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Les mystères de Londres par Paul Féval
Fiche de Les mystères de Londres
Titre : Les mystères de Londres
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1844
Editeur : WikiSources
Sommaire de Les mystères de Londres
- Les gentilshommes de la nuit
- La fille du pendu
- La grande famille
- Le marquis de Rio-Santo
Première page de Les gentilshommes de la nuit
« PAR LE BROUILLARD.
Un soir de novembre, — un soir de dimanche, — le bon capitaine Paddy O’Chrane était attablé devant un gigantesque verre de grog dans le parloir de la taverne The Crown’s Arms.
Comme il y a dans Londres un demi-cent de tavernes qui portent pour enseigne les Armes de la Couronne, nous ne croyons pas inutile de spécifier que l’établissement dont nous parlons ouvre ses quatre fenêtres, ornées de rideaux rouges, et sa porte qui surmonte un raide perron de cinq marches, dans Water-Street, au quartier de la Tour.
Quant au capitaine Paddy, c’était un Irlandais de six pieds de long sur six pouces de diamètre, vêtu d’un frac bleu à boutons noirs, d’une culotte chamois, bouclant sur des bas de filoselle, et chaussé de larges souliers non cirés. De l’autre côté du parloir s’asseyait un homme d’une quarantaine d’années, à la physionomie honnête et calme. Il portait un costume décent, sans prétentions à l’élégance, mais éloignant toute idée de gêne.
Ses yeux, immobiles et dilatés, avaient le regard fixe des yeux qui ne voient plus. Il venait parfois à la taverne, où il était connu sous le nom de Tyrrel l’Aveugle. »
Extrait de : P. Féval. « Les Mystères de Londres. »
Les Cinq par Paul Féval
Fiche de Les Cinq
Titre : Les Cinq
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1875
Editeur : WikiSource
Première page de Les Cinq
« Au mois de Mai 1844, mourut, à Paris, un vieil homme immensément riche, qui portait sans bruit un nom des plus illustres.
Il possédait, en Valachie, toute une population de paysans serbes et tziganes qui cultivaient ses domaines, vastes comme un royaume, mais il vivait, seul et triste, dans une toute petite chambre d’un vieil hôtel, situé rue Pavée, au Marais.
Bien des gens croyaient qu’il était seulement un maigre locataire dans cette maison quasi-royale, cousine du Louvre, et qu’un Valois avait fait bâtir, au XVIe siècle, pour le fils de la plus charmante créature qui ait été jamais la maîtresse d’un roi.
On l’appelait le bonhomme Michel, tout court, mais ses lettres de décès invitèrent l’élite du faubourg Saint-Germain aux « convoi, service et enterrement de haut et puissant prince Michel Paléologue. »
C’était, ce bonhomme, le descendant direct des empereurs d’Orient. »
Extrait de : P. Féval. « Les Cinq. »
La forêt de Rennes par Paul Féval
Fiche de La forêt de Rennes
Titre : La forêt de Rennes
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1880
Editeur : WikiSources
Première page de La forêt de Rennes
« Le voyageur qui va de Paris à Brest, de la capitale du royaume à la première de nos cités maritimes, s’endort et s’éveille deux fois bercé par le cahoteux balancement de la diligence, avant d’apercevoir les maigres moissons, les pommiers trapus et les chênes ébranlés de la pauvre Bretagne. Il s’éveille la première fois dans les plaines fertiles du Perche, tout près de la Beauce, ce paradis des négociants en farine : il se rendort poursuivi par l’aigrelet parfum du cidre de l’Orne, et par le patois nasillard des naturels de la Basse-Normandie. Le lendemain matin, le paysage a changé : c’est Vitré, la gothique momie, qui penche ses maisons noires et les ruines chevelues de son château sur la pente roide d’une abrupte colline ; ce sont de vastes prairies plantées çà et là de saules et d’oseraies où la Vilaine plie et replie en mille fantasques détours son étroit ruban d’azur. Le ciel, bleu la veille, est devenu gris ; l’horizon a perdu son ampleur, l’air a pris une saveur humide qui énerve l’appareil de la respiration. Au loin, sur la droite, derrière une série de monticules arides et couverts de genêts, on aperçoit une ligne noire. C’est la forêt de Rennes. »
Extrait de : P. Féval. « La Forêt de Rennes. »
Fontaine aux perles par Paul Féval
Fiche de Fontaine aux perles
Titre : Fontaine aux perles
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1880
Editeur : WikiSources
Première page de Fontaine aux perles
« Les deux voyageurs
En 1772, la forêt de Rennes rejoignait encore, par une ligne non interrompue de taillis, les grands bois de Broons. La petite rivière de Vanvre, modeste affluent de la Vilaine, coulait obscurément parmi les vastes friches et les interminables bruyères qui côtoyaient la lisière orientale de la foret.
À peu près à égale distance du bourg de la Bouëxière et de Thorigné, la Vanvre s’encaissait en un petit vallon dont les rampes se couvraient de jeunes taillis, entre lesquels de rares baliveaux dressaient ça et là leurs têtes rondes.
La route qui conduisait de Broons à Saint-Aubin-du-Cormier, route dont s’éloigne considérablement le nouveau chemin communal, suivait une sorte de ravin qui venait couper à angle droit la petite vallée et le cours de la Vanvre.
Cette route, creuse, descendait presque à pic la rampe nord du vallon et venait aboutir à un petit pont formé de deux madriers, soutenus dans l’eau par des poutres.
Les voitures ne pouvaient point passer sur cette arche frêle, et il fallait avoir confiance en sa monture pour s’y risquer à cheval. »
Extrait de : P. Féval. « Fontaine aux Perles. »