Auteur/autrice : CH91
Mémoires d’un collégien par André Laurie

Fiche de Mémoires d’un collégien
Titre : Mémoires d’un collégien
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1881
Editeur : Bibebook
Première page de Mémoires d’un collégien
« Le 4 octobre de cette année-là fut un grand jour pour moi. Quand je vivrais aussi vieux que le patriarche Mathusalem, cette date resterait à mes yeux plus mémorable que celle d’aucun fait historique.
N’avez-vous pas ainsi dans vos souvenirs, ami lecteur, des points de repère personnels auprès desquels pâliraient pour vous Austerlitz et Waterloo ?
C’est ce jour-là que je fis mon entrée solennelle dans la société française en qualité d’élève interne au lycée de Châtillon !
À la vérité, j’allais partager les honneurs de cette dignité avec deux cent trente de mes jeunes concitoyens. Environ trois cents externes avaient bien aussi quelques droits à se considérer comme appartenant à cet illustre établissement. Mais telle est la part léonine que tout être humain, petit ou grand, fait généreusement à son individu, qu’il me semblait, – et, ma foi, il me semble presque encore, – que le rôle principal était mon lot dans ce drame émouvant.
Quand je parle d’entrée solennelle, je me laisse d’ailleurs entraîner quelque peu par mon imagination, et je traduis plus exactement mon impression d’alors que celle des témoins de cet événement. En réalité, notre équipage, j’en ai bien peur, était plus ridicule qu’imposant. »
Extrait de : A. Laurie. « Mémoires d’un collégien. »
Les exilés de la Terre par André Laurie
Fiche de Les exilés de la Terre
Titre : Les exilés de la Terre
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1888
Editeur : BnF
Première page de Les exilés de la Terre
« Le dîner avait pris fin ; on venait de passer au salon, largement ouvert de toute l’ampleur de sa baie vitrée sur la nappe immobile de la mer Rouge, qu’un beau crépuscule de janvier envahissait lentement.
M. Kersain, consul de France à Souakim, recevait ce soir-là M. Norbert Mauny, un jeune astronome qui lui avait été tout particulièrement recommandé par le ministre des affaires étrangères.
La lettre officielle invitait le consul à se mettre à l’entière disposition de M. Mauny, en l’aidant de son mieux dans l’accomplissement de sa mission scientifique. Un postscriptum confidentiel ajoutait que cette mission avait un caractère secret. Aussi M. Kersain n’avait-il prié à dîner, avec le jeune savant, que le lieutenant de vaisseau Guyon, commandant l’aviso français le Lévrier, dans les eaux de Souakim.
Le consul était veuf. Les honneurs de la table avaient été faits par sa fille Gertrude, qui venait de s’acquitter avec beaucoup de bonne grâce de ses devoirs de maîtresse de maison, et maintenant, assise au piano, entamait en sourdine un nocturne de Chopin. »
Extrait de : A. Laurie. « Les Exilés de la terre. »
Le géant de l’azur par André Laurie

