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Le chef au bracelet d’or par André Laurie et Thomas Mayne Reid
Fiche de Le chef au bracelet d’or
Titre : Le chef au bracelet d’or
Auteur : André Laurie et Thomas Mayne Reid
Date de parution : 1882
Editeur : BnF
Première page de Le chef au bracelet d’or
« C’est l’heure de la garde montante à l’École militaire de West-Point, par une belle matinée de juin.
Les élèves ou cadets, en uniforme gris, rangés en ligne et silencieux, regardent droit devant eux, à la distance réglementaire de quinze pas, tandis qu’un officier à la taille de guêpe les passe en revue.
L’un après l’autre, ils présentent leur fusil à l’inspecteur, à mesure qu’il avance sur la ligne, et celui ci, saisissant l’arme d’un mouvement brusque, l’examine avec des yeux furibonds. Quand il la rend à l’élève, on pourrait croire, à sa mine féroce, qu’il a quelque envie de la lui jeter à la tête.
A première vue, toutes ces tailles élancées et ces boutons étincelants au soleil semblent appartenir à un type unique.
Immobiles et impassibles, ces figures imberbes paraissent n’avoir pour but que d’effacer leur individualité. Pourtant, en les examinant plus attentivement, on remarque des différences parmi ces officiers de demain.
Les uns ont des cheveux foncés, les autres des cheveux blonds. Celui-ci est petit, celui-là est grand. Les yeux de l’un rayonnent d’intelligence, ceux de l’autre sont ternes et sans expression. »
Extrait de : A. Laurie et T.M Reid. « Le Chef au bracelet d’or. »
La vie de collège par André Laurie

Fiche de La vie de collège
Titre : La vie de collège dans tous les temps et dans tous les pays – l’écolier d’Athènes
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1896
Editeur : BnF
Première page de La vie de collège
« Nous sommes à la troisième année de la 112e Olympiade1. Deux jeunes garçons de onze à treize ans suivent les rues tortueuses de Pella, en Macédoine, accompagnés de leur précepteur ou « pédagogue » ; celui-ci chargé de manuscrits, d’instruments de musique et boitant visiblement ; ceux-là gambadant à ses côtés.
« Par ici, Proas ! dit Perdiccas, l’aîné, d’une voix impérieuse en tirant le maître par sa tunique ou chiton. Tu sais bien que nous voulons suivre la grande route !…
– La grande route ! objecta le précepteur. Nous nous éloignons de la maison ! Cela nous fait une demi-heure de chemin supplémentaire. À quoi bon, mes enfants ?
– Nous voudrions aller voir le portrait d’Alexandre, expliqua Amyntas, le plus jeune des deux élèves.
– Oui, nous voulons entrer au palais et voir le portrait, comme tout le monde, » dit péremptoirement le frère aîné. »
Extrait de : A. Laurie. « La Vie de collège dans tous les temps et dans tous les pays – L’Écolier d’Athènes. »
L’héritier de Robinson par André Laurie

Fiche de L’héritier de Robinson
Titre : L’héritier de Robinson
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1884
Editeur : BnF
Première page de L’héritier de Robinson
« Une lettre, Monsieur… Je ne sais pas d’où elle vient… »
Le valet de chambre présentait la lettre sur un plateau, ou, pour mieux dire, il tenait un plateau de la main gauche, et tournait, retournait, soupesait de la main droite une missive volumineuse chargée de timbres et d’aspect exotique.
Mais son maître était bien trop engagé dans sa discussion pour remarquer l’incident.
« Il vaut mieux aller en Angleterre et visiter Birmingham, Manchester, Leeds, tous les grands ateliers que tu désires connaître, disait-il à son fils.
– Bon ! je trouverai toujours le temps de faire ce voyage, répliquait celui-ci. Et vous, mon père, vous serez si content de voir Naples, Florence, les nouvelles fouilles de Rome !… Allons plutôt en Italie… »
On était en juillet, et il s’agissait de décider la grosse question du voyage de vacances. M. Benjamin Gloaguen et son fils Paul-Louis déjeunaient tête à tête. C’était leur habitude constante, depuis que l’un avait commencé ses études à l’École centrale des arts et manufactures, et que l’autre, pour ne pas se séparer de lui, avait transporté ses pénates de Nantes à Paris, dans un spacieux appartement de la place des Vosges. »
Extrait de : A. Laurie. « L’Héritier de Robinson. »
Naufragés de l’espace par P.-J. Hérault

