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Le prophète et le vizir par Yves et Ada Rémy

Fiche de Le prophète et le vizir

Titre : Le prophète et le vizir
Auteur : Yves et Ada Rémy
Date de parution : 2012
Editeur : Dystopia

Sommaire de Le prophète et le vizir

  • L’ensemenceur
  • Les huit enfants du vizir Fares Ibn Meïmoun

Première page de L’ensemenceur

« En ces temps-là, Allah, le Bienfaiteur miséricordieux, accordait à ceux que la nature avait accablé d’infirmités et dont les facultés semblaient avoir été plus ou moins ébréchées, le plus subtil des dons, celui de la voyance.

Du golfe Persique à la mer Rouge, des côtes de l’Arabie Heureuse à celles de la Méditerranée, les hommes étaient persuadés que c’était le Très-Haut qui parlait par leur bouche lorsqu’il prenait fantaisie à ces êtres déshérités de marmonner une menace, un avertissement ou de donner un conseil.

Aussi était-il entendu qu’il y avait quelque raison d’obéir sans discuter à tous ces malheureux, pour peu qu’ils fussent goitreux, phocomèles, pieds-bots, androgynes ou affligés d’une quelconque monstruosité.

Le monde sous le Croissant était plein de ces histoires édifiantes qu’on se racontait le soir, autour des feux de bouses de chameau. »

Extrait de : Y. et A. Rémy. « Le Prophète et le Vizir. »

Le mont 84 par Yves et Ada Rémy

Fiche de Le mont 84

Titre : Le mont 84
Auteur : Yves et Ada Rémy
Date de parution : 2015
Editeur : Dystopia

Première page de Le mont 84

« On ne sait rien de cet enfant, sinon qu’il était caché parmi le fouillis de fougères, d’icaquiers et d’épines noires, dans le ravin qui borde la Rampe-Sisyphe taillée dans l’âpre flanc du mont Argos. Ses sentiments, ses mobiles restent ignorés, les circonstances qui le conduisirent à son geste sont inconnues.
Il est certain qu’il entendit d’abord le bruit d’un moteur. En se redressant légèrement, il dut regarder passer au-dessus de lui, lent, lourd de menaces, le véhicule à six roues. Assis sur les bancs du plateau arrière, les quatre gardes aux profils glacés et rigides tenaient les canons courts de leurs pistolets-mitrailleurs d’assaut dressés à la hauteur de leurs casquettes grises. Comme la voiture disparaissait dans le lacet suivant, il put entendre le bruit déplorable des chaussures traînées, des cliquetis et des heurts métalliques qui approchaient. »

Extrait de : Y. et A. Rémy. « Le Mont 84. »

La maison du cygne par Yves et Ada Rémy

Fiche de La maison du cygne

Titre : La maison du cygne
Auteur : Yves et Ada Rémy
Date de parution : 1978
Editeur : Pocket

Première page de La maison du cygne

« Le cygne règne sur les eaux à tous les titres qui fondent un empire de paix : la grandeur, la majesté, la douceur. Avec des puissances, des forces, du courage et la volonté de n’en pas abuser et de ne les employer que pour sa défense, il sait combattre et vaincre sans jamais attaquer.
Roi paisible des oiseaux d’eau il brave les tyrans de l’air ; il attend l’aigle sans le provoquer, sans le craindre ; il repousse ses assauts en opposant à ses armes la résistance de ses plumes et les coups précipités d’une aile vigoureuse qui lui sert d’égide et souvent la victoire couronne ses efforts. Au reste il n’a que ce fier ennemi ; tous les autres oiseaux de guerre le respectent et il est en paix avec toute la nature ; il vit en ami plutôt qu’en roi au milieu des nombreuses peuplades des oiseaux aquatiques qui toutes semblent se ranger sous sa loi ; il n’est que le chef, le premier habitant d’une république tranquille, où les citoyens n’ont rien à craindre d’un maître qui ne demande qu’autant qu’il leur accorde, et ne veut que calme et liberté. »