Fiche de Le géant de l’azur
Titre : Le géant de l’azur
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1904
Editeur : BnF
Première page de Le géant de l’azur
« Eh bien, que pensez-vous de mon jouet ?
– Un jouet ?… Dites le point de départ de quelque chose d’énorme et de prodigieux, – le résultat le plus important peut-être qui ait été atteint depuis cinquante ans en physique !… Une dynamo activée par un simple mouvement d’horlogerie et développant par des oscillations isochrones la force qu’on obtenait jusqu’à ce jour de la seule rotation… C’est tout uniment la force gratuite ou quasi gratuite, – la solution des solutions, la découverte des découvertes. J’en reste ébloui, confondu et muet.
– C’est pourtant très simple et le hasard seul m’a fait rencontrer ce que vous voulez bien qualifier avec tant de bienveillance.
– Oh ! oh ! le hasard !… Il a bon dos, et vous êtes trop modeste. Est-ce le hasard, aussi, qui vous a amené à isoler l’irkon, ce métal si rare et si précieux dont vous faites vos bobines ? »
Extrait de : A. Laurie. « Le Géant de l’azur. »
Le filon de Gérard par André Laurie
Fiche de Le filon de Gérard
Titre : Le filon de Gérard
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1901
Editeur : BnF
Première page de Le filon de Gérard
« Nous sommes au Transvaal, près Kleindorp, dans la villa Massey, — une villa de bois, entourée d’un grand jardin ombreux. Toute la famille vient de s’asseoir sous un berceau de jasmin, pour le repas de midi.
Il serait difficile d’imaginer plus aimable tableau ; M. Massey, le chef de la famille, entouré de ses trois enfants, Henri, Colette et Gérard ; auprès de Mme Massey, toujours belle sous sa couronne de cheveux blancs, se niche une fillette de quatorze ans, Lina Weber, aux grands yeux bleus myopes, aux lourdes nattes blondes. Le père de Lina, M. Weber, est assis à la droite de la maîtresse de la maison, et, conformément à son incurable habitude, absorbé dans quelque rêve scientifique, il oublie la côtelette qui se figo devant lui. Le docteur Lhomond l’interpelle gaiement :
« Hé !… Weber !… Toujours dans les nuages ! Songez donc à la bête, de grâce !… Vous savez bien que, si quelqu’un tombe malade dans la colonie, c’est moi qui suis responsable !… »
Extrait de : A. Laurie. « Le Filon de Gérard. »
Le chef au bracelet d’or par André Laurie et Thomas Mayne Reid
Fiche de Le chef au bracelet d’or
Titre : Le chef au bracelet d’or
Auteur : André Laurie et Thomas Mayne Reid
Date de parution : 1882
Editeur : BnF
Première page de Le chef au bracelet d’or
« C’est l’heure de la garde montante à l’École militaire de West-Point, par une belle matinée de juin.
Les élèves ou cadets, en uniforme gris, rangés en ligne et silencieux, regardent droit devant eux, à la distance réglementaire de quinze pas, tandis qu’un officier à la taille de guêpe les passe en revue.
L’un après l’autre, ils présentent leur fusil à l’inspecteur, à mesure qu’il avance sur la ligne, et celui ci, saisissant l’arme d’un mouvement brusque, l’examine avec des yeux furibonds. Quand il la rend à l’élève, on pourrait croire, à sa mine féroce, qu’il a quelque envie de la lui jeter à la tête.
A première vue, toutes ces tailles élancées et ces boutons étincelants au soleil semblent appartenir à un type unique.
Immobiles et impassibles, ces figures imberbes paraissent n’avoir pour but que d’effacer leur individualité. Pourtant, en les examinant plus attentivement, on remarque des différences parmi ces officiers de demain.
Les uns ont des cheveux foncés, les autres des cheveux blonds. Celui-ci est petit, celui-là est grand. Les yeux de l’un rayonnent d’intelligence, ceux de l’autre sont ternes et sans expression. »
Extrait de : A. Laurie et T.M Reid. « Le Chef au bracelet d’or. »
La vie de collège par André Laurie

Fiche de La vie de collège
Titre : La vie de collège dans tous les temps et dans tous les pays – l’écolier d’Athènes
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1896
Editeur : BnF
Première page de La vie de collège
« Nous sommes à la troisième année de la 112e Olympiade1. Deux jeunes garçons de onze à treize ans suivent les rues tortueuses de Pella, en Macédoine, accompagnés de leur précepteur ou « pédagogue » ; celui-ci chargé de manuscrits, d’instruments de musique et boitant visiblement ; ceux-là gambadant à ses côtés.
« Par ici, Proas ! dit Perdiccas, l’aîné, d’une voix impérieuse en tirant le maître par sa tunique ou chiton. Tu sais bien que nous voulons suivre la grande route !…
– La grande route ! objecta le précepteur. Nous nous éloignons de la maison ! Cela nous fait une demi-heure de chemin supplémentaire. À quoi bon, mes enfants ?
– Nous voudrions aller voir le portrait d’Alexandre, expliqua Amyntas, le plus jeune des deux élèves.
– Oui, nous voulons entrer au palais et voir le portrait, comme tout le monde, » dit péremptoirement le frère aîné. »
Extrait de : A. Laurie. « La Vie de collège dans tous les temps et dans tous les pays – L’Écolier d’Athènes. »
L’héritier de Robinson par André Laurie

