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Le nouveau soleil de Teur 1 par Gene Wolfe

Fiche de Le nouveau soleil de Teur 1
Titre : Le nouveau soleil de Teur 1 (Tome 5 sur 6 – Livre du second soleil de Teur)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1987
Traduction : W. Desmond
Editeur : Denoël
Première page de Le nouveau soleil de Teur 1
« Après avoir jeté un manuscrit dans les océans du temps, voici que je recommence. Certes, c’est absurde ; mais je ne suis pas – et ne serai pas – absurde au point de m’imaginer qu’il trouvera jamais un lecteur, fût-ce moi-même. Mais que l’on me laisse dire, à personne et à rien, simplement qui je suis et ce que j’ai fait pour Teur.
Mon véritable nom est Sévérian. Mes amis, qui ne furent jamais nombreux, me surnommaient Sévérian le Boiteux ; et mes soldats, qui un temps furent innombrables sous mes ordres, Sévérian le Grand. Quant à mes ennemis, qui se reproduisaient comme des mouches, et comme des mouches grouillaient sur les cadavres jonchant les champs de bataille, j’étais pour eux Sévérian le Bourreau. Je fus le dernier autarque de notre empire et, en tant que tel, le seul maître légitime de ce monde, lorsque nous l’appelions Teur. »
Extrait de : G. Wolfe. « Le nouveau soleil de Teur 1 – Livre du second soleil de Teur. »
La citadelle de l’Autarque par Gene Wolfe

Fiche de La citadelle de l’Autarque
Titre : La citadelle de l’Autarque (Tome 4 sur 6 – Livre du second soleil de Teur)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1982
Traduction : W. Desmond
Editeur : Gallimard
Première page de La citadelle de l’Autarque
« Je n’avais jamais vu la guerre, ni même n’en avais parlé longuement avec quelqu’un qui y aurait participé ; mais j’étais jeune et, ayant quelques connaissances de la violence, je m’imaginais que la guerre n’était qu’une nouvelle expérience à faire, comme tout autre chose – comme de disposer d’une certaine autorité à Thrax, ou de m’évader du Manoir Absolu.
Or la guerre n’est pas une nouvelle expérience : c’est un monde nouveau. Ses habitants en sont plus différents des êtres humains que Famulimus et ses amis. Ses lois sont nouvelles, et même sa géographie est différente, car il s’agit d’une géographie dans laquelle le moindre vallon et la plus humble colline peuvent acquérir l’importance d’une grande ville. »
Extrait de : G. Wolfe. « La citadelle de l’Autarque – Livre du second soleil de Teur. »
L’épée du licteur par Gene Wolfe

Fiche de L’épée du licteur
Titre : L’épée du licteur (Tome 3 sur 6 – Livre du second soleil de Teur)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1981
Traduction : W. Desmond
Editeur : Gallimard
Première page de L’épée du licteur
« L’odeur était dans mes cheveux, Sévérian, dit Dorcas. C’est pourquoi je suis restée sous la cascade de la salle aux pierres brûlantes… j’ignore si le côté des hommes est disposé de la même manière. Et à chaque fois que j’en sortais, je les entendais parler de nous. Elles t’appelaient le boucher noir, et te donnaient aussi d’autres noms que je refuse de répéter.
— Il n’y a rien là que de bien normal, répondis-je. Tu étais la première étrangère, peut-être, à venir fréquenter cet endroit depuis un mois ; il fallait bien s’attendre que l’on parle de toi, et que les rares femmes qui savaient qui tu es en tirent vanité, enjolivant au besoin leur savoir de quelque conte. Quant à moi, j’y suis habitué, et tu ne peux pas ne pas avoir entendu déjà plusieurs fois ce genre d’expressions, sur la route qui nous a menés ici ; j’en ai moi-même relevé. »
Extrait de : G. Wolfe. « L’épée du Licteur – Livre du second soleil de Teur. »
La griffe du demi-dieu par Gene Wolfe