Fiche de Naufragés de l’espace
Titre : Naufragés de l’espace
Auteur : P.-J. Hérault
Date de parution : 2020
Editeur : Critic
Sommaire de Naufragés de l’espace
- Circuit fermé par C. Leboulanger
- Attendre l’aurore par E. Quentin
- La cinquantième par M. Stern
- Retour à Altamira par T. Latil-Nicolas
- Les indésirables par L. Basseterre
- Mésaventure par D. Gallais
- Le lien par A. Pleynet
- Bételgeuse z-l par R.Benassaya
Première page de Circuit fermé
« Les formes grises des vaisseaux de recherche, des créatures de fer oblongues pilotées non pas par des mains humaines mais par des algorithmes inquisiteurs eux-mêmes conçus par des algorithmes industriels créateurs, s’éloignèrent, rétrécissant silencieusement contre le noir du vide interplanétaire jusqu’à disparaitre tout à fait, et Patrick Almavera-Tran-Elmosito – Pate, pour le dire vite – soupira, se trouvant enfin tout à fait seul. Il ne restait plus que lui parmi les débris de la brève bataille et il ne put s’empêcher de méditer que les Terriens étaient bien orgueilleux de tenir à piloter eux-mêmes leurs vaisseaux de guerre dans la bataille, quand des machines comme les sphères récupératrices auraient tout aussi bien fait le travail, si ce n’était mieux. Il se trouvait un élève dans chaque promotion de l’Académie pour soulever la question auquel on répondait invariablement : « La guerre, c’est un art. Les machines ne sont pas des artistes. Le jour où les algorithmes peindront, alors elles feront la guerre. » Pate, comme les autres, avait compris que cela ne souffrait aucune contestation et s’était concentré sur sa place dans la simulation du jour. C’était la raison même du conflit contre la Fédération : celle-ci poussait le sacrilège jusqu’à aligner contre eux des frégates robotisées. Puisque l’ennemi n’en respectait pas les règles, la guerre n’en était que plus nécessaire. »
Extrait de : P.J Hérault. « Naufragés de l’espace. »
Nouvelles.net par Alain Le Bussy

Fiche de Nouvelles.net
Titre : Nouvelles.net
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution :
Editeur :
Sommaire de Nouvelles.net
- Destins
- Le palais des monstres
- Le Ramon de la Macrâle
- L’amateur de cailloux
- L’effeuilleuse morte
- Une visite intéressée
- Ecran blanc
Première page de Destins
« Autoroute Cologne-Paris. 500 km non-stop en principe. De nos jours, les frontières n’existent plus vraiment. Seulement des lignes pointillées sur les cartes et le style des panneaux indicateurs qui change. 4 heures de route, toujours en principe. Beaucoup plus en hiver, parfois avec la neige, le verglas – le merglas, disait Coluche, qui roulait bien à moto… en principe.
Dominique est dans les temps. À condition de rouler normalement, il sera à l’heure au rendez-vous.
3 septembre. Ça roule serré, surtout entre 7 et 8 heures. Poids-lourds longs courriers, camionnettes d’entreprises en route vers les chantiers avec leur cargaison humaine qui dort encore à moitié, navetteurs qui vont des villages vers une ville, parents conduisant leurs enfants à l’école, au collège, au lycée. Les tops de 7 heures et le journal. La Yougoslavie, ce qu’il en reste, a remplacé Gorba et Eltsine, Khadafi ou les Brigades Rouges, mais c’est toujours la même chose avec les malheurs des autres : au bout d’un temps, ça lasse. Dominique tend la main vers l’auto-radio pour interrompre la litanie d’horreurs qui se déverse… »
Extrait de : A. Le Bussy. « Nouvelles.net. »
Nexus de feu par Alain Le Bussy

