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Contes et récits des héros de la montagne par Christian Léourier

Fiche de Contes et récits des héros de la montagne
Titre : Contes et récits des héros de la montagne
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2001
Editeur : Nathan
Sommaire de Contes et récits des héros de la montagne
- Le fugitif
- Au bal des anges
- La voie
- Pour les beaux yeux d’Isabelle
- Le secret de la beauté parfaite
- L’imprudence de Monsieur Duhamel
- Le piolet de Milord Alfred
- Le passage
- Les évadés
- Il faut redescendre !
- Le pilier
- Noël blanc
- A genoux
- Retour du fugitif
Première page de Le fugitif
« L’HOMME se retourne, essoufflé, attentif au moindre bruit de la forêt. Le sang martèle ses tempes à chaque battement de son cœur. Il se laisse tomber au pied d’un arbre, pour reprendre haleine. Ses doigts rencontrent une croûte de sang séché. Son nez, brisé, est enflé, sa lèvre fendue. Mais c’est surtout la douleur de sa poitrine qui le préoccupe. Sans doute a-t-il des côtes cassées.
La colère l’envahit. La rage, mais aussi la tristesse. Il est descendu vers les hommes de cette vallée le cœur plein d’espoir, heureux à l’idée de revoir la jeune fille. »
Extrait de : C. Léourier. « Contes et recits des Heros de la Montagne. »
Contes et légendes de la mythologie celtique par Christian Léourier

Fiche de Contes et légendes de la mythologie celtique
Titre : Contes et légendes de la mythologie celtique
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2000
Editeur : Nathan
Sommaire de Contes et légendes de la mythologie celtique
- La faute du roi Nuada
- La seconde bataille de Mag Tured
- La quête des fils de Tuireann
- Le prince de l’abîme
- La cavalière d’Aberth
- La montagne sur la mer
- La plus belle femme du monde
- La faiblesse des Ulates
- Le morceau du héros
- Le taureau brun de Cualngé
- Un vol de cygnes
- Le roi sans royaume
- Le mariage de Finn
- La jalousie de Finn
- L’île des femmes
- Le prince des bardes
Première page de La faute du roi Nuada
« Certaines victoires se payent fort cher. Ainsi celle que le roi Nuada remporta sur Eochtraï, dans la plaine de Mag Tured. Mais commençons par le début.
Les enfants de la déesse Dana vivaient tout au nord du monde. Leurs îles étaient très belles : on peut trouver bien des attraits à l’éclat des glaciers et aux brumes matinales, si propices à la rêverie. Mais la vie était tout de même plutôt rude sur ces terres plates en permanence parcourues par le vent glacé des tempêtes. Aussi les tribus lorgnaient-elles avec envie sur les forêts profondes, les lacs poissonneux, les gras pâturages de l’Irlande, qu’on n’appelait pas sans raison l’île Verte. »
Extrait de : C. Léourier. « Contes et legendes de la Mythologie celtique. »
Virgules téléguidées par Pierre Suragne

Fiche de Virgules téléguidées
Titre : Virgules téléguidées
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Virgules téléguidées
« La sueur était progressivement venue au front de Léridan, avec les rides soucieuses creusées dans la peau brune. Du dos de la main, il essuya cette moiteur luisante, s’efforçant de rendre le geste machinal. Ses doigts tremblaient, trahissant sa nervosité. Entre le pouce et l’index, Léridan saisit le mégot humide collé au coin de sa lèvre inférieure ; il considéra longuement le papier jauni, noirci, avant d’effriter le tabac gorgé de salive. Puis il essuya ses doigts sur son pantalon de velours rude. Il dit :
— Je ne te crois pas, Juan-Majin.
Juan-Majin prit un air ahuri, qu’il conserva quelques secondes, avant de pousser un long soupir et de hausser les épaules, fataliste. « Si tu ne me crois pas, Léridan Jorgue, c’est ton affaire, et je n’y peux rien. »… Voilà ce que signifiait son attitude. »
Extrait de : P. Suragne. « Virgules téléguidées. »
Vendredi, par exemple… par Pierre Suragne

Fiche de Vendredi, par exemple…
Titre : Vendredi, par exemple…
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir
Première page de Vendredi, par exemple…
« C’est jeudi, par exemple, sur la France. Et c’est la nuit, aussi, non seulement sur la France mais sur l’Union Sociale Européenne, dont fait partie la France.
Et la nuit est noire, brumeuse, pour le docteur Keyes qui prend place derrière son bureau du centre de psychothérapie de Grenoble ; pour le docteur Keyes qui s’assied à cette place, comme chaque soir, avec en tête sa dose de soucis habituels.
C’est la nuit aussi pour Jorge Das Vila, l’anarchiste, au volant de cette voiture de police maquillée, qui roule vers sa ville de Fessenheim. »
Extrait de : P. Suragne. « Vendredi, par exemple…. »
Une si profonde nuit par Pierre Suragne

Fiche de Une si profonde nuit
Titre : Une si profonde nuit
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir
Première page de Une si profonde nuit
« Joraf avait quitté la famille alors que le sol était encore froid et humide, les herbes, comme les pierres, gluantes de rosée. Depuis cet instant, il n’avait cessé de ramper en direction du premier piège.
A présent, Joraf transpirait. Certaines pierres du sol étaient très chaudes, et les rayons solaires cuisaient la peau de ses épaules nues, ainsi que ses avant-bras, ses mains. La sueur coulait de son front bombé et ruisselait sur ses pommettes. De temps à autre, d’un coup de langue, Joraf humectait ses lèvres sèches. Il s’était écorché les phalanges de la main droite – celle qui tenait l’arme – sur les arêtes coupantes d’une pierre que sa mémoire, distraite une seconde, avait oubliée. »
Extrait de : P. Suragne. « Une Si Profonde Nuit. »
Une jeune fille au sourire fragile par Pierre Pelot

