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Le môme Berlingot par H. J. Magog

Fiche de Le môme Berlingot
Titre : Le môme Berlingot (Tome 1 sur 2 – L’enfant des halles)
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1926
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Le môme Berlingot
« — Chienne de vie !…
Cette apostrophe mâchonnée avec colère par un miséreux, sous les pieds duquel roulaient les cailloux du petit chemin en pente, était amplement justifiée par son aspect de hère piteux, aux chaussures éculées et aux vêtements rapiécés et sales.
Ce ne pouvait être qu’un de ces vagabonds, dont les silhouettes ne retiennent pas les regards indifférents, parce qu’à force de marcher dans la poussière des routes ils ont fini par en prendre la couleur et qu’ils s’en détachent à peine.
— Chienne de vie ! répétait-il.
Et sa voix exprimait cette rancune et cette révolte, nées de la conviction d’une injustice du sort – nées aussi d’une conscience d’être supérieur à ce destin.
Sans âge – la fatigue et la saleté vieillissent – sous sa livrée de poussière, il demeurait confusément à la limite où se rejoignent la jeunesse finissante et la maturité commençante. »
Extrait de : H.J Magog. « L’Enfant des Halles (tome 1) Le môme Berlingot. »
Une histoire de revenants par Paul Féval
Fiche de Une histoire de revenants
Titre : Une histoire de revenants
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1881
Editeur : Feedbooks
Première page de Une histoire de revenants
« La vieille église se cachait dans un pli du vallon ; le clocher montrait son coq de cuivre, incliné sur sa tige, que le temps avait faussée, au-dessus d’un groupe de chênes ébranchés, ressemblant de loin à des géants difformes.
C’était un carrefour de la Grand-Lande, entre Redon et Malestroit, au pays de Bretagne. Il y avait là une table de pierre couchée sur trois supports inégaux. L’ajonc épineux, les genêts et la haute fougère formaient comme une haie autour de ce monument druidique que jamais paysan du bourg d’Orlan n’avait osé toucher du pied ni du doigt : on l’appelait la Pierre-des-Païens.
On disait que, sous cette table de granit, se creusait un trou de forme ovale, caché par les ronces, et que ce trou donnait accès dans une caverne qui rejoignait les souterrains
du manoir de Treguern.
On disait cela ; mais personne n’y avait été voir, car la ceinture de fougère, de genêts et d’ajoncs était intacte et ne présentait pas d’ouverture apparente pouvant livrer passage à un lapin. »
Extrait de : P. Féval. « Une Histoire de revenants. »
Quatre femmes et un homme par Paul Féval
Fiche de Quatre femmes et un homme
Titre : Quatre femmes et un homme
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1862
Editeur : Feedbooks
Première page de Quatre femmes et un homme
« Nous sommes une dynastie de commerçants sérieux. Ce mot, dans le langage des marchands de Paris, a une acception austère et presque solennelle. Le commerce sérieux est celui qui ne joue pas et opère constamment sur des bases certaines. Ces bases certaines manquent parfois ; car les meilleurs ponts peuvent crouler, et les négociants sérieux font la culbute. Ils passent alors à l’état de faillis sérieux. Leur naufrage entraîne presque toujours d’obscures et lugubres catastrophes, précisément parce que la confiance inspirée était générale et robuste. Le contre-coup se fait sentir la plupart du temps jusqu’aux couches sociales où le besoin est une règle. Mais il n’est pas rare de voir l’estime publique s’obstiner ; on pourrait même dire que la perte complète de la considération personnelle est ici l’exception. Si le commerçant sérieux ne s’est pas rendu coupable du crime de luxe, si les cachemires de sa femme n’ont pas blessé la vue de mesdames les négociantes aux jours de la prospérité, on lui jette volontiers la corde de sauvetage. Il a des parents nombreux et bien posés ; car ce monde est à part, et forme une sorte de tribu dans la grande ville. »
Extrait de : P. Féval. « Quatre femmes et un homme. »
Oeuvres par Paul Féval

