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Le club des suicidaires par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Le club des suicidaires
Titre : Le club des suicidaires
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1882
Traduction : D. Fauquemberg
Edition : Arthaud
Première page de Le club des suicidaires
« Durant son séjour à Londres, le prince Florizel, brillant souverain de Bohême, gagna l’affection des gens de toutes classes par le charme de ses manières, sa générosité toujours fort avisée. C’était un homme remarquable déjà par le peu qu’on savait de lui, et qui n’était pourtant qu’une infime partie de ce qu’il accomplissait en réalité. Bien qu’il fût d’un tempérament placide dans les circonstances ordinaires, et considérât le monde avec autant de philosophie qu’un simple laboureur, le prince de Bohême n’était pas dépourvu d’un certain penchant pour des modes de vie autrement plus aventureux et excentriques que celui auquel sa naissance le destinait. De temps à autre, quand son humeur s’assombrissait, qu’il n’y avait aucune pièce amusante à laquelle assister dans les théâtres de Londres, et que la saison ne se prêtait guère à ces activités de plein air dans lesquelles nul ne pouvait rivaliser avec lui, il faisait venir son confident et maître écuyer, le colonel Geraldine, et l’invitait à se préparer pour une soirée en ville. »
Extrait de : R.-L. Stevenson. « Le club des suicidaires. »
Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde
Titre : Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1886
Traduction : T. Varlet
Edition : Bibliothèque numérique romande
Sommaire de Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde
- Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde
- Un logement pour la nuit
Première page de Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde
« M. Utterson le notaire était un homme d’une mine renfrognée, qui ne s’éclairait jamais d’un sourire ; il était d’une conversation froide, chiche et embarrassée ; peu porté au sentiment ; et pourtant cet homme grand, maigre, décrépit et triste, plaisait à sa façon. Dans les réunions amicales, et quand le vin était à son goût, quelque chose d’éminemment bienveillant jaillissait de son regard ; quelque chose qui à la vérité ne se faisait jamais jour en paroles, mais qui s’exprimait non seulement, par ce muet symbole de la physionomie d’après-dîner, mais plus fréquemment et avec plus de force par les actes de sa vie. Austère envers lui-même, il buvait du gin quand il était seul pour réfréner son goût des bons crus ; et bien qu’il aimât le théâtre, il n’y avait pas mis les pieds depuis vingt ans. Mais il avait pour les autres une indulgence à toute épreuve ; et il s’émerveillait parfois, presque avec envie, de l’intensité de désir réclamée par leurs dérèglements ; et en dernier ressort, inclinait à les secourir plutôt qu’à les blâmer. « Je penche vers l’hérésie des caïnites, lui arrivait-il de dire pédamment. Je laisse mes frères aller au diable à leur propre façon. »
Extrait de : R.-L. Stevenson. « Le Cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde . »
La flèche noire par Robert-Louis Stevenson

Fiche de La flèche noire
Titre : La flèche noire
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1888
Traduction : E. La Chesnais
Edition : Ebooks libres et gratuits
Première page de La flèche noire
« Sir Daniel et ses hommes passèrent cette nuit-là à Kettley, logés chaudement et bien gardés. Mais le chevalier de Tunstall était un homme en qui jamais ne se reposait le désir du gain ; et même à ce moment où il allait se lancer dans une aventure qui pouvait faire sa fortune ou la perdre, il était sur pieds une heure après minuit pour pressurer ses pauvres voisins. Il était de ceux qui trafiquent en grand dans les héritages contestés ; sa manière consistait à acheter les droits du prétendant le plus invraisemblable, puis, en captant la bienveillance des grands lords de l’entourage du roi, à obtenir d’injustes arrêts en sa faveur ; ou, si cela était trop compliqué, il s’emparait par la force des armes du manoir disputé, et se fiait à son influence et à l’habileté de Sir Olivier dans la chicane pour garder ce qu’il avait pris. Tel était le cas de Kettley, tombé tout récemment dans ses griffes ; il rencontrait encore de l’opposition de la part des tenanciers ; et c’était pour décourager le mécontentement qu’il avait conduit ses troupes par là. »
Extrait de : R.-L. Stevenson. « La flèche noire. »
L’île au trésor par Robert-Louis Stevenson

Fiche de L’île au trésor
Titre : L’île au trésor
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1883
Traduction : D. Serval
Edition : Larousse
Première page de L’île au trésor
« C’est sur les instances de M. le chevalier Trelawney, du docteur Livesey et de tous ces messieurs en général, que je me suis décidé à mettre par écrit tout ce que je sais concernant l’île au trésor, depuis A jusqu’à Z, sans rien excepter que la position de l’île, et cela uniquement parce qu’il s’y trouve toujours une partie du trésor. Je prends donc la plume en cet an de grâce 17…, et commence mon récit à l’époque où mon père tenait l’auberge de l’Amiral Benbow, en ce jour où le vieux marin, au visage basané et balafré d’un coup de sabre, vint prendre gîte sous notre toit.
