Auteur/autrice : CH91
L’homme au sable par Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

Fiche de L’homme au sable
Titre : L’homme au sable
Auteur : Ernst Theodor Amadeus Hoffmann
Date de parution : 1816
Traduction : Loève-Veimars
Editeur : Flammarion
Première page de L’homme au sable
« Sans doute, vous êtes tous remplis d’inquiétude, car il y a bien longtemps que je ne vous ai écrit. Ma mère se fâche, Clara pense que je vis dans un tourbillon de joies, et que j’ai oublié entièrement la douce image d’ange si profondément gravée dans mon cœur et dans mon âme. Mais il n’en est pas ainsi ; chaque jour, à chaque heure du jour, je songe à vous tous, et la charmante figure de ma Clara passe et repasse sans cesse dans mes rêves ; ses yeux transparents me jettent de doux regards, et sa bouche me sourit comme jadis lorsque j’arrivai auprès de vous. Hélas ! comment eussé-je pu vous écrire dans la violente disposition d’esprit qui a jusqu’à présent troublé toutes mes pensées ? Quelque chose d’épouvantable a pénétré dans ma vie ! Les sombres pressentiments d’un avenir cruel et menaçant s’étendent sur moi, comme des nuages noirs, impénétrables aux joyeux rayons du soleil. Faut-il donc que je te dise ce qui m’arriva ? Il le faut, je le vois bien ; mais rien qu’en y songeant, j’entends autour de moi comme des ricanements moqueurs. Ah ! mon bien-aimé Lothaire ! comment te ferai-je comprendre un peu seulement que ce qui m’arriva, il y a peu de jours, est de nature à troubler ma vie d’une façon terrible ? »
Extrait de : E.T.A. Hoffmann. « L’Homme au sable. »
Contes nocturnes par Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

Fiche de Contes nocturnes
Titre : Contes nocturnes
Auteur : Ernst Theodor Amadeus Hoffmann
Date de parution : 2012
Traduction : Loève-Veimars
Editeur : Gallimard
Sommaire de Contes nocturnes :
- L’homme au sable
- Ignace Denner
- L’église des jésuites
- Le sanctus
- La maison déserte
- Le majorat
- Le voeu
- Le coeur de pierre
Première page de Ignace Denner
« Jadis, il y a de longues années, vivait, dans une forêt sauvage et solitaire du territoire de Fulda, un
brave chasseur, nommé Andrès. Il avait été autrefois chasseur de Monseigneur le comte Aloys de Fach, qu’il avait accompagné dans ses longs voyages à travers la belle Italie, et qu’il avait sauvé d’un grand
péril, par sa bravoure et son adresse, un jour qu’ils furent attaqués par des brigands, sur une des routes
dangereuses du royaume de Naples. À Naples, dans l’auberge où ils descendirent, se trouvait une pauvre et ravissante fille orpheline, que l’hôte avait recueillie par charité, et qu’il traitait fort rudement, l’employant aux plus pénibles travaux de la maison. Andrès chercha à la consoler de ses chagrins autant qu’il put se faire comprendre d’elle, et la jeune fille conçut tant d’amour pour lui, qu’elle ne voulut plus le quitter, et résolut de le suivre dans la froide Allemagne. Le comte Fach, touché des prières d’Andrès et des larmes de Giorgina, permit à la jeune fille de prendre place sur le siège de la voiture auprès de son amant, et de faire ainsi ce rude voyage. Déjà avant que de passer les frontières de l’Italie, Andrès se fit marier avec Giorgina ; et le comte, de retour dans ses terres, crut bien récompenser son fidèle serviteur, en le nommant son premier garde-chasse. »
Extrait de : E.T.A. Hoffmann. « Contes nocturnes. »
Marguerite par Delphine de Girardin

Fiche de Marguerite
Titre : Marguerite ou deux amours
Auteur : Delphine de Girardin
Date de parution : 1882
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Première page de Marguerite
« Qu’il est doux d’être aimé !
Tout le monde a dit cela et tout le monde l’a pensé ; et cependant, si l’on était de bonne foi avec soi-même, chacun avouerait que toutes les inquiétudes, tous les orages, toutes les larmes, toutes les angoisses, tous les remords de sa vie lui sont venus de ce bonheur si doux.
Inspirer un amour sincère, pur, noble, délicat, exclusivement dévoué, c’est le rêve favori, l’idéale félicité d’une âme chaste et généreuse. On ne commence à vivre que du jour où l’on est aimé ; c’est de ce beau jour seulement que doivent dater les souvenirs ; c’est pour être aimé que l’on cherche la gloire, que l’on aspire à la fortune, que l’on désire la beauté. »
Extrait de : D. de Girardin. « Marguerite. »
La bataille invisible par Gaston Leroux

