Étiquette : livre

 

Derai par Edwin Charles Tubb

Fiche de Derai

Titre : Derai
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : F. Maillet
Date de parution : 1968
Editeur : Opta / Galaxie

Première page de Derai

« Dumarest était à l’entraînement quand arriva la bête céleste. En équilibre sur la demi-pointe des pieds, une courte barre de plomb à la main, il détournait et esquivait les vicieux coups d’estoc et de taille d’une tige d’acier longue d’un mètre. La sueur ruisselait de son visage et de son torse nu ; Nada ne plaisantait pas et elle était assez forte pour faire siffler dans l’air turgide la baguette d’acier. Elle était également assez sadique pour y prendre plaisir.
« Très bien », dit-elle enfin. « Ça suffit. » Elle recula et jeta la baguette. Son corsage, tendu sur ses seins, était noir de transpiration. Sa longue chevelure sombre collait à son cou et à ses joues. Sa peau, sous le faible éclairage de la tente, était légèrement olivâtre. « Tu es rapide », dit-elle d’un ton admiratif. « Rapide. »
« Vraiment ? » Il baissa les yeux sur son corps. Une entaille aux bords déchiquetés, mais superficielle, traversait ses côtes. Une coupure plus profonde marquait son côté gauche, et deux autres son avant-bras gauche. Les blessures étaient presque cicatrisées sous une couche de plastique transparent. »

Extrait de : E. C. Tubb. « Derai. »

Le retour par Edwin Charles Tubb

Fiche de Le retour

Titre : Le retour (Tome 32 sur 33 – L’aventurier des étoiles)
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : R. D. Nolane
Date de parution : 1985
Editeur : Vaugirard

Première page de Le retour

« Au premier regard, l’endroit paraissait sans limites. C’était une immense caverne abritant des monstres accroupis et surveillés par des ombres murmurantes, le tout traversé par des rayons de lumière vive emprisonnant de brillantes étoiles. Mais dès que le regard s’était habitué à l’obscurité relative, la dure réalité reprenait le dessus. La lumière était celle du soleil traversant les panneaux transparents de la voûte, les étoiles, des particules de poussière en suspension, les monstres, des entassements de caisses et de ballots, et les ombres, des vendeurs, des acheteurs, des agents, des porteurs et des gardes attentifs. Bien plus grand que la moyenne, l’entrepôt n’avait pourtant rien d’exceptionnel pour Arpagus.
— Là ! fit Lozano Polletin en pointant le doigt. La cargaison. C’est bien ce que je vous avais dit, non ?
Il s’en approcha, l’air agressif. C’était un homme d’âge mûr, de corpulence moyenne et dont le visage ridé brillait de sueur. Ses vêtements n’avaient rien d’ostentatoire mais ses bagues montraient sa richesse, un entrepreneur avisé mais aussi un joueur qui avait perdu plus qu’il ne pouvait se le permettre. »

Extrait de : E. C. Tubb. « Le Retour – L’aventurier des étoiles. »

Le temple de la vérité par Edwin Charles Tubb

Fiche de Le temple de la vérité

Titre : Le temple de la vérité (Tome 31 sur 33 – L’aventurier des étoiles)
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : R. D. Nolane
Date de parution : 1985
Editeur : Vaugirard

Première page de Le temple de la vérité

« Karlène frissonna. Ses fourrures avaient coûté la vie à trois douzaines de perlats mais elle sentait toujours autant la morsure du froid. Une illusion entretenue par la vue de la neige, de la glace et de l’azur pâle du ciel vide. Et qui prenait le dessus sur le système de chauffage électronique protégeant son corps. Elle rabattit encore plus son capuchon sur son visage.
— Froid ? demanda Hagen, qui avait remarqué le geste, tu as froid ?
— Non.
— Alors qu’as-tu ?
— Ce n’est rien, le coupa-t-elle.
Elle montra le paysage blanc et azuré, ponctué de touches, nacrées et qui présentait une perspective étrange déformant la notion des distances.
— Il n’y a ici aucune chaleur, pas d’abri, cet endroit est si triste. Si inhospitalier…
— Erkalt est un monde glacé mais il a son utilité.
— Ah oui et lequel ?
— On peut y installer des laboratoires à basses températures. y creuser des mines et… (Il se tut en se rendant compte qu’elle savait déjà tout cela.) Et il constitue un excellent terrain de chasse. »

