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Les escargots se cachent pour mourir par M. Pagel

Fiche de Les escargots se cachent pour mourir

Titre : Les escargots se cachent pour mourir
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 2003
Editeur : Bélial

Première page de Les escargots se cachent pour mourir

« Comme d’habitude, j’étais sous la douche lorsque le téléphone sonna. Je m’aspergeai vivement pour chasser le savon qui me recouvrait et reposai le pommeau au fond du bac. Quand je me redressai, mon crâne frappa avec un bruit harmonieux la tablette de céramique où aurait dû se trouver ma savonnette.

Je posai le pied sur le carrelage humide de la salle de bains en me frottant vigoureusement la tête. Je me rendis alors compte que j’avais oublié de rincer le shampooing. Une brûlure désagréable envahit mes yeux que je fermai illico. Voilà sans doute pourquoi je ne remarquai pas la savonnette tombée par terre, posai le pied dessus, partis en arrière et me retrouvai sur les fesses après avoir exécuté un splendide saut périlleux.

La journée commençait mal. »

Extrait de : M. Pagel. « Les Escargots se cachent pour mourir. »

Le Viêt-nam au futur simple par M. Pagel

Fiche de Le Viêt-nam au futur simple

Titre : Le Viêt-nam au futur simple
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le Viêt-nam au futur simple

« On en avait tellement parlé avant, sans jamais y croire vraiment, que quand c’est arrivé on a commencé par se pincer un bon coup, juste histoire de s’assurer qu’on ne donnait pas dans l’hallucination collective.

Et puis non ! C’était la vérité, crue, nette et sans bavures ; et, de toute façon, six personnes différentes n’auraient pas pu faire le même cauchemar éveillé, au même moment, avec les mêmes bruitages et les mêmes effets spéciaux, hein ? Ça aurait tenu du miracle…

Ça a commencé un vendredi soir, aux alentours du 15 juin ; je ne me rappelle plus la date exacte mais ça n’a pas grande importance. Tout ce dont je me souviens, c’est qu’il faisait une chaleur à crever et que j’avais béni toutes les divinités possibles de travailler dans une salle climatisée pendant la journée, au lieu de trimer dans un bureau – transformé pour l’occasion en étuve – comme la plupart de mes concitoyens. »

Extrait de : M. Pagel. « Le Viêt-Nam au futur simple. »

Le roi d’août par M. Pagel

Fiche de Le roi d’août

Titre : Le roi d’août
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 2002
Editeur : Flammarion

Première page de Le roi d’août

« C’était dans la forêt de Cuise, près de Compiègne, quelques jours avant l’Assomption, en l’avant-dernière année du règne de Louis VII, par la grâce de Dieu roi des Français.
Philippe, qu’on appelait aussi Dieudonné ou le Maupeigné, s’était égaré. Il avait quatorze ans.
 
Philippe ne le savait pas encore, mais la forêt était magique. Ou plutôt non : la forêt était la nature, et comme telle, elle se montrait docile à qui savait lui parler, elle refermait ses pièges sur qui les ignorait.
Lui croyait la connaître – et de fait la connaissait un peu : n’y avait-il pas maintes fois chassé avec son père ou, depuis que ce dernier n’était plus guère ingambe, avec ses oncles ? Vaste et épaisse forêt de Cuise, aux hêtres gigantesques et aux halliers enchevêtrés, qui s’assombrissait même en plein midi dès qu’on s’écartait des sentiers. Il n’en avait jamais eu peur. Il ne s’y était jamais non plus trouvé à la tombée du jour, seul, perdu, et le corps douloureux d’une chute de cheval. »

Extrait de : M. Pagel. « Le roi d’août. »

Le dernier des francs par M. Pagel

Fiche de Le dernier des francs

Titre : Le dernier des francs
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 2012
Editeur : Editions Critic

Première page de Le dernier des francs

« Brennus, encore trempé d’avoir franchi à la nage le fossé inondé, s’accroupit derrière un rocher et leva la tête vers le ciel bas, sans lune. Le grand dieu Taranis était avec lui puisque, après toute une journée d’une chaleur exceptionnelle en cette région, il avait suscité le vent et couvert le firmament de lourds nuages masquant les étoiles. Des éclairs de plus en plus proches, de plus en plus fréquents, griffaient la nuit, suivis d’un tonnerre roulant. Une pluie fine, héraut de l’orage, réduisait encore la visibilité et forçait les légionnaires à baisser la tête.
Tandis qu’il s’accordait un instant pour reprendre son souffle, le Gaulois contempla la forteresse juchée au sommet de la colline, où s’était réfugiée l’armée de Celtillos le Jeune, celui qu’on appelait désormais le vercingétorix, le « grand roi des guerriers », et qui s’était donné pour mission de rassembler toutes les tribus celtes, d’enrayer la conquête des Gaules par les légions romaines. »

Extrait de : M. Pagel. « Le dernier des francs. »

Le club par M. Pagel

Fiche de Le club

Titre : Le club
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 2016
Editeur : Les moutons électriques

Première page de Le club

« François, Claude, Mick, Annie et Dagobert, quatre enfants et un chien, ont autrefois formé un Club et vécu bien des aventures extraordinaires. Trente ans plus tard, le chien est mort depuis longtemps quand trois membres du Club, devenus adultes, séparés par la vie, sont invités par le quatrième à l’endroit même où ils passaient leurs vacances dans leur enfance.

Bientôt, alors que la maison est isolée par d’importantes chutes de neige, la vieille mère de Claude est assassinée… Mick est-il le responsable, comme semble le penser François ? À moins qu’un assassin se dissimule dans les environs enneigés ? »

Extrait de : M. Pagel. « Le Club. »

Le cimetière des astronefs par M. Pagel

Fiche de Le cimetière des astronefs

Titre : Le cimetière des astronefs
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le cimetière des astronefs

« J’introduis le condensateur de positrons dans l’avaleur de pièces universel. Il se met en place en cliquetant.

