Étiquette : Némésis
Némésis par Philip Roth

Fiche de Némésis
Titre : Némésis (tome 4 sur 4 – Némésis)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 2010
Traduction : M-C Pasquier
Editeur : Gallimard
Première page de Némésis
« Le premier cas de polio, cet été-là, se déclara début juin, tout de suite après Memorial Day, dans un quartier italien pauvre à l’autre bout de la ville. Dans le quartier juif de Weequahic, au sud-ouest, nous n’avions entendu parler de rien, et nous n’avions pas non plus entendu parler de la douzaine de cas qui s’étaient déclarés ici ou là, sporadiquement, dans presque tous les quartiers de Newark sauf le nôtre. Ce n’est que le 4 juillet, quand il avait déjà été fait état de quarante cas dans la ville, que parut à la une du journal du soir un article intitulé « Le directeur de la Santé met en garde les parents contre la polio », dans lequel on citait le docteur William Kittell, directeur du service de la santé, qui demandait aux parents de surveiller leurs enfants de près et de contacter un médecin si l’un d’eux présentait des symptômes tels que mal de tête, mal de gorge, nausées, torticolis, douleurs articulaires, ou fièvre. »
Extrait de : P. Roth. « Némésis. »
Le rabaissement par Philip Roth

Fiche de Le rabaissement
Titre : Le rabaissement (tome 3 sur 4 – Némésis)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 2009
Traduction : M-C Pasquier
Editeur : Gallimard
Première page de Le rabaissement
« Il avait perdu sa magie. L’élan n’était plus là. Au théâtre, il n’avait jamais connu l’échec, ce qu’il faisait avait toujours été solide, abouti. Et puis il s’était produit cette chose terrible : il s’était soudain retrouvé incapable de jouer. Monter sur scène était devenu un calvaire. Au lieu d’être certain qu’il allait être extraordinaire, il savait qu’il allait à l’échec. Cela se produisit trois fois de suite et, à la troisième, cela n’intéressait plus personne, personne n’était venu. Il n’arrivait plus à atteindre le public. Son talent était mort.
Bien sûr, si on en a eu, il vous reste toujours quelque chose que personne d’autre ne possède. Je serai toujours différent de tous les autres, se rassurait Axler, parce que je suis qui je suis. J’ai cela en moi, et les gens s’en souviendront toujours. Mais le charisme qui avait été le sien, toute son originalité, ses singularités, ses traits distinctifs, tout ce qui avait fonctionné pour Falstaff, Peer Gynt et Oncle Vania, et qui avait valu à Simon Axler d’être reconnu comme le dernier des meilleurs comédiens américains du répertoire classique, rien de tout cela ne marchait plus, quel que fût le rôle. »
Extrait de : P. Roth. « Le rabaissement. »
Indignation par Philip Roth

Fiche de Indignation
Titre : Indignation (tome 2 sur 4 – Némésis)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 2008
Traduction : M-C Pasquier
Editeur : Gallimard
Première page de Indignation
« Deux mois et demi environ après que les divisions bien entraînées de la Corée du Nord, armées par les Soviétiques et les communistes chinois, eurent traversé le 38e parallèle et pénétré en Corée du Sud le 25 juin 1950, et qu’eut débuté le calvaire de la guerre de Corée, je devins étudiant à Robert Treat, un petit collège universitaire du centre de Newark, qui portait le nom du fondateur de la ville au XVIIe siècle. J’étais le premier membre de notre famille à faire des études supérieures. Aucun de mes cousins n’avait été au-delà du lycée, et ni mon père ni ses trois frères n’avaient terminé l’école primaire. « Je travaille pour gagner de l’argent », m’avait dit mon père, « depuis l’âge de dix ans. »
C’était un boucher de quartier pour qui j’avais fait les livraisons à bicyclette durant toute ma scolarité, sauf pendant la saison de base-ball et les après-midi où je devais participer aux concours interscolaires en tant que membre de l’équipe des débatteurs. Disons qu’à partir du jour où j’ai quitté la boucherie — j’y avais travaillé pour lui soixante heures par semaine, entre la fin de mes études secondaires, en janvier, et la rentrée universitaire en septembre —, oui, disons qu’à partir du jour où j’ai commencé à suivre mes cours à Robert Treat, mon père a vécu dans la crainte de me voir mourir. »
Extrait de : P. Roth. « Indignation – Némésis. »
Un homme par Philip Roth

Fiche de Un homme
Titre : Un homme (tome 1 sur 4 – Némésis)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 2006
Traduction : J. Kamoun
Editeur : Gallimard
Première page de Un homme
« Autour de la tombe, dans le cimetière délabré, il y avait d’anciens collègues de l’agence de publicité new-yorkaise, qui rappelèrent son énergie et son originalité et dirent à sa fille, Nancy, tout le plaisir qu’ils avaient eu à travailler avec lui. Il y avait aussi des gens venus de Starfish Beach, le village de retraités sur la côte du New Jersey, où il s’était installé en 2001 à Thanksgiving, ces gens âgés auxquels, hier encore, il donnait des cours de peinture. Et puis il y avait ses deux fils, Randy et Lonny, quadragénaires nés d’un premier mariage houleux, deux fils « du côté de leur mère » et qui, l’ayant plus souvent entendu traîné dans la boue que porté au pinacle, n’étaient venus que par devoir. Son frère aîné Howie et sa belle-sœur étaient arrivés de Californie la veille, et puis il y avait l’une de ses trois ex-femmes, la deuxième, Phoebe, la mère de Nancy, une grande femme émaciée aux cheveux blancs, dont le bras droit pendait, inerte, à son flanc. »
Extrait de : P. Roth. « Un homme – Némésis. »