Étiquette : livre
Les pistes d’Ahran par Claude Castan

Fiche de Les pistes d’Ahran
Titre : Les pistes d’Ahran (Tome 4 sur 4 – Gâlaë)
Auteur : Claude Castan
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les pistes d’Ahran
« — Non, non et non ! Je vous l’ai déjà dit : il n’en est pas question ! explosa Celian.
Allongé sur son lit à baldaquin, il se remettait lentement de ses blessures. Un énorme bandage enveloppait son crâne meurtri, pareil à un turban de Quathân Méridionale. Dehors, la nuit tombait déjà tandis qu’un bon feu brûlait dans la cheminée, au coin de laquelle Leïla était recroquevillée. Edra, assise à la gauche de son petit-fils, lui tenait la main tandis que Gâladorn tournait en rond dans la chambre, tel un fauve en cage.
— Vous devriez vous montrer plus patient avec lui, Maître Gâladorn, le gourmanda Edra. Il a le droit de souffler un peu…
— Suffit ! gronda le mage en se carrant au pied du lit. Ne détournez pas la conversation : Celian doit épouser Nora, qu’il le veuille ou non ! Je sais bien qu’il y a Leïla mais ce ne serait pas la première fois qu’un souverain prend une femme officielle, tout en conservant une favorite ! »
Extrait de : C. Castan. « Galae – Les pistes d’Ahran. »
Les allées de la gloire par Claude Castan

Fiche de Les allées de la gloire
Titre : Les allées de la gloire (Tome 3 sur 4 – Gâlaë)
Auteur : Claude Castan
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les allées de la gloire
« Bientôt dix cycles ! Cette guerre s’enlisait sous les murailles de Villeforte depuis bientôt dix cycles ! Les yeux bleus glacés du prince Bendor scrutaient la vaste plaine recouverte par les brumes maussades du petit matin. Les pluies d’automne compliquaient la tâche des cavaliers de Gonfoland, déjà bien éprouvés par une trop longue défense du Mur d’Efenor.
D’un geste rageur, il rabattit derrière lui les pans moisis de sa tente de campagne : le royaume partait en lambeaux ! Pataugeant dans la boue, il gravit la colline pour avoir une meilleure vue du champ de bataille. Sur sa gauche, vers le nord-est, se découpait la masse sombre de la capitale assiégée qu’entouraient les feux de camps des deux armées. Devant lui, la prairie était labourée par les combats incessants, jusqu’au pied du Mur qui s’enfonçait dans le brouillard loin sur sa droite. A l’ouest de cette fortification – rassurante et dérisoire – ses soldats sortaient avec peine d’une inconfortable nuit dans le froid et la pluie. Il se campa au sommet de l’éminence, les poings sur les hanches. Sa cape flottait autour de sa cuirasse dans la brise d’ouest, tel un pavillon azur à la gloire de Gonfoland. »
Extrait de : C Castan. « Gâlaë – Les allées de la gloire. »
La route de Stelian par Claude Castan

