Auteur/autrice : CH91
Les envoyés de Méga par Daniel Piret
Fiche de Les envoyés de Méga
Titre : Les envoyés de Méga
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les envoyés de Méga
« Pour la troisième fois de la journée l’office central de surveillance s’était vu contraint d’interrompre les émissions de télévision. Cela se reproduisait depuis des semaines. Les coordinateurs de programmes s’affolaient, les Anciens les avaient menacés des pires sanctions. Les responsables des différentes chaînes de distribution s’arrachaient les cheveux ; seuls les androïdes, et pour cause, conservaient leur calme.
Nul ne parvenait à comprendre et par suite à expliquer ce qui se passait. Les émissions s’interrompaient brusquement et des textes s’inscrivaient sur les écrans tandis qu’une voix artificielle se faisait entendre… Une voix semblable à celle du Coordinateur Central, énorme ordinateur qui régissait toute la vie de l’empire de Méga.
Le C.C. ne pouvait transmettre que ce qu’on lui avait programmé, il était incapable d’initiative, incapable d’invention et surtout de rébellion. Or ce qui se passait, ce qui s’inscrivait sur les écrans était un appel à la révolution, non point direct mais insidieux, car il menaçait de jeter à bas l’édifice social, la hiérarchie, les coutumes, les usages, les croyances, l’éthique… »
Extrait de : D. Piret. « Les envoyés de Méga. »
Paul Béra

Présentation de Paul Béra :
Paul Béra, pseudonyme de Paul Bérato, né le 27 avril 1915 à Bordeaux et mort le 27 février 2011 dans la même ville, est un écrivain français extrêmement prolifique. S’il est une figure incontournable de la littérature populaire, c’est principalement pour sa contribution monumentale au roman policier, à l’espionnage et à la science-fiction.
Un auteur aux mille visages
Paul Bérato a utilisé plus de vingt pseudonymes au cours de sa carrière (dont Paul Béra, Yves Dermèze, Michel Averlant ou encore Francis Hope). Cette pratique, courante dans l’édition de masse du XX^e siècle, lui permettait de publier plusieurs ouvrages par mois dans des collections différentes sans saturer le marché sous un seul nom.
Le pilier du Fleuve Noir
C’est sous le nom de Paul Béra qu’il signe une part importante de son œuvre aux éditions du Fleuve Noir, notamment dans les collections « Spécial Police » et « Espionnage ». On lui doit des dizaines de titres marqués par un sens aigu de l’intrigue et une efficacité narrative redoutable. Parmi ses œuvres policières, on peut citer :
- Le Mort du deuxième bureau ;
- La Guêpe ;
- Coup de barre.
Une figure de la science-fiction : Yves Dermèze
Bien qu’il ait signé quelques textes de science-fiction sous le nom de Paul Béra, c’est principalement sous le pseudonyme d’Yves Dermèze qu’il s’est illustré dans la célèbre collection « Anticipation » du Fleuve Noir. Avec près de quarante titres dans cette seule collection, il a exploré des thématiques variées, allant de la survie post-apocalyptique aux mystères de l’espace profond.
Quelques titres emblématiques sous ce nom :
- La Cité de fer (1953) ;
- L’Étoile fugitive (1955) ;
- Les Galaxiens (1956).
Un artisan de la littérature de jeunesse
Paul Bérato ne s’est pas limité aux genres « adultes ». Il a écrit de nombreux romans d’aventures pour la jeunesse, notamment pour les collections des éditions de l’Arabesque ou de la Maison de la Bonne Presse. Sa capacité à adapter son style à différents publics a fait de lui l’un des auteurs les plus lus de l’après-guerre en France.
Postérité
Paul Béra reste l’un des auteurs les plus productifs de l’histoire de l’édition française, avec un catalogue dépassant les 400 titres. Il incarne l’âge d’or du roman de gare et du « livre de poche » populaire, où l’imagination et la rapidité d’exécution étaient les maîtres-mots. Son œuvre est aujourd’hui une mine d’informations pour les historiens de la littérature populaire et les collectionneurs de la science-fiction française « classique ».
Livres de Paul Béra :
Léonox :
- Léonox, monstre des ténèbres (1971)
- Léonox et la mort (1972)
- Les mains sanglantes de Léonox (1972)
- Léonox et le mage (1973)
- Les crocs d’acier de Léonox (1973)
- L’être mystérieux (1977)
Robi le robot :
- La planète maudite (1970)
- Les êtres de lumière (1971)
- Terre d’arriérés (1971)
- Espace interdit (1972)
Bulles d’univers (1973)
Ceux d’ailleurs (1979)
Changez de bocal (1981)
Comme un liseron (1976)
Jar-Qui-Tue (1978)
L’ombre du tueur (1983)
L’ongle de l’inconnu (1978)
La horde infâme (1980)
La nuit est morte (1976)
Le vieux et son implant (1975)
Les manipulateurs (1980)
Marée noire sur Altea (1979)
Nous irons à Kalponéa (1980)
Nuit d’émeute (1977)
Planète polluée (1974)
Q. I. (1980)
Race de conquérants (1972)
Pour en savoir plus sur Paul Béra :
La page Wikipédia sur P. Béra
La page Noosfere sur P. Béra
La page isfdb de P. Béra
Les Égrégores par Daniel Piret