L’astro démarre.

Je me renverse en arrière sur mon siège et je tire une bouffée du cigare que je viens d’allumer.

Entre Betty et moi, c’est une longue histoire d’amour.

Je l’ai achetée il y a cinq ans, dans une casse minable, du côté de Rigel IV, au moment où un sagouin pédonculé s’apprêtait à la passer au désintégrateur. J’étais venu là chercher un palpeur de mirette pour la ruine qui me trimballait avant, et je furetais depuis une heure ou deux dans un véritable foutoir de carcasses explosées et de joints huileux quand je l’ai vue. »

Extrait de : M. Pagel. « Le cimetière des astronefs. »

La taverne de l’espoir par M. Pagel

Fiche de La taverne de l’espoir

Titre : La taverne de l’espoir
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de La taverne de l’espoir

« Le soleil n’était levé que depuis quelques heures et déjà la chaleur de juillet commençait de se répandre, comme un voile de fumée descendant lentement sur la terre. Sa douceur moite envahissait tout, se mêlait à un léger souffle d’air pour animer fébrilement les champs de maïs, s’insinuait par les portes et les fenêtres ouvertes, repoussait la fraîcheur des bâtiments de pierre, aux murs épais. Elle imprégnait la campagne tout entière, dévorant impitoyablement les dernières gouttes de rosée qu’avait laissées la nuit.

Allongée sur son lit, les yeux fermés, Gallys ne dormait pas. Et pourtant elle rêvait : plongée au cœur d’un de ces songes éveillés dont elle était coutumière, elle se laissait aller, vagabondant au gré de ses espoirs et de son imagination. »

Extrait de : M. Pagel. « La taverne de l’espoir. »

La sirène de l’espace par M. Pagel

Fiche de La sirène de l’espace

Titre : La sirène de l’espace
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1999
Editeur : Multivers éditions

Première page de La sirène de l’espace

« Quand Francis Briand fut déposé sur la Lune, le 19 janvier 2312, il n’avait encore jamais entendu le chant des sirènes.

Il revenait de cinq années de guerre dans les environs de Jupiter. Là-bas, sur son vaisseau, la seule sirène dont on se préoccupait était celle qui sonnait l’alerte.

Il quitta le transporteur en compagnie de ses camarades démobilisés pour monter dans la navette reliant l’astroport à Moon City. Contrairement à beaucoup – ceux que des parents attendaient avec fierté, ceux qui croyaient encore, peut-être avec raison, au prestige de l’uniforme –, il s’était déjà habillé en civil. Ses hardes kaki et leur incurable absence de galons, il les avait assez vues.

La première fois qu’il était venu ici, peu de temps après son incorporation, afin d’y embarquer sur le croiseur qu’il n’avait ensuite quasiment plus quitté, il avait été choqué par ces interminables paysages de poussière qu’aucun souffle de vent n’animait. »

Extrait de : M. Pagel. « La sirène de l’espace. »

L’équilibre des paradoxes par M. Pagel

Fiche de L’équilibre des paradoxes

Titre : L’équilibre des paradoxes
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1999
Editeur : Denoël

Première page de L’équilibre des paradoxes

« ARTICLE PARU DANS L’AURORE DU 5 DÉCEMBRE 1902

Qui est « L’Étranger » ?

Oui, qui est-il, ce mystérieux individu qui, depuis quelques semaines, cambriole les riches bourgeois de la capitale et ridiculise notre police ? Nul n’a oublié son spectaculaire premier forfait, lorsqu’il déroba en octobre dernier les bijoux de la baronne de Saint-Arnoul – et jusqu’à ceux qu’elle portait sur sa personne – durant le bal qu’elle donnait en son hôtel particulier de l’avenue Foch. On se souvient des trois cartes de visite qu’elle retrouva comme autant de railleries à son endroit : la première dans son coffre-fort, la seconde dans son sac à main, et la troisième, comble de l’audace et de l’inconvenance, au sein même de son décolleté. Trois cartes qui ne portaient que ce simple nom : « L’Étranger ». Depuis, pas une semaine ne s’est écoulée sans que l’étrange personnage fasse à nouveau parler de lui : pierreries, titres, or, bank-notes, tout lui est bon. »

Extrait de : M. Pagel. « L’équilibre des paradoxes. »

Demain matin, au chant du tueur ! par M. Pagel

Fiche de Demain matin, au chant du tueur !

Titre : Demain matin, au chant du tueur !
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Demain matin, au chant du tueur !

« Robert Lacordet extirpa en maugréant son grand corps dégingandé du sac de couchage. Pendant la nuit, l’eau était encore montée et avait atteint le niveau du quai : le duvet n’ayant pas le bon goût d’être
étanche, Lacordet baignait littéralement dans une mare de flotte nauséabonde. Il jura grossièrement : la station devenait franchement invivable. Terminus de la ligne de métro en provenance d’Auteuil, la gare d’Austerlitz avait été désaffectée aussitôt après le tremblement de terre qui avait secoué la capitale une cinquantaine d’années auparavant – pour cause d’éboulements trop importants sur les voies. Les trains de banlieue avaient été ré-aiguillés sur Jussieu où on avait bricolé une gare en prolongeant les lignes existantes. Seules restaient à Austerlitz les « grandes lignes ». Mais le quai d’où partaient les grands voyageurs était trop loin du métro – non par la distance mais par la masse de béton les séparant – pour gêner les troglodytes… »

Extrait de : M. Pagel. « Demain matin, au chant du tueur !. »