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La sirène de l’espace par M. Pagel

Fiche de La sirène de l’espace
Titre : La sirène de l’espace
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1999
Editeur : Multivers éditions
Première page de La sirène de l’espace
« Quand Francis Briand fut déposé sur la Lune, le 19 janvier 2312, il n’avait encore jamais entendu le chant des sirènes.
Il revenait de cinq années de guerre dans les environs de Jupiter. Là-bas, sur son vaisseau, la seule sirène dont on se préoccupait était celle qui sonnait l’alerte.
Il quitta le transporteur en compagnie de ses camarades démobilisés pour monter dans la navette reliant l’astroport à Moon City. Contrairement à beaucoup – ceux que des parents attendaient avec fierté, ceux qui croyaient encore, peut-être avec raison, au prestige de l’uniforme –, il s’était déjà habillé en civil. Ses hardes kaki et leur incurable absence de galons, il les avait assez vues.
La première fois qu’il était venu ici, peu de temps après son incorporation, afin d’y embarquer sur le croiseur qu’il n’avait ensuite quasiment plus quitté, il avait été choqué par ces interminables paysages de poussière qu’aucun souffle de vent n’animait. »
Extrait de : M. Pagel. « La sirène de l’espace. »
L’équilibre des paradoxes par M. Pagel

Fiche de L’équilibre des paradoxes
Titre : L’équilibre des paradoxes
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1999
Editeur : Denoël
Première page de L’équilibre des paradoxes
« ARTICLE PARU DANS L’AURORE DU 5 DÉCEMBRE 1902
Qui est « L’Étranger » ?
Oui, qui est-il, ce mystérieux individu qui, depuis quelques semaines, cambriole les riches bourgeois de la capitale et ridiculise notre police ? Nul n’a oublié son spectaculaire premier forfait, lorsqu’il déroba en octobre dernier les bijoux de la baronne de Saint-Arnoul – et jusqu’à ceux qu’elle portait sur sa personne – durant le bal qu’elle donnait en son hôtel particulier de l’avenue Foch. On se souvient des trois cartes de visite qu’elle retrouva comme autant de railleries à son endroit : la première dans son coffre-fort, la seconde dans son sac à main, et la troisième, comble de l’audace et de l’inconvenance, au sein même de son décolleté. Trois cartes qui ne portaient que ce simple nom : « L’Étranger ». Depuis, pas une semaine ne s’est écoulée sans que l’étrange personnage fasse à nouveau parler de lui : pierreries, titres, or, bank-notes, tout lui est bon. »
Extrait de : M. Pagel. « L’équilibre des paradoxes. »
Demain matin, au chant du tueur ! par M. Pagel

Fiche de Demain matin, au chant du tueur !
Titre : Demain matin, au chant du tueur !
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Demain matin, au chant du tueur !
« Robert Lacordet extirpa en maugréant son grand corps dégingandé du sac de couchage. Pendant la nuit, l’eau était encore montée et avait atteint le niveau du quai : le duvet n’ayant pas le bon goût d’être
étanche, Lacordet baignait littéralement dans une mare de flotte nauséabonde. Il jura grossièrement : la station devenait franchement invivable. Terminus de la ligne de métro en provenance d’Auteuil, la gare d’Austerlitz avait été désaffectée aussitôt après le tremblement de terre qui avait secoué la capitale une cinquantaine d’années auparavant – pour cause d’éboulements trop importants sur les voies. Les trains de banlieue avaient été ré-aiguillés sur Jussieu où on avait bricolé une gare en prolongeant les lignes existantes. Seules restaient à Austerlitz les « grandes lignes ». Mais le quai d’où partaient les grands voyageurs était trop loin du métro – non par la distance mais par la masse de béton les séparant – pour gêner les troglodytes… »
Extrait de : M. Pagel. « Demain matin, au chant du tueur !. »
Cinéterre par M. Pagel

