Étiquette : Leiber
Génies en boîtes par F. Leiber

Fiche de Génies en boîtes
Titre : Génies en boîtes
Auteur : F. Leiber
Date de parution : 1961
Traduction : B. de Lesseps
Editeur : Opta
Première page de Génies en boîtes
« GASPARD de la Nuit, écrivain journalier, poussait sa peau de chamois le long du socle étincelant de son gloseur imposant ; il avait exactement cette même affectueuse absence avec laquelle, quelque temps plus tard ce matin-là, il caresserait le flanc ondulant et doux d’Héloïse Ibsen, maître écrivain. Il vérifia machinalement les milliers de voyants (tous éteints) et les rangées de cadrans (tous à zéro) sur la façade à deux étages de l’ordinateur. Après quoi il bâilla, tout en se massant la nuque.
Il avait passé son service de nuit à boire du café en terminant « Les bas-fonds de l’espace » et « À chacun sa philosophie ». On ne pouvait rêver pour un auteur d’une nuit de travail plus facile.
Il fourra la peau de chamois dans un tiroir de son bureau fatigué et se jeta un regard critique dans une glace ; il passa les doigts dans ses cheveux bruns et ondulés, noua d’un geste la soie noire flamboyante »
Extrait de : F. Leiber. « Génies en boîtes. »
Demain les loups par F. Leiber

Fiche de Demain les loups
Titre : Demain les loups
Auteur : F. Leiber
Date de parution : 1966
Traduction : B. Jouenne
Editeur : Pocket
Première page de Demain les loups
« ALLEZ, Gussy, insista Fay d’une voix tranquille, arrête de déambuler comme un ours névrosé et propose-moi quelque chose pour mon équipe d’invention. J’aime bien venir vous voir, toi et Daisy, mais je ne peux pas rester en haut toute la nuit.
— Si ça te rend nerveux d’être en dehors des abris, tu n’as pas besoin de revenir, dit Gusterson en continuant à déambuler. Pourquoi est-ce que votre équipe d’invention ne cherche pas elle-même quoi inventer ? Et toi ? Ah ! là là…
Et ce « ah ! » résumait la condamnation éclatante d’un mode de vie tout entier.
— Mais on cherche, répondit Fay imperturbable, seulement voilà : un point de vue nouveau, ça aide quelquefois.
— Tiens donc ! Fay, tu n’es qu’un pillard ! Je parie que tu as une vingtaine de types comme moi à qui tu pompes des idées à l’œil. »
Extrait de : F. Leiber. « Demain les Loups. »
Ceux des profondeurs par F. Leiber

Fiche de Ceux des profondeurs
Titre : Ceux des profondeurs
Auteur : F. Leiber
Date de parution : 1976
Traduction : J. Van Herp
Editeur : Mnémos
Première page de Ceux des profondeurs
« LE MANUSCRIT SUIVANT fut trouvé dans un curieux étui en cuivre et en ruolz ; d’une facture fort moderne, mis aux enchères par la police du comté de Los Angeles, Californie, en tant que bien non réclamé après le temps prescrit. Dans cet étui deux petits livres de vers accompagnaient le manuscrit : Azatoth – et autres horreurs de Edward Pickmann Derby, Presses du Sphinx d’Onyx, à Arkham, Massachussetts, et Le tunnelier d’en bas de George Reuter Fischer, presses de Ptolémée, Hollywood, Californie. Le manuscrit avait été rédigé à la plume par le second de ces poètes, à l’exception de deux lettres et d’un télégramme, interfoliés. Le coffret et son contenu étaient sous la garde de la police depuis le 16 mars 1937, après la découverte du corps mutilé de Fischer, près de son habitation en ruines dans »
Extrait de : F. Leiber. « Ceux des profondeurs. »
Ballet de sorcières par F. Leiber