Fiche de La griffe du demi-dieu
Titre : La griffe du demi-dieu (Tome 2 sur 6 – Livre du second soleil de Teur)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1981
Traduction : W. Desmond
Editeur : Gallimard
Première page de La griffe du demi-dieu
« Pris dans l’unique rayon de lumière, je voyais flotter le visage de Morwenna, délicieusement encadré par une chevelure aussi noire que ma cape ; de son cou, du sang tombait goutte à goutte sur les dalles. Ses lèvres s’ouvrirent silencieusement. Au lieu de dents, je vis alors dans leur mitan (comme si j’avais été l’Incréé glissant un œil par une déchirure du tissu d’éternité pour contempler le Monde du Temps) la ferme, Stachys son mari, secoué de sanglots d’angoisse sur son lit, et le petit Chad, penché sur l’étang, qui baignait son visage enfiévré dans l’eau.
Eusébie, l’accusatrice de Morwenna, hululait au-dehors comme une sorcière. Je m’efforçai d’atteindre les barreaux pour lui dire de se tenir tranquille, mais me retrouvai soudain perdu dans l’obscurité de la cellule. »
Extrait de : G. Wolfe. « La griffe du demi-dieu – Livre du second soleil de Teur. »
L’ombre du bourreau par Gene Wolfe

Fiche de L’ombre du bourreau
Titre : L’ombre du bourreau (Tome 1 sur 6 – Livre du second soleil de Teur)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1980
Traduction : W. Desmond
Editeur : Denoël
Première page de L’ombre du bourreau
« Peut-être avais-je déjà éprouvé quelque pressentiment de ce qu’allait être mon avenir. Dans mon esprit, le portail rouillé et fermé qui se dressait devant nous, ainsi que les nappes de brouillard qui s’effilochaient et se tortillaient entre ses barreaux comme des chemins de montagne, sont restés les symboles de mon exil. Sans doute est-ce la raison pour laquelle j’en ai commencé le récit en partant des conséquences de notre baignade ; c’est en effet au cours de celle-ci que moi, l’apprenti bourreau Sévérian, j’ai bien failli me noyer.
« La garde est partie. » Mon ami Roche s’adressait à Drotte, qui venait également de faire la même constatation. »
Extrait de : G. Wolfe. « L’ombre du bourreau – Livre du second soleil de Teur. »
L’exode par Gene Wolfe

Fiche de L’exode
Titre : L’exode (Tome 4 sur 4 – Le livre du long soleil)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1996
Traduction : N. Serval
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’exode
« Un silence lugubre planait sur les ruines de la villa. Seul le vent gémissait, faisant claquer le drapeau blanc que tenait mater Menthe.
– Phæsdi, ils étaient in situ, fit Rémora. L’Ayuntamiento, hum ?
Ils parvinrent à la hauteur d’un talus mort, les flancs rongés par les flammes et noircis de fumée. L’air empestait l’huile de poisson, en dépit du vent.
– Réparable, remarqua Rémora en repoussant une mèche de cheveux bruns de devant ses yeux. Pas comme nous autres, pauvres êtres biochimiques. Néanmoins, nous adressons leur… esprit à l’Unité Centrale.
– Et s’ils n’en avaient pas ? murmura mater Menthe.
Elle s’était arrêtée pour attendre Rémora et en profitait pour scruter les fenêtres de l’ex-demeure de Sangre. Sa réflexion frisait l’hérésie, toutefois Rémora préféra ne pas s’y attarder :
– S’ils n’y étaient pas… Loris et les autres ? Est-ce que… Buffle ?
– Bison, rectifia Menthe. Le colonel Bison. »
Extrait de : G. Wolfe. « L’Exode – Le livre du long soleil. »
Caldé, côté cité par Gene Wolfe

Fiche de Caldé, côté cité
Titre : Caldé, côté cité (Tome 3 sur 4 – Le livre du long soleil)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1994
Traduction : N. Serval
Editeur : Le livre de poche
Première page de Caldé, côté cité
« Pareillement indifférent aux troubles qui agitaient la cité et à l’orage qui menaçait d’abattre ses murs, Sa Connaissance pater Quetzal, prolocuteur du Chapitre de la sainte ville de Viron, examinait son visage flétri et cireux dans le flanc d’une théière d’argent.
Comme chaque jour à la même heure, il tourna la tête des deux côtés afin d’étudier son profil presque sans relief. Il leva le menton, exhibant un cou interminable et notablement ridé. Quoiqu’il accordât chaque matin un soin minutieux à son maquillage, une faille pouvait se faire jour vers les dix heures. D’où cette inspection à la fois complaisante et assidue.
– Je ne suis pas homme à courir des risques, marmonna-t-il en affectant de lisser un de ses minces sourcils neigeux.
Comme il achevait sa phrase, un coup de tonnerre ébranla le palais jusqu’à ses fondations. Une clarté aveuglante emplit la pièce. La pluie et la grêle tambourinèrent de plus belle au carreau. Pater Rémora, le coadjuteur du Chapitre, acquiesça d’un air solennel :
– Certes. Votre Connaissance est des plus… avisées. »
Extrait de : G. Wolfe. « Caldé, côté cité – Le livre du long soleil. »
Côté lac par Gene Wolfe