Fiche de Les Égrégores
Titre : Les Égrégores
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les Égrégores
« — Je n’y suis absolument pour personne, Elvyre, dit l’inspecteur Michot en refermant soigneusement la porte du bureau derrière lui. Il se ravisa, rouvrit.
— Vous me ferez monter quelques sandwiches et une bière.
— Bien, Monsieur l’inspecteur.
— Ah oui, j’allais oublier. Dès qu’Alex arrivera, vous me l’enverrez… Lui et personne d’autre ! Compris ?
— Compris, Inspecteur ! À quoi, les sandwiches ? Jambon, saucisson, rillettes ?
— Cela m’est parfaitement égal ! Faites comme pour vous ! L’inspecteur passa derrière l’immense bureau ministre qui encombrait la petite pièce et posa devant lui un volumineux dossier dont la couverture portait en lettres rouges « Ultra confidentiel Interpol ».
Il s’installa dans le fauteuil à roulettes qui, avec le bureau et un ou deux classeurs à rideau, constituait tout le mobilier de la pièce. Il repoussa du revers du bras quelques papiers qui encombraient la table de travail, alluma une cigarette et ouvrit le dossier. »
Extrait de : D. Piret. « Les égrégores. »
Les égarés du temps par Daniel Piret

Fiche de Les égarés du temps
Titre : Les égarés du temps
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les égarés du temps
« — Mais non, c’est impossible, de telles créatures ne peuvent pas exister. Avez-vous remarqué ces corps ridicules, ce crâne obtus, ces organes de la vue primitifs ?
— Pourtant, maître, ces êtres existent dans la galaxie blanche, ils vivent en communauté. Nos espions spatiaux sont formels. Nous possédons films et enregistrements qui…
— … le plus retardataire des animalcules de Xorem est plus avancé qu’eux. Ils respectent, eux, les lois de la nature. Or, d’après les rapports que vous m’avez présentés, ce n’est pas le cas de ces… de ces… comment les appelez-vous, déjà ?
— Je dois avouer que nous ne leur avons pas encore donné de nom… Ils ne ressemblent à aucune autre créature connue dans l’univers…
— Peu importe, d’ailleurs ! Soyons sérieux, frères, lorsque je les aurai personnellement examinés, je vous donnerai mon opinion. Qu’en dit 324 R ?
— Le grand ordinateur est catégorique… Ces êtres sont intelligents… et risquent de représenter, dans un avenir très proche, un danger pour nous autres, Wratz.
— Allons donc ! fit Wrunar, celui que l’on appelait maître.
D’un mouvement vif, son tentacule ventral enclencha la touche d’un tabulateur sphérique placé à ses côtés. Les gros yeux pédonculaires se fixèrent sur l’écran. »
Extrait de : D. PIret. « Les égarés du temps. »
Les disques de Biem-Kara par Daniel Piret