Extrait de : E. C. Tubb. « L’aventurier des étoiles – Le temple de la vérité. »

Le cimetière des rêves par Edwin Charles Tubb

Fiche de Le cimetière des rêves

Titre : Le cimetière des rêves (Tome 30 sur 33 – L’aventurier des étoiles)
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : R. D. Nolane
Date de parution : 1984
Editeur : Vaugirard

Première page de Le cimetière des rêves

« Dumarest les entrevit alors qu’il s’avançait dans la vallée : de petits scintillements rouges qui auraient pu être l’œuvre d’un mouvement d’aile, de l’oscillation d’une fleur ou d’un jeu de lumière sur une feuille luisante. Des explications trop simples et dont pas une seule n’était valable… Il aurait dû voir s’envoler un oiseau et il n’y avait pas le moindre souffle d’air. Sans compter que les rayons du soleil étaient trop hauts pour dissiper les ombres de la vallée.
Il s’arrêta, cueillit une feuille et se mit à la mâcher tout en étudiant le terrain. Face à lui, la masse monstrueuse d’une montagne se découpait dans une splendeur de rocs déchiquetés, ourlés par la lumière du crépuscule. »

Extrait de : E. C. Tubb. « L’aventurier des étoiles – Le cimetière des rêves. »

Angado par Edwin Charles Tubb

Fiche de Angado

Titre : Angado (Tome 29 sur 33 – L’aventurier des étoiles)
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : R. D. Nolane
Date de parution : 1984
Editeur : Vaugirard

Première page de Angado

« En son temps, l’endroit avait été un royaume de l’architecture en trompe l’œil, un panachage de couleurs brillantes, une habile illusion à base de peinture et de matière plastique et qui ressemblait à un joyau déposé dans la coupe dessinée par les collines. Mais le cirque de Chen Wei était reparti, ne laissant derrière lui qu’une étendue de sol nu et dévasté, un monceau de déchets et la surface solidifiée d’un lac fétide.
Un monument au gaspillage émotionnel sur lequel médita Avro alors que sa chaloupe tournait autour. Combien d’heures de travail avaient été englouties dans sa construction, son fonctionnement et son entretien ? Et combien d’heures gaspillées par les visiteurs venus y chercher d’éphémères frissons. »

Extrait de : E. C. Tubb. « L’aventurier des étoiles – Angado. »

Le cirque de Wen Chei par Edwin Charles Tubb

Fiche de Le cirque de Wen Chei

Titre : Le cirque de Wen Chei (Tome 28 sur 33 – L’aventurier des étoiles)
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : R. D. Nolane
Date de parution : 1983
Editeur : Vaugirard

Première page de Le cirque de Wen Chei

« Dumarest entendit le cri d’un enfant que l’on torturait, le chercha des yeux puis se détendit en découvrant son origine. À une centaine de mètres de lui, et à bonne hauteur au-dessus de la chaussée décorée du boulevard, une vieille femme peinturlurée paressait sur un trône doré installé sur une plate-forme en bois massif et soutenu par une douzaine de costauds. Eux-mêmes se trouvaient sur une autre plate-forme, encore plus grande, portée par deux fois plus d’hommes. Des surveillants les fouettaient en laissant des traces carminées sur leurs dos.
Un spectacle aussi faux que les cris. Une beauté mûre se cachait sous le maquillage et les poutres étaient des boudins de radeaux gonflables recouverts d’une fine couche de bois. Tout un matériel pour permettre aux auteurs de montrer leurs talents. Les pseudo-fouets, eux, étaient maniés par des hommes aussi doués comme acteurs que la femme. »

Extrait de : E. C. Tubb. « L’aventurier des étoiles – Le cirque de Wen Chei. »

La planète abandonnée par Edwin Charles Tubb

Fiche de La planète abandonnée

Titre : La planète abandonnée (Tome 27 sur 33 – L’aventurier des étoiles)
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : R. D. Nolane
Date de parution : 1982
Editeur : Vaugirard

