Étiquette : livre
Carrefour du temps par François Richard-Bessière

Fiche de Carrefour du temps
Titre : Carrefour du temps (Tome 8 sur 24 – Gordon & Brent)
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1958
Editeur : Fleuve noir
Première page de Carrefour du temps
« Depuis longtemps, Margaret et moi avions décidé de « rajeunir » le petit appartement que je possédais dans Broadway, et j’avais profité d’un peu de détente au New Sun pour m’octroyer, n’en déplaise à ce brave Funnigan, quelques jours de repos que je comptais mettre à profit dans cette intention.
Ma douce Margaret avait tout prévu. Un nouveau stock de potiches, de tableaux, de carpettes, allait bientôt nous parvenir, aussitôt que les transformations intérieures seraient achevées. Au début, Margaret avait bien essayé de manier le pinceau avec toute sa bonne volonté, sous prétexte que l’exercice est une sûre garantie contre ce terrible fléau qu’est la cellulite, mais elle y avait bientôt renoncé devant le résultat catastrophique de son « ingénieux » mélange de tons. »
Extrait de : Richard-Bessière. « Carrefour du temps – Gordon & Brent. »
Envoûtement par Ramsey Campbell
Fiche de Envoûtement
Titre : Envoûtement
Auteur : Ramsey Campbell
Date de parution : 1989
Traduction :
Editeur : Pocket
Première page de Envoûtement
« L’autobus de Liverpool accéléra pour se lancer sur le pont de l’autoroute, et prit de plein fouet la tempête venue du pays de Galles, de l’autre côté de la baie. Il faisait nuit et Alison Faraday n’aperçut ni les docks de Seaforth, ni la marina, noyés sous la pluie battante qui brouillait toute lumière. Au pied de l’échangeur, les vastes demeures géorgiennes de Waterloo ruisselaient sous la bourrasque. Un train fila comme une anguille sous le pont du carrefour des Five Lamps, ainsi nommé à cause des cinq réflecteurs du réverbère central, groupés autour de la statue d’un ange de pierre. L’autobus dépassa la gare et, soulevant des trombes d’eau devant la façade des Thompsons Boot Repairers, s’engagea dans Mount Pleasant, quartier de maisons aux toits pointus et aux grandes baies vitrées en terrasse. Déjà prête, Alison remonta en tanguant l’allée centrale et gagna les portes de sortie. »
Extrait de : R. Campbell. « Envoûtement. »
Spirale de malchance par Ramsey Campbell

Fiche de Spirale de malchance
Titre : Spirale de malchance
Auteur : Ramsey Campbell
Date de parution : 1991
Traduction : P.-F. Reignier
Editeur : J’ai lu
Première page de Spirale de malchance
« Ce dimanche-là, Jack Orchard fut réveillé par un éternuement. Et les odeurs de peinture. À l’aube, heure blafarde où les noctambules quittaient les discothèques du front de mer, des claquements de portières avaient dérangé son sommeil. Et puis la voix de Julia retentit depuis la cuisine :
— Laura, si ton père n’est pas encore levé, dis-lui qu’il devra se débrouiller seul pour son petit déjeuner !
Jack fixa d’un regard éteint le réveil électronique, bondit hors du lit et se précipita vers la porte en se prenant les pieds dans le tapis. Sur le palier, une odeur de graisse lui chatouilla les narines.
— J’ai pas le temps, chérie ! cria-t-il.
Julia apparut au pied de l’escalier en bois ; sa chevelure rousse étincelait devant le mur fraîchement plâtré.
— C’est prêt, Jack, si tu veux quelque chose. Il faut que je m’en aille. Il y a une crise au bureau. »
Extrait de : R. Campbell. « Spirale de malchance. »
Grains de sable par Hal Clement