Fiche de Nexus de feu
Titre : Nexus de feu
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1998
Editeur : Fleuve noir
Première page de Nexus de feu
« C’était vraiment un beau petit nexus. En d’autres temps et lieux, on aurait presque pu dire que Ktyk était tout ému de le contempler. Une émotion qu’il ne ressentait pas : Ktyk était puissant et intelligent, mais il ressentait très peu d’émotions, et elles étaient liées à la satisfaction de ses besoins de base. Il y avait la faim et le contraire de la faim, la satisfaction d’avoir pu se nourrir. Il y avait parfois quelque chose proche de la joie, lorsqu’un projet avait abouti, ou qu’il le savait proche de la réussite. Mais les seuls projets qu’ils connaissait avaient trait au fait de se nourrir.
C’était cela, essentiellement, qu’il ressentait pour l’instant, la joie de savoir qu’il n’avait pas patienté pour rien.
Il contempla une fois de plus le nexus. Il ne lui avait encore permis de se nourrir qu’une seule fois, et de grignoter quelques bouchées de-ci, de-là, mais il était prometteur, très prometteur. Et Ktyk, après plusieurs échecs, avait appris à réprimer son avidité, à faire taire sa faim, pour laisser au nexus le temps de se développer et d’atteindre sa pleine puissance. »
Extrait de : A. Le Bussy. « Nexus de feu. »
Le mendiant de Karnathok par Alain Le Bussy

Fiche de Le mendiant de Karnathok
Titre : Le mendiant de Karnathok
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1999
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le mendiant de Karnathok
« Les ombres s’allongeaient sur le marché de Karnathok, mais ce n’était pas une raison suffisante pour que les centaines de boutiquiers s’interrompent. Chacune des vingt-huit heures du jour était propice à un commerce, parfois à l’un plus qu’à l’autre, mais le marché et ses échoppes ne fermaient jamais. Ou alors seulement pour quelques fêtes réparties sur l’année. Il y avait aussi – mais il valait mieux ne pas y penser – les décisions souvent incompréhensibles du Traghorn, qui interdisaient subitement toute activité pour quelques heures voire pour deux jours. Mais ce n’était pas le cas ce soir-là.
Jern Alvann circulait entre les échoppes, pas vraiment sans but – trouver de quoi manger était un but en soi, éminemment respectable, comme ce l’était tous les soirs et aussi tous les matins – mais personne ne l’avait chargé d’une commission et il n’àvait pas repéré la « bonne affaire » au cours de ses circuits précédents. Il regardait tout autour de lui, observant avec plus d’intensité les échoppes vendant de la nourriture et essayant de maîtriser les mouvements et les cris de son estomac : il n’avait rien trouvé à manger ce matin, pas plus que la veille au soir. »
Extrait de : A. Le Bussy. « Le mendiant de Karnathok. »
Jouvence par Alain Le Bussy