Fiche de Ballet de sorcières
Titre : Ballet de sorcières
Auteur : F. Leiber
Date de parution : 1943
Traduction : M. Rosenthal
Editeur : Le Masque
Première page de Ballet de sorcières
« Norman Saylor n’était pas homme à aller fouiner dans le boudoir de sa femme. Et c’est en partie pour cette raison-là qu’il le fit. Il était certain que rien ne pouvait entamer la sécurité de son union avec Tansy.
Il n’ignorait évidemment pas le sort de l’épouse trop curieuse de Barbe-Bleue. D’ailleurs, à un moment donné, il s’était sérieusement intéressé aux dessous psychanalytiques de cette étrange histoire de belles dames suspendues. Il n’imaginait toutefois pas que semblable surprise pût attendre un mari, et de plus un mari moderne. Une demi-douzaine de beaux garçons pendus à des crochets derrière cette porte luisante, couleur crème ? Une telle idée l’aurait fait rire, en dépit de ses analyses savantes sur la psychologie féminine et de ses brillantes études sur les analogies entre les superstitions primitives et les névroses modernes. Études qui lui avaient déjà valu une certaine renommée. »
Extrait de : F. Leiber. « Ballet de sorcières. »
Alternatives par F. Leiber

Fiche d’Alternatives
Titre : Alternatives
Auteur : F. Leiber
Date de parution : 1945
Traduction : O. Sabathé-Ricklin
Editeur : Presses de la cité
Première page d’Alternatives
« LA QUATRIÈME synchromie de Hoderson déployait son dernier mouvement en une frémissante aurore boréale de verts et de bleus, achevant de narrer l’antique légende de l’« Yggdrasil » – cet arbre qui plonge ses racines à la fois dans le ciel, dans l’enfer et dans la terre des géants pétrifiés ; des serpents rongent les racines de l’arbre tandis que les dieux luttent pour le préserver.
Transcrit en ondes lumineuses par le génie de Hoderson et interprété par le plus grand colori-orchestre du monde, le mythe de la terreur fondamentale, du mystère et de la pourriture, tenait encore une fois le public sous son emprise. »
Extrait de : F. Leiber. « Alternatives. »
A l’aube des ténèbres par F. Leiber

Fiche d’A l’aube des ténèbres
Titre : A l’aube des ténèbres
Auteur : F. Leiber
Date de parution : 1943
Traduction : J. Hérisson
Editeur : J’ai lu
Première page d’A l’aube des ténèbres
« Frère Jarles, prêtre de Premier Cercle Extérieur, novice dans la Hiérarchie, ravala la fureur qui l’étouffait et s’efforça de se composer un masque, non seulement pour la masse des fidèles – chose que l’on enseignait à tous les membres de la Hiérarchie – mais aussi pour les autres prêtres.
Un prêtre qui haïssait la Hiérarchie autant que lui, au cours de ses terrifiants accès de rage, devait avoir perdu l’esprit.
Mais les prêtres ne pouvaient pas perdre l’esprit, pas sans que la Hiérarchie le sût, en tout cas, comme elle savait tout le reste.
Un inadapté, alors ? Mais sa tâche était assignée à un prêtre avec une précision et une lucidité infaillibles ; les moindres aspects de sa personnalité, mesurés avec la minutie d’un sondage atomique. Un prêtre ne pouvait pas haïr son métier. »
Extrait de : F. Leiber. « A l’aube des ténèbres. »
Les racines du passé par F. Leiber

Fiche de Les racines du passé
Titre : Les racines du passé (Tome 2 sur 2 – Guerre des modifications)
Auteur : F. Leiber
Date de parution : 1979
Traduction : E. Chedaille, D. Hersant
Editeur : Le Masque
Sommaire de Les racines du passé
- Le matin de la damnation
- Un météore de calibre 32
- Pavane pour les filles fantômes
- Minuit dans le monde-miroir
- Les racines du passé
Première page de Le matin de la damnation
« Le voyage dans le temps n’est pas tout à fait l’innocent jeu de gamin dont il a la réputation. Pour moi, tout a commencé le jour où cette femme avec une marque sur le front m’est apparue sur le seuil d’une chambre d’hôtel où je me terrais en compagnie de quelques bouteilles.
— Alors, mon grand, me demanda-t-elle, voulez-vous vivre ?
Le genre de question à la noix qu’aurait pu poser un prêcheur musclé. Mais elle n’entrait pas dans cette catégorie, il suffisait de la regarder. J’aurais très bien pu lui répondre — c’est d’ailleurs ce que j’ai failli faire — par « Mon Dieu, non ! » ; j’aurais pu également étudier les motifs du tapis pendant un moment perversement long et laisser tomber : « Oh, après tout, si vous insistez… »
Extrait de : F. Leiber. « La Guerre des Modifications – Les racines du passé. »
Le grand jeu du temps par F. Leiber