Fiche de Côté lac
Titre : Côté lac (Tome 2 sur 4 – Le livre du long soleil)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1995
Traduction : N. Serval
Editeur : Le livre de poche
Première page de Côté lac
« Le silence s’abattit, aussi brutal qu’un ordre, à l’instant où pater Organsin ouvrit la porte du vieux presbytère à l’angle des rues du Soleil et de l’Argent. Licorne, le plus grand des garçons du palæstra, se tenait très droit sur la chaise la moins confortable de la minuscule sellaria. Organsin devina qu’il s’était laissé tomber dessus en entendant le déclic du loquet.
Le crave nocturne (une fois la porte refermée, Organsin se rappela lui avoir donné le nom d’Oreb) était perché sur le dossier tapissé du fauteuil des « invités ».
– Salut, croassa Oreb. Organsin, bon !
– Bonsoir à tous les deux. Que Tartaros vous bénisse !
Licorne s’était levé à son entrée ; il lui fit signe de se rasseoir.
– Mille excuses, Licorne. Mater Rose m’avait annoncé ta visite mais je l’avais oubliée. Il s’est passé tellement… Ô Sphigx ! Sphigx, aie pitié de moi ! »
Extrait de : G. Wolfe. « Côté lac – Le livre du long soleil. »
Côté nuit par Gene Wolfe

Fiche de Côté nuit
Titre : Côté nuit (Tome 1 sur 4 – Le livre du long soleil)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1994
Traduction : N. Serval
Editeur : Le livre de poche
Première page de Côté nuit
« Pater Organsin reçut l’illumination sur le terrain de jeu. Après ça plus rien ne fut pareil. Plus tard, quand il y repensait à la faveur du silence de la nuit, il se rappelait toujours avoir ressenti une présence jusque-là cachée derrière lui. Après des années d’un mutisme prudent, elle s’était décidée à lui parler à l’oreille. L’équipe des grands venait encore de marquer, Licorne allait s’emparer de la balle quand des voix s’étaient manifestées à Organsin, lui dévoilant des bribes d’invisible.
L’absurde mécanique du temps s’était brusquement enrayée. Licorne allait saisir la balle quand son sourire s’était figé pour l’éternité…
… Le défunt pater Bécard marmonnait des prières en tranchant la gorge d’un lapin moucheté acheté par ses soins…
… Le cadavre d’une femme dans une ruelle et les gens du quartier…
… Un tapis de lumières éparses, pareilles à des villes dans le ciel nocturne (et le sang chaud du lapin qui coulait sur les mains glacées de pater Bécard)… »
Extrait de : G. Wolfe. « Côté nuit – Le livre du long soleil. »
Le mage par Gene Wolfe

Fiche de Le mage
Titre : Le mage (Tome 2 sur 2 – Le chevalier-mage)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 2004
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Calmann-Lévy
Première page de Le mage
« J’ai vu une partie de ce qui suit, Ben. Une petite partie. En règle générale, je m’appuie sur ce qu’on m’a raconté. Je ne vais pas passer mon temps à préciser qui a dit quoi, car tu le devineras au fur et à mesure. Le plus souvent, c’était Toug.
Uns, déjà voûté par nature, se tassa encore plus devant Béhil. « Toug, y dit que le maître est mort, Votre Seigneurie. Et il a le cheval et le chien. Je vous les montre, Votre Seigneurie, si vous voulez voir. Y pense pas à mal, Votre Seigneurie.
— Vous ajoutez foi à ses propos ? demanda Idnn. »
Extrait de : G. Wolfe. « Le mage – Le chevalier-mage. »