Étiquette : Les chroniques du Radch

 

La miséricorde de l’ancillaire par Ann Leckie

Fiche de La miséricorde de l’ancillaire

Titre : La miséricorde de l’ancillaire (Tome 3 sur 3 – Les chroniques du Radch)
Auteur : Ann Leckie
Date de parution : 2015
Traduction : P. Marcel
Editeur : J’ai lu

Première page de La miséricorde de l’ancillaire

« L’instant d’avant, endormi. À présent, éveillé, parmi les petits bruits familiers de la préparation du thé. Mais il était six minutes plus tôt que je ne l’avais prévu. Pourquoi ? Je me suis projeté.
La lieutenant Ekalu était de quart. Indignée par quelque chose. Un peu en colère, même. Face à elle, la cloison affichait une vue de la station Athoek, des vaisseaux qui l’entouraient. Le dôme qui couvrait ses jardins à peine visible sous cet angle. Athoek proprement dite, moitié dans l’ombre, moitié brillant de bleu et de blanc. Le brouhaha des communications ne révélait aucune anomalie.
J’ai ouvert les yeux. Les cloisons de mes quartiers présentaient le même panorama de l’espace autour de nous que celui qu’observait la lieutenant Ekalu, au poste de commandement – la station Athoek, des vaisseaux, Athoek elle-même. Les balises des quatre portes intersystème locales. Je n’avais pas besoin que les cloisons montrent cette perspective. Je pouvais la consulter n’importe où, n’importe quand, simplement en le souhaitant. Mais je n’avais jamais ordonné son emploi effectif ici. Ce devait être le fait de Vaisseau. »

Extrait de : A. Leckie. « La miséricorde de l’ancillaire – Les chroniques du Radch. »

L’épée de l’ancillaire par Ann Leckie

Fiche de L’épée de l’ancillaire

Titre : L’épée de l’ancillaire (Tome 2 sur 3 – Les chroniques du Radch)
Auteur : Ann Leckie
Date de parution : 2014
Traduction : P. Marcel
Editeur : J’ai lu

Première page de L’épée de l’ancillaire

«  Étant donné les circonstances, une autre lieutenant te serait utile. » Anaander Mianaaï, maître (pour l’heure) de la totalité des vastes étendues de l’espace du Radch, siégeait sur un large fauteuil capitonné de soie brodée. Le corps qui me parlait à moi – un parmi des milliers – paraissait avoir environ treize ans. Vêtements noirs, peau sombre. Son visage était déjà empreint des traits aristocratiques qui marquaient dans l’espace du Radch le rang le plus élevé et le summum de la mode. En temps normal, on ne voyait jamais de si jeunes versions de la Maître du Radch, mais nous ne nous trouvions pas en temps normal.

La pièce était étriquée, trois mètres carrés et demi, lambrissée de lattes en bois sombre. Dans un coin, les boiseries faisaient défaut – sans doute endommagées la semaine précédente au cours de la violente dispute entre des parties rivales d’Anaander Mianaaï elle-même. Aux endroits encore couverts se déployaient les vrilles d’une plante pelucheuse, de fines feuilles vert argent et çà et là de minuscules fleurs blanches. L’endroit n’était ni une zone publique du palais, ni une salle d’audience. Un siège vide était placé à côté de celui de la Maître du Radch, séparé de lui par une table portant un service à thé, une théière et des bols de porcelaine blanche sans ornementation, striés avec grâce, le genre d’objet qu’on croit banal au premier regard, mais qui, au second, se révèle être une œuvre d’art dont la valeur surpasse celle de certaines planètes. »

Extrait de : A. Leckie. « Les chroniques du Radch – L’épée de l’ancillaire. »

La justice de l’ancillaire par Ann Leckie

Fiche de La justice de l’ancillaire

Titre : La justice de l’ancillaire (Tome 1 sur 3 – Les chroniques du Radch)
Auteur : Ann Leckie
Date de parution : 2013
Traduction : P. Marcel
Editeur : J’ai lu

Première page de La justice de l’ancillaire

« Le corps, d’un gris funèbre, gisait nu, face contre terre, des mouchetures de sang teignant la neige autour de lui. Il faisait moins quinze degrés centigrades et une tempête était passée quelques heures à peine auparavant. La neige s’étalait, lisse dans le lever d’un soleil blême ; seules quelques traces conduisaient à un proche bâtiment en blocs de glace. Une taverne. Ou ce qui passait pour tel dans ce bourg.

Il y avait quelque chose d’une familiarité irritante dans ce bras étendu, la ligne allant de l’épaule jusqu’aux hanches. Mais il était peu probable que je connaisse cette personne. Je ne connaissais personne, ici. Ces confins glacés d’une planète froide et isolée étaient aussi éloignés de la notion radchaaïe de civilisation qu’on pouvait l’être. Je n’étais ici, sur ce monde, dans ce bourg, que pour régler une affaire personnelle urgente. Les cadavres dans les rues ne me concernaient pas.

Parfois, je ne sais pas pourquoi j’agis comme je le fais. Même après tout ce temps, ne pas savoir, ne pas avoir d’ordres à suivre, reste pour moi une nouveauté. Je ne pourrais donc pas vous expliquer pourquoi je me suis arrêté et, d’un pied, j’ai soulevé l’épaule nue afin de voir le visage.

Toute gelée, meurtrie et ensanglantée que soit cette personne, je l’ai reconnue. Elle s’appelait Seivarden Vendaaï et avait été, longtemps auparavant, une de mes officiers, une jeune lieutenant, promue par la suite à son propre commandement, un autre vaisseau. Je l’aurais crue morte depuis mille ans mais, indéniablement, elle était ici. Je me suis accroupi et j’ai cherché un pouls, le moindre signe de respiration. »

Extrait de : A. Leckie. « Les chroniques du Radch – La justice de l’ancillaire. »