Fiche de L’héritier de Robinson
Titre : L’héritier de Robinson
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1884
Editeur : BnF
Première page de L’héritier de Robinson
« Une lettre, Monsieur… Je ne sais pas d’où elle vient… »
Le valet de chambre présentait la lettre sur un plateau, ou, pour mieux dire, il tenait un plateau de la main gauche, et tournait, retournait, soupesait de la main droite une missive volumineuse chargée de timbres et d’aspect exotique.
Mais son maître était bien trop engagé dans sa discussion pour remarquer l’incident.
« Il vaut mieux aller en Angleterre et visiter Birmingham, Manchester, Leeds, tous les grands ateliers que tu désires connaître, disait-il à son fils.
– Bon ! je trouverai toujours le temps de faire ce voyage, répliquait celui-ci. Et vous, mon père, vous serez si content de voir Naples, Florence, les nouvelles fouilles de Rome !… Allons plutôt en Italie… »
On était en juillet, et il s’agissait de décider la grosse question du voyage de vacances. M. Benjamin Gloaguen et son fils Paul-Louis déjeunaient tête à tête. C’était leur habitude constante, depuis que l’un avait commencé ses études à l’École centrale des arts et manufactures, et que l’autre, pour ne pas se séparer de lui, avait transporté ses pénates de Nantes à Paris, dans un spacieux appartement de la place des Vosges. »
Extrait de : A. Laurie. « L’Héritier de Robinson. »
Naufragés de l’espace par P.-J. Hérault

Fiche de Naufragés de l’espace
Titre : Naufragés de l’espace
Auteur : P.-J. Hérault
Date de parution : 2020
Editeur : Critic
Sommaire de Naufragés de l’espace
- Circuit fermé par C. Leboulanger
- Attendre l’aurore par E. Quentin
- La cinquantième par M. Stern
- Retour à Altamira par T. Latil-Nicolas
- Les indésirables par L. Basseterre
- Mésaventure par D. Gallais
- Le lien par A. Pleynet
- Bételgeuse z-l par R.Benassaya
Première page de Circuit fermé
« Les formes grises des vaisseaux de recherche, des créatures de fer oblongues pilotées non pas par des mains humaines mais par des algorithmes inquisiteurs eux-mêmes conçus par des algorithmes industriels créateurs, s’éloignèrent, rétrécissant silencieusement contre le noir du vide interplanétaire jusqu’à disparaitre tout à fait, et Patrick Almavera-Tran-Elmosito – Pate, pour le dire vite – soupira, se trouvant enfin tout à fait seul. Il ne restait plus que lui parmi les débris de la brève bataille et il ne put s’empêcher de méditer que les Terriens étaient bien orgueilleux de tenir à piloter eux-mêmes leurs vaisseaux de guerre dans la bataille, quand des machines comme les sphères récupératrices auraient tout aussi bien fait le travail, si ce n’était mieux. Il se trouvait un élève dans chaque promotion de l’Académie pour soulever la question auquel on répondait invariablement : « La guerre, c’est un art. Les machines ne sont pas des artistes. Le jour où les algorithmes peindront, alors elles feront la guerre. » Pate, comme les autres, avait compris que cela ne souffrait aucune contestation et s’était concentré sur sa place dans la simulation du jour. C’était la raison même du conflit contre la Fédération : celle-ci poussait le sacrilège jusqu’à aligner contre eux des frégates robotisées. Puisque l’ennemi n’en respectait pas les règles, la guerre n’en était que plus nécessaire. »
Extrait de : P.J Hérault. « Naufragés de l’espace. »
André Laurie

