Auteur/autrice : CH91
Warden tue le médiateur par Dan Dastier

Fiche de Warden tue le médiateur
Titre : Warden tue le médiateur (Tome 26 sur 43 – Warden)
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir
Première page de Warden tue le médiateur
« Depuis Ismaïlia, Gamal Mourabak avait roulé pratiquement sans s’arrêter en longeant le canal de Suez, et la vieille Buick rose bonbon avait tenu le coup. Un miracle, quand on considérait certaines parties mécaniques ligaturées avec de vieux bouts de fil de fer rouillé !
Gamal Mourabak s’arrêta à l’entrée de Ras El-Ish pour faire le plein. Il attira l’attention du marchand de jus de fruits qui sommeillait à l’abri d’une toile tendue entre quatre piquets, devant son échoppe, et abandonna une poignée de piastres pour pouvoir déguster un jus de canne à sucre sans quitter le volant de sa voiture. Tout en buvant à petites gorgées le liquide douceâtre et frais, il laissa son regard errer sur le paysage. Quelques palmiers, du sable, et le canal. Depuis la réouverture du canal de Suez, les affaires reprenaient dans les villages, et il régnait toujours une certaine animation, entretenue par le passage des bateaux qui venaient de la mer Rouge. Pétroliers chargés, venant des pays du golfe Persique et cinglant vers l’Europe avide d’or noir, mais aussi cargos de tous tonnages, arborant comme un défi leurs pavillons de complaisance… »
Extrait de : D. Dastier. « Warden tue le médiateur – Warden. »
Cent lingots pour une guérilla par Dan Dastier

Fiche de Cent lingots pour une guérilla
Titre : Cent lingots pour une guérilla (Tome 12 sur 43 – Warden)
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de Cent lingots pour une guérilla
« Contrairement à son habitude, Francisco Carrera conduisait lui-même la vieille Jeep brinquebalante qui peinait sur la piste caillouteuse longeant le rio Motagua. Le guérillero hirsute et dépenaillé qui occupait le siège à sa droite se cramponnait du mieux qu’il pouvait à un montant métallique, à demi arraché de son support, et ne disait rien. Seule son expression crispée pouvait trahir son anxiété. Visiblement, il aurait donné n’importe quoi pour se trouver ailleurs !
A l’arrière, secoués à la limite du supportable par les cahots de la mauvaise route de montagne, les deux gardes du corps habituels de Francisco Carrera affichaient le même visage impassible. Ils en avaient vu d’autres depuis qu’ils étaient entrés dans la clandestinité de la rébellion guatémaltèque, et ils ne faisaient aucune différence entre mourir déchiquetés au fond d’un ravin ou sous les balles des soldats de l’armée régulière. De toute façon, la mort, au Guatemala, ne pouvait pas avoir la même signification qu’ailleurs… Le choix qui se posait à la plupart des habitants pauvres du pays – et ils étaient légion – s’étageait seulement entre différentes formes de morts. »
Extrait de : D. Dastier. « Cent lingots pour une guérilla – Warden. »
Radars en péril par Dan Dastier

Fiche de Radars en péril
Titre : Radars en péril (Tome 3 sur 43 – Warden)
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir
Première page de Radars en péril
« Steve Collins écarta les bords de la cagoule qu’il portait par-dessus son bonnet de fourrure, et se frotta vigoureusement les joues. Il sentait à peine le contact des énormes gants fourrés, et la peau de son visage lui faisait l’effet d’un vieux parchemin. La température avait encore baissé de plusieurs degrés et devait avoisiner les – 35°. Devant lui, le premier traîneau se frayait un passage difficile au milieu des arêtes de glace, de plus en plus nombreuses maintenant qu’ils se trouvaient sur la banquise. Un léger vent d’ouest commençait à soulever des nuages de neige poudreuse, au ras du sol, et il distinguait à peine la silhouette de ses compagnons dans le clair-obscur de la nuit polaire.
Il poussa un cri pour attirer l’attention des deux hommes qui marchaient à l’avant du traîneau de tête, et leva un bras qu’il agita au-dessus de sa tête. »
Extrait de : D. Dastier. « Radars en péril – Warden. »
Les sphères de Penta par Dan Dastier

Fiche de Les sphères de Penta
Titre : Les sphères de Penta (Tome 5 sur 5 – Jullian de Cerny)
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les sphères de Penta
« Un premier hurlement monta dans le silence quand l’amas d’astéroïdes apparut, bas sur l’horizon, inondant la nuit d’une clarté diffuse et blanchâtre. Un cri interminable de bête blessée… Olaf Kirken leva les yeux et un frémissement agita sa longue carcasse. Il ne savait pas ce que signifiait ce hurlement, mais il sentait confusément qu’il était concerné d’une manière ou d’une autre. Son regard extraordinairement pâle erra au-delà du grand feu de bois, effleurant à peine les silhouettes de ses compagnons groupés autour du foyer, silencieux comme lui. Eux aussi devaient avoir entendu le cri atroce, mais ils ne paraissaient pas réagir. Ils continuaient à fixer les flammes.
— Il fera beau demain, murmura Olaf, sans aucune raison valable de prononcer cette phrase plutôt qu’une autre.
Cela n’avait de toute façon aucun rapport avec le cri qu’ils venaient d’entendre. Mais il avait soudain éprouvé le besoin de dire quelque chose, ne serait-ce que pour entendre le son de sa propre voix.
Sa voisine de droite changea de position et entoura ses genoux repliés de ses deux bras nus. »
Extrait de : D. Dastier. « Les sphères de Penta – Jullian de Cerny. »
Les mutants de Pshuuria par Dan Dastier