Fiche de La route de Stelian
Titre : La route de Stelian (Tome 2 sur 4 – Gâlaë)
Auteur : Claude Castan
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir
Première page de La route de Stelian
« Personne ne passait au fond de cette ruelle anonyme du premier cercle de Pilduin. Le remugle des égouts,
Quelque part au fond du gouffre obscur, était écœurant. Gâladorn avait fait pénétrer tour à tour Celian, Finn et Strelnik par la basse ouverture qui se découpait au pied du mur aveugle. Maintenant, ils pouvaient l’entendre chuchoter des mots étranges, à l’oreille de son cheval noir.
— Dépêchez-vous : on a encore les Gardiens des Lieux Saints sur les talons ! souffla Finn irrité.
— J’arrive, j’arrive ! J’ai fini de lui donner mes ordres.
Il assena une claque sur la croupe rebondie de l’animal qui partit aussitôt au galop. Puis il sauta dans le regard d’égout, un battement de cœur avant qu’une agitation confuse ne révèle l’entrée des moines soldats dans la ruelle.
— Il ne faut pas moisir ici : nous sommes trop près de la surface.
— Pour ce qui est de moisir, d’autres avant nous ont dû le faire, grogna Strelnik reniflant avec une grimace.
Outre la redoutable puanteur et l’humidité, l’épaisseur de l’obscurité oppressait Celian. Il se cramponnait à un pan de cape de Gâladorn et sentait Finn, derrière lui, en faire autant avec la sienne. »
Extrait de : C. Castan. « Gâlaë – La Route De Stelian. »
Les chemins de Pilduin par Claude Castan
Fiche de Les chemins de Pilduin
Titre : Les chemins de Pilduin (Tome 1 sur 4 – Gâlaë)
Auteur : Claude Castan
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les chemins de Pilduin
« L’hiver de son dixième cycle fut le plus terrible de la vie de Celian. Dans la cabane familiale, le froid avait été plus intense que jamais. Le corps inerte et glacé qui reposait sur le matelas de paille, venait ajouter un point d’orgue aux événements tragiques des dernières sertes. Edora, sa mère, ne verrait pas le printemps tout proche.
Par la fenêtre aux vitres fendues, Celian observait avec un étrange détachement la masse brumeuse des maisons d’Eliborn, en contrebas. Sur la route boueuse qui montait vers son faubourg natal, trois silhouettes encapuchonnées s’approchaient déjà. Le garçonnet famélique les trouvait ridicules, se dandinant entre les flaques de boue pour ne pas salir leurs robes de bure. Il se souvenait des quolibets que lui et sa bande aimaient lancer aux moines pilduinistes égarés dans ces quartiers. Aujourd’hui il le regrettait presque, inquiet de l’attitude à adopter, face à ces trois hommes venus rendre un dernier hommage à la seule personne qui ait jamais compté pour lui. Plutôt que de courir toute la journée de cache en cache, à l’affût d’un mauvais coup, il aurait mieux fait de passer plus de temps avec elle ; sa chaude présence l’accompagnerait peut-être encore. Il refoula toute sa peine dans un gros soupir et s’adossa à l’unique chaise du logis, embrassant d’un seul regard la maigre étendue de ses richesses : une petite table, un coffre en bois rongé par les vers, deux écuelles, un pichet ébréché… »
Extrait de : C. Castan. « Les chemins de Pilduin – Gâlaë. »
Une planète pour Copponi par Hugo Van Gaert

Fiche de Une planète pour Copponi
Titre : Une planète pour Copponi
Auteur : Hugo Van Gaert
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir
Première page de Une planète pour Copponi
« Le cent quatrième ! Avec celui-ci, cela faisait le cent quatrième depuis le début du voyage. La scène n’avait plus rien d’original : cent quatre fois depuis neuf années ! Et c’était toujours le même scénario : la salle trop froide, les infirmiers qui s’affairaient en silence, la porte à double battant qui se refermait derrière eux avec un bruit de succion. Toujours la même chose, avec les cloisons grises, métalliques, avec la peinture maintenant un peu éraillée à l’endroit où l’on venait ranger la civière. Cent quatre fois ! Et pourtant, Nadia ne pouvait se résoudre à trouver cela banal. Elle se tenait au fond du sas, immobile, les traits tirés par un mélange de stupeur et d’affolement calme, les yeux fixés sur le travail des hommes qui ôtaient les vêtements du cadavre et le toilettaient. Il lui semblait qu’elle observait tout cela de très loin, comme d’en dehors d’elle-même. Cent quatre suicides, et elle n’avait pas encore l’habitude ! Elle espérait bien d’ailleurs qu’elle n’en prendrait jamais l’habitude…
Enfin, les hommes en blouse blanche s’écartèrent, leur besogne achevée. Ils quittèrent la pièce après avoir salué distraitement la psychologue. »
Extrait de : H. Van Gaert. « Une planète pour Copponi. »
La résolution Andromède par Franck Morrisset