Présentation de André Laurie :
Le vrai nom d’André Laurie était Jean-François Paschal Grousset. Il était un écrivain et un homme politique français né le 7 avril 1844 à Corte, en Corse, et mort le 9 avril 1909 à Paris.
Jeunesse et carrière politique
Jean-François Paschal Grousset a commencé sa carrière comme journaliste. Il a notamment collaboré à des journaux comme Le Figaro et La Marseillaise. Il a soutenu la Commune de Paris en 1871, ce qui lui a valu d’être déporté en Nouvelle-Calédonie. Il s’est évadé en 1874 et a trouvé refuge à Londres, où il a vécu en exil pendant plusieurs années.
Carrière d’écrivain
C’est pendant son exil qu’il a commencé à écrire des romans d’aventures et de science-fiction, en collaboration avec son ami Jules Verne. Il a pris le pseudonyme d’André Laurie pour cette activité littéraire. Leur collaboration a été fructueuse, mais a pris fin après 1883. André Laurie a continué à écrire seul et a publié plusieurs ouvrages de fiction, notamment :
- L’Héritier de Robinson (1884) : Une histoire d’aventure et de survie.
- Le Secret du mage (1890) : Un roman de science-fiction.
- Axel Ebersen, le grand marin (1893) : Un récit d’aventure maritime.
Ses romans étaient souvent destinés à un jeune public. Ses œuvres ont connu un grand succès et ont été traduites dans plusieurs langues.
Fin de vie
De retour en France après l’amnistie des communards, Paschal Grousset a été élu député de Paris en 1893. Il a continué à écrire sous son pseudonyme tout en poursuivant sa carrière politique. Il est décédé le 9 avril 1909, laissant derrière lui une œuvre littéraire abondante et une carrière politique remarquable.
Livres de André Laurie :
L’héritier de Robinson (1884)
La vie de collège (1896)
Le chef au bracelet d’or (1882)
Le filon de Gérard (1901)
Le géant de l’azur (1904)
Les exilés de la Terre (1888)
Mémoires d’un collégien (1881)
Mémoires d’un collégien russe (1889)
Spiridon le muet (1906)
Une année de collège à Paris (1883)
Pour en savoir plus sur André Laurie :
La page Wikipédia sur A. Laurie
La page Noosfere sur A. Laurie
La page isfdb de A. Laurie
Nouvelles.net par Alain Le Bussy

Fiche de Nouvelles.net
Titre : Nouvelles.net
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution :
Editeur :
Sommaire de Nouvelles.net
- Destins
- Le palais des monstres
- Le Ramon de la Macrâle
- L’amateur de cailloux
- L’effeuilleuse morte
- Une visite intéressée
- Ecran blanc
Première page de Destins
« Autoroute Cologne-Paris. 500 km non-stop en principe. De nos jours, les frontières n’existent plus vraiment. Seulement des lignes pointillées sur les cartes et le style des panneaux indicateurs qui change. 4 heures de route, toujours en principe. Beaucoup plus en hiver, parfois avec la neige, le verglas – le merglas, disait Coluche, qui roulait bien à moto… en principe.
Dominique est dans les temps. À condition de rouler normalement, il sera à l’heure au rendez-vous.
3 septembre. Ça roule serré, surtout entre 7 et 8 heures. Poids-lourds longs courriers, camionnettes d’entreprises en route vers les chantiers avec leur cargaison humaine qui dort encore à moitié, navetteurs qui vont des villages vers une ville, parents conduisant leurs enfants à l’école, au collège, au lycée. Les tops de 7 heures et le journal. La Yougoslavie, ce qu’il en reste, a remplacé Gorba et Eltsine, Khadafi ou les Brigades Rouges, mais c’est toujours la même chose avec les malheurs des autres : au bout d’un temps, ça lasse. Dominique tend la main vers l’auto-radio pour interrompre la litanie d’horreurs qui se déverse… »
Extrait de : A. Le Bussy. « Nouvelles.net. »