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Nuits sanglantes par Maurice Périsset

Fiche de Nuits sanglantes

Titre : Nuits sanglantes
Auteur : Maurice Périsset
Date de parution : 1997
Editeur : Editions de la voûte

Première page de Nuits sanglantes

« La nuit tombait quand Mathieu aperçut d’assez loin le village de vacances. Renonçant à prendre un taxi, il avait beaucoup marché avant de découvrir le poteau indicateur : Résidence des Palmiers. Il s’arrêta, posa son sac de voyage à terre. Se détachant des hauts pins maritimes, il ne distingua d’abord que les trouées de lumière des fenêtres, alvéoles pour lui inquiétantes dans un paysage clos. Sensible cependant à la fraîcheur, aux odeurs d’herbes mouillées et de fleurs sauvages, au bruissement incessant de la mer dans le lointain, il hésitait avant de franchir l’ultime étape. Après, il ne pourrait plus revenir en arrière. Fallait-il jouer l’ultime jeu ?
Essoufflé- il avait oublié de prendre son tonique pour le coeur – il monta les quelques marches du bâtiment central, eut un regard vers le camélia arborescent qui, sur la gauche, ornait l’entrée. Personne derrière le comptoir de la réception, pas davantage dans le hall ni dans la salle à manger encore éclairée. Il s’avança, hésitant à appeler. Les rires et les applaudissements qui descendaient de l’étage le frappèrent, comme s’ils ponctuaient ses pas. »

Extrait de : M. Périsset. « Nuits sanglantes. »

Le visage derrière la nuit par Maurice Périsset

Fiche de Le visage derrière la nuit

Titre : Le visage derrière la nuit
Auteur : Maurice Périsset
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le visage derrière la nuit

« Avant même de sonner à la grille, je savais que c’était là, après tant et tant de semaines d’une quête vaine, que mes pas me conduisaient vers cette sorte de vieille maison campagnarde, mi-ferme, mi-château, cernée par des arbres aux troncs immenses, que je distinguais mal dans le paysage gris et vert battu par la pluie. Une seconde, tant la tempête faisait rage, j’eus envie de rebrousser chemin. Le but atteint, ne pouvais-je pas, tout aussi bien, me manifester un autre jour ? Mais non, j’étais là, il ne m’était plus possible de revenir en arrière. Une force inconnue me contraignait à demeurer sur place, bien à l’abri, après tout, dans ma voiture.
D’habitude, j’aime entendre le bruit rageur de la pluie, le halètement confus de l’orage, le ronronnement rassurant des essuie-glaces, j’aime sentir les roues transformer l’eau des flaques en gerbes lumineuses devant les phares. Dans l’absolue solitude de ce chemin de campagne détrempé, je ne retrouvais pas ce plaisir un peu maniaque. Je n’étais plus tout à fait moi, ce décor n’était pas tout à fait réel. »

Extrait de : M. Périsset. « Le visage derrière la nuit. »

La comtesse de sang par Maurice Périsset

Fiche de La comtesse de sang

Titre : La comtesse de sang – Erzébeth Bathory
Auteur : Maurice Périsset
Date de parution : 1975
Editeur : Pygmalion

Première page de La comtesse de sang

« La comtesse Bathory fit torturer et assassiner six cent dix jeunes filles et, pour garder sa jeunesse, se baigna dans leur sang.
— Je n’ai pas à vous répondre, je suis votre maîtresse ! répondit-elle au pasteur de Csejthe qui lui reprochait ses crimes. Comment, venant de si bas, votre question peut-elle arriver jusqu’à moi, qui suis si haut ?
Descendante d’une illustre famille de Hongrie, maîtresse absolue et dame de Csejthe, elle pouvait tout se permettre. La loi féodale l’y autorisait. Contester son droit de vie et de mort sur ses sujets, qui s’y serait risqué en ces Balkans où, en plein XVIIe siècle, le Moyen Âge durait toujours ? Erzébeth Bathory n’eut d’autre maître que son propre démon, d’autre souci que sa beauté. Le seul ennemi qu’elle redoutât, c’était le temps qui flétrissait ses traits. Elle vécut toute sa vie dans une solitude essentielle, dans la solitude créée par son orgueil, sa froideur et sa cruauté. Elle savait que son pouvoir souverain tombait devant la vieillesse, la maladie et la mort, et sa fierté se révoltait d’avoir à subir le sort commun. Puisqu’elle pouvait tout, elle devait pouvoir éterniser sa jeunesse et sa beauté. »

