute le plus intrépide voyageur, fut celui qu’on appelait Épervier, et qui fut en son temps à la fois Seigneur des Dragons et Archimage. Sa vie est contée dans la Geste de Ged et dans bien des chansons, mais ceci est une histoire d’avant sa renommée, avant que les chansons n’aient été écrites. »

Extrait de : U. Le Guin. « Cycle de Terremer – Terremer – l’intégrale. »

L’autre côté du rêve par U. Le Guin

Fiche de L’autre côté du rêve

Titre : L’autre côté du rêve
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 1975
Traduction : H.-L. Planchat
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’autre côté du rêve

« Confucius et toi, vous n’êtes que des rêves ; et moi qui dis que vous êtes des rêves, je suis moi-même un rêve. C’est un paradoxe. Un sage pourra l’expliquer demain, mais ce demain ne viendra pas avant dix mille générations.
Tchouang-Tseu, II.
 
Portée par les courants, poussée par les vagues, entraînée irrésistiblement par toute la force de l’océan, la méduse dérive dans les fonds marins. Là où parvient la lumière et où commencent les ténèbres. Portée, poussée, entraînée de nulle part vers nulle part – car, dans les profondeurs marines, il n’y a pas d’autres repères que « plus près » et « plus loin », « plus haut » et « plus bas » –, la méduse se balance, comme suspendue ; ses pulsations sont légères et rapides, perdues dans les  »

Extrait de : U. Le Guin. « L’autre côté du rêve. »

La cité des illusions par U. Le Guin

Fiche de La cité des illusions

Titre : La cité des illusions (Tome 3 sur 3 – Ligue de tous les mondes)
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 1966
Traduction : J. Bailhache
Editeur : Le livre de poche

Première page de La cité des illusions

« Imaginez les ténèbres.
Dans ces ténèbres, celles d’espaces infinis que ne trouble pas le soleil, un esprit muet s’éveilla. Il était plongé dans le chaos, en un monde dont il ne pouvait rien déchiffrer. Il n’avait pas de langage, et il ne savait pas que les ténèbres étaient la nuit.
Lorsque la lumière se fit, une lumière dont il n’avait pas souvenance, son corps se mit en mouvement. Il rampait, courait à quatre pattes ou bien se redressait, mais sans aller nulle part. Il n’avait pas de chemin à suivre dans le monde où il se trouvait, car un chemin suppose un départ et une arrivée. Tout s’embrouillait autour de lui, et tout résistait. Dans la confusion de son être, il se sentait poussé à  »

Extrait de : U. Le Guin. « Ligue de tous les mondes – La cité des illusions. »

Planète d’exil par U. Le Guin

Fiche de Planète d’exil

Titre : Planète d’exil (Tome 2 sur 3 – Ligue de tous les mondes)
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 1966
Traduction : J. Bailhache
Editeur : Le livre de poche

Première page de Planète d’exil

« UNE POIGNÉE DE NUIT

AUX derniers jours de la dernière phase lunaire d’automne, le vent soufflait des terres du Nord dans les forêts mourantes d’Askatévar, un vent froid qui sentait la fumée et la neige. Frêle et vêtue de fourrures légères, tel un animal qui fuit dans l’ombre, la jeune Rolerie se glissait par les bois ; dans une tempête de feuilles mortes, elle s’éloignait des murs qui, pierre à pierre, s’élevaient sur le versant de la colline de Tévar et des champs où l’on s’affairait autour de la dernière moisson. Elle allait seule, et personne ne criait son nom derrière elle. Elle suivait une vague piste qui menait vers l’ouest, labourée de multiples  »

Extrait de : U. Le Guin. « Ligue de tous les mondes – Planète d’exil. »

Le monde de Rocannon par U. Le Guin

Fiche de Le monde de Rocannon

Titre : Le monde de Rocannon (Tome 1 sur 3 – Ligue de tous les mondes)
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 1966
Traduction : J. Bailhache
Editeur : Le livre de poche

Première page de Le monde de Rocannon

« LE COLLIER

COMMENT discerner la légende de la réalité en des mondes dont tant d’années nous séparent ? – planètes sans nom que leurs habitants appellent le Monde, planètes sans histoire dont les mythes se nourrissent du passé, à telle enseigne qu’un explorateur revenant après quelques années d’absence s’aperçoit que ses actions antérieures sont devenues celles d’un dieu. La déraison assombrit cette brèche creusée dans le temps et annihilée par nos vaisseaux photiques, et dans les ténèbres l’incertitude et la démesure poussent comme des herbes folles. »

Extrait de : U. Le Guin. « Ligue de tous les mondes – Le monde de Rocannon. »

Le vent d’ailleurs par U. Le Guin

Fiche de Le vent d’ailleurs

Titre : Le vent d’ailleurs (Tome 6 sur 6 – Cycle de Terremer)
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 2001
Traduction : P. Dusoulier
Editeur : Le livre de poche

Sommaire de Le vent d’ailleurs

  • La réparation du pichet vert
  • Les palais
  • Le conseil du dragon
  • Le dauphin
  • Réunion