Fiche de La bataille invisible
Titre : La bataille invisible (Tome 2 sur 2 – Aventures effroyables de M. Herbert de Renich)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1917
Editeur : Bibebook
Première page de La bataille invisible
« J’ai rencontré quelques figures antipathiques dans ma vie, mais jamais aucune qui pût être comparée à celle de l’amiral von Treischke. Il avait la tête carrée et les cheveux en brosse, des sourcils en buisson sous lesquels perçaient deux petits yeux gris à l’affût, pleins de méchanceté, des rides profondes comme des tranchées, des lèvres minces fermées hermétiquement, et deux loupes poilues : une sur le nez et une autre au coin gauche du menton.
Sa moustache faisait de von Treischke tantôt un tigre, tantôt un phoque. Il sortait quelquefois du cabaret ou de la brasserie. (Je sors du cabaret, mais que la rue a l’aspect étrange ! J’ai beau la chercher à droite, à gauche, je ne la trouve pas. »
Extrait de : G. Leroux. « La Bataille invisible – Aventures effroyables de M. Herbert de Renich. »
Le Capitaine Hyx par Gaston Leroux

Fiche de Le Capitaine Hyx
Titre : Le Capitaine Hyx (Tome 1 sur 2 – Aventures effroyables de M. Herbert de Renich)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1917
Editeur : Bibebook
Première page de Le Capitaine Hyx
« D’abord je vous dis, moi, Carolus Herbert de Renich, du pays neutre de Gutland en Luxembourg, que je suis un honnête homme, incapable de mentir.
Ceci bien entendu, je commencerai par déclarer que, dussé-je vivre une éternité, je me souviendrai, jusqu’à la fin des temps, de la minute d’effarement et de douleur (que devaient suivre tant d’autres terribles minutes) pendant laquelle je reconnus sur l’une des tables du palais des jeux, à Funchal, et dans la lumière d’une lampe dont l’abat-jour me cachait tout le reste de sa divine personne, les longues mains pâles et frêles, veinées de bleu, de celle que j’avais tant aimée quand elle n’était encore que la belle Amalia Edelman ! »
Extrait de : G. Leroux. « Le Capitaine Hyx – Aventures effroyables de M. Herbert de Renich. »
Le coup d’état de Chéri-Bibi par Gaston Leroux

Fiche de Le coup d’état de Chéri-Bibi
Titre : Le coup d’état de Chéri-Bibi (Tome 5 sur 5 – Chéri-Bibi)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1925
Editeur : Bibebook
Première page de Le coup d’état de Chéri-Bibi
« — Demandez les nouvelles de la dernière heure : « La République en danger ! Le coup d’État dévoilé ! L’interpellation de cet après-midi ! La mise en accusation des coupables ! »
Les camelots débouchaient au coin des grands boulevards et de la rue Royale.
À la hauteur d’un restaurant où déjeunaient des parlementaires, ceux-ci les appelèrent pour acheter les journaux et rentrèrent hâtivement dans l’établissement où l’on fit groupe autour d’eux.
— Alors, c’est bien pour cet après-midi ?
— Mais, je vous l’ai dit : Carlier a les preuves !
— A-t-il les noms ?
— Les noms sont dans toutes les bouches !
— Moi, je vous dis que Carlier ne marchera pas. Voilà plus de quinze jours qu’on dit qu’il a les preuves… Il n’a rien du tout ! Subdamoun et sa bande sont aussi malins que lui ! »
Extrait de : G. Leroux. « Le coup d’État de Chéri-Bibi – Chéri-Bibi. »
Chéri-Bibi et Cécily par Gaston Leroux

Fiche de Chéri-Bibi et Cécily
Titre : Chéri-Bibi et Cécily (Tome 4 sur 5 – Chéri-Bibi)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1913
Editeur : Bibebook
Première page de Chéri-Bibi et Cécily
« L’auto s’arrêta au haut de la côte de Dieppe, avant d’arriver au Pollet.
« Dois-je attendre monsieur le marquis ? demanda le chauffeur.
— Non, Carolle, tu vas retourner au Tréport, et là, tu attendras mes ordres. »
Le marquis et son secrétaire descendirent de l’auto.
« Eh bien, mon brave Hilaire, nous voici au bout de nos tribulations.
— Monsieur le marquis doit être bien ému ! » fit Hilaire en regardant son maître, un homme superbe, de grande et forte corpulence, tandis que lui, chétif, flottait dans un complet veston de voyage qui paraissait trop grand pour son étroite poitrine, pour ses membres grêles et fragiles.
« Oui, Hilaire, oui, je suis ému, tu peux le croire, si ému que je ne suis point fâché d’arriver à la nuit tombante dans un pays où chaque pierre, tu entends, chaque pavé de la route évoque pour moi un souvenir. »
Extrait de : G. Leroux. « Chéri-Bibi et Cécily – Chéri-Bibi. »
Fatalitas ! par Gaston Leroux

