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Madame Gil Blas par Paul Féval

Fiche de Madame Gil Blas

Titre : Madame Gil Blas
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1856
Editeur : Feedbooks

Première page de Madame Gil Blas

« Si je prends au plus illustre des romanciers français le titre de son livre immortel, ce n’est pas que j’espère cacher longtemps au lecteur mon véritable nom. L’entreprise serait folle. J’ai pour cela trop d’ennemis et trop d’amis. Les uns et les autres me devineront à la première ligne tombée de ma plume, et tous se divertiront à révéler mon secret aux indifférents. Loin d’être un voile, ce sobriquet sera un indice, car on me l’a donné dans le
monde, – au temps où je vivais dans le monde. On me l’a donné ; je le garde, non point pour me mettre à l’abri derrière lui, mais par je ne sais quel scrupule qui m’empêche de livrer à la publicité l’étiquette même de mon bonheur tranquille.
Les aventures de ma vie ont été, du reste, assez bizarres, assez nombreuses, pour que je puisse dire qu’aucune femme même pourrait s’appliquer mieux que moi le nom de cet enfant perdu de la fortune, Gil Blas de Santillane. »

Extrait de : P. Féval. « Madame Gil Blas. »

Le dernier satyre par Théo Varlet

Fiche de Le dernier satyre

Titre : Le dernier satyre
Auteur : Théo Varlet
Date de parution : 1920-1923
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Sommaire de Le dernier satyre

  • Le suicidé
  • Dans le Zwyn
  • Master Brandy
  • Le pestiféré
  • Petit drame cérébral
  • Eden
  • La bella venere
  • Télépathie
  • Othello
  • Le tonnerre de Zeus
  • Le dernier satyre
  • Pygmalion
  • Le martyr
  • Autres notes de Haschisch
  • Messaline
  • L’après-midi d’un poète

Première page de Le suicidé

« Mijnheer van Haze, ses jambes massives allongées sous la table, fumait sa longue pipe en terre de Gouda qu’il tenait par le tuyau, le coude dans la main droite. Devant lui, adossé au mur où il appuyait ses paumes, le baes de l’hôtel d’Yperdamme contemplait son habitué lancer, avec des m’pâ recueillis, des anneaux de fumée qui montaient en élargissant leurs volutes bleuâtres.
La pendule sonna huit heures.
Des silhouettes gaies de baigneuses, drapées de châles écossais, coiffées de bonnets roses, à l’instar des paysannes flamandes, passèrent devant les fenêtres.
— Vous avez déjà des pensionnaires, approuva le penseur, la saison sera bonne. »

Extrait de : T. Varlet. « Le dernier Satyre et autres nouvelles. »

Le démon dans l’âme par Théo Varlet

Fiche de Le démon dans l’âme

Titre : Le démon dans l’âme
Auteur : Théo Varlet
Date de parution : 1923
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Le démon dans l’âme

« Les cigales se taisaient. Le soleil, affleurant le lointain horizon des montagnes bleutées, ruisselait en feu sur la mer, pareille à un lac, dans le cadre des deux promontoires. Sous les pins-parasols, au haut de la pente qui dévale avec ses verdures de cistes, de bruyères et de myrtes jusqu’aux rochers littoraux, les deux amants (époux, d’ailleurs, pour les commodités administratives ; mais ils ignoraient ce détail, ici) allongés sur la toison rousse et feutrée des aiguilles de pin encore chaudes, contemplaient la féerie du couchant.

C’était le dernier soir de leurs vacances merveilleuses.

Depuis six ans, Étienne Serval et sa femme venaient chaque été sur cette île déserte, incroyablement située à trois lieues au large des côtes provençales, retremper leur idylle aux jouvences de la vie primitive ; et le souvenir de ces quinze jours passés dans la lumière de l’Éden irradiait sur eux comme un sacre. »

Extrait de : T. Varlet. « Le Démon dans l’Âme. »

Aurore Lescure Pilote d’astronef par Théo Varlet

Fiche de Aurore Lescure Pilote d’astronef

Titre : Aurore Lescure Pilote d’astronef (Tome 2sur 2 – Aurore Lescure)
Auteur : Théo Varlet
Date de parution : 1943
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Aurore Lescure Pilote d’astronef

