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Notre Dame aux écailles par Mélanie Fazi

Fiche de Notre Dame aux écailles

Titre : Notre Dame aux écailles
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2008
Editeur : Bragelonne

Sommaire de Notre Dame aux écailles

  • La cité travestie
  • En forme de dragon
  • Langage de la peau
  • Le train de nuit
  • Les cinq soirs du lion
  • La danse au bord du fleuve
  • Villa Rosalie
  • Le noeud cajun
  • Notre-Dame aux écailles
  • Mardi gras
  • Noces d’écume
  • Fantômes d’épingles

Première page de La cité travestie

« La cité travestie ne dort jamais. Ses insomnies sont contagieuses.
Depuis six mois, je hante ses rues. Ils sont des centaines à me croiser chaque jour pour m’oublier aussitôt. Avec mon sac en bandoulière et mes habits quelconques, on doit me croire touriste ou étudiant. Eux ne me voient pas, mais il en est d’autres qui guettent. Parfois, aux abords des canaux, je jurerais entendre le clapotis m’appeler par mon nom.
Giordano Salvaggio, murmurent les eaux. Ne nous oublie pas, Giordano.
Je suis un braconnier d’un genre un peu spécial, et Venise est mon terrain de chasse. Six mois, c’est assez pour nouer avec une ville un rapport plus qu’intime. Il suffit parfois de peu pour changer un regard : tirez sur un fil et la tapisserie entière se délite entre vos doigts. Mais une cité mise à nu, ce n’est jamais beau à voir. »

Extrait de : M. Fazi. « Notre-Dame-aux-Ecailles. »

Noces d’écume par Mélanie Fazi

Fiche de Noces d’écume

Titre : Noces d’écume
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2008
Editeur : Bragelonne

Première page de Noces d’écume

« Ils étaient partis pêcher tous les quatre. À leur retour, Valentin avait refusé de me dire ce qu’ils avaient tiré de la mer.

Son expression hagarde, ce soir-là… Posé au bord du lit comme un tas de chiffons jeté là, négligemment. Épaules rentrées, dos voûté. Bras ballants à ses côtés comme s’il ne savait qu’en faire. Et le regard perdu entre ici et la fenêtre, ou plus loin encore. Tourné vers l’océan qu’il n’avait quitté que depuis quelques heures.

La nuit tombait dehors, chargée du bruit des vagues. Un silence épais, alourdi de cet écho, étouffait notre chambre. Ma voix s’y frayait un chemin hési­tant.

— Il s’est passé quelque chose, Valentin ?

Un accident peut-être ? C’était la première question qui m’avait traversé l’esprit en lui voyant cet air sonné quand il avait passé la porte. À se demander par quel miracle il avait regagné la maison. »

Extrait de : M. Fazi. « Noces d’écume. »

Miroir de porcelaine par Mélanie Fazi

Fiche de Miroir de porcelaine

Titre : Miroir de porcelaine
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2009
Editeur : ActuSF

Première page de Miroir de porcelaine

« D’abord ouvrir les yeux. Mes paupières pèsent une tonne. Chercher une raison de me réveiller pleinement. Et la chercher longtemps.
Plus tard, assise au bord du matelas. En équilibre entre vertige et nausée. Tout mon corps proteste. Résister contre la voix du lit qui m’appelle à l’oubli.
C’est la soif qui me pousse à me lever. Tout étonnée de savoir encore poser un pied devant l’autre. J’ai dormi trop longtemps. Ma gorge desséchée réclame à boire.
Salle de bains. Le carrelage est glacial. Penchée sur le lavabo, j’avale l’eau à grandes goulées jusqu’à manquer m’étrangler. Ça ne suffit jamais. Derrière la soif, une autre tension me serre la gorge. »

Extrait de : M. Fazi. « Miroir de porcelaine. »

Matilda par Mélanie Fazi

Fiche de Matilda

Titre : Matilda
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2001
Editeur : Bragelonne

Première page de Matilda

« C’est une sensation unique de me retrouver ici, juste devant la scène, à regarder tout ce matériel installé sous mes yeux, les amplis, les instruments, les câbles qui grouillent comme un nid d’asticots, et de me dire : dans moins d’une demi-heure, Matilda se tiendra face à moi.