Fiche de Grains de sable
Titre : Grains de sable
Auteur : Hal Clement
Date de parution : 1969
Traduction : P. Alexandre
Editeur : Denoël
Sommaire de Grains de sable
- L’essuie-glace
- Le septième sens
- La chute de Troie
- A l’épreuve du feu
- Halo
- … nées de parents inconnus
- Goutte de pluie
Première page de L’essuie-glace
« — Tout va bien, Shandara ?
— Ça gaze, Ridge, tu peux dormir sur tes deux oreilles.
Ridging jeta un coup d’œil par-dessus l’épaule de son compagnon en direction de Beacon Peak, nom sous lequel était connu le lieu où la station relais avait été installée. Le dôme de plomb qui la protégeait des météores étincelait ; la plupart des sommets moins élevés d’Harpalus étaient déjà sous l’horizon, et avec eux le dernier territoire que Ridging et Shandara pouvaient prétendre connaître. Hormis leurs visages respectifs, le tracteur à turbines qui les transportait était la seule trace de l’humanité qu’ils pouvaient distinguer : le mince croissant formé par leur monde natal était trop près du Soleil pour être facile à voir, et de toute façon, vue de l’extérieur, la Terre n’a pas une allure très « humaine ». »
Extrait de : H. Clement. « Grains de sable. »
Tronche par Philippe Curval

Fiche de Tronche
Titre : Tronche
Auteur : P. Curval
Date de parution : 2023
Editeur : La volte
Première page de Tronche
« — C’est pénible, déclara Balthazar d’un ton exaspéré, j’ai une chanson qui me trotte dans la tête et elle n’en finit pas. J’ai l’impression d’être un disque à sillon infini. Tu sais, quand ça arrive au bout, ça recommence au début.
— Qu’est-ce que c’est comme chanson ? demanda Greta en suçant son pouce.
— Les Feuilles mortes.
— Je vois pas de quoi il s’agit.
— Tu as dû pourtant en ramasser. À l’automne, elles tombent des arbres toutes jaunes et recroquevillées.
— Rue de Tolbiac y a pas d’arbres.
— Mais dans mon jardin derrière, il y a un grand paulownia !
— T’as p’têt raison, mais je m’en souviens pas. Et c’est quoi comme chanson ? »
Extrait de : P. Curval. « Tronche. »
Via Dimension 5 par François Richard-Bessière
Fiche de Via Dimension 5
Titre : Via Dimension 5 (Tome 7 sur 24 – Gordon & Brent)
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir
Première page de Via Dimension 5
« Lorsque j’entrai dans le hall du « New Sun », je fus accueilli par la délicieuse Miss Grant, la secrétaire du patron, qui m’aborda avec un large sourire et un battement de paupières à faire pâlir un adolescent.
Elle tenait dans ses bras un dossier assez volumineux.
— Mr. Gordon, vous êtes l’homme qu’il me faut, me dit-elle en accentuant son sourire, ce qui eut pour effet de creuser dans ses joues roses deux magnifiques petites fossettes.
— Vous auriez pu vous en apercevoir plus tôt, fis-je en plaisantant. Qu’y a-t-il pour votre service, ma beauté ?
— Je suis en train de préparer une nouvelle rubrique sur la mode féminine de l’hiver prochain, et j’ai pensé que vous pourriez peut-être me donner des tuyaux intéressants. Est-il exact que Christian Dior prépare la ligne martienne pour les ensembles de sports d’hiver ? »
Extrait de : Richard-Bessière. « Via dimension 5 – Gordon & Brent. »
La deuxième terre par François Richard-Bessière

