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La cité au bout de l’espace par Pierre Suragne

Fiche de La cité au bout de l’espace
Titre : La cité au bout de l’espace
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir
Première page de La cité au bout de l’espace
« C’était un long voyage. Un très très long voyage, pour le vaisseau spatial d’exploration Murwik 3 et son équipage. Ce qui restait de cet équipage…
Jen Mahutri était inquiet. La désagréable sensation d’angoisse était née à son insu, il y avait déjà plusieurs mois – il s’en apercevait maintenant – et elle n’avait fait que grandir. C’était peut-être la somme logique de toutes les vicissitudes du voyage…, une tension nerveuse « normale », qui se basait sur l’expérience des derniers temps et faisait naître ce sentiment de méfiance instinctive… Bien sûr… Jen Mahutri aurait voulu pouvoir s’en convaincre. Mais il ne pouvait pas. Et c’était précisément cela qui le gênait.
Il quitta la couchette de sa cellule, sur laquelle il était assis depuis de longues heures, désœuvré, tournant et retournant dans sa tête mille pensées noires, mille souvenirs. »
Extrait de : P. Suragne. « La cité au bout de l’espace. »
L’île aux enragés par Pierre Pelot

Fiche de L’île aux enragés
Titre : L’île aux enragés
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1973
Editeur : Hatier
Sommaire de L’île aux enragés
- L’homme qui venait de l’ouest
- La tempête
- Higg la maudite
- Les enragés
- Goel de Lyre
- Sur les traces de Sihan
- La ville aux monstres
- L’homme qui venait de la mer
Première page de L’homme qui venait de l’ouest
« Tout le jour, le soleil avait brillé.
Et puis, dans l’approche du soir, d’épais nuages s’étaient levés sur l’horizon. Le vent, qui venait de la mer et poussait devant lui ces vagues célestes moutonneuses, avait brutalement fraîchi. Mauvais signe.
Ceux qui se trouvaient dans les barques avaient rapidement hissé leurs filets. Ils avaient compris, habitués depuis leur plus tendre enfance à lire menaces et conseils de prudence dans le ciel et l’eau. Certains, les tout vieux, avaient senti le changement avant même que ne se lève le premier souffle de vent ou que n’apparaisse en ligne d’horizon la tête cotonneuse du premier nuage.
À présent, c’était vraiment le soir. Le soir noir, pressé à l’étouffement sous le ciel bas, surchargé d’un bataillon de grosses volutes molles. La mer était comme un métal froid, vide, toutes les barques de pêche tirées hors de son ventre. Sur la côte déserte, le vent venait se plaindre dans les griffes des broussailles ; il courait comme un fou sur la lande : on suivait à la trace ses danses d’hystérique dans les hautes herbes brûlées. »
Extrait de : P. Pelot. « L’île aux enragés. »
L’île au trésor par Pierre Pelot

Fiche de L’île au trésor
Titre : L’île au trésor
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 2008
Editeur : Calmann-Lévy
Première page de L’île au trésor
« Mon nom c’est Jim Hawkins, mais vous pouvez m’appeler Jim.
Je vais donc raconter toute l’histoire, du début à la fin.
L’idée ne vient pas de moi mais de Trelaway, et Trelaway a toujours de sacrées bonnes idées, en général, tous ceux qui savent de qui je parle, dans les Îles, vous le diront.
Personnellement, je connais Trelaway depuis toujours, pour la bonne raison que c’est pratiquement mon oncle. Je dis « pratiquement » parce que si Trelaway était vraiment marié à ma tante Sally-Sea, je veux dire devant la loi, il serait, alors, effectivement, mon oncle véritable, étant donné que tante Sally-Sea est ma vraie tante, la sœur jumelle de ma maman, et que Trelaway est son compagnon. Sean Trelaway. La plupart des gens, ici, l’appellent « Trelaway » et il pourrait tout aussi bien se prénommer Arthur ou Joseph que ça n’y changerait rien.
« Jim », qu’il m’a dit, « toi qui as la langue bien pendue, tu devrais raconter l’histoire de cette sacrée île et de son trésor dessus, et comment tout ça s’est passé. Personne ne le ferait mieux que toi, partner , je t’assure. J’en suis absolument certain. »
Extrait de : P. Pelot. « L’île au trésor. »
L’été en pente douce par Pierre Pelot

Fiche de L’été en pente douce
Titre : L’été en pente douce
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1980
Editeur : Gallimard
Première page de L’été en pente douce
« Il n’était pas du genre à se laisser impressionner facilement – du moins en apparence –, mais tout de même, la lecture du journal, rubrique « avis de décès », semblait lui avoir porté un coup. Il avait juré, grommelé des choses, et Lilas avait compris le principal. Pour confirmation, elle s’était reportée au journal. Depuis, Fane n’avait pas desserré les dents. Ou presque. Juste pour des banalités. Et pour enguirlander Lilas qui n’en finissait pas de se préparer. Lui, il s’était vaguement passé un coup de peigne dans les cheveux, c’est tout. Il n’avait pas mangé.
Fane transpirait. De grosses gouttes de sueur perlaient sur son front ridé, coulaient dans ses yeux, le long de son gros nez, puis se décrochaient n’importe comment et tombaient un peu partout, sur sa chemise, son pantalon, sur ses mains – la droite gantée et la gauche nue – sur le volant. »
Extrait de : P. Pelot. « L’été en pente douce. »
L’enfant qui marchait sur le ciel par Pierre Suragne