Fiche de Oeuvres
Titre : Oeuvres
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 2015
Editeur : LCI-ebooks
Sommaire de Oeuvres
- Contes de Bretagne
- Le médecin bleu
- Le loup blanc
- Les fanfarons du roi
- Les mystères de Londres
- Les contes de nos pères
- La quittance de minuit
- Le fils du diable
- Les belles-de-nuit ou les anges de la famille
- La fée des grèves
- La reine des épées
- Le livre des mystères
- La louve
- Valentine de Rohan
- Madame Gil Blas
- Les compagnons du silence
- Le bossu
- Les errants de nuit
- La fabrique de mariages
- Le roi des gueux
- La maison de Pilate
- Quatre femmes et un homme
- Le chevalier ténèbre
- Le carnaval des enfants
- Jean Diable
- Les habits noirs
- Annette Laïs
- La fille du juif-errant
- La vampire
- Coeur d’acier
- La fabrique de crimes
- L’avaleur de sabres
- La rue de Jérusalem
- Le secret des habits noirs
- Le cavalier fortune
- Les compagnons du trésor
- Le dernier vivant
- La ville-vampire
- La bande Cadet
- Le dernier chevalier
Nouvelles par Paul Féval
Fiche de Nouvelles
Titre : Nouvelles
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1890
Editeur : BnF
Sommaire de Nouvelles
- Le curé – Colonel (Historique)
- Dieu me juge !
- L’inventeur de la poudre (Mario Montfalcone)
Première page de Le curé – Colonel
« La nuit tombait, et aussi la pluie. Il faisait un fichu temps. Dans la petite cuisine du presbytère d’Aolbach1, Catherine, la vieille servante de M. le curé, mettait tout en ordre avant d’aller se reposer, sans soupçonner qu’il lui faudrait veiller cette nuit-là.
On était aux derniers jours d’août 1870. La campagne, solitaire d’habitude, paraissait habitée. Çà et là, une pointe d’acier, le poli d’un casque scintillaient aux rayons d’un foyer invisible.
Comme la vieilli Catherine allait mettre la barre sur la porte avant de monter dans sa chambre, il y eut un grand bruit sur le pavé de la cour où sonnaient les éperons et cliquetaient les sabres, puis, brusquement, le battant fut jeté en dedans sous la pression d’un corps humain que deux autres hommes poussaient devant eux.
François, qui sont ceux-là ? demanda Catherine tremblante en aidant le malheureux à se relever.
Mais l’autre était déjà debout, brandissant à bout
de bras un énorme chenet qu’il maniait sans efforts apparents.
— Qui sont ceux-là ! murmura-t-il ; les misérables ! des uhlans de Prusse, parbleu ! »
Extrait de : P. Féval. « Nouvelles. »
Madame Pistache par Paul Féval

Fiche de Madame Pistache
Titre : Madame Pistache
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1856
Editeur : BnF
Première page de Madame Pistache
« Les nuages couraient turbulents et sombres. Une bande d’azur pâle restait à l’horizon, sous le vent ; une bande bien étroite, que les grandes nuées voyageuses attaquaient déjà de leur estompe lourde. Ce n’était pas un ciel d’orage, c’était cette cohue de vapeurs qui roule et se mêle sur nos têtes aux méchants jours d’octobre, montrant et cachant tour à tour, par des trous qui s’ouvrent, qui se bouchent, qui se rouvrent pour se fermer encore, le bleu sévère du firmament sans soleil.
Les toits rougeâtres d’Aix-la-Chapelle, la vieille ville de Charlemagne, qui retrouve tous les ans un os de son empereur, ruisselaient de pluie ; les pavés pointus scintillaient au jour clair et faux des matinées pluvieuses ; toute cette eau répandue reflétait une lumière qui blessait l’œil et semblait venir d’en bas.
C’était de grand matin, vers six heures et demie ; le déluge effrayait les buveurs d’eau sulfureuse qui devancent le crépuscule, d’ordinaire, et viennent demander la santé à cette naïade, pourvue d’une haleine formidable, qui alimente la fontaine Élise. »
Extrait de : P. Féval. « Madame Pistache. »
Madame Gil Blas par Paul Féval
Fiche de Madame Gil Blas
Titre : Madame Gil Blas
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1856
Editeur : Feedbooks
Première page de Madame Gil Blas
« Si je prends au plus illustre des romanciers français le titre de son livre immortel, ce n’est pas que j’espère cacher longtemps au lecteur mon véritable nom. L’entreprise serait folle. J’ai pour cela trop d’ennemis et trop d’amis. Les uns et les autres me devineront à la première ligne tombée de ma plume, et tous se divertiront à révéler mon secret aux indifférents. Loin d’être un voile, ce sobriquet sera un indice, car on me l’a donné dans le
monde, – au temps où je vivais dans le monde. On me l’a donné ; je le garde, non point pour me mettre à l’abri derrière lui, mais par je ne sais quel scrupule qui m’empêche de livrer à la publicité l’étiquette même de mon bonheur tranquille.
Les aventures de ma vie ont été, du reste, assez bizarres, assez nombreuses, pour que je puisse dire qu’aucune femme même pourrait s’appliquer mieux que moi le nom de cet enfant perdu de la fortune, Gil Blas de Santillane. »
Extrait de : P. Féval. « Madame Gil Blas. »
Le dernier satyre par Théo Varlet

