Étiquette : Trilogie américaine
Exit le fantôme par Philip Roth

Fiche de Exit le fantôme
Titre : Exit le fantôme (tome 4 sur 4 – Trilogie américaine)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 2007
Traduction : M-C Pasquier
Editeur : Gallimard
Première page de Exit le fantôme
« Je n’étais pas retourné à New York depuis onze ans. À part un bref séjour à Boston afin d’y subir l’ablation de la prostate pour cause de cancer, j’étais, au cours de ces onze années, à peine sorti de mon coin perdu dans les hauteurs des Berkshires et qui plus est, depuis le 11-Septembre, il y a trois ans, j’avais rarement lu un journal ou écouté les nouvelles. Sans ressentir la moindre impression de manque — rien d’autre, au début, qu’une sorte de sécheresse intérieure — j’avais cessé d’habiter non seulement le vaste
monde mais le moment présent. J’avais depuis longtemps tué en moi toute velléité d’y jouer un rôle actif, ou seulement de témoin.
Mais voilà que, mettant cap au sud, j’avais fait les deux cents kilomètres en voiture jusqu’à Manhattan pour aller voir à l’hôpital du Mont-Sinaï un urologue spécialiste d’une méthode destinée à venir en aide aux milliers d’hommes que l’opération de la prostate avait, comme moi, rendus incontinents. »
Extrait de : P. Roth. « Exit le fantôme – Trilogie américaine. »
La tache par Philip Roth

Fiche de La tache
Titre : La tache (tome 3 sur 4 – Trilogie américaine)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 2000
Traduction : J. Kamoun
Editeur : Gallimard
Première page de La tache
« À l’été 1998, mon voisin, Coleman Silk, retraité depuis deux ans, après une carrière à l’université d’Athena où il avait enseigné les lettres classiques pendant une vingtaine d’années puis occupé le poste de doyen les seize années suivantes, m’a confié qu’à l’âge de soixante et onze ans il vivait une liaison avec une femme de ménage de l’université qui n’en avait que trente-quatre. Deux fois par semaine, elle faisait aussi le ménage à notre poste rurale, baraque de planches grises qu’on aurait bien vu abriter une famille de fermiers de l’Oklahoma contre les vents du Dust Bowl dans les années trente, et qui, en face de la station-service, à l’écart de tout, solitaire, fait flotter son drapeau américain à la jonction des deux routes délimitant le centre de cette petite ville à flanc de montagne. »
Extrait de : P. Roth. « La Tache – Trilogie américaine. »
J’ai épousé un communiste par Philip Roth

Fiche de J’ai épousé un communiste
Titre : J’ai épousé un communiste (tome 2 sur 4 – Trilogie américaine)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 1998
Traduction : J. Kamoun
Editeur : Gallimard
Première page de J’ai épousé un communiste
« Ira Ringold avait un frère aîné, Murray, qui fut mon premier professeur d’anglais au lycée, et ce fut par lui que je me liai d’amitié avec Ira. En 1946, Murray rentrait tout juste de l’armée, où il avait servi dans la 17e division aéroportée à la bataille des Ardennes ; en mars 1945, il avait fait le fameux saut par-dessus le Rhin qui marquait le commencement de la fin de la guerre en Europe. C’était à l’époque un type chauve, bourru, insolent, pas aussi grand qu’Ira mais charpenté et athlétique, dont nous sentions la présence au-dessus de nos têtes, dans un état d’éveil permanent. Ses manières, son attitude corporelle étaient d’un naturel parfait, il avait le verbe riche et presque menaçant à force d’intellect. Avec sa passion d’expliquer, de clarifier, de faire comprendre, il décortiquait le moindre sujet pour en faire ressortir les principaux éléments tout aussi méticuleusement qu’il nous proposait l’analyse logique des phrases au tableau. Son talent spécifique résidait dans sa faculté de théâtraliser la recherche, de déployer les sortilèges du conteur alors même qu’il se contentait d’analyser et de passer au crible, à haute voix, ce que nous lisions et écrivions. »
Extrait de : P. Roth. « J’ai épousé un communiste – Trilogie américaine. »
Pastorale américaine par Philip Roth

Fiche de Pastorale américaine
Titre : Pastorale américaine (tome 1 sur 4 – Trilogie américaine)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 1997
Traduction : J. Kamoun
Editeur : Gallimard
Première page de Pastorale américaine
« Le Suédois. Pendant la guerre, quand j’étais dans les petites classes, c’était un nom magique dans notre quartier de Newark, y compris pour les adultes dont les parents avaient grandi dans le vieux ghetto de Prince Street, et dont l’américanisation n’était pas parachevée au point qu’ils se pâment devant les prouesses d’un athlète de lycée. Magique le nom, magique le visage, véritable anomalie génétique. Parmi les rares Juifs au teint clair, dans notre lycée où les Juifs étaient majoritaires, personne ne possédait de près ni de loin le masque viking impassible et les mâchoires carrées de ce blond aux yeux bleus, né dans notre tribu sous l’identité de Seymour Irving Levov.
Le Suédois s’illustrait au football américain comme arrière, au basket-ball comme pivot, et au base-ball comme première base. Seule l’équipe de basket fut jamais d’un bon niveau : elle remporta deux fois le championnat de la ville du temps que Seymour en était le marqueur vedette. Mais, pourvu qu’il se distinguât, le destin de nos équipes sportives nous importait peu, à nous dont les parents, ayant le plus souvent eu la vie trop dure pour s’offrir des études, vénéraient par-dessus tout la réussite universitaire. »
Extrait de : P. Roth. « Pastorale américaine – Trilogie américaine. »