Auteur/autrice : CH91

 

Soumettez-vous à la nuit 2 par Glen Cook

Fiche de Soumettez-vous à la nuit 2

Titre : Soumettez-vous à la nuit 2 (Tome 4 sur 4 – Les instrumentalités de la nuit)
Auteur : Glen Cook
Date de parution : 2010
Traduction : F. Reichert
Editeur : L’Atalante

Première page de Soumettez-vous à la nuit 2

« Une migration massive était en train depuis l’Orient éloigné vers la rive la plus orientale de la mer Basse ; familles, clans et tribus décimées bravaient le cœur de l’hiver contre vents et marées. Quelque part, très loin, Celui-qui-marche-avec-le-vent était blessé et désorienté. Peut-être n’y aurait-il plus d’autres occasions de lui échapper.
Peu étaient bien reçus. Partout les ressources s’épuisaient. On assistait souvent à des batailles plus âpres que là où les Choisis restaient les guerriers esclaves du dieu de l’hiver.
L’empire de Tsistimed le Doré faisait exception. Les réfugiés y étaient bien accueillis s’ils consentaient à devenir ses sujets, tant avaient été cruelles les pertes de l’empire lors de sa bataille contre Kharoulke.
Tsistimed bouillait sans interruption. Ses proches craignaient de le voir succomber d’une apoplexie à la suite d’une crise trop aiguë de fureur. Les Ghargarliciens ripostaient. Ils avaient repris plusieurs villes dont les nomades avaient abattu les murailles. Le khaïfat de Qasr al-Zed restait rebelle il récusait toutes les ambassades et exécutait les marchands et artisans pris en flagrant délit de reconnaissance. »

Extrait de : G. Cook. « Soumettez-vous à la nuit 2 – Les instrumentalités de la nuit. »

Soumettez-vous à la nuit 1 par Glen Cook

Fiche de Soumettez-vous à la nuit 1

Titre : Soumettez-vous à la nuit 1 (Tome 3 sur 4 – Les instrumentalités de la nuit)
Auteur : Glen Cook
Date de parution : 2010
Traduction : F. Reichert
Editeur : L’Atalante

Première page de Soumettez-vous à la nuit 1

« Des soixante-dix Choisis qui avaient quitté la glaciale Sparmagen ne restaient plus que dix-huit chasseurs sacrés en route vers le sud. La plupart étaient ou avaient été blessés. Cinq d’entre eux devaient rester attachés à leur selle. Une fois le portail franchi, ils s’étaient rendu compte que Drengtin Skyre avait trépassé depuis si longtemps que son cadavre était déjà glacé. Son poney était dans un état d’angoisse surnaturel.
Le portail ne présentait rien de remarquable. Ce n’était qu’une ouverture dans une palissade. De l’autre côté, il y avait de la glace et un verglas de flocons durcis. Un vent démentiel chassait aléatoirement les feuilles mortes. Derrière la palissade, le monde serait peut-être plus chaud. Les feuilles y étaient détrempées. Le vent ne parvenait pas à les soulever.
Hâves et dépenaillés, les pèlerins aux cheveux ornés d’ossements et de petites têtes de mort observaient les bois dépouillés par l’hiver. On pouvait tout juste distinguer une sorte d’édifice de pierre grise à travers les arbres squelettiques. Chaque assassin sacré espérait y trouver leur gibier, afin que cette rude quête touchât à sa fin. »

Extrait de : G. Cook. « Soumettez-vous à la nuit 1 – Les instrumentalités de la nuit. »

Seigneur du royaume silencieux par Glen Cook

Fiche de Seigneur du royaume silencieux

Titre : Seigneur du royaume silencieux (Tome 2 sur 4 – Les instrumentalités de la nuit)
Auteur : Glen Cook
Date de parution : 2007
Traduction : F. Reichert
Editeur : L’Atalante

