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Les îles dans le ciel par Sylvie Denis

Fiche de Les îles dans le ciel

Titre : Les îles dans le ciel
Auteur : Sylvie Denis
Date de parution : 2008
Editeur : Mango

Première page de Les îles dans le ciel

« C’est au XXe siècle que les astronomes et les astrophysiciens eurent pour la première fois la preuve que des planètes tournaient autour d’un grand nombre d’étoiles de notre galaxie. Mais l’univers est immense et, faute d’un moyen de transport suffisamment rapide, l’humanité ne pouvait qu’observer ces exoplanètes. Cela dura jusqu’au XXVIe siècle.

Abako Utaki découvrit alors la dimension parallèle qui porte son nom. Pourvus de propulseurs spéciaux, les vaisseaux purent atteindre les étoiles. L’exploration de la galaxie commença. Ces voyages lointains n’étaient cependant pas sans danger. Des ordinateurs extrêmement puissants exécutaient les calculs qui permettaient aux capitaines des vaisseaux d’atteindre leur destination, mais la nature même de cet espace nouveau les rendait difficiles et aléatoires. Parfois, sans qu’on sache pourquoi, un vaisseau ne ressortait pas à l’endroit initialement prévu. »

Extrait de : S. Denis. « Les Îles dans le ciel. »

L’aventure de la cité ultime par Sylvie Denis

Fiche de L’aventure de la cité ultime

Titre : L’aventure de la cité ultime
Auteur : Sylvie Denis
Date de parution : 2012
Editeur : Bélial

Première page de L’aventure de la cité ultime

« Même sans consulter mes notes, je me souviens de cet hiver-là. À la mi-janvier, un froid sibérien s’installa sur Londres avec, semblait-il, l’intention de persister jusqu’à ce qu’ours polaires et loups des steppes viennent prendre leurs quartiers dans nos parcs. N’exerçant pas encore, je restais au coin du feu et me réjouissais de ne pas avoir à suivre Sherlock Holmes dans les rues polies par le verglas et récurées par le vent.

Pensée que je ne tardai pas à regretter.

Depuis deux semaines, Holmes installait chaque matin sa longue silhouette dans son fauteuil, devant la table du petit déjeuner, avalait une bouchée d’œufs au bacon et deux gorgées de café, puis lisait les journaux et les jetait loin de lui avec un soupir exaspéré. »

Extrait de : S. Denis. « L’Aventure de la cité ultime. »

L’assassinat de la maison du peuple par S. Denis

Fiche de L’assassinat de la maison du peuple

Titre : L’assassinat de la maison du peuple
Auteur : Sylvie Denis
Date de parution : 1999
Editeur : ActuSF

Première page de L’assassinat de la maison du peuple

« J’ai un lézard d’argent qui remue la queue lorsqu’on frappe à la porte sur mon bureau.

Je n’attendais pourtant personne ce matin-là : aucun de mes clients n’avait rendez-vous et le facteur était déjà passé. J’ai donc été contraint de descendre deux étages pour aller ouvrir moi-même.

Debout sur le seuil, le coursier en uniforme a tiré le pli spécial de sa sacoche en cuir et me l’a remis sans un mot. J’ai signé son registre et il est parti pendant que je fixais, abasourdi, le timbre à l’effigie de Napoléon IV et le tampon de la Poste Impériale. Puis ma gorge s’est serrée et mon cœur a commencé à battre plus fort dans ma poitrine. J’ai voulu rappeler l’homme, lui demander qui lui avait confié la missive, mais sa veste vert sombre avait déjà disparu dans la foule, parmi les robes des ménagères que les trottoirs roulants emportaient vers les galeries couvertes. »

Extrait de : S. Denis. « L’Assassinat de la Maison du Peuple. »

Haute-école par Sylvie Denis

Fiche de Haute-école

Titre : Haute-école
Auteur : Sylvie Denis
Date de parution : 2004
Editeur : L’Atalante

Première page de Haute-école

« Hérus Tork avait toujours attendu la mort de Mérot l’Ancien.