Fiche de L’enfant qui marchait sur le ciel
Titre : L’enfant qui marchait sur le ciel
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’enfant qui marchait sur le ciel
« Le monde lui-même possède un nom. Le monde s’appelle Zod.
Dans le ventre du monde, on dit que la machine est là, palpitante et silencieuse. La Machine. Depuis le commencement des Temps, la Machine compte et calcule. Depuis le commencement, la Machine copie et traduit le Temps, et elle en fait quelque chose de vaguement compréhensible pour l’esprit des hommes. C’est elle, c’est la Machine, qui calcule la lente succession des années. Une année est un cycle de temps bien défini qui dépend des rouages et de certaines révolutions de sphères transparentes, dans le ventre de la Machine.
L’enfant était âgé de huit années. Huit, c’est parfois déjà très vieux, très désespéré. C’est parfois l’âge de la mort. »
Extrait de : P. Suragne. « L’enfant qui marchait sur le ciel. »
L’assassin de Dieu par Pierre Pelot

Fiche de L’assassin de Dieu
Titre : L’assassin de Dieu
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1998
Editeur : Bragelonne
Première page de L’assassin de Dieu
« … Et de tous ceux qui hantent ce pays, pas un ne sait ni ne se souvient qui il était avant, d’où il venait. Ni quels sont les pays d’avant ce pays-là, et pas davantage ceux d’après.
C’est un pays que certains personnages particulièrement mystérieux, et qui disent tout connaître des secrets, nomment parfois le Monde au bord du Gouffre. Ce qui finalement ne veut rien dire, car les gouffres ne sont pas plus inquiétants ni plus grands dans ce monde qu’ils ne le sont ailleurs. Le seul vrai gouffre, si l’on veut bien, est peut-être le ciel. L’immense, l’insondable trou noir du ciel.
Mais est-ce le ciel ? »
Extrait de : P. Pelot. « L’Assassin de Dieu. »
L’ange étrange et Marie McDo par Pierre Pelot

Fiche de L’ange étrange et Marie McDo
Titre : L’ange étrange et Marie McDo
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 2010
Editeur : Fayard
Première page de L’ange étrange et Marie McDo
« Abel n’aurait su dire si le gamin à croupetons à l’extrémité de la grume, au sommet du tas, se trouvait déjà là quand il s’était arrêté sur le petit espace de stationnement qui s’inclinait vers le fossé, à la sortie du dernier virage.
Probablement pas.
Il l’aurait remarqué.
Mais il ne l’avait pas davantage vu grimper sur son perchoir. Tout à coup, le gamin s’était trouvé là, piqué sur la plus haute extrémité du tas de troncs, au pied du talus. À ne rien faire d’autre, juste perché. Du fait de la position en contrebas du tas de grumes, il se trouvait à peine plus haut que le niveau de la route, comme une espèce de sauterelle verte à longues pattes repliées, regardant passer les voitures. »
Extrait de : P. Pelot. « L’ange étrange et Marie McDo. »
Kid Jésus par Pierre Pelot

Fiche de Kid Jésus
Titre : Kid Jésus
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1980
Editeur : J’ai lu
Première page de Kid Jésus
« Kid se redressa, les reins douloureux. Il souffla lentement, longuement ; un gros nuage de condensation filtra entre les mailles lâches de son vieux passe-montagne. La laine de la cagoule déformée était blanchie, durcie par le gel au niveau de la bouche. Kid tira sur le passe-montagne pour en agrandir l’ouverture et découvrir son visage. La sueur qui coulait sur sa peau fraîchit immédiatement ; il l’essuya avec son gant, effaçant du même coup les cristaux de glace qui s’étaient formés dans les poils roux de sa moustache, sous les narines, et dans sa barbe. Il soupira.
Cela faisait une bonne heure, sinon plus, que Kid-le-maigrichon (ou encore Kid-le-coup-de-vent, comme certains fouilleurs de l’équipe le surnommaient parfois) se bagarrait avec ce bloc de béton gelé, au milieu du carré de ruines délimité par quatre pieux de fer entre lesquels se balançait une ficelle roidie. »
Extrait de : P. Pelot. « Kid Jésus. »
Je suis la brume par Pierre Suragne

Fiche de Je suis la brume
Titre : Je suis la brume
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de Je suis la brume
« C’était relativement tôt dans le matin, mais le soleil cognait déjà comme un damné. Sous la bâche de la camionnette, cela prenait des allures de fournaise, et tout un tas d’odeurs s’y mélangeaient hardiment. Sueur, vieux tabac, cuir moisi et chaud, odeur de papiers poussiéreux… cent autres encore.
Cette atmosphère étouffante réveilla Deddie Dull.
D’abord, il grogna. Se racla la gorge et tenta de cracher. Ensommeillé, un maigre jet plutôt boueux et sec fusa, malhabile, entre ses lèvres et retomba sur son menton hérissé de barbe blonde. Deddie Dull grogna encore, essuya les dégâts d’un revers de main mou. »
Extrait de : P. Suragne. « Je suis la brume. »
Fou dans la tête de Nazi Jones… par Pierre Pelot

Fiche de Fou dans la tête de Nazi Jones…
Titre : Fou dans la tête de Nazi Jones…
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de Fou dans la tête de Nazi Jones…
« Il n’oublierait jamais les jours verts de son enfance en Guyane. Plus il avançait en âge et plus il se souvenait avec acuité d’une profusion de détails concernant cette époque de sa vie. Le phénomène obéissait sans doute à un mécanisme psychologique compensateur qui lui accordait de temps à autre une sorte de récréation, un repos. Alors, le poids du passé, que traduisait le présent, s’allégeait un peu. Sa mémoire gentille lui faisait des cadeaux.
Ses parents étaient français. Son père un ingénieur de la société de recherches aérospatiale M.O.U.C. basée à Touqué, à une cinquantaine de kilomètres en aval de l’embouchure deltaïque du Dyapok, sur la frontière du Nord-Est brésilien. »
Extrait de : P. Pelot. « Fou dans la tête de Nazi Jones. »