Étiquette : Reine de mémoire

 

La maison d’équité par Elisabeth Vonarburg

Fiche de La maison d’équité

Titre : La maison d’équité (Tome 5 sur 5 – Reine de mémoire)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 2007
Editeur : Editions Alire

Première page de La maison d’équité

« Les yeux au plafond obscur, Ouraïn doit s’endormir et rêver, car elle est de retour dans la chambre de Hundgao et la lueur de ses torchères. Le poids qui la clouait sur le lit a disparu, mais elle ne bouge pas. Elle contemple les ombres mouvantes et éternelles des amants de pierre, sur les murs.

On s’étend sans bruit auprès d’elle : ses compagnes sont revenues. Des bras l’entourent, on écarte ses cheveux de son visage, on lui caresse longuement les épaules, son poignet meurtri, ses seins au mamelon encore érigé. Elle s’épanouit sous ces mains aimantes qui la défroissent, telle une fleur de feu redevenue calme.

Sans pensée, elle se blottit contre des seins doux et fuyants, noue ses bras autour d’une taille gracile. On la caresse toujours, comme on lisse le pelage d’un chat. Portée par le rythme de la caresse, elle ne sait plus quel corps est le sien, les limites de sa peau se dissolvent, il lui semble que c’est elle qui caresse, elle qui s’imbrique doucement dans la chair offerte, un mouvement sans heurt, une barque qui arrive au port en glissant sur son erre. »

Extrait de : E. Vonarburg. « Reine de Mémoire – La Maison d’Équité. »

La princesse de vengeance par Elisabeth Vonarburg

Fiche de La princesse de vengeance

Titre : La princesse de vengeance (Tome 4 sur 5 – Reine de mémoire)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 2006
Editeur : Editions Alire

Première page de La princesse de vengeance

« Elle dort.

Elle est une femme, qui dort. Une très jeune femme, endormie sur un large matelas. Le matelas lui-même est placé dans un cadre de bois, sur une plate-forme de pierre surélevée. Mais comment peut-elle percevoir tout cela ? C’est très curieux de sentir ainsi la langueur satisfaite de ces membres à l’abandon comme une étoile de mer sur une plage, et de les voir en même temps, voir, comme si ce n’était pas elle, cette très jeune fille endormie, longs cheveux d’algues noires, corps lisse à la peau couleur de thé ambré, minceur un peu anguleuse, seins adolescents. Elle porte au cou une chaînette d’or dont le pendentif, un oiseau bleu violet aux yeux rouges, dessiné en cloisonné d’or, est niché entre ses seins.

Elle connaît cette jeune fille. Elle connaît ce pendentif. »

Extrait de : E. Vonarburg. « Reine de Mémoire – La Princesse de Vengeance. »

Le dragon fou par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Le dragon fou

Titre : Le dragon fou (Tome 3 sur 5 – Reine de mémoire)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 2006
Editeur : Editions Alire

Première page de Le dragon fou

« C’est au bord d’un lac aux reflets chatoyants, sous les vapeurs qui en montent en volutes paresseuses. Des pins et des sapins se dressent telles des sentinelles entre des bouleaux aux feuilles argentées. Le vieux Jacquelin se tient sur une petite pointe de galets roses et gris. Ses cheveux blancs sont dénoués, son front est ceint du bandeau de perles et de coquillages ; vêtu en chamane, comme dans le livre de monsieur d’Iberville, il porte au cou le collier de griffes d’ours. De sa main gauche, il tient le tambour des esprits. Il regarde Pierrino et le salue de l’autre main, paume offerte, puis il agite le tambour qui résonne avec une force surprenante. La brume s’écarte sur une lumière étrange qui n’est pas celle du soleil ni de la lune, mais de quelque façon l’une et l’autre. Comme si le son du tambour avait été une pierre jetée dans l’eau, des anneaux concentriques se forment à la surface et vont se perdre au loin. Jacquelin s’avance vers le lac. »

Extrait de : E. Vonarburg. « Reine de Mémoire – Le Dragon fou. »

Le dragon de feu par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Le dragon de feu

Titre : Le dragon de feu (Tome 2 sur 5 – Reine de mémoire)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 2005
Editeur : Editions Alire

Première page de Le dragon de feu

« Jiliane reconnaît avec surprise les images qui se détachent une à une du scintillement de l’Entremonde où rêve sa psyché vagabonde : il y a bien longtemps, lui semble-t-il, qu’elle n’a rêvé des cartes divinatoires de Grand-mère. Mais c’était aussi tout à l’heure, comme si le temps n’existait pas ici. Elle contemple l’image, ses couleurs un peu fanées, sauf les roses vifs et les dorés, les porteurs, la litière au rideau légèrement écarté par une main qu’on ne voit pas : Upadisin, le Palanquin, hors-Maison, mais c’est un bon commencement, “voyage, triomphe, richesse, harmonie”.

Ensuite, les cartes apparaissent à mesure que sa main les tire : les Chevaliers de Mémoire : “un départ ou un voyage, rapidement décidé et accompli ; messager, lien”. Le motif s’affirme déjà. Et se confirme avec le Huit d’Oubli : “changements, nouvelles sympathies et attirances ; possibilité de laisser le passé derrière soi, nouvelle étape dans la vie”. »

Extrait de : E. Vonarburg. « Reine de Mémoire – Le Dragon de Feu. »

La maison d’oubli par Elisabeth Vonarburg

Fiche de La maison d’oubli

Titre : La maison d’oubli (Tome 1 sur 5 – Reine de mémoire)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 2005
Editeur : Editions Alire

Première page de La maison d’oubli

«  Il doit y avoir une porte, puisqu’il y a une fenêtre. » C’était ce que répétait Pierrino, elle s’en souvient, non telle une incantation qui aurait suffi à créer cette porte – à près de huit ans il se targuait, à l’instar de Grand-père, de ne point trop se fier à la magie – mais parce que, pour lui comme pour Grand-père, une certaine forme d’ordre devait exister dans l’univers, une logique dont ni portes ni fenêtres ne pouvaient être exclues. Quant à la magie, Senso n’était pas certain, mais elle, elle savait qu’il croyait en Pierrino. Elle était trop petite pour bien comprendre : pourquoi trouvaient-ils si important qu’à cette fenêtre correspondît une porte ? Mais tout de suite, la fenêtre a possédé pour elle sa propre évidence, son propre espace : un de ces lieux où l’on n’a nul besoin de pénétrer pour en être prisonnier. Si cette pièce secrète se trouvait réellement à côté de la chambre où ils dormaient tous trois, alors son lit à elle en était le plus proche, puisqu’il était placé dans le petit recoin, en face de leur deuxième fenêtre, collé contre le mur du fond. L’épaisseur d’une cloison, et de l’autre côté, la chambre mystérieuse. C’était trop près.

Et de toute façon, c’était sa faute à elle si la fenêtre leur était apparue. »

Extrait de : E. Vonarburg. « La maison d’oubli – Reine de mémoire. »