Première page de La planète abandonnée

« Il se réveilla d’un bond, en sueur, et quitta un rêve de sang, de mort et de douleur. Les murs de la cabine parurent tournoyer dans la faible lueur de l’aube artificielle puis se stabilisèrent. Dumarest s’assit sur le bord de la couchette et inspira profondément, gêné par la sueur qui dégoulinait sur son visage et son torse nu. Encore un cauchemar né de la fatigue accumulée au cours d’une succession de trop longs tours de garde…
Il s’adossa contre la cloison. Le vaisseau ressemblait à un être vivant parcouru par les vibrations de son moteur et les susurrements émis par ses membrures. Sous ses doigts, Dumarest sentit le picotement rassurant indiquant la présence du champ Ehraft. »

Extrait de : E. C. Tubb. « L’aventurier des étoiles – La planète abandonnée. »

Tunnel par André Ruellan

Fiche de Tunnel

Titre : Tunnel
Auteur : André Ruellan
Date de parution : 1973
Editeur : Robert Laffont

Première page de Tunnel

« Le crucifié entrait en érection.

Carole gifla le montant de la croix, dont l’acier vibra jusqu’au sommet. Elle essuya sa main sanglante sur sa robe chiffonnier coupée par Savard.

— Et on dit qu’ils ne sont bons à rien ?

Elle avait la voix huilée par la fumée du thaber. Et aussi, les yeux légèrement chavirés. Manuel lui adressa un sourire complice, mais il secoua la tête ; ses cheveux bruns volèrent sur ses épaules : depuis peu, on relançait la coiffure de grand-père.

— Ils ne sont bons qu’au meurtre.

Là-haut, le Crâne baissa le menton et tenta de soulager l’un de ses poignets percés par des vis de laiton. Puis il retomba dans sa patience douloureuse. Carole éclata de rire :

— Ils ne se reproduisent que trop !

Elle quitta la croix :

— À propos, je suis enceinte. »

Extrait de : A. Ruellan. « Tunnel. »

Mémo par André Ruellan

Fiche de Mémo

Titre : Mémo
Auteur : André Ruellan
Date de parution : 1984
Editeur : Denoël

Première page de Mémo

« Paul mord la nuque du rat. La bête s’immobilise. Il la saisit par les pattes et lui ouvre l’abdomen d’un autre coup de dents. Puis il en arrache et mâche les viscères sanglants. Il avale. Il s’attaque à une cuisse. La peau et le pelage se refusent à son avidité. Il se contente des petits muscles

Brandissant le cadavre déchiqueté, il entonne une mélopée sauvage et se met à danser.

Autour de lui s’étend une savane hérissée d’objets dépourvus de sens : tables de céramique, cloisons vitrées. Les graminées s’y mêlent, plus vraies qu’eux et seules familières. Tout est transparent, même cette muraille qui ne cache pas l’horizon, même cet écran blanc au-dessus de sa tête, écran dont se rit le ciel bleu panaché de nuages gris.

Il lance au loin les reliefs de son repas, s’essuie les mains sur la toison qui couvre son corps nu. Elle se confond avec des vêtements que son esprit rejette. Il n’y prend pas garde. Il se met en marche dans la savane. Il avance courbé en avant, balançant lourdement sa légère mâchoire. »

Extrait de : A. Ruellan. « Mémo. »

Les chiens par André Ruellan

Fiche de Les chiens

Titre : De flamme et d’ombre
Auteur : André Ruellan
Date de parution : 1979
Editeur : J. C. Lattès

Première page de Les chiens

« Canines, petits poignards blancs. Rouge, la gueule béante. Grondements, grognements, aboiements de rage. Claquements de mâchoires sur le vide. Cinquante kilos de muscles contre la clôture. Clameurs de dépit. Oreilles dressées, griffes dans la terre du jardin. Yeux flamboyants.
Et l’obstacle impavide, élastique, incompréhensible, insupportable. Fureur multipliée.
Exaspération attisée par un homme, de l’autre côté du treillis.
Le soleil disparaît derrière le sommet des collines boisées. Une lumière grise s’étend sur l’agglomération qu’elles cernent, une clarté malade, qui se marie avec les chantiers boueux, les rues inachevées. Comme si une ville nouvelle devait nécessairement franchir un stade où ses communications se font par des impasses. Morne présage des relations futures entre les habitants. »

Extrait de : A. Ruellan. « Les chiens. »