Fiche de La résolution Andromède
Titre : La résolution Andromède
Auteur : Franck Morrisset
Date de parution : 1997
Editeur : Fleuve noir
Première page de La résolution Andromède
« Le monde était un trou noir…
Non, blanc !
Blanc comme les murs et comme la blouse de l’idiote qui le secouait à lui en décrocher le cerveau.
— Monsieur Green ! Lieutenant !
Alex finit de reprendre conscience. Sa vision focalisée, il constata que l’« idiote » était une infirmière plutôt jolie — pour autant qu’il pouvait en juger.
— Lieutenant !
— Inspecteur…, marmonna Alex. Inspecteur G1, secteur P42… Les lieutenants, c’est dans les réal-discs vieux comme le monde…
— Eh bien, inspecteur, il faut vous réveiller, car nous avons des examens au programme. C’est la procédure normale après un aussi long sommeil thérapeutique. Vision, réflexe, élocution… Vous verrez, c’est très amusant !
A la manière dont la pièce tourna autour de lui quand il essaya de lever la tête, Green conclut que la jeune femme avait une notion bien à elle de l’amusement. »
Extrait de : F. Morrisset. « La Résolution Andromède. »
L’ange et la mort par Franck Morrisset
Fiche de L’ange et la mort
Titre : L’ange et la mort
Auteur : Franck Morrisset
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’ange et la mort
« C’est toujours le même rêve avec une cruauté presque rassurante à force d’être familière.
Figé comme une gargouille, j’écarquille les yeux tandis que des soldats morts défilent devant moi.
Cela commence le 15 juillet 1099, pendant la croisade prêchée par Urbain II, à l’instant où les fantassins et les chevaliers, épuisés et crottés, eurent leur première vision de Jérusalem, la ville sainte qu’ils venaient reprendre aux païens.
Ces hommes – mes frères d’armes –, crevaient de chaud sous leurs armures et leurs tuniques brodées de la croix.
Moi je n’avais jamais eu aussi froid, comme si mes os, pourtant flambant neufs à l’époque, s’étaient transformés en glaçons…
Sur la route des pèlerins de Dieu – appelés les Franj par les Arabes, ou encore (c’est moins connu) les Cannibales de Maara –, Nicée, Dorylée, Edesse et Antioche étaient tombées les unes après les autres.
Comme elles, Jérusalem devait rendre gorge… »
Extrait de : F. Morrisset. « L’ange et la mort. »
Alice qui dormait par Franck Morrisset

Fiche de Alice qui dormait
Titre : Alice qui dormait
Auteur : Franck Morrisset
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir
Première page de Alice qui dormait
« Les esprits chagrins comparent les centres de Cryogenic Inc. à une énorme poubelle.
Une poubelle de luxe aux tarifs exorbitants, mais une poubelle quand même.
Selon ces médisants, les morts qui attendent de revenir, immergés dans leur bain d’hélium, ne sont pas près de rouvrir les yeux.
Quant aux Réveillés qui profitent de chaque passage dans les médias pour témoigner leur gratitude à la firme de Jason T. Meredith, ils sont accusés d’abus de confiance par les hérauts de la croisade anti-cryogénisation.
Les membres de l’Association de Défense du Droit à l’Oubli, plus modérés, préfèrent penser que ces malheureux ont subi un lavage de cerveau.
Les prêtres du Culte du Dernier Repos traquent jour et nuit les revenants pour les débarrasser du démon. Les plus acharnés laissent des exorcismes standard sur les tridéo-répondeurs de leurs victimes. »
Extrait de : F. Morrisset. « Alice qui dormait. »
La route des soleils par Wildy Petoud
Fiche de La route des soleils
Titre : La route des soleils
Auteur : Wildy Petoud
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir
Première page de La route des soleils
« L’astroport d’Eurocentreville grouillait de monde. Ce n’était pas la foule cossue qu’on voyait le jour, quand les grands vaisseaux de ligne se posaient en provenance de riches planètes, ou s’envolaient vers d’autres mondes non moins prospères. La nuit appartenait aux petits, aux débrouillards, à ceux qui partaient dans l’espace avec trois bouts de ficelle et un vœu pieux.
Il en avait été ainsi sur Terre depuis le commencement de l’expansion humaine dans la galaxie : à la lumière du soleil se promenaient les bourgeois dont les cartes de crédit débordaient d’unités, ceux dont l’argent électronique achetait les plaisirs et les voyages.
La nuit, il avait fallu laisser une place aux autres. Le gouvernement terrien savait très bien que presque un tiers des transactions ayant cours sur la planète se faisait en argent liquide – théoriquement retiré de la circulation depuis bientôt deux siècles. Aucun système économique ne fonctionne sans transactions illégales, et le coucher du soleil livrait l’astroport aux bricoleurs. »
Extrait de : W. Petoud. « La route des soleils. »
Nickel le petit par Christophe Kauffman
Fiche de Nickel le petit
Titre : Nickel le petit
Auteur : Christophe Kauffman
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir
Première page de Nickel le petit
« — Père ?
— Oui, Nickel ?
— Père, parlez-moi du monde des hommes… Dites-moi le Peuple des Plaines.
Du haut de ses quinze centimètres, Nickel observait son père-choisi travailler à la rédaction d’un nouvel ouvrage, un de ces livres ésotériques dont seuls quelques lutins érudits ont le secret.
Faradz était penché sur le chevalet, profondément plongé, semblait-il, dans la relecture et la correction des dernières pages de son manuscrit. Rien ne transparaissait sur son visage étrange. Ses sourcils broussailleux lui ombraient les yeux et la lumière ne pouvait s’accrocher qu’à ses incisives surdéveloppées, comme celles d’un lapin. »
Extrait de : C. Kauffman. « Nickel le petit. »