Auteur/autrice : CH91

 

Les mystères de Londres par Paul Féval

Fiche de Les mystères de Londres

Titre : Les mystères de Londres
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1844
Editeur : WikiSources

Sommaire de Les mystères de Londres

  • Les gentilshommes de la nuit
  • La fille du pendu
  • La grande famille
  • Le marquis de Rio-Santo

Première page de Les gentilshommes de la nuit

« PAR LE BROUILLARD.

Un soir de novembre, — un soir de dimanche, — le bon capitaine Paddy O’Chrane était attablé devant un gigantesque verre de grog dans le parloir de la taverne The Crown’s Arms.
Comme il y a dans Londres un demi-cent de tavernes qui portent pour enseigne les Armes de la Couronne, nous ne croyons pas inutile de spécifier que l’établissement dont nous parlons ouvre ses quatre fenêtres, ornées de rideaux rouges, et sa porte qui surmonte un raide perron de cinq marches, dans Water-Street, au quartier de la Tour.
Quant au capitaine Paddy, c’était un Irlandais de six pieds de long sur six pouces de diamètre, vêtu d’un frac bleu à boutons noirs, d’une culotte chamois, bouclant sur des bas de filoselle, et chaussé de larges souliers non cirés. De l’autre côté du parloir s’asseyait un homme d’une quarantaine d’années, à la physionomie honnête et calme. Il portait un costume décent, sans prétentions à l’élégance, mais éloignant toute idée de gêne.
Ses yeux, immobiles et dilatés, avaient le regard fixe des yeux qui ne voient plus. Il venait parfois à la taverne, où il était connu sous le nom de Tyrrel l’Aveugle. »

Extrait de : P. Féval. « Les Mystères de Londres. »

Les fanfarons du roi par Paul Féval

Fiche de Les fanfarons du roi

Titre : Les fanfarons du roi
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1843
Editeur : Bibebook

Première page de Les fanfarons du roi

« Vers la fin de mai de l’année 1662, à deux heures de relevée, un brillant cortège déboucha de la rue Neuve et envahit la place majeure de Ajuda qui était une des plus larges de la vieille ville de Lisbonne. C’étaient tous gens de guerre à cheval, splendidement empanachés, et faisant caracoler leurs montures au grand déplaisir des bourgeois qui se collaient à la muraille, en grommelant tout autre chose que des bénédictions.

Les gens du cortège ne s’inquiétaient guère de si peu. Ils avançaient toujours, et bientôt le dernier cavalier eut tourné l’encoignure de la rue Neuve. Alors, les trompettes sonnèrent à grand fracas, et le cortège se rangea en cercle autour d’un seigneur de mine arrogante, lequel toucha négligemment son feutre, et déroula un parchemin scellé aux armes de Bragance.

– Trompettes, sonnez ! dit-il d’une voix rude qui contrastait fort avec son élégante façon de chevaucher, n’avez-vous plus d’haleine ? »

Extrait de : P. Féval. « Les Fanfarons du Roi. »

Les errants de la nuit par Paul Féval

Fiche de Les errants de la nuit

Titre : Les errants de la nuit
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1880
Editeur : BnF

Première page de Les errants de la nuit

« Ce sont des paysages magnifiques et variés à l’infini : de grandes forêts, des rivières, des montagnes. Cela s’appelle les Ardennes ; c’est plein de souvenirs. Et nul ne saurait dire pourquoi la poésie s’est retirée de ces admirables campagnes.

Est-ce l’odeur des moulins à foulons, ou la fumée noire des cheminées de la fabrique ? Cette charmante rivière, la Meuse, coule tout doucement et sans jamais faire de folies parmi les belles prairies un peu fades. On voit bien déjà qu’elle est prédestinée à baigner les fanges grasses de la pacifique Hollande.

Ce n’est pas la Loire, celle-là, riante aussi, mais si fière ! Ce n’est pas le Rhône, ce dieu fougueux ! Ce n’est pas la Seine, l’élégante, la française, qui baigne tant de palais et tant de cathédrales !