Fiche de Fatalitas !
Titre : Fatalitas ! (Tome 3 sur 5 – Chéri-Bibi)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1919
Editeur : Bibebook
Première page de Fatalitas !
« Il y a de certains moments où le mensonge devient une chose sacrée et dérobe à la vérité son éclat, son rayonnement, sa force irrésistible de persuasion. On ne voit point d’ombre alors sur la figure qui ment, ni de trouble dans le regard. Et cependant Françoise ne sait pas mentir. Elle n’a jamais menti. Voilà pourquoi elle ment si bien quand elle ment pour la première fois, soutenue par cette idée terrible que si elle ment mal, elle va déterminer une catastrophe. Laquelle exactement ? Elle l’ignore !… Elle ne comprend rien à ce qui se passe, si ce n’est que la police poursuit son mari, que son mari se cache de la police, et d’elle, Françoise !…Et qu’il a partie liée avec cette espèce de monstre blessé dont il lui semble entendre le souffle au-dessous d’elle.
« Il y a longtemps que vous êtes dans cette pièce, madame ? demanda l’inspecteur… »
Extrait de : G. Leroux. « Fatalitas ! – Chéri-Bibi. »
Palas et Chéri-Bibi par Gaston Leroux

Fiche de Palas et Chéri-Bibi
Titre : Palas et Chéri-Bibi (Tome 2 sur 5 – Chéri-Bibi)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1919
Editeur : Bibebook
Première page de Palas et Chéri-Bibi
« Sur la grève embrasée, devant le flot redoutable où glissaient les requins affamés, gardiens de sa prison, Palas était étendu. Le forçat semblait une bête lasse au repos. Au fait, il avait profité de la « relâche » de dix heures pour venir chercher là un peu de fraîcheur et de solitude, entre deux rochers qui l’isolaient du reste du bagne. Ah ! s’isoler ! Ne plus entendre !… Ne plus voir !…Ne plus penser !… Mais comment Palas eût-il fait pour ne plus penser à ce qu’il avait vu le matin même ?… à ce qu’il avait été forcé de voir ?…
Ce matin-là, il y avait eu double exécution !… un terrible exemple nécessaire… de la bonne besogne pour Pernambouc, le bourreau du bagne, et pour son aide : « Monsieur Désiré »… Horreur ! oh ! horreur !
Palas en frissonnait encore. C’était un corps encore jeune, plein de force et de souplesse. Appuyé sur les coudes, le menton dans la coupe de ses mains, il semblait faire quelque rêve impossible… Le large chapeau de paille jetait son ombre sur l’ombre de son regard profond qui glissait vers les lointains horizons. Ce que l’on apercevait de sa figure rase et de son profil était un dessin ferme et plein de finesse. Malgré la puissante empreinte du bagne qui a tôt fait de vieillir les plus jeunes, cet homme ne paraissait guère avoir plus de quarante ans… »
Extrait de : G. Leroux. « Palas et Chéri-Bibi – Chéri-Bibi. »
Les cages flottantes par Gaston Leroux

Fiche de Les cages flottantes
Titre : Les cages flottantes (Tome 1 sur 5 – Chéri-Bibi)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1913
Editeur : Bibebook
Première page de Les cages flottantes
« Mon rêve, à moi, a toujours été d’être un honnête homme ! fit Petit-Bon-Dieu en jetant un coup d’œil du côté des gardes-chiourme qui, revolver au poing, se promenaient entre les cages.
— Pour quoi faire ? demanda Gueule-de-Bois.
— Pour quoi faire ? Pour m’établir marchand de vin, donc !
— Tout le monde peut pas être marchand de vin, philosopha Gueule-de-Bois, ça serait trop commode ! Chacun a son lot en venant au monde. Ainsi, toi, Petit-Bon-Dieu, t’étais bien sûr destiné à arracher ton copeau à Cayenne. Comme dit Chéri-Bibi : Fatalitas !Ce qui est écrit est écrit. On peut pas y faire à la Providence ! À propos de Chéri-Bibi, savez-vous ce que m’ dit l’ Rouquin ?
— C’est point ce que te dit l’ Rouquin qui m’occupe, répliqua Petit-Bon-Dieu, en baissant la voix, mais le moment est venu de causer sérieusement. Voyons, c’est-y pour aujourd’hui ? C’est-y pour demain ? »
Et les autres bandits, sur le même ton, répétèrent autour de Petit-Bon-Dieu :
« Il a raison !… C’est-y pour aujourd’hui ? C’est-y pour demain ? »
Extrait de : G. Leroux. « Les cages flottantes – Chéri-Bibi. »