Fiche de Jouvence
Titre : Jouvence
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 2007
Editeur : Griffe d’encre Editions
Première page de Jouvence
« Les instructions défilaient sur l’écran. L’état-major de l’Explo II en prenait connaissance. Le commandant – qui était une commandante, mais ce détail n’avait aucune importance – avait été informé avant le départ, mais il relisait les quelques dizaines de lignes avec la même attention que le reste des officiers. Il disposait en fait d’un document plus détaillé, lui disant ou lui suggérant ce qu’il convenait de faire si telle ou telle éventualité se présentait, mais il n’y ferait référence que le moment venu. Si tout se déroulait de manière parfaitement limpide, il n’aurait pas besoin d’utiliser ces instructions qui n’étaient qu’une sorte de manuel permettant de faire face à toutes les situations.
Il n’avait jamais connu l’échec et, s’il admettait que cette mission, comme toutes celles du service d’exploration, devait être une occasion d’apprendre et de faire des découvertes, celle de l’insuccès ne figurait certes pas à son programme personnel.
L’Explo II était en route vers les franges de la galaxie. Une zone où les étoiles étaient souvent éloignées l’une de l’autre de plusieurs dizaines d’années-lumière au point que les relations commerciales s’étaient peu à peu éteintes avec un grand nombre de mondes. »
Extrait de : A. Le Bussy. « Jouvence. »
Garmalia par Alain Le Bussy
Fiche de Garmalia
Titre : Garmalia
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir
Première page de Garmalia
« Garmalia, j’en rêve.
Et que pourrais-je faire d’autre qu’en rêver ? Garmalia, c’est bien trop loin pour que je puisse espérer y aller un jour. Le voyage est long, et cher. Cher ? Je n’en connais même pas le prix, mais comme, de toute manière, je ne possède pas le quart d’un munit, ça ne change pas grand-chose.
Et c’est aussi un voyage bien trop dangereux pour que je m’y risque.
C’est ce qu’ils ont tous dit, le père, la mère, mes oncles, mes tantes et le reste du village, quand j’ai fait la bêtise de parler de mon rêve. Ils ne me prennent pas vraiment au sérieux, mais le reste du village trouve plus gentil – ou plus poli envers mes parents – d’essayer de me décourager de cette façon, par la bande. Car certains pensent simplement que je suis fou. »
Extrait de : A. Le Bussy. « Garmalia. »
Les liens invisibles par Selma Lagerlöf

Fiche de Les liens invisibles
Titre : Les liens invisibles
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1894
Traduction : A. Bellessort
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Sommaire de Les liens invisibles
- Légende et fantaisie
- Astrid
- Margareta, la princesse de la paix
- La reine à l’îlot Ragnhild
- Sigfrid la superbe
- La saga de Reor
- Les proscrits
- La vieille Agneta
- Le nid de Bergeronnettes
- La vision de l’empereur
- A Nazareth
- Notre seigneur et Saint Pierre
- Réalité
- Le trésor de l’impératrice
- Le roman d’une femme de pêcheur
- Le duvet
- L’épitaphe
- L’hôte de Noël
- Dans Vineta
- Le portrait de la mère
- Les deux frères
- L’oncle Ruben
- Le roi déchu
Première page d’Astrid
« Entre les basses dépendances des vieilles demeures royales d’Upsal s’élevait la Tour des Vierges. Elle était bâtie sur pilotis comme un colombier. On y accédait par un escalier qui ressemblait à une échelle, et on y entrait par une porte qui ressemblait à une trappe. Les murs couverts de runes parlaient d’amour et de langueur passionnée. Sur le rebord des étroites lucarnes l’usure du bois avait formé de petits creux ronds, car les suivantes s’y tenaient souvent et y appuyaient leurs coudes pour regarder dans la cour.
Depuis quelques jours, le vieux barde Hjalte était l’hôte de la ferme royale, et, chaque jour, montant à la tour des femmes, il venait chez la princesse Ingegerd lui parler du roi de Norvège, Olaf Haraldson. Et chaque fois qu’il y venait, Astrid, l’esclave d’Ingegerd, était assise et écoutait ses paroles avec autant de plaisir que la princesse. Tout le temps que Hjalte parlait, les deux jeunes filles l’écoutaient si avidement qu’elles laissaient tomber leur ouvrage sur leurs genoux et demeuraient les mains inertes. Qui les aurait alors regardées n’aurait jamais cru qu’on travaillât dans la tour des femmes. »
Extrait de : S. Lagerlöf. « Les Liens Invisibles. »