Cela datait du jour même de son arrivée à la Haute-École. Le directeur était venu jeter un coup d’œil aux nouveaux, envoyés par leurs parents à peine célébré leur sixième anniversaire. Levé à l’aube, il s’était lavé à l’eau froide et avait avalé un petit-déjeuner loin d’être succulent, mais copieux. Puis il s’était mis en rang avec une douzaine de nouvelles recrues dans une des innombrables cours des multiples bâtiments qui jouxtaient le château. Ses futurs compagnons étaient des fils d’apothicaires et de maçons, de bouchers et de cultivateurs. Pas de filles. Les filles fréquentaient une autre école, celle de Sopok, sur les rives de la mer d’Avole, dans le Premier Quadrant.

Mérot était un homme de haute taille, aussi musclé et large d’épaules que certains Chasseurs. Ayant effectué plusieurs allers- retours devant les gamins, il s’arrêta devant Hérus Tork et demanda au Chasseur qui s’occupait d’eux depuis leur arrivée où il avait trouvé cet avorton. »

Extrait de : S. Denis. « Haute-Ecole. »

Dedans, dehors par Sylvie Denis

Fiche de Dedans, dehors

Titre : Dedans, dehors
Auteur : Sylvie Denis
Date de parution : 1999
Editeur : Editions Armada

Première page de Dedans, dehors

« Nous, Hommes Libres et Singuliers, déclarons que l’homme peut vivre libre et responsable dans une communauté auto-organisée, sans hiérarchie et sans État.

Nous pensons que le but de toute organisation socio-économique est de servir l’homme, pas de se servir elle-même ou ceux qui l’ont créée. Nous pensons que la communauté ne doit pas aliéner l’individu, que l’individu ne doit pas mettre en danger la communauté. Nous disons que la communauté doit servir l’individu doit servir la communauté doit servir l’individu.

Nous, Hommes Libres et Singuliers, nous engageons à ne jamais utiliser les découvertes de la génétique et des biotechnologies pour créer un modèle d’être humain prétendument unique, définitif et parfait.

Nous, Hommes Libres et Singuliers, nous engageons à ne pas confondre description et prescription, observation et injonction. »

Extrait de : S. Denis. « Dedans, dehors. »

L’empire du sommeil par Sylvie Denis

Fiche de L’empire du sommeil

Titre : L’empire du sommeil (Tome 2 sur 2 – La saison des singes)
Auteur : Sylvie Denis
Date de parution : 2012
Editeur : L’Atalante

Première page de L’empire du sommeil

« Au commencement, rien n’était écrit.
Rien n’allait de soi.
Personne ne savait – car il n’y avait ni personnes ni savoir – qu’une espèce de singes accéderait à la conscience, encore moins qu’elle développerait suffisamment d’intelligence pour maîtriser son environnement.
Qui aurait pu prévoir que ces bestioles-là, entre toutes, survivraient aux maladies, au froid, à la sécheresse, à la faim, aux prédateurs ?
Parce que les animaux, dans notre univers, ça va ça vient. Ça apparaît et ça disparaît en masse. Ça se reproduit, ça mange tout ce que ça trouve jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien. Ça veut vivre et ça ne sait pas. Ça fait, logique, bêtise sur bêtise. Ça ne sait pas, mais ça veut comprendre, alors ça invente. Et ça invente encore et encore. Et ça croit à ce que ça a inventé.
Car au commencement il n’y avait rien.
Rien n’allait de soi. Rien n’était donné à personne. »

Extrait de : S. Denis. « L’Empire du sommeil – La saison des singes. »

La saison des singes par Sylvie Denis

Fiche de La saison des singes

Titre : La saison des singes (Tome 1 sur 2 – La saison des singes)
Auteur : Sylvie Denis
Date de parution : 2007
Editeur : L’Atalante

Première page de La saison des singes

« Dans cet espace-temps, il y a…
Des étoiles et des singes.
Des singes et des étoiles.
Par milliards.

Les étoiles soumises aux lois de la physique se sont rassemblées en galaxie spirale. Obéissant à celles de l’évolution, un unique phylum de singes a accédé à la conscience. Et après des milliers d’années de tâtonnements, d’erreurs et d’errances, la civilisation des singes conscients et connaissants, scientifiques et techniques, bâtisseurs et artistes a englouti leur planète, s’est étendue à leur système et l’a quitté.

Il y a quelques centaines d’années, ils ont enfin vu de leurs propres yeux que leur système solaire n’est qu’un parmi d’autres. Ils ont vraiment compris que la Galaxie n’est qu’une spirale commune appartenant à un petit groupe, lui-même insignifiant au sein de l’amas local, qui n’est franchement qu’une chiure d’acarien perdue dans le super-amas.