C’est bien la France encore, mais une France à part. La poésie n’est pas là comme en d’autres campagnes de notre pays, moins pittoresques, assurément, ni comme en d’autres villes moins riches. Le caractère manque ici parce que la ville a envahi la campagne, et la campagne la ville par la porte de la fabrique. »

Extrait de : P. Féval. « Les Errants de la nuit. »

Les contes de nos pères par Paul Féval

Fiche de Les contes de nos pères

Titre : Les contes de nos pères
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1845
Editeur : Bibebook

Sommaire de Les contes de nos pères

  • Le petit gars
  • Le val-aux-fées
  • Force et faiblesse
  • La mort de César
  • Jouvente de la tour
  • Le médecin bleu

Première page de Le petit gars

« L’HOSPITALITE.

La paroisse de Cournon se cache au fond d’une riante vallée qu’arrose le lent et tortueux courant de la rivière d’Oust. Son petit clocher dépasse à peine les toits de chaume de ses cabanes, lesquelles, au nombre de trente au plus, se groupent au hasard sur un microscopique mamelon. De loin, on les prendrait pour un troupeau de brebis qu’une panique aurait rassemblées en ce lieu ; on s’attend presque à les voir tout à coup redescendre la colline et bondir par les hautes herbes, le long des bords aplatis de la rivière.

Les vieilles gens de la paroisse de Cournon savent de belles histoires de revenants qu’ils content aux veillées d’été, dans la grange de M. le recteur, – aux veillées d’hiver, sous le vaste manteau de la cheminée d’une ferme, en faisant rôtir des châtaignes sous la cendre, pour les manger ensuite, arrosées de bon cidre. »

Extrait de : P. Féval. « Les Contes de nos pères. »

Les compagnons du silence 2 par Paul Féval

Fiche de Les compagnons du silence 2

Titre : Les compagnons du silence 2
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1857
Editeur : Marabout

Première page de Les compagnons du silence 2

« Il y avait du monde partout, cette nuit : dans les salons et dans les galeries, sur les terrasses embaumées de fleurs, dans les parterres, sous les bosquets, le long des rampes illuminées qui montaient à ce chapeau chinois, léger et hardi, nommé le belvédère, au fond des grottes où régnait un suave demi-jour. La cour était là, brillants seigneurs et belles dames.

Quand Doria donnait la fête, on venait de loin. Vous eussiez entendu parler sous les orangers tous les dialectes de l’Italie : la grave langue de Rome, le pur florentin, le piémontais déjà tudesque, et le vénitien, qui a pris des mots à tous les idiomes de la terre.

Il n’y a guère de grande famille dans la péninsule italique qui ne se vante d’être alliée à Doria. Rien qu’avec ses nobles parents, Doria pouvait emplir ses galeries, ses salons et ses jardins. »

Extrait de : P. Féval. « Les Compagnons du Silence II. »

Les compagnons du silence 1 par Paul Féval

Fiche de Les compagnons du silence 1

Titre : Les compagnons du silence 1
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1857
Editeur : Marabout

Première page de Les compagnons du silence 1

« C’était autrefois un paradis terrestre. Pythagore, fils de ces contrées heureuses, les appelait le jardin du monde. C’était la grande Grèce, baignée par trois mers : la Daunie, où naquit Horace ; la Lucanie, où Annibal porta ce coup terrible à la puissance romaine, la bataille de Cannes ; c’était aussi l’Apulie et la Campanie, où le même Annibal s’endormit délicieusement sur son lit de roses et de lauriers. Depuis Parthénope jusqu’à Sybaris, depuis Solmone, patrie d’Ovide, jusqu’à Drepanum, tout au bout de la Sicile, Cérès favorable épargnait à l’homme le travail des champs. Fleurs et fruits venaient sans culture. Maintenant, cela s’appelle le royaume de Naples ou des Deux-Siciles. En cherchant bien, Annibal y trouverait de quoi refaire ses délices de Capoue. Mais Cérès, détrônée, ne protège plus la mollesse de ces peuples.