Fiche de Le dernier satyre
Titre : Le dernier satyre
Auteur : Théo Varlet
Date de parution : 1920-1923
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Sommaire de Le dernier satyre
- Le suicidé
- Dans le Zwyn
- Master Brandy
- Le pestiféré
- Petit drame cérébral
- Eden
- La bella venere
- Télépathie
- Othello
- Le tonnerre de Zeus
- Le dernier satyre
- Pygmalion
- Le martyr
- Autres notes de Haschisch
- Messaline
- L’après-midi d’un poète
Première page de Le suicidé
« Mijnheer van Haze, ses jambes massives allongées sous la table, fumait sa longue pipe en terre de Gouda qu’il tenait par le tuyau, le coude dans la main droite. Devant lui, adossé au mur où il appuyait ses paumes, le baes de l’hôtel d’Yperdamme contemplait son habitué lancer, avec des m’pâ recueillis, des anneaux de fumée qui montaient en élargissant leurs volutes bleuâtres.
La pendule sonna huit heures.
Des silhouettes gaies de baigneuses, drapées de châles écossais, coiffées de bonnets roses, à l’instar des paysannes flamandes, passèrent devant les fenêtres.
— Vous avez déjà des pensionnaires, approuva le penseur, la saison sera bonne. »
Extrait de : T. Varlet. « Le dernier Satyre et autres nouvelles. »
Le démon dans l’âme par Théo Varlet

Fiche de Le démon dans l’âme
Titre : Le démon dans l’âme
Auteur : Théo Varlet
Date de parution : 1923
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Le démon dans l’âme
« Les cigales se taisaient. Le soleil, affleurant le lointain horizon des montagnes bleutées, ruisselait en feu sur la mer, pareille à un lac, dans le cadre des deux promontoires. Sous les pins-parasols, au haut de la pente qui dévale avec ses verdures de cistes, de bruyères et de myrtes jusqu’aux rochers littoraux, les deux amants (époux, d’ailleurs, pour les commodités administratives ; mais ils ignoraient ce détail, ici) allongés sur la toison rousse et feutrée des aiguilles de pin encore chaudes, contemplaient la féerie du couchant.
C’était le dernier soir de leurs vacances merveilleuses.
Depuis six ans, Étienne Serval et sa femme venaient chaque été sur cette île déserte, incroyablement située à trois lieues au large des côtes provençales, retremper leur idylle aux jouvences de la vie primitive ; et le souvenir de ces quinze jours passés dans la lumière de l’Éden irradiait sur eux comme un sacre. »
Extrait de : T. Varlet. « Le Démon dans l’Âme. »
Aurore Lescure Pilote d’astronef par Théo Varlet

Fiche de Aurore Lescure Pilote d’astronef
Titre : Aurore Lescure Pilote d’astronef (Tome 2sur 2 – Aurore Lescure)
Auteur : Théo Varlet
Date de parution : 1943
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Aurore Lescure Pilote d’astronef
« — Tu arrives seul, Gaston ? s’étonna mon oncle Frémiet, en m’accueillant à la porte de la salle à manger. Et ta femme ? Elle ne vient pas ?
— Aurore ? Si fait, elle va venir. Mais il a fallu qu’elle aille à un rendez-vous d’affaires, avec Mme Simo… Simodzuki.
Le nom de la milliardaire m’échappa, bien plus pour justifier l’importance du rendez-vous, que par un sentiment de basse vanité. Et tout aussitôt je perçus que je venais de commettre une indiscrétion et une sottise.
Mon oncle hocha d’un air révérencieux et ironique sa longue barbe blanche et sa crinière de « photographe d’art » resté toujours un peu rapin malgré l’âge et la notoriété.
— Saperlipopette ! Mme Simodzuki ! Ce n’est pas de la petite bière !
Surgie de la cuisine, où, fin cordon-bleu, elle surveillait les préparatifs du dîner, ma tante avait entendu ma réponse. Elle m’embrassa, s’effarant :
— Mais, Gaston ! c’est une imprudence, de la laisser courir Paris seule en auto, cette pauvre petite, le jour même où elle sort de la clinique… »
Extrait de : T. Varlet. « Aurore Lescure Pilote d’Astronefs. »