Étiquette : Watson
Orgasmachine par Ian Watson

Fiche de Orgasmachine
Titre : Orgasmachine
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1976
Traduction : M. Pétris
Editeur : Jean-Claude Lattès
Première page de Orgasmachine
« À un mille au large des dernières franges de la Grande Ville, une plate-forme de béton d’un quart de mille de large s’étale dans la mer paresseuse. Elle porte une douzaine de bâtiments bas peints de couleurs vives – orange, jaune, rouge… Comme la plate-forme se relève vers son centre, les bâtiments s’accrochent, caressants, aux flancs d’une grande courbe féminine…
C’est peu après l’aube, alors que l’île n’est pas encore éveillée, qu’une fille à deux seins et aux yeux bleus anormalement grands émerge d’un des édifices et descend vers la mer. Ses yeux, d’un étonnant bleu céruléen, sont presque deux fois plus grands que la normale. Des yeux vraiment remarquables.
Par-dessus la surface inerte de l’eau, son regard se tourne vers la Grande Ville. »
Extrait de : I. Watson. « Orgasmachine. »
Les visiteurs du miracle par Ian Watson
Fiche de Les visiteurs du miracle
Titre : Les visiteurs du miracle
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1978
Traduction : H.-L. Planchat
Editeur : Presses Pocket
Première page de Les visiteurs du miracle
« Debout sur les pédales, l’écolier fonçait à bicyclette sur la grille à bétail.
Devant lui s’étendaient les rides sombres de Swale Moor, maintenant confuses dans la lumière qui déclinait rapidement. La route à voie unique ondulant vers Goosedale était déserte. Des nuages de pluie se hâtaient vers l’est et se dissipaient pour dévoiler les lueurs de quelques étoiles ; Vénus brillait déjà paisiblement tandis que la tour du relais de micro-ondes qui se découpait sur l’affleurement de Garth Rigg projetait les deux petites taches rouges de ses signaux dans le ciel du Yorkshire.
Un mouton insouciant sortit des ajoncs et y retourna aussitôt ; l’enfant serra les freins puis reprit de la vitesse en sifflant. Dans dix minutes il serait de retour à Neapstead, au fond de la vallée.
Son attention fut attirée par une vive lumière violette au-dessus de la tour à micro-ondes – une lueur trop intense pour provenir d’une étoile ou d’une planète. L’étrange lumière descendit en oscillant comme le balancier d’une pendule, puis tourna brusquement autour du relais avant de foncer vers le garçon en survolant la lande. Perplexe, l’écolier freina pour l’observer. »
Extrait de : I. Watson. « Les visiteurs du miracle. »
Les oiseaux lents par Ian Watson

Fiche de Les oiseaux lents
Titre : Les oiseaux lents
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1981
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Denoël
Sommaire de Les oiseaux lents
- Les oiseaux lents
- L’élargissement du monde
- Les socquettes blanches
- Le conférencier fantôme
- Maîtresse du froid
- Dans le miroir de la Terre
- Croisière
- L’univers sur le retour
- La chair et ses poils
- Le mariage mystique de Salomé
- La révolution du Bloomsday
Première page de Les oiseaux lents
« Ce 1er Mai, c’était au tour de Tuckerton d’accueillir le festival de patin à voile.
En fin de matinée, après que les arbitres furent allés sur le verre baliser le circuit avec des fanions rouges, des cumulus envahirent le ciel, promesses de conditions idéales pour la compétition qui aurait lieu dans l’après-midi. Pas de pluie ; on éviterait les trois centimètres d’eau qui avaient noyé le verre à Atherton l’an dernier. Pas de reflet aveuglant pour étourdir les spectateurs comme à Buckby l’année d’avant. Et la brise vivifiante, qui ne menaçait pas de forcir, gonflerait les voiles des concurrents sans les culbuter, contrairement à ce qui s’était passé à Edgewood où, voici quatre ans, on avait déploré deux chevilles cassées et bon nombre de bleus.
Après la course on rôtirait un cochon, ou plutôt les fruits succulents qui l’accompagnaient, puisque l’animal tournait lentement sur sa broche depuis un jour et demi. On mettrait en perce des tonnelets d’Old Codger Ale. Mais pour l’heure, Jason Babbidge ne se souciait que de ses patins à verre et de la voile à main jaune crocus qu’il entendait vérifier. »
Extrait de : I. Watson. « Les oiseaux lents. »
Le voyage de Tchekhov par Ian Watson