« — Tu arrives seul, Gaston ? s’étonna mon oncle Frémiet, en m’accueillant à la porte de la salle à manger. Et ta femme ? Elle ne vient pas ?
— Aurore ? Si fait, elle va venir. Mais il a fallu qu’elle aille à un rendez-vous d’affaires, avec Mme Simo… Simodzuki.
Le nom de la milliardaire m’échappa, bien plus pour justifier l’importance du rendez-vous, que par un sentiment de basse vanité. Et tout aussitôt je perçus que je venais de commettre une indiscrétion et une sottise.
Mon oncle hocha d’un air révérencieux et ironique sa longue barbe blanche et sa crinière de « photographe d’art » resté toujours un peu rapin malgré l’âge et la notoriété.
— Saperlipopette ! Mme Simodzuki ! Ce n’est pas de la petite bière !
Surgie de la cuisine, où, fin cordon-bleu, elle surveillait les préparatifs du dîner, ma tante avait entendu ma réponse. Elle m’embrassa, s’effarant :
— Mais, Gaston ! c’est une imprudence, de la laisser courir Paris seule en auto, cette pauvre petite, le jour même où elle sort de la clinique… »

Extrait de : T. Varlet. « Aurore Lescure Pilote d’Astronefs. »

La grande panne par Théo Varlet

Fiche de La grande panne

Titre : La grande panne (Tome 1 sur 2 – Aurore Lescure)
Auteur : Théo Varlet
Date de parution : 1930
Editeur : Ebooks gratuits

Première page de La grande panne

« Il est certain que si, au retour de cette excursion, j’étais monté dans la voiture de Géo, et non dans celle du Dr Alburtin, toute mon existence en eût été changée, et fort probablement aussi, l’avenir du monde.
C’est pourquoi les propos que nous tînmes cette après-midi-là, 15 octobre, moi, Géo, sa sœur Luce, leur mère, et le docteur, devant les ruines de Tauroëntum et l’azur de la Méditerranée, commencent pour moi l’aventure.
Mais d’abord, que je me présente :
Gaston-Adolphe Delvart, né à Lille (Nord), vingt-sept ans. Artiste peintre, d’un talent honorable, si j’en crois l’opinion de mes amis, et surtout les prix que les marchands et les amateurs payent mes toiles. Je n’en suis pas plus fier pour cela, du reste, car certains badigeonnages exécutés par des farceurs sans aucun mérite atteignent des cotes beaucoup plus élevées, au décimètre carré ; mais du moins je gagne ma vie, et j’ai conscience de faire de l’art véritable, ce qui n’est pas déjà si commun. »

Extrait de : T. Varlet. « La Grande Panne. »

Les romans enfantins par Paul Féval

Fiche de Les romans enfantins

Titre : Les romans enfantins
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1894
Editeur : BnF

Sommaire de Les romans enfantins

  • Les belles de nuit
  • Les trois hommes rouges
  • Un mystère de Paris

Première page de Les belles de nuit

« A GEORGETTE
LA LÉGENDE

Je ne vous connais pas, Georgette, mon cher ange, bien que votre père soit mon meilleur et mon plus vieil ami. Vous êtes une fille du Midi ; écoutez une histoire de cette Bretagne qui fut le berceau de vos aïeux.
Le château de Penhoël était une très vieille maison, d’apparence mélancolique, qui comptait vingt et une fenêtres de rang à chaque étage de sa façade et qui dressait ses girouettes plaintives au-dessus des grands chênes de la forêt du Theil, là-bas, entre la Lande-Triste et les marais de Saint-Vincent, sur les confins du Morbihan et l’Ille-et-Vilaine.
L’avenue droite et large menait ses six rangées de châtaigniers jusqu’à la route de Redon à la Gacilly, et deux rideaux de sapins, accompagnant
le château comme deux ailes déployées, donnaient à sa physionomie je ne sais quelle expression sépulcrale. »

Extrait de : P. Féval. « Les Romans enfantins. »

Les mystères de Londres par Paul Féval

Fiche de Les mystères de Londres

Titre : Les mystères de Londres
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1844
Editeur : WikiSources

Sommaire de Les mystères de Londres

  • Les gentilshommes de la nuit
  • La fille du pendu
  • La grande famille
  • Le marquis de Rio-Santo

Première page de Les gentilshommes de la nuit

« PAR LE BROUILLARD.