Fiche de Les disques de Biem-Kara
Titre : Les disques de Biem-Kara
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les disques de Biem-Kara
« L’affaire n’eut aucun témoin. Qui, d’ailleurs, se serait attardé, à pareille heure, sur ce petit chemin vicinal perdu au fin fond de la Bourgogne ? Il était à peine plus de 4 heures du matin, un petit crachin froid, anormal pour la saison, tombait. La soucoupe se posa sans aucun bruit à quelques centaines de mètres de la ferme des Labrune, au beau milieu d’un champ de blé. Elle s’irradia d’une lueur bleutée, tandis qu’un sas s’ouvrait dans ses flancs. Un homme vêtu d’un blouson de cuir en sortit… Un homme d’aspect tout à fait normal. Sans regarder en arrière, sans faire un signe, il s’éloigna rapidement, empruntant le petit chemin qui allait se perdre au loin, entre deux collines… Le chemin qui menait au lieu-dit « Monte-loups ». »
Extrait de : D. Piret. « Les disques de Biem-Kara. »
Les dévoreurs d’âmes par Daniel Piret

Fiche de Les dévoreurs d’âmes
Titre : Les dévoreurs d’âmes
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les dévoreurs d’âmes
« — Mais écoutez-moi, bon Dieu !… Pourquoi ne voulez-vous pas comprendre ? Je vous le dis, derrière « Lui » il y a autre chose, quelque chose de terrible… Ils en ont assez, un jour viendra où ils vont nous détruire… Mais lâchez-moi, non je ne veux pas… (L’homme hurlait, se débattait tandis que deux infirmiers musclés l’entraînaient. Il avait des périodes de calme, d’abattement même et puis soudain ses « crises » le reprenaient… alors il racontait des histoires « sans queue ni tête » ; des histoires de voyages cosmiques, de lieux où le temps n’était pas le même, de femme qui disparaît, absorbée par son propre corps… On n’y faisait plus attention… Il y avait maintenant plus de cinq années qu’il était en traitement à l’hôpital de Vinéapolis mais son état ne présentait guère d’amélioration.)
Le docteur Sper sortit de son bureau alors que les deux infirmiers encadrant l’homme passaient devant. Ils s’arrêtèrent. »
Extrait de : D. Piret. « Les dévoreurs d’Âmes. »
Les deux soleils de Canaé par Daniel Piret

Fiche de Les deux soleils de Canaé
Titre : Les deux soleils de Canaé
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les deux soleils de Canaé
« Le relais 92 était une plate-forme artificielle, semblable à toutes celles créées par les hommes et qui parsemaient, comme des jalons, tout l’univers conquis. Elle était aux dimensions d’une planète. Comme jadis les antiques civilisations martiennes avaient créé Phobos, les hommes de la Terre l’avait construite. Immense roue tournant sans cesse sur un axe infini, elle ressemblait, lorsqu’on l’apercevait de loin, arrivant ou partant pour les mondes les plus proches, à un immense cerceau qu’un géant aurait négligemment abandonné parmi les étoiles.
L’immense construction circulaire, qui avait exigé des générations de labeur acharné, avait un diamètre de quelque 150 kilomètres. Dès que l’on y pénétrait, on oubliait son caractère artificiel. Les entrailles de l’immense masse métallique recelaient la vie, la vie bourdonnante, affairée. Le centre de la roue, énorme sphère métallique, renfermait ce que les « Reliens » appelaient « la Ville ». Le grand anneau circulaire, lui, contenait les laboratoires, les machines, les générateurs énergétiques, les ordinateurs, les divers centres administratifs. »
Extrait de : D. Piret. « Les deux soleils de Canaé. »
Le Tell de la puissance par Daniel Piret