Il y a eu comme un grand châtiment. Cette luxuriante écorce qui recouvrait la terre des Calabres s’est violemment déchirée, un vent de ruine a soufflé, laissant çà et là dans la campagne désolée d’adorables oasis, comme pour faire regretter mieux aux fils déshérités des heureux les splendeurs de l’Éden perdu. »

Extrait de : P. Féval. « Les Compagnons du Silence I. »

Théo Varlet

Présentation de Théo Varlet :

Théo Varlet (1878-1938), de son nom complet Léon Louis Étienne Théodore Varlet, est un poète, romancier de fantastique et de science-fiction et traducteur français, une figure originale et méconnue du début du XXe siècle.

Jeunesse et carrière poétique

Né à Lille le 12 mars 1878, Théo Varlet grandit dans un milieu aisé, son père étant avocat. Il se lance rapidement dans la littérature, publiant ses premiers poèmes, Heures de Rêve, en 1898. Poète salué notamment par Guillaume Apollinaire, il fréquente des cercles littéraires importants. Au début du siècle, il collabore à diverses revues et fonde Les Bandeaux d’or en 1906, en lien avec le célèbre groupe de l’Abbaye (qui comptait Jules Romains ou Georges Duhamel). Son œuvre poétique est marquée par un cosmisme et une fascination pour l’univers, comme en témoignent ses recueils Ad Astra (1929) et Florilège de poésie cosmique (1933).

L’écrivain et l’expérimentateur

Varlet est un homme d’une nature passionnée et d’une grande vitalité. Athlète (nageur, cycliste, marcheur), il est également un adepte des expériences spirituelles et sensorielles, s’intéressant au naturisme comme moyen de communion avec le Cosmos. Il expérimente également l’opium et le haschich, qu’il évoque dans ses écrits comme Le Démon dans l’âme (1923) et Aux paradis du hachich, suite à Baudelaire (1930).

Au niveau de la prose, il se retire volontairement de l’agitation parisienne pour s’installer à Cassis dans le Sud de la France, où il produit l’essentiel de son œuvre romanesque entre 1920 et 1930. Il utilise parfois le pseudonyme de Déodat Serval. Ses romans, souvent de genre fantastique ou de science-fiction, sont visionnaires et audacieux. Parmi ses titres les plus notables :

  • Le Dernier Satyre (1905).
  • Les Titans du ciel (avec Octave Jonquel, 1921), un « roman planétaire ».
  • L’Épopée martienne : l’agonie de la terre (avec Octave Jonquel, 1922).
  • Le Roc d’or (1927).
  • La Grande Panne (1930), qui imagine une coupure de courant mondiale.

Le traducteur de talent

Après la Révolution russe de 1917, qui le ruine, Varlet doit se consacrer à des travaux alimentaires, notamment la traduction qui devient un pan essentiel de son activité. Il s’impose comme un traducteur de premier ordre, particulièrement des œuvres anglo-saxonnes. Son grand œuvre dans ce domaine est la traduction des romans de Robert Louis Stevenson pour les éditions de la Sirène (L’Île au trésor, L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, etc.). Il traduit également des auteurs comme Rudyard Kipling et Jerome K. Jerome, travaux pour lesquels il reçoit le Prix Langlois de l’Académie française en 1933.

Malgré son intense activité, Varlet est atteint d’une maladie osseuse qui le rend invalide. Il meurt à Cassis le 6 octobre 1938, à l’âge de 60 ans. J.-H. Rosny aîné le considérait comme « un visionnaire, un coureur d’univers, et de toutes manières, un des plus beaux talents de sa génération. » Son œuvre, bien que parfois éclipsée par ses traductions, connaît une redécouverte par les amateurs de littérature de l’imaginaire.