Fiche de Le voyage de Tchekhov
Titre : Le voyage de Tchekhov
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1983
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël
Première page de Le voyage de Tchekhov
« Anton se pelotonna dans sa veste en peau de mouton sous son imperméable en cuir de style militaire. Tandis que le boghei traversait en cahotant la nuit sibérienne, il contemplait, engourdi, les derniers restes d’herbe de l’année précédente qui brûlaient sur les champs gelés.
Des langues de feu tissaient sur le sol un entrelacs d’or et de rouge qui éclairait parfois vaguement un bosquet de bouleaux. La nuit néanmoins absorbait aussitôt toute chaleur. La route était gelée, dure comme fer. La parcourir donnait parfois l’impression de rouler sur un alignement d’armures étalées côte à côte.
Depuis combien de temps voyageaient-ils ? Était-ce cinq heures ? Huit ? Les chevaux progressaient, telles de stupides machines, et Volodya, le cocher, était depuis longtemps tombé en catalepsie. Mais Anton n’avait pas encore pris le coup pour parvenir à dormir à travers ce genre d’épreuve. »
Extrait de : I. Watson. « Le voyage de Tchekhov. »
Le monde divin par Ian Watson

Fiche de Le monde divin
Titre : Le monde divin
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1979
Traduction : E. Bakhtadzé
Editeur : Calmann Lévy
Première page de Le monde divin
« CETTE fois, pour faire l’amour, nous découvrons le hublot. Les lumières sont éteintes et nous flottons dans le pâle crépuscule qui a envahi la cabine. Baisers. Caresses.
Dehors, le Haut Espace : un océan de lueurs incertaines, où s’épanouissent et meurent d’imprévisibles volutes brillantes. On pourrait croire aux images distordues d’étoiles aperçues à travers le kaléidoscope du Haut Espace. Mais les instruments du vaisseau n’enregistrent pas la présence d’étoiles. Ce doivent être plutôt les reflets fantomatiques du vaisseau lui-même, d’informes échos de nous-mêmes se répétant à l’infini aux frontières de l’espace normal d’où nous venons et qui nous rappelle.
Ce ne sont peut-être que des atomes détachés de la coque, des particules qui vont s’éparpiller aux confins du Haut Espace ; agglomérées dans notre sillage en monticules de matière solide, elles retournent cascader dans l’hydrogène interstellaire.
« Si loin de la terre, et si proches l’un de l’autre », murmure Peter. »
Extrait de : I. Watson. « Le monde divin. »
Le modèle Jonas par Ian Watson

Fiche de Le modèle Jonas
Titre : Le modèle Jonas
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1975
Traduction : M. Perrin
Editeur : Calmann Lévy
Première page de Le modèle Jonas
« IL fend les eaux au-dessus d’une chaîne de montagnes. Les sommets en dos-d’âne surgissent brutalement des abysses bourbeux, jalonnant un dédale de gorges sinistres dont chacune abrite peut-être un de ces gigantesques Dix-Bras rusés, aux ventouses meurtrières et aux membres d’acier.
Pourquoi cette allusion à l’acier ?
Lisse et rigide, l’Acier renferme des cavités comme celles qui abritent les intestins, l’estomac, les poumons ; mais là s’arrête le parallèle puisque ces poches vides ne répondent par aucune modification de forme au milieu environnant.
L’Acier n’a aucun rapport avec un Dix-Bras… à moins qu’il en existe une espèce déformable, susceptible de se lover et de se tordre ; mais en tout cas, lui n’en avait encore jamais rencontré ! Résistant comme l’acier est une… métaphore. Une approche de la réalité.
Approche plutôt vague et faussée, d’ailleurs. »
Extrait de : I. Watson. « Le modèle Jonas. »
La mort en cage par Ian Watson

Fiche de La mort en cage
Titre : La mort en cage
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1981
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : Calmann Lévy
Première page de La mort en cage
« L’unique voiture du monorail de Gracchus laissa brusquement derrière elle l’obscurité du dernier tunnel et fut nimbée par la clarté chaude et dorée de la vallée. Jim Todhunter découvrait Egremont et ce qu’il voyait le comblait de bonheur.
La vallée et la communauté qui y vivait paraissaient aussi idylliques que le voulait leur réputation. Et si Jim regrettait Gracchus et les recherches sur la mort qu’il avait effectuées dans cette ville, il ne pouvait considérer le fait d’être muté à Egremont comme une sanction. Un tel transfert évoquait plutôt un prix de consolation.
Jim déplia la carte que Noël Resnick, le Maître du Mouroir d’Egremont, lui avait fait parvenir juste avant son départ. Pendant que le monorail descendait en soupirant vers les faubourgs, il tenta de faire correspondre les tracés de ce plan avec les détails de la scène qui s’offrait à lui. »
Extrait de : I. Watson. « La Mort en cage. »
L’inca de Mars par Ian Watson