Un soir de novembre, — un soir de dimanche, — le bon capitaine Paddy O’Chrane était attablé devant un gigantesque verre de grog dans le parloir de la taverne The Crown’s Arms.
Comme il y a dans Londres un demi-cent de tavernes qui portent pour enseigne les Armes de la Couronne, nous ne croyons pas inutile de spécifier que l’établissement dont nous parlons ouvre ses quatre fenêtres, ornées de rideaux rouges, et sa porte qui surmonte un raide perron de cinq marches, dans Water-Street, au quartier de la Tour.
Quant au capitaine Paddy, c’était un Irlandais de six pieds de long sur six pouces de diamètre, vêtu d’un frac bleu à boutons noirs, d’une culotte chamois, bouclant sur des bas de filoselle, et chaussé de larges souliers non cirés. De l’autre côté du parloir s’asseyait un homme d’une quarantaine d’années, à la physionomie honnête et calme. Il portait un costume décent, sans prétentions à l’élégance, mais éloignant toute idée de gêne.
Ses yeux, immobiles et dilatés, avaient le regard fixe des yeux qui ne voient plus. Il venait parfois à la taverne, où il était connu sous le nom de Tyrrel l’Aveugle. »

Extrait de : P. Féval. « Les Mystères de Londres. »

Les fanfarons du roi par Paul Féval

Fiche de Les fanfarons du roi

Titre : Les fanfarons du roi
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1843
Editeur : Bibebook

Première page de Les fanfarons du roi

« Vers la fin de mai de l’année 1662, à deux heures de relevée, un brillant cortège déboucha de la rue Neuve et envahit la place majeure de Ajuda qui était une des plus larges de la vieille ville de Lisbonne. C’étaient tous gens de guerre à cheval, splendidement empanachés, et faisant caracoler leurs montures au grand déplaisir des bourgeois qui se collaient à la muraille, en grommelant tout autre chose que des bénédictions.

Les gens du cortège ne s’inquiétaient guère de si peu. Ils avançaient toujours, et bientôt le dernier cavalier eut tourné l’encoignure de la rue Neuve. Alors, les trompettes sonnèrent à grand fracas, et le cortège se rangea en cercle autour d’un seigneur de mine arrogante, lequel toucha négligemment son feutre, et déroula un parchemin scellé aux armes de Bragance.

– Trompettes, sonnez ! dit-il d’une voix rude qui contrastait fort avec son élégante façon de chevaucher, n’avez-vous plus d’haleine ? »

Extrait de : P. Féval. « Les Fanfarons du Roi. »

Les errants de la nuit par Paul Féval

Fiche de Les errants de la nuit

Titre : Les errants de la nuit
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1880
Editeur : BnF

Première page de Les errants de la nuit

« Ce sont des paysages magnifiques et variés à l’infini : de grandes forêts, des rivières, des montagnes. Cela s’appelle les Ardennes ; c’est plein de souvenirs. Et nul ne saurait dire pourquoi la poésie s’est retirée de ces admirables campagnes.

Est-ce l’odeur des moulins à foulons, ou la fumée noire des cheminées de la fabrique ? Cette charmante rivière, la Meuse, coule tout doucement et sans jamais faire de folies parmi les belles prairies un peu fades. On voit bien déjà qu’elle est prédestinée à baigner les fanges grasses de la pacifique Hollande.

Ce n’est pas la Loire, celle-là, riante aussi, mais si fière ! Ce n’est pas le Rhône, ce dieu fougueux ! Ce n’est pas la Seine, l’élégante, la française, qui baigne tant de palais et tant de cathédrales !

C’est bien la France encore, mais une France à part. La poésie n’est pas là comme en d’autres campagnes de notre pays, moins pittoresques, assurément, ni comme en d’autres villes moins riches. Le caractère manque ici parce que la ville a envahi la campagne, et la campagne la ville par la porte de la fabrique. »

Extrait de : P. Féval. « Les Errants de la nuit. »

Les contes de nos pères par Paul Féval

Fiche de Les contes de nos pères

Titre : Les contes de nos pères
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1845
Editeur : Bibebook

Sommaire de Les contes de nos pères

  • Le petit gars
  • Le val-aux-fées
  • Force et faiblesse
  • La mort de César
  • Jouvente de la tour
  • Le médecin bleu

Première page de Le petit gars

« L’HOSPITALITE.

La paroisse de Cournon se cache au fond d’une riante vallée qu’arrose le lent et tortueux courant de la rivière d’Oust. Son petit clocher dépasse à peine les toits de chaume de ses cabanes, lesquelles, au nombre de trente au plus, se groupent au hasard sur un microscopique mamelon. De loin, on les prendrait pour un troupeau de brebis qu’une panique aurait rassemblées en ce lieu ; on s’attend presque à les voir tout à coup redescendre la colline et bondir par les hautes herbes, le long des bords aplatis de la rivière.

Les vieilles gens de la paroisse de Cournon savent de belles histoires de revenants qu’ils content aux veillées d’été, dans la grange de M. le recteur, – aux veillées d’hiver, sous le vaste manteau de la cheminée d’une ferme, en faisant rôtir des châtaignes sous la cendre, pour les manger ensuite, arrosées de bon cidre. »

Extrait de : P. Féval. « Les Contes de nos pères. »