Fiche de Le Tell de la puissance
Titre : Le Tell de la puissance
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le Tell de la puissance
« Comment ai-je osé franchir le mur qui entoure la Cité ? Quelle invincible force me pousse à agir comme je le fais ? Le sang me bat les tempes ! J’ai chaud, horriblement chaud. Du revers du bras, tout en courant j’essuie la sueur qui coule en gros sillons sur mon front brûlant.
Ne pas m’arrêter surtout… ne pas m’arrêter !
Je n’ose pas jeter un regard en arrière. Je sais qu’ils sont là, implacables, que rien ne les arrêtera, qu’ils n’auront de cesse que lorsqu’ils m’auront rejoint et tué. Je voudrais hurler ma terreur, implorer leur pitié…
A quoi bon ?
Les Trann n’ont pas de cœur, ils ignorent la pitié. Ils accomplissent une mission, c’est tout. Leur rôle est de protéger la Cité, d’en éliminer tous les éléments nuisibles et je suis un élément nuisible !
Boire ! Boire ! Une horrible soif me dévore. Le soleil darde ses rayons. Je sais sans le voir, que, comme une araignée au centre de sa toile, celui qui hante le « temple » où jamais personne ne pénètre, attend. Qu’Il attend ma mort ! »
Extrait de : D. Piret. « Le Tell De La Puissance. »
Le rescapé de Gaurisankar par Daniel Piret

Fiche de Le rescapé de Gaurisankar
Titre : Le rescapé de Gaurisankar
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le rescapé de Gaurisankar
« — Votre histoire est insensée ! Qui voulez-vous qui puisse y prêter foi ?
— Pour la énième fois, je vous répète que tout ceci est vrai, horriblement vrai !
— Enfin, résumons les choses calmement, voulez-vous ? Vous prétendez que les dirigeants terriens, TOUS les dirigeants terriens sont les jouets de créatures venues d’on ne sait où et résidant, selon vous, dans des cavernes de l’Himalaya et qu’il a d’ailleurs été impossible de repérer.
— Je le prétends et je le maintiens.
— Bien ! Vous êtes le seul rescapé du terrible accident d’avion qui a eu lieu il y a maintenant six mois.
— Exactement et ceci appuie mes premières déclarations.
— J’avoue en effet que votre survie est inexplicable.
— Pas si ce que j’affirme est vrai ! Enfin, réfléchissez, comment aurais-je pu parcourir plus de cent cinquante kilomètres seul avec une jambe et un bras cassés ? Vous avez les radios en main. »
Extrait de : D. Piret. « Le Rescapé du Gaurisankar. »
Le onzième satellite par Daniel Piret

Fiche de Le onzième satellite
Titre : Le onzième satellite
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le onzième satellite
« La nuit était presque complètement tombée lorsque Lood sortit du Stadbuld.
La tête lui tournait et il dut s’accouder à la balustrade. Il passa longuement la main sur son front, comme pour tenter d’arracher l’invisible bandeau qui lui enserrait les tempes.
Incroyable ! C’était véritablement incroyable !
Il jeta un regard distrait sur la place qui précédait l’énorme bâtiment… le Stadbuld (un nom dérivé de l’ancien anglais State Building) l’immeuble des États ! Lood eut un petit rire involontaire. Pouvait-on encore appeler « états » ces pays ou vivotaient des populations plus misérables les unes que les autres ?
Les « états » étaient répartis sur les cinq continents distants les uns des autres de plusieurs milliers de kilomètres que l’on ne franchissait que rarement depuis la grande crise énergétique.
Cette pensée le ramena au présent. Il commença à descendre les marches de l’escalier de pierre, seule partie du bâtiment survivante des temps anciens où l’on utilisait encore ce matériau. Les Terriens étaient encore (par moments) traditionalistes et sentimentaux ! »
Extrait de : D. Piret. « Le onzième satellite. »