Fiche de Cinéterre
Titre : Cinéterre
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1998
Editeur : Multivers éditions
Première page de Cinéterre
« Bon, d’accord, il allait l’avoir, son bac. Et cette année, encore, juste histoire de leur prouver qu’il en était capable.
Yann fourra les mains dans les poches de son jean. La tête basse, il se mit à remonter d’un pas rapide un boulevard Saint-Michel noir de monde. On était samedi après-midi, le premier jour des vacances de Pâques, il faisait beau, et les Parisiens, en ressortant des armoires leurs tenues printanières, paraissaient avoir retrouvé le goût de vivre au moins pour une journée.
Ils avaient bien de la chance, songea Yann. Lui, alors que toute sa bande de copains était partie le matin même vers les Pyrénées, se voyait contraint de demeurer à Paris pour réviser.
Réviser, étudier, travailler… Parfois, il lui semblait que ses parents n’avaient que ces mots-là à la bouche. »
Extrait de : M. Pagel. « Cinéterre. »
Casino perdu par M. Pagel

Fiche de Casino perdu
Titre : Casino perdu
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1998
Editeur : Fleuve noir
Première page de Casino perdu
« Au commencement était l’Achronie…
Nous le savons, malgré les recherches incessantes effectuées depuis l’Arrivée par des générations de scientifiques, aucune théorie satisfaisante n’a été formulée pour expliquer ce phénomène qui frappait les quatre planètes aujourd’hui habitées de notre système solaire. L’Achronie : l’absence totale de temps à l’échelle d’un monde – de quatre mondes –, et ce jusqu’aux limites de son atmosphère puisque l’espace, tout comme le soleil et les trois géantes gazeuses de la périphérie, vivaient au même rythme que le reste de l’univers connu.
Imaginez ce spectacle, à la fois grandiose et terrifiant : un air dépourvu de mouvement, où s’inscrivaient des arbres que rien ne venait faire bruire ni même osciller ; des animaux figés comme par l’œil de l’holimag, certains en plein bond, suspendus entre ciel et terre ; une planète qui ne tournait pas et qui, pourtant, ne tombait pas vers le soleil car, par définition, elle n’en avait pas le temps… Imaginez cela : ni la vie ni la mort, toutes choses à la fois identiques et changées, ni passé ni futur – tout juste le présent, en un instant éternel. »
Extrait de : M. Pagel. « Casino perdu. »
Panthéra contre Faustus par P.-A. Orloff

Fiche de Panthéra contre Faustus
Titre : Panthéra contre Faustus (Tome 2 sur 7 – Panthéra)
Auteur : Pierre-Alexis Orloff
Date de parution : 2011
Editeur : Les moutons électriques
Première page de Panthéra contre Faustus
« L’industriel Marcel Duchard, l’âme du groupe de satanistes ayant causé durant la Deuxième Guerre mondiale la mort des parents d’Alice de Sérigny, charge le farfadet Dorilien et le satyre Faustus de lui amener Panthéra pieds et poings liés. Tandis que le centaure Sargo, lui, se lance sur la piste de lady Dunsmore, et que l’inspecteur Carlier s’intéresse de très près aux faits et gestes du jeune Percival Arlington, notre héroïne saura-t-elle vaincre le charme redoutable de Faustus tout en résistant aux assauts de son propre démon ? »
Extrait de : P.-A. Orloff. « Panthéra contre Faustus. »
L’effroyable vengeance de Panthéra par P.-A. Orloff

Fiche de L’effroyable vengeance de Panthéra
Titre : L’effroyable vengeance de Panthéra (Tome 1 sur 7 – Panthéra)
Auteur : Pierre-Alexis Orloff
Date de parution : 2008
Editeur : Les moutons électriques
Première page de L’effroyable vengeance de Panthéra
« Qui est Panthéra ? se demande la France entière en cet automne 1963. Quelle est l’identité de cette créature tout de noir vêtue qui rôde nuitamment sur les toits ? Qui entre par effraction chez les notables ? Qui menace et qui tue ? On la sait femme, on la devine jeune, belle, on la suppose démoniaque… mais qu’en est-il vraiment ? Et si, sous ces dehors impitoyables, sanguinaires, se cachait une jeune fille sensible et bonne, contrainte de brimer sa vraie nature pour mener à bien l’effroyable mission vengeresse qu’elle s’est assignée ? De ses ennemis, de la police, de la presse ou des Faëriens venus sur Terre pour combattre les démons déchaînés par les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale, qui pourra bien répondre à toutes ces questions. »
Extrait de : P.-A. Orloff. « L’Effroyable vengeance de Panthéra. »
Imago par O. E. Butler

