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Fin de ronde par S. King

Fiche de Fin de ronde
Titre : Fin de ronde (Tome 3 sur 3 – Bill Hodges)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2016
Traduction :
Editeur : Albin Michel
Première page de Fin de ronde
« C’est toujours avant l’aube qu’il fait le plus noir.Ce vieux poncif traversa l’esprit de Rob Martin alors que l’ambulance qu’il conduisait remontait lentement Marlborough Street vers leur base, la caserne de pompiers no 3. Selon lui, celui qui avait trouvé ça avait vraiment mis le doigt sur quelque chose, parce que ce matin, il faisait plus noir que dans le trou du cul d’une marmotte. Et l’aube n’était pas loin.
Pas que le jour promettrait grand-chose quand il finirait par se lever : appelez ça l’aube avec une gueule de bois. Le brouillard était épais et apportait l’odeur du Grand Lac pas si Grand que ça. Histoire de compléter le tableau, une petite bruine froide avait commencé à tomber. Rob tourna la molette des essuie-glaces de position intermittente à lente. Au-devant, deux arches jaunes reconnaissables entre mille surgirent de la purée de pois. »
Extrait de : S. King. « Fin de ronde – Bill Hodges. »
Carnets noirs par S. King

Fiche de Carnets noirs
Titre : Carnets noirs (Tome 2 sur 3 – Bill Hodges)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2015
Traduction :
Editeur : Albin Michel
Première page de Carnets noirs
« Hé, le génie, on s’réveille. »Rothstein ne voulait pas se réveiller. Son rêve était trop bien. Il y avait sa première épouse, des mois avant qu’elle devienne sa première épouse : dix-sept ans, parfaite de la tête aux pieds. Nue, corps scintillant. Nus tous les deux. Lui, dix-neuf ans, du cambouis sous les ongles, mais elle s’en balançait, du moins à l’époque, parce qu’il avait la tête pleine de rêves et que c’était ça qui comptait pour elle. Elle croyait à ces rêves bien plus que lui, et elle avait raison d’y croire. Dans ce rêve, elle riait en essayant d’attraper la partie de lui la plus facile à attraper. Il chercha à s’enfoncer plus profondément dans son rêve mais une main se mit à lui secouer l’épaule et le rêve éclata comme une bulle de savon.
Il n’avait plus dix-neuf ans et n’habitait plus un deux-pièces dans le New Jersey : il fêterait ses quatre-vingts ans dans six mois et vivait dans une ferme du New Hampshire où son testament précisait qu’il devait être enterré. »
Extrait de : S. King. « Carnets noirs – Bill Hodges. »
Mr Mercedes par S. King

Fiche de Mr Mercedes
Titre : Mr Mercedes (Tome 1 sur 3 – Bill Hodges)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2014
Traduction :
Editeur : Albin Michel
Première page de Mr Mercedes
« Augie Odenkirk avait une Datsun 1997 qui roulait encore plutôt bien malgré les bornes qu’elle affichait au compteur, mais l’essence était chère pour un homme sans emploi et le City Center se situait à l’autre bout de la ville, il opta donc pour le premier bus de nuit. Il sortit de chez lui à vingt-trois heures vingt, son sac sur le dos et son duvet roulé sous le bras. Il serait content de l’avoir à trois heures du matin. La nuit était froide et brumeuse.
« Bonne chance à vous, lui dit le chauffeur quand il descendit du bus. En arrivant le premier comme ça, vous devriez trouver quelque chose. »
Il n’était pas le premier. Quand Augie atteignit le haut de la large rue escarpée qui menait à l’auditorium, un rassemblement d’au moins vingt personnes attendait déjà devant la rangée de portes fermées. Du ruban de signalisation jaune avec la mention NE PAS FRANCHIR avait été installé, créant une zone labyrinthique complexe. Augie avait l’habitude de ce genre de couloirs, il y avait les mêmes dans les cinémas et dans le hall de la banque chez qui il était actuellement à découvert, et il en comprenait l’utilité : faire rentrer le maximum de gens dans le minimum d’espace. »
Extrait de : S. King. « Mr Mercedes – Bill Hodges. »
Questions brûlantes par M. Atwood

Fiche de Questions brûlantes
Titre : Questions brûlantes
Auteur : Margaret Atwood
Date de parution : 2022
Traduction : M. Albaret-Maatsch, O. Demange, V. Leÿs, R. Morin, I. D. Philippe
Editeur : Robert Laffont
Première page de Questions brûlantes
« Questions brûlantes est mon troisième recueil d’essais et autres textes de circonstance. Le premier, Second Words, s’ouvrait en 1960, date à laquelle j’ai commencé à publier des critiques littéraires, pour s’achever en 1982. Le deuxième, Moving Targets, regroupait des textes écrits entre 1983 et le milieu de l’année 2004. Questions brûlantes va du milieu de 2004 au milieu de 2021. Soit vingt ans, à raison d’un volume par an, à peu de chose près.
Ces périodes ont toutes été mouvementées, chacune à sa manière. Les textes de circonstance sont écrits pour des circonstances particulières et se rattachent donc étroitement au temps et au lieu qui les ont vus naître – les miens, en tout cas. Ils sont également liés à l’âge que j’avais lorsque je les ai écrits, et à la vie que je menais alors. (Avais-je un emploi ? Étais-je étudiante ? Avais-je besoin de l’argent qu’ils me rapportaient ? Étais-je déjà une autrice assez en vue pour pouvoir me consacrer à ce qui m’intéressait ? Était-ce un service que je rendais à quelqu’un qui m’avait demandé de l’aide ?) »
Extrait de : M. Atwood. « Questions brûlantes. »
Poèmes tardifs par M. Atwood

