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Le grand passage par Daniel Piret

Fiche de Le grand passage
Titre : Le grand passage
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le grand passage
« — De la neige, de la neige et de la glace à perte de vue ! Qu’est-ce que cela veut dire ?
L’exclamation de la jeune femme fut interrompue par un profond soupir sur sa droite. Quelques instants plus tard, un gémissement se faisait entendre sur sa gauche cette fois. Encore à demi étourdie, elle se releva, se dirigea vers les hublots en s’efforçant à se remettre les idées en place.
Comme les écrans télé-approche le lui avaient révélé, l’appareil se trouvait au milieu d’une plaine immense. Tout au fond, à l’horizon, il y avait comme une grande barrière circulaire, blanche elle aussi : de la glace recouverte de neige sans doute.
— Où sommes-nous ? Que nous est-il arrivé ?
Michael, capitaine du Trident, l’engin le plus perfectionné de la Confédération, se dressa sur son séant.
— Bon sang ! quel mal de crâne ! On dirait que tout va éclater là-dedans ! dit-il, se tenant la tête à deux mains. »
Extrait de : D. Piret. « Le grand passage. »
La parole par Daniel Piret

Fiche de La parole
Titre : La parole
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de La parole
« Rabbi Eliazar Ben Mosche posa son front moite de sueur contre la pierre du mausolée de rabbi Siméon Bar Yochay. Il resta longtemps immobile puis se releva lentement et ses yeux se fixèrent sur les pentes du mont Jarmak. Des sanglots s’étouffèrent dans sa gorge et il vacilla sur ses jambes.
Rabbi Eliazar était devenu l’être le plus dangereux que le monde ait jamais porté.
Rabbi Eliazar était capable de détruire la terre, non seulement la Terre, mais le cosmos tout entier. Il aurait voulu être mort ou bien n’être jamais né. Il ne pouvait pas se suicider car « la vie appartient à Dieu » ; mais Dieu lui-même avait dû se détourner du pauvre Tzadik.
Il pensa, car il ne lui était pas interdit de penser.
— Pourquoi, Seigneur, pourquoi ?
Pourtant, il savait qu’il n’avait pas le droit de se plaindre ; il avait voulu savoir. Aujourd’hui, il savait ; il avait réalisé le rêve de générations de chercheurs et c’était une malédiction.
Oublier… Il aurait voulu oublier… C’était impossible !
Dormir. Il n’osait plus dormir ; il aurait pu parler dans son sommeil. »
Extrait de : D. Piret. « La parole. »
La mort des Dieux par Daniel Piret

Fiche de La mort des Dieux
Titre : La mort des Dieux
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir
Première page de La mort des Dieux
« Balkis ouvrit les yeux. A présent, les ululements de la chouette s’étaient tus. L’oiseau des ténèbres avait regagné la caverne qui l’abriterait de l’aveuglante lumière du jour. Averti par son instinct, « pensant » qu’il n’avait plus rien à craindre, le mulot pointait son nez hors de son terrier, ignorant que Belza, la couleuvre, se glissait lentement vers lui. La mort n’a point de repos, malheur à celui qui l’oublie !
Le jeune garçon s’étira longuement et tourna la tête vers l’est, du côté des montagnes qui dominaient de toutes parts le vaste cirque. Le disque rouge du soleil lui fit cligner des yeux. Au travers des branches de l’acacia qui avait protégé son sommeil, plissant les paupières, Balkis s’efforça de contempler l’énorme disque qui s’élevait lentement dans les cieux, chassant devant lui les ombres de la nuit. »
Extrait de : D. Piret. « La Mort des Dieux. »
La dernière mort par Daniel Piret