Fiche de L’inca de Mars
Titre : L’inca de Mars
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1977
Traduction : D. Neumann
Editeur : Calmann Lévy
Première page de L’inca de Mars
« A trente mille kilomètres de la terre, la sonde Zayits fonçait pour effectuer sa rentrée dans l’atmosphère. Le robot « Lièvre » allait se poser en douceur sur les champs de neige du Kazakhstan. Ses parachutes de freinage s’ouvriraient à six mille mètres. A quatre mille mètres, le parachute principal, de couleur orange, s’ouvrirait à son tour. Sa corolle déployée trancherait sur la neige, qui, bien que le plus fort de l’hiver fût déjà passé, recouvrait encore le sol russe d’un duvet blanc et craquant.
Du flanc du robot « Lièvre » fusa un léger panache d’oxygène et de minuscules débris de métal. Au centre de contrôle de Tyuratam les observateurs aux télémètres, désespérés, annoncèrent l’échec de la dernière et principale correction de trajectoire. Le « Lièvre » était blessé. Ils n’avaient aucun moyen de redresser la course du vaisseau. Ironie du sort : l’angle de plongée était resté le même. L’engin pouvait toujours effectuer sa rentrée dans l’atmosphère sans être totalement carbonisé. Pourtant le « Lièvre » fonçait vers une zone de l’atmosphère à quelques degrés au sud de l’Équateur et se trompait de pays.
Le parachute principal devait toujours s’ouvrir automatiquement à quatre mille mètres. Mais les Andes culminaient plus haut. Et le haut plateau habité – l’Altiplano bolivien – qu’elles entourent s’élève à cette hauteur, dans l’air raréfié, comme un faubourg de l’espace… »
Extrait de : I. Watson. « L’Inca De Mars. »
L’enchâssement par Ian Watson

Fiche de L’enchâssement
Titre : L’enchâssement
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1973
Traduction : D. Pemerle
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’enchâssement
« CHRIS SOLE s’habillait rapidement. Eileen l’avait déjà appelé une première fois. La seconde fois, le facteur venait de passer.
« Il y a une lettre du Brésil ! cria-t-elle du bas de l’escalier. Une lettre de Pierre…»
De Pierre ? Dans quel but écrivait-il ? Il appréhendait d’avoir de ses nouvelles. Depuis la naissance de leur enfant, Eileen était si distante, si indifférente, accaparée par ses problèmes personnels, par Peter et par ses souvenirs. Et, face à cette indifférence, Chris ne se sentait plus de taille à lutter. Disons, pour être franc, qu’il avait baissé les bras. Quel effet aurait donc sur elle la lettre de son ancien amant ? Surtout, qu’elle ne fasse pas trop de vagues, espéra-t-il.
La porte-fenêtre lui résuma le spectacle habituel de champs noirs, des autres maisons du personnel et de l’hôpital qui, à moins d’un kilomètre de là, portait à son sommet l’anxiété matinale dont il était souvent, au détour des collines, la proie. Il y jeta un rapide coup d’œil. Il se réveillait et il allait se rendre à l’hôpital. Pour ces deux raisons, il frissonna. »
Extrait de : I. Watson. « L’enchâssement. »
Chronomachine lente par Ian Watson

Fiche de Chronomachine lente
Titre : Chronomachine lente
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1979
Traduction : E. Vonaburg
Editeur : Editions J. C. Lattès
Sommaire de Chronomachine lente
- Ton sang, tel du lait
- Sur un tabouret en bois d’étoile
- Agoraphobie, an 2000
- Une histoire d’amour programmée
- La fille qui était de l’art
- La belle convergence de nos amours géodésiques
- Rêves d’immunité
- Mon âme à la nage dans un bocal à poisson rouge
- Les réfugiés de Roentgen
- Nos rêves renversés
- De la cuisson du héros-prime au printemps
- L’horizon événementiel
- La machine à voyager très lentement dans le temps
Première page de Ton sang, tel du lait
« Avez-vous déjà hurlé à votre infirmière de s’en aller, de vous laisser tranquille – l’avez-vous haïe comme vous n’avez jamais haï quelqu’un ? Et l’avez-vous suppliée, comme vous n’avez jamais supplié personne de toute votre fière existence ?
Nous étions dix dans la salle, emprisonnés dans nos réseaux de plastique, mais il n’y en avait que trois qui comptaient vraiment, Shanahan, Grocholski et moi, parce que nous étions trois chefs. Mais c’était un grand coup pour eux, en vérité, trois chefs à la fois ! Avec quelle habileté l’hôpital ne faisait-il pas des distinctions entre les braves ordinaires et nous : la dose supplémentaire de sensibilisateurs neurologiques dans la seringue, l’absence de tout narcotique. Nous étions là, suspendus au bord à vif de la douleur, grinçant des dents tandis qu’on ouvrait les robinets, et parfois, quand nos vaisseaux sanguins brûlaient comme un second système nerveux en flammes dans notre corps, et que nous avions l’impression d’être rôtis sur un gril, de l’intérieur vers l’extérieur – alors nous cédions, nous nous mettions à hurler, alors que les braves, lorsqu’ils se faisaient traire, gémissaient, mais sans aller jusqu’au cri. »
Extrait de : I. Watson. « Chronomachine lente. »