Livres de Théo Varlet :

Aurore Lescure :

L’épopée martienne :

Intégrale :

Le démon dans l’âme (1923)
Le dernier satyre (1920-1923)

Pour en savoir plus sur Théo Varlet :

La page Wikipédia sur T. Varlet
La page Noosfere sur T. Varlet
La page isfdb de T. Varlet

Les Cinq par Paul Féval

Fiche de Les Cinq

Titre : Les Cinq
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1875
Editeur : WikiSource

Première page de Les Cinq

« Au mois de Mai 1844, mourut, à Paris, un vieil homme immensément riche, qui portait sans bruit un nom des plus illustres.
Il possédait, en Valachie, toute une population de paysans serbes et tziganes qui cultivaient ses domaines, vastes comme un royaume, mais il vivait, seul et triste, dans une toute petite chambre d’un vieil hôtel, situé rue Pavée, au Marais.
Bien des gens croyaient qu’il était seulement un maigre locataire dans cette maison quasi-royale, cousine du Louvre, et qu’un Valois avait fait bâtir, au XVIe siècle, pour le fils de la plus charmante créature qui ait été jamais la maîtresse d’un roi.
On l’appelait le bonhomme Michel, tout court, mais ses lettres de décès invitèrent l’élite du faubourg Saint-Germain aux « convoi, service et enterrement de haut et puissant prince Michel Paléologue. »
C’était, ce bonhomme, le descendant direct des empereurs d’Orient. »

Extrait de : P. Féval. « Les Cinq. »

Les belles de nuit – Tome 2 par Paul Féval

Fiche de Les belles de nuit – Tome 2

Titre : Les belles de nuit ou les anges de la famille – Tome 2
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1850
Editeur : Feedbooks

Première page de Les belles de nuit – Tome 2

« On avait vu s’établir, depuis six semaines ou deux mois, au grand hôtel des Quatre Parties du monde, situé rue de Valois-Batave, devant le Palais-Royal, une colonie composée d’étrangers assez marquants.

Ils étaient trois hommes et deux femmes, sans compter les domestiques, et vivaient en famille, bien qu’ils portassent tous des noms différents.

En 1820, les hôtels nombreux, groupés autour du Palais-Royal étaient encore habités presque exclusivement par ce peuple cosmopolite de joueurs et de viveurs qu’attiraient la roulette et la gloire européenne des déesses parquées dans les galeries.

Le Palais-Royal était le centre des joyeux mystères ; les goutteux de province en parlaient avec onction à leurs coquins de neveux. Sa renommée était aussi brillante aux froides rives de la Néva qu’aux bords de la Tamise, ce brumeux Pactole qui roule des guinées, Vienne, Berlin, l’Italie, envoyaient à ce temple, ouvert à tous les désirs, d’innombrables dévots. Les sauvages de l’Amérique en racontaient les merveilles dans leurs wigwams, en buvant des petits verres d’eau-de-feu, et les bons musulmans de Turquie nourrissaient le secret espoir que c’était là précisément le paradis annoncé par le prophète. »

Extrait de : P. Féval. « Les-Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille – Tome II. »

Les belles de nuit – Tome 1 par Paul Féval

Fiche de Les belles de nuit – Tome 1

Titre : Les belles de nuit ou les anges de la famille – Tome 1
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1850
Editeur : Feedbooks

Première page de Les belles de nuit – Tome 1

« En 1817, la principale auberge de la ville de Redon était située sur le port et avait pour enseigne un bélier noir, coiffé d’une auréole.

On connaissait le Mouton couronné à Rennes, à Vannes et jusqu’à Nantes ; bon logis à pied et à cheval, tenu par le père Géraud, ancien cuisinier au long cours.

Redon est une cité de trois mille âmes, assise sur les confins de la Loire-Inférieure et de l’Ille-et-Vilaine, au bord même de la rivière qui donne son nom à ce dernier département. Malgré son nom romain, elle renferme peu de monuments remarquables, et la maison de maître Géraud, portant six fenêtres de façade, rivalisait avec les édifices affectés aux plus illustres destinations ; c’était bâti en bonnes pierres comme la sous-préfecture, et grand comme la gendarmerie.

Devant la maison et au delà de l’étroite bande du quai, la Vilaine roulait ses eaux marneuses et saumâtres ; à marée haute, les petits navires caboteurs venaient jusque sous les fenêtres de l’auberge. »

Extrait de : P. Féval. « Les-Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille – Tome I. »