Fiche de Le grand jeu du temps
Titre : Le grand jeu du temps (Tome 1 sur 2 – Guerre des modifications)
Auteur : F. Leiber
Date de parution : 1961
Traduction : H. Denès, R. Lathière
Editeur : Le Masque
Sommaire de Le grand jeu du temps
- La guerre des modifications
- L’homme de guerre
Première page de La guerre des modifications
« TOI QUI CONNAIS LES HUSSARDS…
Je m’appelle Greta Forzane. J’ai vingt-neuf ans et je suis le genre de fille que les hommes aiment emmener danser, si cela vous dit quelque chose. Je suis née à Chicago, de parents scandinaves, mais j’opère désormais principalement hors de l’espace et du temps – non, pas en enfer ou au paradis, comme vous y allez et qui vous dit que ça existe seulement, hein ? – mais pas non plus au sein du cosmos ou de l’univers que vous connaissez.
Je n’ai pas tout à fait l’enchanteresse beauté romantique de l’immortelle star de cinéma qui porte, aussi, mon prénom, mais je dois avouer sans fausse modestie que je ne manque pas de charme. Heureusement, car mon travail consiste à dorloter pour les remettre sur pied les Soldats que la plus grande guerre de tous les temps a mis mal en point jusqu’à ce qu’ils aient recouvré leur raison et leur sang-froid. Quelle guerre ? »
Extrait de : F. Leiber. « Guerre des modifications – Le grand Jeu du Temps. »
Le crépuscule des épées par F. Leiber

Fiche de Le crépuscule des épées
Titre : Le crépuscule des épées (Tome 7 sur 7 – Cycle des épées)
Auteur : F. Leiber
Date de parution : 1977
Traduction : D. Haas
Editeur : True Gods Edition
Première page de Le crépuscule des épées
« Dans le monde de Nehwon, au pays de Simorgya, à six jours de voile – par bon vent – au sud de l’Île de Givre, deux êtres argentés d’une grande beauté s’entretenaient en toute intimité – mais non sans tension – dans une salle entourée de piliers, ouverte, en haut, sur les ténèbres, et baignée d’une lumière glauque, irrégulière. Éclairage des plus étranges au demeurant : tour à tour verdâtre et jaunâtre, il semblait émaner surtout des tapis aux motifs grotesques épars sur le sol de ce Styx marin, léchant le pied des piliers, mais aussi des globules et des formes sinueuses qui flottaient paresseusement à la hauteur des têtes et ondulaient entre les colonnes en s’allumant par intermittence, pareils à de gigantesques lucioles léthargiques dévorées par la lèpre. »
Extrait de : F. Leiber. « Le Cycle des Épées – Le crépuscule des épées. »
La magie des glaces par F. Leiber

Fiche de La magie des glaces
Titre : La magie des glaces (Tome 6 sur 7 – Cycle des épées)
Auteur : F. Leiber
Date de parution : 1977
Traduction : J. Corday, A. Rosenblum
Editeur : True Gods Edition
Sommaire de La magie des glaces
- La tristesse du bourreau
- La belle et les bêtes
- Pris au piège de la terre de l’ombre
- L’appât
- Sous la loi des dieux
- Pris au piège dans la mer des étoiles
- Le monstrème de glace
- L’île de givre
Première page de La tristesse du bourreau
« La Mort était assise sur un modeste trône tendu de noir dans une salle de l’immense château qui se dressait au cœur de la Terre de l’Ombre.
La Mort secoua sa tête livide, tapota délicatement ses tempes d’opale et pinça ses lèvres, dont la couleur rappelait celle des raisins violets que recouvre encore au sortir de la nuit un duvet argenté. Son corps élancé était vêtu d’une cotte de mailles et la lame nue de son irrésistible épée pendait à une ceinture noire piquée de crânes d’argent terni.
Ses responsabilités étaient assez limitées, elle n’était que la Mort du Monde de Nehwon, mais cela ne l’empêchait pas d’avoir ses problèmes. Pleines de vie ou déjà vacillantes, deux cents existences humaines devaient s’éteindre au cours des vingt prochains battements de son cœur. Et même si les battements de cœur de la Mort résonnent comme une cloche d’airain dans les profondeurs, même si chacun renferme une parcelle d’éternité, ils finissent toujours par retentir à un moment ou à un autre. Plus que dix-neuf à présent. Et les Seigneurs de la Nécessité, les maîtres mêmes de la Mort, devaient être satisfaits. »
Extrait de : F. Leiber. « Le Cycle des Épées – La magie des glaces. »