Extrait de : Y. et A. Rémy. « La maison du cygne. »

Pour une poignée de nanars par M. Pagel

Fiche de Pour une poignée de nanars

Titre : Pour une poignée de nanars
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 2018
Editeur : Les moutons électriques

Première page de Pour une poignée de nanars

« Non, les nanars n’ont rien à voir avec les anars. D’après d’éminents spécialistes, le mot viendrait du redoublement de la deuxième syllabe du mot argotique panard, issu de panet : chiffon, loque. Nanar désignait une vieillerie sans valeur. L’origine du mot n’a toutefois que peu d’importance : aujourd’hui, pour tous les cinéphiles, un nanar, c’est un mauvais film.
Pour tous ? Non : pas pour Michel Pagel. Dans cet ouvrage, il se fend de chroniques inénarrables, tirées de la défunte liste de diffusion nanar, et ayant pour ambition de donner envie de voir des films dont pas un n’a été critiqué dans Télérama. Ces chroniques ont été retravaillées en profondeur pour les rendre lisibles à qui n’a pas eu la chance de les recevoir à l’époque dans sa boîte aux lettres, tout en conservant leur principale qualité : la spontanéité. »

Extrait de : M. Pagel. « Pour une poignée de nanars. »

Pour une poignée d’Helix Pomatias par M. Pagel

Fiche de Pour une poignée d’Helix Pomatias

Titre : Pour une poignée d’Helix Pomatias
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de Pour une poignée d’Helix Pomatias

« Comme d’habitude, j’étais sous la douche lorsque le téléphone sonna. Je m’aspergeai vivement pour chasser le savon qui me recouvrait et reposai le pommeau au fond du bac. Quand je me redressai, mon crâne fit un bruit harmonieux contre la tablette de céramique où aurait dû se trouver ma savonnette.

Je mis le pied sur le carrelage humide de la salle de bains en me frottant vigoureusement la tête. Je me rendis alors compte que j’avais oublié de rincer le shampooing. Une brûlure désagréable envahit mes yeux et je fermai les paupières. Ce fut sans doute pour cela que je ne remarquai pas la savonnette que j’avais laissée traîner par terre. Posant le pied dessus, je partis en arrière et me retrouvai sur les fesses après avoir exécuté un splendide saut périlleux.

La journée commençait mal. »

Extrait de : M. Pagel. « Pour une poignée d’Helix Pomatias !. »

Orages en terre de France par M. Pagel

Fiche de Orages en terre de France

Titre : Orages en terre de France
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir

Première page de Orages en terre de France

« Ce matin-là, Jehan Fillioux fut éveillé à l’aube par le son du canon.
Il ouvrit les yeux dans l’obscurité de sa chambre et demeura immobile, attentif. Les explosions retentissaient sporadiquement – une par minute, peut-être, deux tout au plus –, coups de tonnerre lointains, presque hésitants, comme si les obus s’excusaient d’accomplir un travail qu’ils n’avaient pas voulu.
On se battait à la frontière, à quelques dizaines de kilomètres de là. On se battait… Non : on s’expédiait de part et d’autre ces messages de mort rituels qui, à mesure que les mois s’écoulaient, ressemblaient de plus en plus à des cartes postales. Bonjour, nous sommes encore là. Bonjour, nous aussi. »

Extrait de : M. Pagel. « Orages en terre de France. »

Les flammes de la nuit par M. Pagel

Fiche de Les flammes de la nuit

Titre : Les flammes de la nuit – l’intégrale
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 2014
Editeur : Les moutons électriques

Sommaire de Les flammes de la nuit

  • La sorcière
  • Le fou
  • Les cavaliers dorés
  • L’enchanteur

Première page de Les flammes de la nuit

« Princesse et sorcière, Rowena naquit quelques minutes après que le soleil fût devenu vert.