Je me le rappelle, comme si c’était d’hier. Il arriva d’un pas lourd à la porte de l’auberge, suivi de sa cantine charriée sur une brouette. C’était un grand gaillard solide, aux cheveux très bruns tordus en une queue poisseuse qui retombait sur le collet d’un habit bleu malpropre ; il avait les mains couturées de cicatrices, les ongles noirs et déchiquetés, et la balafre du coup de sabre, d’un blanc sale et livide, s’étalait en travers de sa joue. »
Extrait de : R.-L. Stevenson. « L’Ile Au Tresor. »
L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde par Robert-Louis Stevenson

Fiche de L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde
Titre : L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1886
Traduction :
Edition : Le livre de poche
Première page de L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde
« M. Utterson le notaire était un homme d’une mine renfrognée, qui ne s’éclairait jamais d’un sourire. Il était d’une conversation froide, chiche et embarrassée ; peu porté au sentiment ; et pourtant cet homme grand, maigre, décrépit et triste, plaisait à sa façon. Dans les réunions amicales, et quand le vin était à son goût, quelque chose d’éminemment bienveillant jaillissait de son regard, quelque chose qui à la vérité ne se faisait jamais jour en paroles, mais qui s’exprimait non seulement par ce muet symbole de la physionomie d’après-dîner, mais plus fréquemment et avec plus de force par les actes de sa vie. Austère envers lui-même, il buvait du gin quand il était seul pour réfréner son goût des bons crus ; et bien qu’il aimât le théâtre, il n’y avait pas mis les pieds depuis vingt ans. Mais il avait pour les autres une indulgence à toute épreuve ; et il s’émerveillait parfois, presque avec envie, de l’intensité de désir réclamée par leurs dérèglements ; et en dernier ressort, inclinait à les secourir plutôt qu’à les blâmer. « Je penche vers l’hérésie des caïnites, lui arrivait-il de dire pédamment. Je laisse mes frères aller au diable à leur propre façon. »
Extrait de : R.-L. Stevenson. « L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde. »
Janet la revenante par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Janet la revenante
Titre : Janet la revenante
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1881
Traduction :
Edition : Atramenta
Sommaire de Janet la revenante
- Janet la revenante
- Markheim
- Les gais compagnons
- Un logement pour la nuit
Première page de Janet la revenante
« Le Révérend Murdoch Soulis fut longtemps ministre de la paroisse de Balweary, dans la marécageuse vallée de la Dule. Vieillard à la mine sévère et glaciale, effrayant à entendre, il habitait les dernières années de sa vie, sans parent ni serviteur ni aucune autre compagnie humaine, dans le petit presbytère isolé que dominait le rocher de la Femme-Pendue. Malgré la rigidité de fer de ses traits, il avait l’œil effrayé, égaré, hagard. Et lorsqu’il évoquait, dans une semonce privée, l’avenir des âmes impénitentes, on eût dit que son œil découvrait, au-delà des orages du temps, les terreurs de l’éternité. Bien des jeunes gens qui venaient se préparer à la Sainte Communion étaient affreusement bouleversés par ses propos. Il avait composé un prêche sur la première épître de saint Pierre, verset 8 : « Le démon est un lion dévorant » pour le dimanche qui suit le 7 août, et il se surpassait en commentant ce texte tant à cause de la nature horrifique du sujet que par le spectacle terrifiant qu’il offrait en chaire. »
Extrait de : R.-L. Stevenson. « Janet la revenante. »
Fables par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Fables
Titre : Fables
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1895
Traduction :
Edition :
Première page de Fables
« Je chante les hèros dont Esope est le pére, troupe de qui l’histoire, encor que mensongére, contient des vérités qui servent de leçons.
Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons : ce qu’ils disent s’adresse à tous tant que nous sommes.
Je me sers d’animaux pour instruire les hommes.
Illustre rejeton d’un prince aimé des cieux, sur qui le monde entier a maintenant les yeux, et qui, faisant fléchir les plus superbes têtes, comptera désormais ses jours par ses conquêtes, quelque autre te dira d’une plus forte voix les faits de tes aïeux et les vertus des rois.