Extrait de : M. Périsset. « La comtesse de sang. »

Maurice Périsset

Présentation de Maurice Périsset :

Maurice Périsset (1920-1999) est un écrivain français dont la carrière a été marquée par une grande diversité de genres, mais qui a su laisser une empreinte particulière dans le domaine de la science-fiction.

Jeunesse et débuts littéraires

Né le 22 mai 1920 à Lons-le-Saunier (Jura), Maurice Périsset fait des études de droit et de lettres à Paris. Sa passion pour l’écriture se manifeste dès son plus jeune âge, mais ce n’est qu’après la guerre qu’il se lance réellement dans une carrière d’écrivain. Il collabore avec divers journaux et revues, et publie ses premiers romans dans les années 1950, abordant des genres variés comme le roman policier ou le roman d’aventures.

L’écrivain de science-fiction

C’est dans les années 1960 que Maurice Périsset se tourne vers la science-fiction, un genre alors en plein essor en France. Il se distingue par une approche originale, mêlant l’anticipation technologique à une réflexion philosophique et humaniste. Ses romans ne se limitent pas à de simples aventures dans l’espace, mais explorent les conséquences de la technologie sur l’homme et la société.

Parmi ses œuvres les plus notables, on peut citer :

  • Le Grand Mur de Chine (1962) : Ce roman d’anticipation imagine un monde où la Chine a construit un mur gigantesque pour isoler le reste du monde. Périsset y explore les thèmes de l’isolement, du nationalisme et de la peur de l’autre.
  • Les Créateurs de mondes (1964) : Dans ce roman, l’auteur met en scène des scientifiques qui créent de nouvelles planètes pour y envoyer l’humanité. L’œuvre soulève des questions sur la responsabilité des créateurs et sur la destinée de l’homme.
  • Le Dernier Vaisseau fantôme (1967) : Ce roman de science-fiction post-apocalyptique suit les derniers survivants de l’humanité à bord d’un vaisseau spatial. Périsset y dresse un portrait sombre de l’humanité et de sa capacité à s’autodétruire.

Maurice Périsset s’est également intéressé à la vulgarisation scientifique, en écrivant plusieurs essais et articles sur des sujets comme l’astronomie, l’exploration spatiale et la robotique. Son œuvre a été saluée pour son style clair et accessible, qui a permis à de nombreux lecteurs de découvrir la science-fiction.

Fin de carrière et héritage

Maurice Périsset a continué à écrire jusqu’à la fin de sa vie, abordant d’autres genres comme le roman historique et le roman de terroir. Il décède le 22 mai 1999, à l’âge de 79 ans.

Bien qu’il soit moins connu que d’autres auteurs de science-fiction de sa génération, comme René Barjavel ou Pierre Boulle, Maurice Périsset a laissé une œuvre de qualité, qui témoigne de son intelligence et de sa curiosité. Ses romans d’anticipation, qui ont su allier l’imagination à la réflexion, méritent d’être redécouverts par les amateurs du genre.

Livres de Maurice Périsset :

La comtesse de sang (1975)
Le visage derrière la nuit (1973)
Nuits sanglantes (1997)

Pour en savoir plus sur Maurice Périsset :

La page Wikipédia sur M. Périsset
La page Noosfere sur M. Périsset
La page isfdb de M. Périsset