Dans le royaume de Fuinör, tout n’est que coutumes immuables, rituels éternellement répétés et rôles rigidement définis. Mais tout va changer : lorsque sept fées se sont penchées sur le ber­ceau pour honorer l’enfant, un présent est fait qui n’a jamais été destiné aux femmes du royaume : l’intelligence. Une femme intelligente ! Étrange et complexe cadeau de l’enchanteur, qui a décidé que les choses devaient chan­ger. Le destin de Rowena sera celui de l’insoumission, bouleversant les carcans de ce monde étrange. »

Extrait de M. Pagel. « Les Flammes de la nuit. »

Les escargots se cachent pour mourir par M. Pagel

Fiche de Les escargots se cachent pour mourir

Titre : Les escargots se cachent pour mourir
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 2003
Editeur : Bélial

Première page de Les escargots se cachent pour mourir

« Comme d’habitude, j’étais sous la douche lorsque le téléphone sonna. Je m’aspergeai vivement pour chasser le savon qui me recouvrait et reposai le pommeau au fond du bac. Quand je me redressai, mon crâne frappa avec un bruit harmonieux la tablette de céramique où aurait dû se trouver ma savonnette.

Je posai le pied sur le carrelage humide de la salle de bains en me frottant vigoureusement la tête. Je me rendis alors compte que j’avais oublié de rincer le shampooing. Une brûlure désagréable envahit mes yeux que je fermai illico. Voilà sans doute pourquoi je ne remarquai pas la savonnette tombée par terre, posai le pied dessus, partis en arrière et me retrouvai sur les fesses après avoir exécuté un splendide saut périlleux.

La journée commençait mal. »

Extrait de : M. Pagel. « Les Escargots se cachent pour mourir. »

Le Viêt-nam au futur simple par M. Pagel

Fiche de Le Viêt-nam au futur simple

Titre : Le Viêt-nam au futur simple
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le Viêt-nam au futur simple

« On en avait tellement parlé avant, sans jamais y croire vraiment, que quand c’est arrivé on a commencé par se pincer un bon coup, juste histoire de s’assurer qu’on ne donnait pas dans l’hallucination collective.

Et puis non ! C’était la vérité, crue, nette et sans bavures ; et, de toute façon, six personnes différentes n’auraient pas pu faire le même cauchemar éveillé, au même moment, avec les mêmes bruitages et les mêmes effets spéciaux, hein ? Ça aurait tenu du miracle…

Ça a commencé un vendredi soir, aux alentours du 15 juin ; je ne me rappelle plus la date exacte mais ça n’a pas grande importance. Tout ce dont je me souviens, c’est qu’il faisait une chaleur à crever et que j’avais béni toutes les divinités possibles de travailler dans une salle climatisée pendant la journée, au lieu de trimer dans un bureau – transformé pour l’occasion en étuve – comme la plupart de mes concitoyens. »

Extrait de : M. Pagel. « Le Viêt-Nam au futur simple. »

Le roi d’août par M. Pagel

Fiche de Le roi d’août

Titre : Le roi d’août
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 2002
Editeur : Flammarion

Première page de Le roi d’août

« C’était dans la forêt de Cuise, près de Compiègne, quelques jours avant l’Assomption, en l’avant-dernière année du règne de Louis VII, par la grâce de Dieu roi des Français.
Philippe, qu’on appelait aussi Dieudonné ou le Maupeigné, s’était égaré. Il avait quatorze ans.
 
Philippe ne le savait pas encore, mais la forêt était magique. Ou plutôt non : la forêt était la nature, et comme telle, elle se montrait docile à qui savait lui parler, elle refermait ses pièges sur qui les ignorait.
Lui croyait la connaître – et de fait la connaissait un peu : n’y avait-il pas maintes fois chassé avec son père ou, depuis que ce dernier n’était plus guère ingambe, avec ses oncles ? Vaste et épaisse forêt de Cuise, aux hêtres gigantesques et aux halliers enchevêtrés, qui s’assombrissait même en plein midi dès qu’on s’écartait des sentiers. Il n’en avait jamais eu peur. Il ne s’y était jamais non plus trouvé à la tombée du jour, seul, perdu, et le corps douloureux d’une chute de cheval. »

Extrait de : M. Pagel. « Le roi d’août. »