Fiche de Poèmes tardifs
Titre : Poèmes tardifs
Auteur : Margaret Atwood
Date de parution : 2020
Traduction : C. Evain, B. Doucey
Editeur : Robert Laffont
Première page de Poèmes tardifs
« Voici des poèmes tardifs.
La plupart des poèmes arrivent tard,
bien sûr : trop tard,
comme une lettre envoyée par un marin
qui arrive après qu’il s’est noyé.
Trop tard pour être utiles, de telles lettres,
et il en va de même pour les poèmes tardifs.
Ils arrivent comme apportés par l’eau.
Quoi qu’il en soit, c’est déjà fait :
la bataille, le jour ensoleillé et joyeux, la chute dans la luxure
au clair de lune, les mots d’adieu. Le poème
s’échoue sur le rivage comme une épave.
… »
Extrait de : M. Atwood. « Poèmes Tardifs. »
Oeil de chat par M. Atwood

Fiche de Oeil de chat
Titre : Oeil de chat
Auteur : Margaret Atwood
Date de parution : 1988
Traduction : H. Filion
Editeur : Robert Laffont
Première page de Oeil de chat
« Le temps n’est pas une ligne, mais une dimension ; comme les dimensions de l’espace. Si l’on peut modifier l’espace, on peut aussi modifier le temps. Et si l’on en savait suffisamment, on pourrait aller plus vite que la lumière, remonter dans le temps, et exister à deux endroits à la fois.
C’est mon frère Stephen qui m’a appris cela, à l’époque où il enfilait son chandail rouge foncé effiloché pour étudier et se tenait sur la tête afin que le sang irrigue mieux son cerveau et le nourrisse. Je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire, alors, mais peut-être ne l’expliquait-il pas très bien. Il prenait déjà ses distances par rapport à l’imprécision des mots. »
Extrait de : M. Atwood. « Oeil-de-chat. »
Neuf contes par M. Atwood

Fiche de Neuf contes
Titre : Neuf contes
Auteur : Margaret Atwood
Date de parution : 2014
Traduction : P. Dusoulier
Editeur : Robert Laffont
Sommaire de Neuf contes
- Alphinland
- Revenante
- La dame en noir
- Lusus naturae
- Le marié lyophilisé
- Je rêve de Zenia aux dents rouges et brillantes
- La main morte t’aime
- Matelas de pierre
- Les vieux au feu
Première page de Alphinland
« La pluie verglaçante tombe telles des poignées de riz scintillantes lancées sur des mariés invisibles. Partout où elle s’abat, elle se cristallise en une fine couche de glace granuleuse. À la lueur des réverbères, le spectacle est féerique, comme si la rue se parait d’argent, songe Constance. Mais c’est normal qu’elle le pense : elle est bien trop portée sur les enchantements. La beauté est une illusion, une mise en garde aussi, car la beauté a une face sombre, comme les papillons venimeux. Elle devrait penser aux dangers, aux risques, aux malheurs que cette tempête de glace va infliger à tant de gens. Qu’elle leur inflige déjà, d’après les bulletins d’information.
Sa télévision est un modèle à écran plat, haute définition, qu’Ewan avait acheté pour regarder les matchs de hockey et de football. »
Extrait de : M. Atwood. « Neuf contes. »
Mort en lisière par M. Atwood

Fiche de Mort en lisière
Titre : Mort en lisière
Auteur : Margaret Atwood
Date de parution : 1991
Traduction : F. Dupuigrenet-Desroussilles
Editeur : Robert Laffont
Première page de Mort en lisière
« Les serveuses se dorent au soleil comme une troupe d’otaries écorchées, leurs corps rose et brun tout luisants d’huile solaire. Elles ont gardé leurs maillots de bain parce que c’est l’après-midi. Aux premières lueurs de l’aube, ou bien au crépuscule, il arrive qu’elles aillent se baigner toutes nues – rester accroupis en proie à mille démangeaisons, au milieu des buissons infestés de moustiques qui se trouvent en face du ponton qui leur est réservé, devient alors infiniment plus attrayant.
C’est Donny qui tient les jumelles. Elles ne sont pas à lui mais à Monty. Le père de Monty les lui a données pour observer les oiseaux, mais Monty ne s’intéresse pas aux oiseaux. Il a découvert qu’on pouvait tirer des jumelles un meilleur profit en les louant aux autres garçons, cinq minutes maximum, pour cinq cents le coup d’œil ou alors une barre de chocolat de la cantine, bien qu’il préfère l’argent. »
Extrait de : M. Atwood. « Mort en lisière. »
Marquée au corps par M. Atwood

Fiche de Marquée au corps
Titre : Marquée au corps
Auteur : Margaret Atwood
Date de parution : 1981
Traduction : H. Filion
Editeur : Quinze
Première page de Marquée au corps
« C’est comme ça que je suis arrivée ici, dit Rennie.
C’était le lendemain du départ de Jake. Je revins à pied à la maison vers les dix-sept heures. J’étais allée au marché et je portais un cabas ainsi que mon sac à main. Il y avait moins à porter depuis le départ de Jake et c’était mieux ainsi parce que les muscles de mon épaule gauche me faisaient mal ; j’avais laissé tomber les exercices. Les arbres de la rue avaient changé de couleur, des feuilles jaunes et brunes tombaient sur le trottoir et je me disais : Bah ! tout n’est pas perdu, je suis encore en vie.
Mon voisin immédiat, un vieux Chinois dont j’ignorais le nom, nettoyait son parterre. Le mien avait été pavé de façon à y garer une voiture. »
Extrait de : M. Atwood. « Marquée au Corps. »