Première page de Seigneur du royaume silencieux

« La glace avance tous les hivers. Le monde refroidit. Les mers baissent. Dans l’Andoray septentrionale, les hordes de rennes et les mystiques Seatts ont disparu. Les fermes et les pâturages, les collines et les fjords qui faisaient vivre les belliqueux Andorayens deux siècles plus tôt sont ensevelis sous une glace si épaisse qu’on ne distingue plus les hautes montagnes sauvages. De l’autre côté du monde – mais de façon moins accentuée à Ihrian – les puits du pouvoir s’affaiblissent.
Jusqu’à très récemment encore, ces changements spectaculaires sont restés confinés aux lointaines marges de la civilisation. Mais, dernièrement, ils ont commencé à réellement affecter la mer Utérine. Le flot des réfugiés a permis de lever des armées à des tarifs de misère. Alors même que l’Église épiscopale est dirigée par un patriarche monomaniaque persuadé d’être l’instrument divin destiné à extirper l’hérésie et à écraser les incroyants pour offrir le salut et la miséricorde de Dieu à toute l’humanité, en oubliant, comme tant d’autres avant lui, qu’un dieu omnipotent saurait mener cette mission à bien sans l’assistance des mortels. »

Extrait de : G. Cook. « Seigneur du royaume silencieux – Les instrumentalités de la nuit. »

La tyrannie de la nuit par Glen Cook

Fiche de La tyrannie de la nuit

Titre : La tyrannie de la nuit (Tome 1 sur 4 – Les instrumentalités de la nuit)
Auteur : Glen Cook
Date de parution : 2005
Traduction : F. Reichert
Editeur : L’Atalante

Première page de La tyrannie de la nuit

« C’est une époque qui vacille au bord d’un abîme ténébreux et, comme fascinée, plonge frileusement le regard dans les yeux vitreux du chaos, tel le rat étourdi s’efforçant de toiser le cobra affamé. Les dieux s’affairent inlassablement, sans répit, se tournent et se retournent dans leur sommeil, se réveillent par intermittence pour tramer de nouveaux forfaits. Leur progéniture bâtarde, les centaines de millions d’esprits de la roche, des ruisseaux et des arbres, de l’espace, du temps et des émotions, découvrent que les vieilles serrures sont vermoulues. La poterne du Destin est entrebâillée. Le monde affronte un âge de terreur, de conflits, de haute sorcellerie, de grands bouleversements et d’un désespoir encore plus profond parmi les mortels. Et les falaises de glace continuent de progresser centimètre par centimètre.
De grands rois arpentent la surface de la terre. La collision est inévitable. Des idées fortes balaient la surface d’un monde habitable qui rétrécit comme peau de chagrin. Elles ne peuvent qu’attiser la haine et la peur parmi ceux qui adhèrent, sous une pression sans cesse croissante, à des dogmes et des doctrines.
Comme toujours, ceux qui travaillent en ce monde paient le plus chèrement sa souffrance. »

Extrait de : G. Cook. « La tyrannie de la nuit – Les instrumentalités de la nuit. »

Le pouvoir de l’or blanc par Stephen R. Donaldson

Fiche de Le pouvoir de l’or blanc

Titre : Le pouvoir de l’or blanc (Tome 6 sur 6 – Les chroniques de Thomas Covenant)
Auteur : Stephen R. Donaldson
Traduction : I. Troin
Date de parution : 1983
Editeur : Le pré aux clercs

Première page de Le pouvoir de l’or blanc

« GÊNÉE PAR L’ABSENCE DE SON MÂT PRINCIPAL, la Gemme de la voie céleste vira pesamment vers le nord, tournant sa poupe vers l’eau saturée de sable et d’écume qui trahissait la disparition de l’Arbre primordial. Des géants s’affairaient dans la mâture, poussés d’une ligne à l’autre par le rauque aiguillon des ordres de Sevinnand, alors que Songemer gisait, mort, sur le pont en contrebas. Debout à la poupe du navire, le maître d’ancre – silhouette sèche et visage buriné – glapissait ses instructions d’une voix éraillée par trop de chagrin contenu. Lorsque la célérité de l’équipage laissait à désirer, Ragetyphon, le maître de cale, secondait Sevinnand en lançant ses aboiements tels des projectiles de granit. Elle ne connaissait pas d’autre moyen d’endurer la ruine de l’expédition. Si le dromond se dirigeait vers le nord, c’était uniquement pour mettre de la distance entre lui et la tombe abyssale de son espoir. »

Extrait de : S.R Donaldson. « Le pouvoir de l’or blanc – Les chroniques de Thomas Covenant. »