Je vais t’entretenir de moindres aventures, te tracer en ces vers de légères peintures.
Et, si de t’agréer je n’emporte le prix, j’aurai du moins l’honneur de l’avoir entrepris. »
Extrait de : R.-L. Stevenson. « Fables. »
Dans les mers du Sud par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Dans les mers du Sud
Titre : Dans les mers du Sud
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1891
Traduction : M.-L. des Garets
Edition : Gallimard
Première page de Dans les mers du Sud
« Depuis près de dix ans, ma santé n’avait cessé de décliner ; et peu de temps avant d’entreprendre mon voyage, je croyais bien être arrivé au dernier acte de la vie et n’avoir plus rien à attendre que la garde-malade et l’entrepreneur des pompes funèbres. On me conseilla d’essayer des mers du Sud, et l’idée ne me déplut pas de traverser comme un fantôme, et porté comme un ballot, des sites qui m’avaient attiré quand j’étais jeune et bien portant. Je frétai donc la goélette du Dr Merrit, le Casco – soixante-quatorze tonnes –, mis à la voile de San Francisco, vers la fin de juin 1888, visitai les îles de l’Est et me trouvai, au début de l’année suivante, à Honolulu. Une fois là, manquant de courage pour retourner à ma vie de réclusion et à ma chambre de malade, je résolus de filer sous le vent sur une goélette marchande, l’Equateur, d’un peu plus de soixante-dix tonnes, passai quatre mois parmi les Atolls (îles basses de corail) du groupe Gilbert, et atteignis Samoa vers la fin de 1889. »
Extrait de : R.-L. Stevenson. « Dans les mers du Sud. »
A la pagaie par Robert-Louis Stevenson

Fiche de A la pagaie
Titre : A la pagaie
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1878
Traduction :
Edition : BnF
Première page de A la pagaie
« Nous produisîmes une grande agitation dans les docks d’Anvers. Un arrimeur et un groupe de portefaix des docks enlevèrent nos deux « canoës » et coururent à l’embarcadère. Derrière eux venait une foule d’enfants, poussant des hourras. La Cigarette partit au milieu d’un clapotis de petites vagues qui se brisaient. L’instant d’après, l’Aréthuse la suivait. Un vapeur descendait le fleuve ; des hommes, sur le tambour, crièrent de rauques avertissements, l’arrimeur et ses portefaix, sur le quai, nous braillaient de prendre garde. Mais, en quelques coups de pagaie, les canoës étaient hors d’atteinte au milieu de l’Escaut, et nous laissions derrière nous tous les vapeurs, et les arrimeurs et les autres vanités du rivage.
Le soleil brillait d’un vif éclat ; la marée faisait gaillardement ses quatre milles à l’heure :
le vent soufflait régulièrement avec, de temps en temps, des rafales. Pour ma part, je n’avais jamais été de ma vie à la voile dans un canoë, et ma première expérience, au beau milieu de ce large fleuve, ne se faisait pas sans me causer quelque appréhension. »
Extrait de : R.-L. Stevenson. « À la pagaie. »
Catriona par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Catriona
Titre : Catriona (Tome 2 sur 2 – Les aventures de David Balfour)
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1892
Traduction : T. Varlet
Edition : Ebooks libres et gratuits
Première page de Catriona
« Le 25 août 1752, vers deux heures de l’après-midi, on put me voir, moi David Balfour, sortir de la Société des Lins Britan-niques : un employé m’escortait porteur d’un sac d’espèces, et les plus huppés négociants de la banque me reconduisirent jusqu’à la porte. Deux jours plus tôt, et la veille au matin encore, j’étais pareil à un mendiant de grande route, vêtu de haillons, et réduit à mes derniers shillings ; j’avais pour compagnon un condamné de haute trahison, et ma tête même était mise à prix, pour un assassinat qui soulevait l’émotion de tout le pays. Aujourd’hui, entré en possession de mon héritage, j’étais un laird foncier ; un garçon de banque m’accompagnait chargé de mon or, j’étais muni de lettres de recommandation ; bref, j’avais (comme dit le proverbe) tous les atouts dans mon jeu.
Deux choses venaient contrebalancer tant de belles promesses. D’abord la négociation si ardue et périlleuse que j’avais encore à traiter ; ensuite, le milieu dans lequel je me trouvais. »
Extrait de : R.-L. Stevenson. « Catriona – Les aventures de David Balfour. »