Je n’étais encore jamais venue au Manoir, mais je m’attendais à plus grand. C’est beaucoup mieux comme ça : je préfère les petites salles intimes. Surtout pour Matilda. Ce sera parfait ici, ambiance cabaret garantie, avec ces rideaux, ces tables rondes alignées au fond de la salle, et surtout l’absence de barrière devant la scène. »

Extrait de : M. Fazi. « Matilda. »

Mardi gras par Mélanie Fazi

Fiche de Mardi gras

Titre : Mardi gras
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2008
Editeur : Bragelonne

Première page de Mardi gras

« Une chanson me tourne dans la tête depuis mon retour : America, de Simon & Garfunkel. « Michigan seems like a dream to me now… » Mais c’est la Louisiane qui me fait l’effet d’un rêve.

Éblouissement des premières heures : l’euphorie d’arpenter ces rues dont j’ai absorbé le nom malgré moi dans les livres. La Nouvelle-Orléans, je l’avais recréée à ma façon, cité mythique et hors du temps. Depuis mon arrivée, j’emmagasinais images et sensa­tions en cherchant à démêler le réel du cliché. Pas facile quand on a tant rêvé d’un lieu. »

Extrait de : M. Fazi. « Mardi gras. »

Le jardin des silences par Mélanie Fazi

Fiche de Le jardin des silences

Titre : Le jardin des silences
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2014
Editeur : Bragelonne

Sommaire de Le jardin des silences

  • Swan le bien nommé
  • L’arbre et les corneilles
  • Miroir de porcelaine
  • L’autre route
  • Les soeurs de la Tarasque
  • Le pollen de minuit
  • L’été dans la vallée
  • Le jardin des silences
  • Née du givre
  • Dragon caché
  • Un bal d’hiver
  • Trois renards

Première page de Swan le bien nommé

« Petite, les visites du Ferme-l’Œil m’intimidaient. Perché au bord de mon lit ou sur ma table de chevet, il racontait des histoires aussi prenantes que dérangeantes ou m’entraînait dans des promenades dont je ne savais ensuite si je les avais rêvées. Il les avait peut-être simplement semées dans ma tête en agitant son grand parapluie couvert d’images mouvantes. Au matin, il m’en restait des impressions tenaces. Des visions oniriques, des jeux de langage, des récits où princes et princesses triomphaient d’épreuves insensées.

Ses histoires étaient parfois cruelles. J’ai appris depuis que la vie sait l’être aussi.

Maintenant que les doigts me brûlent et que le silence me blesse la gorge, Ole Ferme-l’Œil est mon seul allié. Quand le monde bascule, c’est si rassurant de pouvoir compter sur quelqu’un qui pratique la logique des rêves et des contes.

Même sans son avertissement, j’aurais fini par quitter la maison. La tension devenait pesante. Quelque chose s’était cassé entre Papa et nous le jour où Marie-Anne s’était installée sous notre toit, prenant la place d’une mère dont nous n’avions pas fini d’apprivoiser l’absence. »

Extrait de : M. Fazi. « Le Jardin des silences. »

Fantômes d’épingles par Mélanie Fazi

Fiche de Fantômes d’épingles

Titre : Fantômes d’épingles
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2008
Editeur : Bragelonne

Première page de Fantômes d’épingles

« Ma mère au téléphone, tout à l’heure. Une ten­sion palpable dès ses premiers mots. L’annonce est tombée très vite pour écourter une attente déjà pénible. Je n’ai pas compris tout de suite ce qu’elle me disait. Le sens, ça oui, mais pas les implications. Trop énormes à digérer d’un coup.

— Mathias est mort.

Je m’attendais à tout sauf à ça. Je n’avais pas pensé à lui depuis longtemps.