Fiche de La dernière mort
Titre : La dernière mort
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir
Première page de La dernière mort
« Dans quelques heures Jean serait arrivé. Il imaginait déjà le sourire de Thérèse sa jeune femme qui l’attendait là-bas, au bout de la route. La radio débitait pour la quatrième fois en moins d’une heure le même tube à la mode. Jean éteignit le poste, se pencha du côté de la boîte à gants, en retira une cassette qu’il introduisit dans le lecteur. Un peu de « grande musique », cela lui ferait du bien, le détendrait quelque peu, il en avait besoin car il avait déjà plusieurs heures de volant.
La grande Toccata… Jean avait toujours adoré Bach, à vrai dire il n’était ni ne se prétendait mélomane, une musique lui plaisait ou non, il n’aurait su expliquer pourquoi… D’ailleurs peut-on expliquer pourquoi l’on aime quelque chose, il avait une sainte horreur des gens qui demandaient pour un rien : « Pourquoi cela vous plaît-il ? » Il en était de même pour tous les arts en général… On aime ou on n’aime pas, qu’importent les « pourquoi » ou les « parce que ». »
Extrait de : D. Piret. « La Dernière mort. »
La 666e planète par Daniel Piret

Fiche de La 666e planète
Titre : La 666e planète
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de La 666e planète
« — Algo, le Grand Conseil de tutelle vous félicite. Vos examens nous ont donné toute satisfaction. Nous regrettons simplement que vous ne désiriez pas poursuivre vos études plus avant. Le Grand Ordinateur Orientateur est d’accord et nous nous inclinons. Nous vous souhaitons très vivement une longue et prestigieuse carrière dans la branche que vous avez choisie.
Algo tendit la main vers celle qui s’offrait et la serra longuement. Libre ; il était libre. Les huit années qu’il venait de passer à l’université étaient maintenant du passé. Il allait pouvoir vivre.
Vivre, pour lui, c’était l’aventure… Et l’aventure c’était la flotte spatiale de l’Impérium. Il restait encore des mondes à découvrir, à coloniser en ce début de l’an 325 de l’ère du Renouveau Humain. »
Extrait de : D. Piret. « La 666e planète. »
L’île des Bahalim par Daniel Piret

Fiche de L’île des Bahalim
Titre : L’île des Bahalim
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’île des Bahalim
« Le monde entier suivait avec passion la tentative d’un jeune Français de 30 ans. En ce siècle de vitesse et de technique ou bien peu d’initiative était laissée à l’homme, il tentait de réaliser un exploit qui ferait date dans l’histoire de la navigation.
Parti de Dieppe, il essayait de joindre Valparaiso en solitaire et ce dans les délais les plus brefs sur un voilier, le Poséidonis, sans le secours du moindre moteur.
Et l’exploit était sur le point de réussir. Le Français n’était plus qu’à peu de distance de son but, presque en face de Buenos Aires. L’enthousiasme était à son comble et l’événement occupait la une de tous les journaux, éclipsant pour un temps guerres, révolutions, famines et luttes idéologiques.
Bien que l’arrivée fût encore relativement lointaine, Valparaiso commençait à pavoiser, l’ambassadeur de France préparait sa réception et fébrilement les grands périodiques faisaient monter les enchères pour s’assurer l’exclusivité du récit du navigateur solitaire. Jacques Dol signalait régulièrement sa position par radio. »
Extrait de : D. Piret. « L’île Des Bahalim. »
L’ancêtre d’Irskaa par Daniel Piret

Fiche de L’ancêtre d’Irskaa
Titre : L’ancêtre d’Irskaa
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’ancêtre d’Irskaa
« Valla est assise à mes genoux. Elle a posé sa tête sur ma cuisse. Il fait doux et d’où nous sommes nous dominons toute la vallée d’Irskaa. Je ne contemple jamais sans frémir ce vaste cirque et cette vallée profonde où, à présent, règne la paix, la paix des Hommes, la paix de la Nature. Les années ont passé mais, par moments, lorsque nous nous promenons, il m’arrive de sentir encore, dominant les senteurs des fleurs et des fruits, l’âcre odeur du sang qui coula jadis à Horeba.
Je m’arrête souvent devant les autels que les Ishims, mes frères, ont élevés à la mémoire de tous ceux qui se sont fait tuer… Oh ! cela n’a pas été une guerre comme nous en connaissons, nous les hommes, une guerre de profit ou d’expansion. Non, celle-ci fut une guerre juste, une guerre de survie contre un ennemi monstrueux. Eh oui ! il arrive encore parfois qu’un frisson de peur me glisse lentement le long de l’échine. C’est loin tout cela… Nos enfants et nos petits-enfants ont du mal à comprendre ce qui s’est réellement passé, alors, tout simplement, j’ai entrepris de le leur raconter. »
Extrait de : D. Piret. « L’Ancêtre d’Irskaa. »
Interférence par Daniel Piret