Fiche de Imago
Titre : Imago (Tome 3 sur 3 – Xenogenesis)
Auteur : O. E. Butler
Date de parution : 1989
Traduction : J. Shapiro
Editeur : Au diable vauvert
Première page de Imago
« J’entamai ma première métamorphose si discrètement que personne ne la remarqua. Les métamorphoses ne sont pas supposées commencer ainsi. La plupart des gens passent d’abord par de petits changements physiques évidents – la perte de doigts et d’orteils, par exemple, ou la poussée de nouveaux doigts et orteils à l’aspect différent.
J’aurais aimé que ma propre expérience soit aussi normale, aussi sûre.
Pendant plusieurs jours, je changeai sans attirer l’attention. Habituellement, les premières étapes durent des jours sans occasionner de sommeil profond, mais dans mon cas, si. Mes premiers changements furent sensoriels. Goûts, odeurs, toutes les sensations devinrent soudain complexes, déroutantes et pourtant étonnamment séduisantes.Je dus tout réapprendre. »
Extrait de : O. E. Butler. « Xenogenesis – Imago. »
L’initiation par O. E. Butler

Fiche de L’initiation
Titre : L’initiation (Tome 2 sur 3 – Xenogenesis)
Auteur : O. E. Butler
Date de parution : 1988
Traduction : J. Shapiro
Editeur : Au diable vauvert
Première page de L’initiation
« Il se souvenait d’une grande partie de son séjour dans le ventre.
C’était là qu’il avait commencé à prendre conscience des sons et des goûts. Ceux-ci ne signifiaient rien pour lui, mais il s’en souvenait. Quand ils se répétaient, il le remarquait.
Quand quelque chose l’avait touché, il avait su qu’il s’agissait d’une nouvelle chose – d’une nouvelle expérience. Le contact l’avait d’abord surpris, puis réconforté. Il avait pénétré sa chair sans lui faire de mal et l’avait calmé. Quand le contact avait cessé, il s’était senti démuni, seul pour la première fois. Quand il avait reparu, il avait été content – encore une nouvelle sensation. Après avoir subi plusieurs de ces retraits et réapparitions, il avait appris l’anticipation.
Il n’avait découvert la douleur qu’au moment de naître. »
Extrait de : O. E. Butler. « Xenogenesis – L’initiation. »
La maison des soleils par A. Reynolds

Fiche de La maison des soleils
Titre : La maison des soleils (Tome 2 sur 2 – Maison des soleils)
Auteur : A. Reynolds
Date de parution : 2008
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Bélial
Première page de La maison des soleils
« J’ai vu le jour dans une maison d’un million de pièces, bâtie sur un petit monde dépourvu d’air aux confins d’un empire de lumière et de négoce que les adultes appelaient l’Heure d’or, pour une raison qui m’échappait.
J’étais alors une fille, un individu unique du nom d’Abigail Gentian.
Durant les trente années de mon enfance, je n’ai guère vu qu’une fraction de cette vaste demeure pleine de coins et de recoins en constante évolution. Même si j’ai grandi et gagné le droit d’aller où il me plaisait, je ne pense pas en avoir exploré plus d’un centième. J’étais intimidée par les longs couloirs austères de verre miroir, les escaliers en colimaçon issus des caveaux obscurs que même les grandes personnes évitaient, les pièces et les salles réputées — même si les adultes et les domestiques n’en parlaient jamais — hantées ou du moins peu propices à davantage qu’une occupation éphémère. »
Extrait de : A. Reynolds. « La Maison des soleils. »