Fiche de Une jeune fille au sourire fragile
Titre : Une jeune fille au sourire fragile
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1991
Editeur : Bragelonne
Première page de Une jeune fille au sourire fragile
« Et dans moins de quinze jours, se disait-elle, ce serait Noël. Elle ne parvenait pas à y croire, ni même à se faire vraiment à cette idée.
C’était quelque peu différent des autres années. D’ordinaire, elle détestait cette période des fêtes comme une espèce de grand fleuve de lumières dans lequel vous vous retrouvez fatalement emportée malgré vous : vous avez beau tout faire pour vous en défendre, c’est inutile et parfaitement inefficace… à moins de vous exiler pour un temps en plein cœur de quelque désert, et encore… Mais là, oui, pour une fois, c’était quelque peu différent.
D’abord, il y avait cette crevasse noire dans le temps, cette faille profonde de laquelle elle venait de s’extraire et qui fatalement changeait tout. Le paysage n’est jamais tout à fait le même de l’autre côté du précipice, quand vous l’avez franchi. Fatalement. »
Extrait de : P. Pelot. « Une jeune fille au sourire fragile. »
Une autre terre par Pierre Pelot

Fiche de Une autre terre
Titre : Une autre terre
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1972
Editeur : Hatier
Première page de Une autre terre
« Arian Dhaye n’était pas un tueur.
En son âme et conscience – car il possédait encore âme et conscience –, il était même tout le contraire d’un tueur.
Pourtant, il avait reçu pour mission de mener à bien une sorte de génocide parfait ; il avait reçu l’ordre de détruire, de tuer, d’anéantir totalement plus de cent mille individus. Cet ordre, Arian Dhaye l’avait reçu consciemment, et il l’exécuterait de son plein gré, sans qu’aucune contrainte, physique ou mentale, ne s’exerce sur lui.
Mais Arian Dhaye n’était pas un tueur. Il était simplement homme. Mais peut-être n’y avait-il plus beaucoup d’hommes en ce temps de la deuxième Ère, sur la vieille planète Terre. »
Extrait de : P. Pelot. « Une autre terre. »
Une autre saison comme le printemps par Pierre Pelot

Fiche de Une autre saison comme le printemps
Titre : Une autre saison comme le printemps
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 2016
Editeur : Editions Héloïse d’Ormesson
Première page de Une autre saison comme le printemps
« AVANT, LES PRÉS DESCENDAIENT en pente douce jusqu’à la rivière, en dessous de la maison. Des arbres bordaient le cours d’eau. La route passait de l’autre côté, à une dizaine de mètres au plus près de la rive, calquant ses méandres sur ceux de la rivière. Avant, quand les arbres avaient des feuilles, on ne voyait même pas la route.
Et puis le tout-venant des hommes politiques se retrouva à même de prendre des décisions, et ces gens-là ne s’adressaient plus à des « citoyens » mais à des « consommateurs », des « électeurs », des « automobilistes ». Ces gens-là estimaient manquer leur carrière s’ils n’avait pas à leur actif la création d’une portion quelconque d’autoroute, une voie de contournement ou une zone industrielle.
Ils tracèrent donc la route de ce côté-ci de la rivière, en plein milieu des prés, ce qui coupa quelques virages, permit aux usagers de rouler un peu plus vite, aux accidents de se multiplier. Au trafic des camions de s’écouler sans discontinuer. »
Extrait de : P. Pelot. « Une autre saison comme le printemps. »
Un autre pas dans la rivière par Pierre Pelot

Fiche de Un autre pas dans la rivière
Titre : Un autre pas dans la rivière
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 2021
Editeur : Presses de la cité
Première page de Un autre pas dans la rivière
« Je suis né, dans cette vallée de la montagne des bœufs sauvages étroitement serrée par les hauteurs rondes aux couleurs délavées, rousses et bleuies, comme des ressacs pétrifiés de vagues écumées.
Vosges.
Trois mots celtes composent à l’origine le nom Vouguerus : vou, signifiant bœuf, guez, sauvage, et us pour montagne, élévation.
Les romains donnèrent le nom de Vogesus, ou Vosegus à ces montagnes ; au Moyen Age elles devinrent Vosagus, et pour les Allemands Vasgau.
Elles ne sont pas montagnes de hautes volées, le sommet fatigué, et ce qui fut chez elles de trempe volcanique n’a laissé pour pauvre trace qu’un soupçon de cratère, en renfoncement, que la forêt comble sans hâte, inéluctablement. »
Extrait de : P. Pelot. « Un autre pas dans la rivière. »
Transit par Pierre Pelot

Fiche de Transit
Titre : Transit
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1977
Editeur : Robert Laffont
Première page de Transit
« SON nom était une grosse bulle, ventrue et rebondie, de couleur safran. Il était sur le point de la reconnaître, de l’identifier, lorsqu’elle éclata – vilaine farce – en une multitude d’éclats dont l’apparente composition se trouvait en totale opposition avec celle de la bulle originelle – comme une sphère d’eau savonneuse qui se serait métamorphosée en myriades de cristaux de glace acérés et mauvais. Cette pluie scintillante retomba en gerbe dorée contre son crâne nu, cliquetant sur la peau luisante.
Il savait que l’image n’avait pas de sens ; il savait que ce crâne n’était pas le sien – ne pouvait pas être le sien. Pour une quelconque raison, aux fondements ensevelis sous la boue, il était persuadé que son crâne, s’il en avait un, n’était pas chauve. »
Extrait de : P. Pelot. « Transit. »