L’arbre primordial par Stephen R. Donaldson

Fiche de L’arbre primordial

Titre : L’arbre primordial (Tome 5 sur 6 – Les chroniques de Thomas Covenant)
Auteur : Stephen R. Donaldson
Traduction : I. Troin
Date de parution : 1982
Editeur : Le pré aux clercs

Première page de L’arbre primordial

« LINDEN AVERY MARCHAIT À CÔTÉ DE COVENANT dans les couloirs de Coercri. En contrebas, le vaisseau de pierre des géants, la Gemme de la voie céleste, glissait vers l’unique jetée intacte qui saillait encore au pied de l’ancienne cité, mais la jeune femme ne lui prêtait aucune attention. Plus tôt, elle avait vu la façon miraculeuse dont le dromond à la fois massif et délicat chevauchait les vagues. Malgré ses voiles gonflées, il manœuvrait avec une précision remarquable. Il constituait un moyen providentiel, pour Covenant et Linden, de poursuivre leur quête. La jeune femme aurait dû l’étudier avec plaisir tandis que, accompagnés par Brinn, Cail et Veyn, qui fermait la marche, Covenant et elle descendaient vers la grève rocheuse de la Désespérance. La vitalité qu’exsudait le vaisseau de pierre réjouissait ses sens. »

Extrait de : S.R Donaldson. « L’Arbre Primordial – Les chroniques de Thomas Covenant. »

Le rituel de sang par Stephen R. Donaldson

Fiche de Le rituel de sang

Titre : Le rituel de sang (Tome 4 sur 6 – Les chroniques de Thomas Covenant)
Auteur : Stephen R. Donaldson
Traduction : I. Troin
Date de parution : 1978
Editeur : Pocket

Première page de Le rituel de sang

« LORSQUE LINDEN AVERY ENTENDIT FRAPPER À SA PORTE, elle poussa un grognement. Elle était d’une humeur noire et ne voulait voir personne. Elle n’aspirait qu’à une douche froide et à un peu de tranquillité – une chance de s’habituer à l’austérité intentionnelle de sa nouvelle demeure.

Elle avait passé le plus gros d’un après-midi de printemps étrangement lourd à emménager dans l’appartement que l’hôpital avait loué pour elle, transportant sa maigre garde-robe, ses meubles inadéquats et un tas de cartons remplis de livres depuis sa berline fatiguée jusqu’au premier étage de la vieille maison en bois accroupie au milieu des mauvaises herbes tel un crapaud perclus de rhumatismes.

Quand elle était entrée dans l’appartement pour la première fois, Linden avait découvert trois pièces et une salle de bains aux murs jaunes crasseux et au plancher recouvert par une simple couche de peinture beige écaillée. Une atmosphère de désuétude confinant à l’insalubrité… Un message traînait, qui avait dû être glissé sous la porte. D’épaisses lignes écarlates comme du sang frais ou du rouge à lèvres formaient un triangle grossier, à l’intérieur duquel se détachaient ces deux mots : « JÉSUS SAUVE.  »

Extrait de : S. R Donaldson. « Le rituel du sang – Les chroniques de Thomas Covenant. »

La terre dévastée de Stephen R. Donaldson

Fiche de La terre dévastée

Titre : La terre dévastée (Tome 3 sur 6 – Les chroniques de Thomas Covenant)
Auteur : Stephen R. Donaldson
Traduction : I. Troin
Date de parution : 1977
Editeur : Le pré aux clercs

Première page de La terre dévastée

« THOMAS PARLAIT EN DORMANT. Parfois, il s’en rendait compte ; telles des étincelles d’innocence, les fragments de sa voix pénétraient son sommeil. Mais si lourd était le poids de son épuisement qu’il ne parvenait pas à s’y arracher. Il bredouillait comme tant de gens avant lui, malades ou en bonne santé, fidèles ou infidèles. Dans son cas, cependant, il n’y avait personne pour l’entendre. Il n’aurait pas été plus seul s’il avait été le dernier rêveur sur Terre.

Quand une sonnerie aiguë et insistante le transperça, il se réveilla en hurlant.