Fiche de Interférence
Titre : Interférence
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir
Première page de Interférence
« Dans quelques heures, Baki se poserait sur Alta. Voyage de routine, s’il en fût. Apporter aux colons des nouvelles d’Eretza, en rapporter des échantillons de la flore, de la faune et surtout de minerai énergétique dont la planète mère avait tant besoin.
Un court voyage de trois mois dont deux et demi en état d’hibernation, seule solution possible pour supprimer le mal cosmique que la biologie impose à l’être humain.
Lorsque l’ordinateur central avait rappelé Baki à la vie active, sa première occupation avait été de vérifier les divers instruments de bord. Tout était parfaitement normal, la trajectoire avait été correctement suivie, à peine quelques légères modifications. Dans quelques heures, les cerveaux de Zéda l’unique ville et capitale d’Alta prendraient l’appareil en charge jusqu’à l’astroport ; après il y aurait la réception par les officiels, les sacro-saints discours, les visites traditionnelles aux exploitations agricoles et aux centres miniers. »
Extrait de : D. Piret. « Interférence. »
Année 500.000 par Daniel Piret

Fiche de Année 500.000
Titre : Année 500.000
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de Année 500.000
« Les mutations… sont les marches qui font progresser l’évolution. Malheureusement, la quasi-totalité de ces transformations est orientée vers le pire. Il est effroyablement rare qu’une mutation soit favorable à l’espèce. Or, les radiations, et partant les bombes atomiques qui se sont déversées sur la terre depuis une décennie et demie sont des fabricants de mutations. Cela, on l’a constaté en laboratoire sur les poulets. On peut fabriquer un cyclope en dirigeant sur un embryon un pinceau de rayons X qui détruiront la partie des hémisphères cérébraux concernés. Le poussin aura, au milieu du front, un oeil en forme de lampe d’otorhino-laryngologiste. De la même manière, on obtient des otocéphales sans bec ni queue, des sirouanètes avec pattes soudées, des cyclocéphales dont les deux yeux sont rapprochés, pour n’en former qu’un. Toutes ces horreurs peuvent, elles aussi, être fabriquées par les rayonnements atomiques. Il n’est pas impossible que d’ici à deux générations, la terre commence à se peupler de monstres… A moins que, au lieu de toutes ces mutations catastrophiques, l’atome ne produise distraitement la merveille supérieure, la monstruosité qui soit, malgré tout, une amélioration. »
Extrait de : D. Piret. « Année 500.000. »
Ahouvati le Kobek par Daniel Piret

Fiche de Ahouvati le Kobek
Titre : Ahouvati le Kobek
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de Ahouvati le Kobek
« L’être introduisit le fin rouleau enregistré dans la cavité du transmetteur et se pencha sur l’appareil. La masse informe qui constituait son corps fut agitée de tremblements convulsifs.
— Alk’Nar au grand conseil des Aan’Thor – mission accomplie. Ce jour 49e d’Ool’H an 5842 avons découvert sur Wals-taa, 14e planète du système d’Alfa, un engin d’origine inconnue. Les cerveaux ont révélé qu’il provenait d’une planète située dans une galaxie fort éloignée après avoir voyagé pendant plus de cent wortz, ce qui semble correspondre d’après les instruments trouvés à bord des appareils à plus de 1 000 années pour les êtres dont nous avons découvert les restes.
Nous avons également retrouvé un étrange manuscrit que nous vous faisons parvenir. Tous les êtres qui occupaient l’engin sont morts depuis longtemps. Leur morphologie est étrange. Ils n’auraient sans doute pu vivre sur nos mondes. Tous les autres engins, une dizaine, ont été détectés et explorés. Il n’y a aucun survivant. »
Extrait de : D. Piret. « Ahouvati le Kobek. »