Ma mère m’annonçait la nouvelle avec une vibra­tion dans la voix, et moi, je ne savais que répondre. Lèvres scellées, cerveau tournant à vide. L’instant d’avant, je la sentais réticente à parler : tant qu’elle retenait ses mots, ça ne s’était pas encore produit. Ailleurs sans doute, mais pas dans ma bulle. On n’aime jamais prononcer les paroles qui changent la face du monde. »

Extrait de : M. Fazi. « Fantômes d’épingles. »

Arlis des forains par Mélanie Fazi

Fiche de Arlis des forains

Titre : Arlis des forains
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2004
Editeur : Gallimard

Première page de Arlis des forains

« Quand les forains débarquaient en ville, il y avait toujours des gamins de mon âge pour venir traîner autour des caravanes. Le plus souvent, ils se tenaient à l’écart sans oser s’en approcher, comme s’ils craignaient qu’elles soient gardées par des bêtes sauvages. Ou parce que les forains, forcément, devaient être des gens bizarres. Pensez donc, ils n’avaient même pas de toit fixe ! Alors les gamins observaient notre petit manège et s’amusaient à deviner quelles seraient les attractions. Pour l’instant, tout restait possible : on pouvait se prendre à espérer monts et merveilles, de quoi occuper ces après-midi d’été interminables. Mais bientôt la fête serait installée, prête à les accueillir, forcément moins fabuleuse que celle dont ils avaient rêvé. L’arrivée des forains suscitait toujours une excitation unique, car c’était le moment où tout restait à faire. »

Extrait de : M. Fazi. « Arlis des forains. »

Suicide par imprudence par Yves et Ada Rémy

Fiche de Suicide par imprudence

Titre : Suicide par imprudence
Auteur : Yves et Ada Rémy
Date de parution : 1968
Editeur : Dystopia

Première page de Suicide par imprudence

« Le sergent von Nassau, des dragons de Lauterbronn, reçut l’ordre de se rendre à Marienbourg. Il glissa son billet de mission dans son gilet, salua sans un mot. Longtemps encore on eut le claquement de ses bottes noires dans les immenses couloirs dallés. Ayant rejoint ses quartiers, il fit ses préparatifs et mit la dernière main au harnachement de son cheval. Les instructions qu’il devait communiquer à la garnison de Marienbourg étaient gravées dans sa mémoire.

Il prit congé des sous-officiers de sa compagnie. La plupart furent graves, ne pensant guère le revoir. Ainsi va la vie, un jour ou l’autre notre destin balance – l’un rencontre un boulet de canon, l’autre est stupéfié par la fièvre putride, le troisième fixe son dos dans la mire d’un rebelle, et Nassau recevait l’ordre de rallier Marienbourg. »

Extrait de : Y. et A. Rémy. « Suicide par imprudence. »

Les soldats de la mer par Yves et Ada Rémy

Fiche de Les soldats de la mer

Titre : Les soldats de la mer
Auteur : Yves et Ada Rémy
Date de parution : 1968
Editeur : Pocket

Sommaire de Les soldats de la mer

  • Suicide par imprudence
  • Celui qui se faisait appeler Schaeffer
  • Mort pitoyable d’un oupire
  • Mon lieutenant, ne prendrez-vous jamais vos quartiers d’hiver ?
  • Enfants perdus, perdus
  • La maison aux engoulevents
  • Les soldats de plomb de Niccolo Pasani
  • Verso d’ailleurs
  • Les artilleurs de Cat-valley
  • Olga mensonge
  • Les rogandins d’Argos
  • Le joueur de dames
  • Les dogues de Tchangoon
  • Chut ! Mon lieutenant
  • Dévouement posthume de Charles Tör
  • La seconde carrière du général Des fosses
  • Fondation

Première page de Suicide par imprudence

« LE sergent von Nassau, des dragons de Lauterbronn, reçut l’ordre de se rendre à Marienbourg. Il glissa son billet de mission dans son gilet, salua sans un mot. Longtemps encore on eut le claquement de ses bottes noires dans les immenses couloirs dallés. Ayant rejoint ses quartiers, il fit ses préparatifs et mit la dernière main au harnachement de son cheval. Les instructions qu’il devait communiquer à la garnison de Marienbourg étaient gravées dans sa mémoire.

Il prit congé des sous-officiers de sa compagnie. La plupart furent graves, ne pensant guère le revoir. Ainsi va la vie, un jour ou l’autre notre destin balance – l’un rencontre un boulet de canon, l’autre est stupéfié par la fièvre putride, le troisième fixe son dos dans la mire d’un rebelle, et Nassau recevait l’ordre de rallier Marienbourg. »

Extrait de : Y. et A. Rémy. « Les soldats de la mer. »