L’espace d’une seconde après s’être redressé en sursaut, il ne put faire la différence entre le téléphone et sa propre terreur. Tous deux se répercutaient à travers le brouillard de son esprit ainsi que l’écho d’un tourment. Puis la sonnerie retentit à nouveau. Elle tira Covenant hors du lit, le poussa titubant tel un ivrogne vers le salon, le força à décrocher. Ses doigts, engourdis par la maladie, eurent du mal à trouver une prise sur le combiné et quand il réussit enfin à s’en saisir, il le porta au côté de sa tête comme un pistolet avec lequel il aurait voulu se faire sauter la cervelle. »

Extrait de : S.R Donaldson. « La Terre Dévastée – Les chroniques de Thomas Covenant. »

La retraite maudite par Stephen R. Donaldson

Fiche de La retraite maudite

Titre : La retraite maudite (Tome 2 sur 6 – Les chroniques de Thomas Covenant)
Auteur : Stephen R. Donaldson
Traduction : I. Troin
Date de parution : 1977
Editeur : Le pré aux clercs

Première page de La retraite maudite

« LE TEMPS QUE THOMAS COVENANT arrive au Refuge, ses souvenirs lui étaient déjà devenus un fardeau insupportable.

En ouvrant la porte de son domicile, il fut de nouveau confronté à l’ordre stérile du salon. Les meubles et les objets étaient exactement là où il les avait laissés – comme si rien ne s’était produit, comme s’il ne venait pas de passer les quatre dernières heures dans le coma ou dans un autre monde, où sa maladie avait été éradiquée… bien que ce fût impossible. Ses doigts et ses orteils aux nerfs morts étaient toujours froids et engourdis. Rien ne pourrait jamais changer cela.

Comme les autres pièces de la maison, le salon était arrangé et capitonné pour protéger Covenant contre le danger omniprésent des meurtrissures, des coupures et des brûlures, potentiellement fatales – car, ne pouvant les sentir, il risquait de les laisser s’infecter. Là, gisant sur la table basse, il aperçut le roman qu’il était en train de lire la veille, alors qu’il hésitait à se rendre en ville. Celui-ci était toujours ouvert à une page qui avait eu un sens très différent pour lui quelques heures plus tôt. « […] Modeler la matière incohérente et vertigineuse dont les rêves se composent est la tâche la plus difficile qu’un homme puisse entreprendre […] Les rêves des hommes appartiennent à Dieu.  »

Extrait de : S.R Donaldson. « La Retraite Maudite – Les chroniques de Thomas Covenant.  »

La malédiction du rogue par Stephen R. Donaldson

Fiche de La malédiction du rogue

Titre : La malédiction du rogue (Tome 1 sur 6 – Les chroniques de Thomas Covenant)
Auteur : Stephen R. Donaldson
Traduction : I. Troin
Date de parution : 1977
Editeur : Le pré aux clercs

Première page de La malédiction du rogue

« ELLE SORTIT DU MAGASIN juste à temps pour voir son jeune fils jouer sur le trottoir – droit sur le passage de l’homme gris et émacié qui descendait la rue à grandes enjambées raides, telle une épave mécanique. L’espace d’un instant, son cœur défaillit. Puis elle bondit en avant, saisit l’enfant par le bras et le tira vers elle, à l’écart de la menace.

L’homme passa sans tourner la tête. Tandis qu’il s’éloignait, elle siffla dans son dos :

— Allez-vous-en ! Filez d’ici ! Vous devriez avoir honte !

Thomas Covenant continua à marcher avec la régularité d’un mécanisme d’horloge remonté à bloc. Mais en lui-même, il s’exclama : « Je devrais avoir honte ? » Son visage se tordit en une grimace féroce. « Prenez garde à l’impur ! »

Il voyait bien que les gens qu’il croisait – ces gens qui le connaissaient, et dont le nom, la maison et la poignée de main lui étaient familiers – faisaient un écart pour l’éviter. Certains d’entre eux semblaient retenir leur souffle. L’indignation de Covenant retomba. Ceux-là n’avaient pas besoin de l’ancien avertissement rituel. Il se concentra pour réprimer le rictus spasmodique qui s’attardait sur ses traits et laissa la machinerie de sa volonté l’emporter plus loin, un pas après l’autre. »

Extrait de : S.R Donaldson. « La Malédiction du Rogue – Les chroniques de Thomas Covenant. »