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Lady Oracle par M. Atwood

Fiche de Lady Oracle
Titre : Lady Oracle
Auteur : Margaret Atwood
Date de parution : 1976
Traduction : M. Piccand
Editeur : Le livre de poche
Première page de Lady Oracle
« J’avais planifié soigneusement ma mort ; pas comme ma vie, dont les méandres défiaient mes faibles tentatives de contrôle. Ma vie avait tendance à s’éparpiller, à s’avachir, à dessiner autant de volutes et de festons qu’un cadre de miroir baroque, car je suivais la ligne de moindre résistance. Je voulais que ma mort, par contraste, soit nette et simple, sans exagération, même un peu sévère, comme une église de quakers ou la petite robe noire toute simple portée avec un seul rang de perles, si vantée par les magazines de mes quinze ans. Pas de trompettes, pas de porte-voix, pas de paillettes, pas d’inconsistances, cette fois. Le truc consistait à disparaître sans laisser d’autre trace derrière moi que l’ombre d’un cadavre, une ombre que tous prendraient pour une solide réalité. À première vue, je croyais avoir réussi. »
Extrait de : M. Atwood. « Lady Oracle. »
La voleuse d’hommes par M. Atwood

Fiche de La voleuse d’hommes
Titre : La voleuse d’hommes
Auteur : Margaret Atwood
Date de parution : 1993
Traduction : A. Rabinovitch
Editeur : Le livre de poche
Première page de La voleuse d’hommes
« L’histoire de Zenia devrait commencer au moment où elle est apparue. Sans doute en un lieu éloigné dans le temps et l’espace, pense Tony ; un lieu meurtri et tout enchevêtré. Une gravure européenne, peinte à la main, couleur ocre avec un soleil poussiéreux et beaucoup de buissons au feuillage épais, aux vieilles racines tordues, derrière lesquels, à l’abri des broussailles d’où dépasse simplement une botte ou une main inerte, se déroulerait un événement ordinaire, mais horrifiant.
Du moins est-ce l’impression que Tony a gardée. Mais tant de choses ont été effacées, tant de plaies cicatrisées, tant d’images délibérément embrouillées, qu’elle n’est plus certaine de savoir lequel des récits de Zenia correspondait à la vérité sur sa vie. »
Extrait de : M. Atwood. « La voleuse d’homme. »
La vie avant l’homme par M. Atwood

Fiche de La vie avant l’homme
Titre : La vie avant l’homme
Auteur : Margaret Atwood
Date de parution : 1979
Traduction : M. Véron
Editeur : Robert Laffont
Première page de La vie avant l’homme
« Je ne sais pas comment je devrais vivre. Je ne sais pas comment on devrait vivre. Je sais seulement comment je vis. Je vis comme un escargot privé de sa coquille. Et ce n’est pas un moyen de gagner de l’argent.
Je veux qu’on me rende ma coquille, j’ai mis assez longtemps à la fabriquer. Tu l’as emportée, où que tu sois désormais. Tu as bien su me l’ôter. Je veux une coquille comme une robe à sequins, faite de piécettes argentées et de dollars se chevauchant comme les écailles d’une armadille. L’arme à gauche. Imperméable ; comme un ciré breton.
Je voudrais bien n’avoir pas à penser à toi. Tu as voulu m’impressionner ; eh bien je ne suis pas impressionnée, seulement écœurée. C’était dégoûtant de faire cela. Et puéril. Et idiot. Comme de fracasser une poupée dans un moment de fureur, mais toi, c’est ta tête que tu as fracassée. »
Extrait de : M. Atwood. « La vie avant l’homme. »
L’odyssée de Pénélope par M. Atwood

Fiche de L’odyssée de Pénélope
Titre : L’odyssée de Pénélope
Auteur : Margaret Atwood
Date de parution : 2005
Traduction : L. Saint-Martin, P. Gagné
Editeur : Robert Laffont
Première page de L’odyssée de Pénélope
« Dans la vie, tout est question de point de vue : c’est souvent celui qui raconte l’histoire qui emporte le morceau car, en l’absence de récit contradictoire, on est bien obligé de le croire sur parole.
Et c’est ainsi que, depuis vingt-neuf siècles, un homme se taille la part du lion dans l’une des plus grandes épopées qui soient : l’Odyssée. Non qu’Ulysse, puisqu’il s’agit de lui, soit toujours le narrateur. Mais quand il l’est, égrenant par le menu la liste de ses exploits à ses hôtes ébahis, quel festival d’autocélébration ! Sa victoire sur l’horrible Polyphème, le cyclope mangeur d’hommes ? C’est grâce à sa ruse, à son génie, à sa vaillance ! La délivrance de ses compagnons changés en porcs par l’ensorceleuse Circé ? »
Extrait de : M. Atwood. « L’Odyssée de Pénélope. »
J’ai faim de toi par M. Atwood

Fiche de J’ai faim de toi
Titre : J’ai faim de toi
Auteur : Margaret Atwood
Date de parution : 2018
Traduction : P. Dusoulier
Editeur : Robert Laffont
Première page de J’ai faim de toi
« Stan ouvre le grand casier vert et y range les vêtements qu’il a portés : les shorts, les tee-shirts, les jeans, les tenues d’été. Il ne va pas les remettre avant un moment : quand il reviendra ici, la saison chaude sera probablement terminée, et il passera aux pulls en polaire. Il aura moins à s’occuper de la pelouse, ce qui est un plus. La pelouse sera quand même en piteux état… Il y a des gens qui n’ont pas le sens des pelouses. Ils les laissent se transformer en paillassons et se dessécher, et alors les fourmis jaunes s’y mettent, et ça demande un sacré boulot pour rattraper tout ça. S’il était ici tout le temps, il pourrait maintenir la pelouse en parfait état. Mais les choses étant ce qu’elles sont, il est constamment en mode réparation.Ses vêtements ont tous été lavés et soigneusement pliés. Sa femme, Charmaine, a fait la lessive en dernier, avant de prendre son scooter pour se rendre au quartier des femmes de Positron. »
Extrait de : M. Atwood. « J’ai faim de toi. »