Première page de La réparation du pichet vert

« Ses grandes voiles blanches comme les ailes d’un cygne poussèrent le vaisseau Voleloin dans l’air de l’été depuis la baie des Falaises Fortifiées jusqu’à Port-Gont. Le navire glissa sur les eaux tranquilles vers la jetée, une créature des vents si gracieuse et précise que deux habitants qui péchaient sur le vieux quai poussèrent des cris d’enthousiasme, agitant la main vers les matelots et le passager qui se tenait à la proue.
C’était un homme mince, avec un havresac tout aussi mince et un vieux manteau noir, sans doute un sorcier ou un petit marchand, quelqu’un sans importance. Les deux pêcheurs observèrent l’animation sur le quai et sur le pont du navire tandis qu’on s’affairait à décharger la cargaison, et ne jetèrent un regard curieux vers le passager que lorsqu’il descendit, et qu’un matelot fit un geste derrière son dos, le pouce, l’index et l’auriculaire pointés vers lui : Puisses-tu ne jamais revenir ! »

Extrait de : U. Le Guin. « Cycle de Terremer – Le vent d’ailleurs. »

Contes de Terremer par U. Le Guin

Fiche de Contes de Terremer

Titre : Contes de Terremer (Tome 5 sur 6 – Cycle de Terremer)
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 2001
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Le livre de poche

Sommaire de Contes de Terremer

  • Le trouvier
  • Les os de la terre
  • Dans le grand marais
  • Libellule

Première page de Le trouvier

« A l’Âge Sombre

Voici la première page du Livre des Ténèbres, rédigé il y a environ six cents ans à Bérila, sur Enlade :
« Après qu’Elfarranne et Morred périrent et que la mer engloutit l’île de Soléa, le Conseil des Sages gouverna pour le compte de l’enfant Serriadh jusqu’à ce qu’il monte sur le trône. Son règne à lui fut brillant, mais bref. Les rois qui le suivirent en Enlade furent au nombre de sept et leur royaume grandit en paix et en prospérité. Puis les dragons vinrent perpétrer leurs raids depuis les terres occidentales et les magiciens les affrontèrent en vain. Le roi Akambar transféra la cour de Bérila, en Enlade, à la Cité d’Havnor, d’où il expédia sa flotte contre les envahisseurs des Terres Kargades et les repoussa dans l’Est. Mais toujours ils envoyaient des vaisseaux mener des raids jusque dans la Mer du Centre. Des quatorze Rois d’Havnor, le dernier fut Maharion, qui fit la paix, et avec les dragons, et avec  »

Extrait de : U. Le Guin. « Cycle de Terremer – Contes de Terremer. »

Le dit d’Aka par U. Le Guin

Fiche de Le dit d’Aka

Titre : Le dit d’Aka (Tome 4 sur 7 – Cycle de l’Ekumen)
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 2000
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Le livre de poche

Première page de Le dit d’Aka

« De jour, quand Sutty retournait sur Terre, c’était toujours au village. De nuit, c’était dans l’Enclave.
Le jaune du cuivre, le jaune du curcuma et du riz au safran, l’orange du souci, la teinte orangée de la poussière en suspension au-dessus des champs à la tombée du jour, le rouge du henné, le rouge de la passiflore, le rouge du sang séché, le rouge de la boue : telles étaient les nuances de la lumière du soleil durant la journée. Un parfum d’ase fétide. Le gazouillis de la voix de Tata qui cancanait avec la mère de Moti sur la véranda. La main brune immobile d’oncle Hurree posée sur une page blanche. L’œil de Ganesh, petit, porcin, gentil. Une allumette qu’on gratte, l’épaisse volute grise de la fumée d’encens, âcre, piquante, dissipée. Odeurs, visions fugitives, échos qui tramaient ou miroitaient dans sa tête tandis qu’elle parcourait les rues, mangeait, se reposait des vagues de sensations infligées par les quasis auxquels elle devait commuciper, de jour, sous l’autre soleil. »

Extrait de : U. Le Guin. « Cycle de l’Ekumen – Le Dit d’Aka. »

Les dépossédés par U. Le Guin

Fiche de Les dépossédés

Titre : Les dépossédés (Tome 3 sur 7 – Cycle de l’Ekumen)
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 1974
Traduction : H.-L. Planchat
Editeur : Le livre de poche

Première page de Les dépossédés

« Il y avait un mur. Il ne semblait pas important. Il était formé de pierres non taillées cimentées sans soin. Un adulte pouvait regarder par-dessus, et même un enfant pouvait l’escalader. Là où il croisait la route, il n’y avait pas de porte, il s’estompait en une simple figure géométrique, une ligne, une idée de frontière. Mais cette idée était réelle. Elle était importante. Durant sept générations il n’y avait rien eu de plus important au monde que ce mur.
Comme tous les murs, il était ambigu, avec ses deux côtés. Ce qui se trouvait à l’intérieur et ce qui était à l’extérieur dépendait du côté du mur d’où l’on regardait.
Vu d’un côté, le mur entourait un champ stérile de soixante acres appelé le Port d’Anarres. Sur ce champ se trouvaient quelques grues flottantes, une aire de lancement et d’atterrissage, trois entrepôts, un garage pour camions et un dortoir. »

Extrait de : U. Le Guin. « Cycle de l’Ekumen – Les dépossédés. »