Les singes ont étudié et compris le fonctionnement du vivant. Ils ont rédigé la Charte des hommes libres et singuliers. Certains se sont modifiés, comme ils disent. Mieux : ils ont mis les modifications à ­disposition des signataires de la Charte. Qui les ont adoptées. Ou pas. »

Extrait de : S. Denis. « La Saison des singes – La saison des singes. »

Villa Rosalie par Mélanie Fazi

Fiche de Villa Rosalie

Titre : Villa Rosalie
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2006
Editeur : Bragelonne

Première page de Villa Rosalie

« Près de la porte, le nom de la maison s’affiche en lettres de fer forgé, « Villa Rosalie », comme un badge épinglé au revers d’une veste. Derrière, le blanc du crépi commence à s’encrasser.

Au moment d’entrer, je me raidis toujours en imaginant les regards braqués dans mon dos. Il suffit de se dire « Surtout, n’ayons pas l’air suspect » pour sentir ses épaules se voûter, ses doigts trembler, comme un cambrioleur à la manque. J’ai remonté l’allée avec une nonchalance calculée qui cache mal ma nervosité. Je commence à m’y habituer, mais je m’étonne toujours, à chaque nouvelle visite, de n’entendre aucun voisin m’interpeller.

On doit me connaître de vue comme le type qui vient tondre la pelouse chez la vieille Clémen­tine, parfois faire de menus travaux.  »

Extrait de : M. Fazi. « Villa Rosalie.  »

Serpentine par Mélanie Fazi

Fiche de Serpentine

Titre : Serpentine
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2004
Editeur : Gallimard

Sommaire de Serpentine

  • Serpentine
  • Elégie
  • Nous reprendre à la route
  • Rêves de cendre
  • Matilda
  • Mémoires des herbes aromatiques
  • Petit théâtre de rame
  • Le faiseur de pluie
  • Le passeur
  • Ghost town blues

Première page de Serpentine

« La boutique ne paie pas de mine, coincée entre une épicerie ouverte la nuit et un troquet mal éclairé. Elle ressemble en tout point à celle de l’homme qui m’envoie ici, celle où Imène m’avait conduit en premier lieu. Rien ne transparaît de l’extérieur : on a placardé sur les vitres des motifs par dizaines, moins pour attirer le client que pour masquer l’autre côté, comme une boîte hermétiquement close dont rien ne filtre. On y accède par une volée de marches, une fois poussée la porte qui ne s’ouvre qu’au deuxième coup d’épaule. Au-dessus, une pancarte annonce la couleur :

SERPENTINE
TATOUAGES & PIERCINGS

Lettres souples et tout en courbes autour desquelles se tortillent vipères et cobras, sous l’œil d’une salamandre tapie dans un coin. Deux serpents s’enroulent nonchalamment autour du S et du T majuscules. »

Extrait de : M. Fazi. « Serpentine. »

Nous qui n’existons pas par Mélanie Fazi

Fiche de Nous qui n’existons pas

Titre : Nous qui n’existons pas
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2018
Editeur : Dystopia

Première page de Nous qui n’existons pas

« Est arrivé un jour où la fiction n’a pas suffi. Un jour où les mots trop longtemps contenus ont demandé à sortir nus, sans filtre, sans que je ne déguise ma voix derrière celle d’un narrateur. Un samedi matin, au réveil, quatre pages se sont écrites d’une traite, nourries d’années de réflexion, de tâtonnements, de quête d’identité. Ce jour-là, l’étrangeté autour de laquelle je me suis construite a enfin trouvé des mots simples pour se dire.

Je ne cherche pas à affirmer qu’il y aurait une vérité plus grande dans un récit vécu que dans un texte de fiction ; depuis la fin de l’adolescence, mon langage est celui des histoires, et des nouvelles fantastiques en particulier, car c’est ainsi que je sais le mieux parler du monde. J’ai pour les genres en général, et surtout pour le fantastique, un grand amour et un profond respect. J’aime leurs multiples niveaux de lecture, leur richesse métaphorique, j’aime la façon dont ils permettent de traduire des réalités complexes par des images fortes ou poétiques là où les mots se dérobent parfois. »

Extrait de : M. Fazi. « Nous qui n’existons pas. »