Fiche de La deuxième terre
Titre : La deuxième terre (Tome 6 sur 24 – Gordon & Brent)
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir
Première page de La deuxième terre
« Plusieurs fois déjà j’avais tenté de chasser ces horribles visions, mais je compris bientôt que tous mes efforts resteraient vains. Cette fois je me sentais seul, tout seul, au milieu de cette vaste étendue aride et desséchée que les pâles rayons d’une lune blafarde baignaient étrangement.
Seul, et accroupi sur ce sol glacé qui semblait m’attirer comme un aimant. L’odeur infecte et nauséabonde qu’il m’avait déjà été donné de constater se fit plus atroce ; elle déferlait sur moi avec une abominable intensité qui me soulevait le cœur. Je savais que d’un instant à l’autre « ILS » allaient apparaître devant le sinistre boyau qui émergeait à une centaine de yards, à peine, devant moi. »
Extrait de : Richard-Bessière. « La deuxième Terre – Gordon & Brent. »
Création cosmique par François Richard-Bessière
Fiche de Création cosmique
Titre : Création cosmique (Tome 5 sur 24 – Gordon & Brent)
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir
Première page de Création cosmique
« Ce jour-là était un jour comme les autres. Sur la Terre, des gens mouraient, d’autres naissaient. Le soleil brillait pour certains, pour d’autres c’était la pluie, le vent ou la nuit. Il continuait à faire froid aux Pôles et chaud à l’Equateur.
Il y avait ceux qui travaillaient pour gagner leur vie, et ceux qui faisaient travailler les autres pour gagner la leur.
Et il y avait aussi ceux qui, comme moi, se hâtaient dans une grande ville pour rejoindre leur fiancée qui s’impatientait.
Une journée comme les autres ? Peut-être ! Et qui s’achèverait au dernier coup de minuit. Exactement comme toutes les autres…
Et pourtant…
Cette journée devait être le prélude aux événements les plus fantastiques que les hommes puissent connaître. Et je faisais personnellement partie de ceux qui allaient vivre cette aventure. A croire qu’il ne pouvait rien se passer dans l’Univers sans que je m’y trouve mêlé. Ce doit être une sorte de prédestination. »
Extrait de : Richard-Bessière. « Création cosmique – Gordon & Brent. »
Cité de l’esprit par François Richard-Bessière

Fiche de Cité de l’esprit
Titre : Cité de l’esprit (Tome 4 sur 24 – Gordon & Brent)
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir
Première page de Cité de l’esprit
« Je n’avais reçu que deux lettres à mon courrier ce matin-là, et deux autres au courrier du soir. Cela avait eu pour effet de faire sourire le portier de mon immeuble, qui n’avait pu s’empêcher de me dire avec un air fin :
— C’est une journée bien calme, n’est-ce pas, M. Gordon ?
Bien calme, en effet. Mais cela tombait d’autant mieux que j’avais rarement ressenti à ce point l’envie de profiter d’une bonne journée de repos.
Les quelques articles que j’étais en train de pondre pour le New Sun pouvaient attendre au lendemain, le patron aussi. Nous ne faisions pas particulièrement bon ménage, lui et moi, car depuis que je travaillais pour Funnigan, jamais nous n’avions eu une conversation vraiment amicale. »
Extrait de : Richard-Bessière. « Cité de l’esprit – Gordon & Brent. »
Route du néant par François Richard-Bessière
Fiche de Route du néant
Titre : Route du néant (Tome 3 sur 24 – Gordon & Brent)
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1956
Editeur : Fleuve noir
Première page de Route du néant
« Lorsque j’entrai dans le vaste bureau directorial, je trouvai le patron assis derrière son bureau, en train de mâchonner le bout d’’un de ces affreux cigares italiens dont il raffolait. Je n’avais jamais pu m’habituer à cette odeur épouvantable qui me faisait faire la grimace chaque fois et j’essayai de ne pas respirer.
Funnigan se leva et vint vers moi :
— Enfin vous voilà. Je suppose que vous êtes fier de vous ?
Je n’avais aucune raison de ne pas l’être. Depuis quelques jours, je rédigeais pour le canard des articles au sujet de l’extraordinaire expérience qu’un savant français se proposait de tenter. Il s’agissait du célèbre Professeur Delamare, Sigismond Sosthène Delamare, pour être plus précis.
J’avais obtenu la plus grande partie de ma documentation grâce à mon ami le Professeur Archibald Brent, président de la commission atomique internationale, qui, en compagnie de sa femme Gloria, se trouvait auprès du savant français depuis plusieurs mois. »
Extrait de : Richard-Bessière. « Route du néant – Gordon & Brent. »