Fiche de Les mutants de Pshuuria
Titre : Les mutants de Pshuuria (Tome 4 sur 5 – Jullian de Cerny)
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les mutants de Pshuuria
« PSHUUR, an 13995
La fille était jolie et Ubaar l’accepta sans problème. Elle avait les cheveux d’un blond très pâle, presque blanc, qui était l’apanage de la plupart des Pshuuriennes, et la pigmentation légèrement turquoise de sa peau mettait en valeur le mauve lumineux de ses grands yeux à peine bridés.
Ubaar savait qu’il pouvait la refuser si la moindre chose lui déplaisait en elle. Il lui suffisait seulement d’en exprimer mentalement le désir et elle disparaîtrait, remplacée par une autre. Il pouvait tout aussi bien exiger le remplacement de la gracieuse apparition par une de ces séances de psychoformation qui le ravissaient habituellement, mais son choix était déjà fait et il laissa la femme s’approcher, ébloui par la souplesse lascive de ses mouvements.
Elle s’appelait Kaalia, tout simplement parce qu’il avait souhaité qu’elle portât ce nom. Elle souriait et l’ourlet sensuel de ses lèvres fascina Ubaar. »
Extrait de : D. Dastier. « Les Mutants de Pshuuria – Jullian de Cerny. »
Les immortels de Cephalia par Dan Dastier

Fiche de Les immortels de Cephalia
Titre : Les immortels de Cephalia (Tome 3 sur 5 – Jullian de Cerny)
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les immortels de Cephalia
« Zuck Johnson somnolait dans sa guérite transparente quand l’hélicar du professeur Jason Beckle se posa exactement au centre de l’aire de contrôle automatique du laboratoire privé. Zuck sursauta, se retrouva comme par miracle sur ses jambes et rajusta machinalement la position de sa casquette. Deux hommes descendaient du petit appareil et venaient dans sa direction. Il reconnut au premier coup d’œil le professeur et son assistant, le jeune Lood Grifton. Il sortit précipitamment de sa guérite pour les saluer et vérifier, par principe, leurs badges.
— Bonjour, Zuck ! lança cordialement Jason Beckle. Rien de spécial ?
— Rien, professeur, murmura Zuck. Ah ! si… Mais cela ne doit pas avoir beaucoup d’importance… Dans la matinée, un astrojet a survolé les installations pendant quelques minutes, à haute altitude. En tout cas, il évoluait hors de la zone d’alarme.
Jason Beckle sourit et se tourna à demi vers son assistant.
— Encore des petits curieux qui voudraient bien savoir ce qui se passe ici, dit-il. Ils peuvent toujours courir ! »
Extrait de : D. Dastier. « Les Immortels de Cephalia – Jullian de Cerny. »
La planète aux diamants par Dan Dastier

Fiche de La planète aux diamants
Titre : La planète aux diamants (Tome 2 sur 5 – Jullian de Cerny)
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de La planète aux diamants
« Dans le poste de pilotage du Capricorne en cours d’approche de Mars, l’ambiance était plutôt tendue… Et il ne fallait pas chercher bien loin la raison de cette tension, qui se lisait sur le visage des deux hommes occupés à surveiller le fonctionnement des calculatrices de bord. Dans un angle du poste, près du panneau d’accès, se tenait un homme armé d’un pistolet ultrasonique… Rien ne transparaissait sur ses traits rigides, mais il ne perdait pas de vue un seul des mouvements du pilote, assis dans son fauteuil devant l’imposant tableau de bord du vaisseau spatial.
Jordan Galek lui lança un regard inexpressif puis s’approcha de Jen Moran, commandant du
Capricorne.
— Je viens d’injecter le programme d’approche, dit-il. Vous pouvez passer en automatique, Jen…
Moran enfonça une série de boutons sur un des tableaux de commande et le ronronnement des calculatrices se fit plus net. Maintenant, le vaisseau spatial était livré au guidage automatique qui l’amènerait sur orbite martienne. Moran quitta le fauteuil qu’il occupait depuis l’émergence supraspatiale, s’étira longuement et marcha vers les écrans de sidéroradars. »
Extrait de : D. Dastier. « La planete aux diamants – Jullian de Cerny. »
Les replis du temps par Dan Dastier

Fiche de Les replis du temps
Titre : Les replis du temps (Tome 1 sur 5 – Jullian de Cerny)
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les replis du temps
« Le phénomène se manifesta de nouveau sur les écrans des sidéroradars, et Jullian déclencha d’un geste précis tous les systèmes d’enregistrement dont disposait l’Altaïr. Mais, une nouvelle fois, il comprit que ce geste serait vain. Les mystérieux vaisseaux qui se matérialisaient soudain dans l’espace semblaient ne laisser aucune trace, et leur brève apparition ressemblait plus à un mirage cosmique qu’à quelque chose de réellement concret. Pourtant, Jullian ne rêvait pas ! C’était la quatrième fois en une semaine de temps terrestre qu’il assistait, ainsi que tous les hommes qui constituaient l’équipage du croiseur de combat Altaïr, au phénomène d’apparition et de disparition des nefs inconnues. Chaque fois, les astronefs semblaient s’être matérialisés à des distances variables, pour disparaître au bout de quelques secondes. Ils paraissaient évoluer en groupe, et Jullian en avait dénombré jusqu’à douze à la fois, en formation serrée et impeccable. »
Extrait de : D. Dastier. « Les replis du Temps. »
Daniel Piret

Présentation de Daniel Piret :
Daniel Piret, né le 28 mars 1933 à Paris et mort le 22 octobre 2020 à Sarlat-la-Canéda, est un écrivain français de science-fiction et d’anticipation. Il a également publié sous le pseudonyme de Red Ilan.
Biographie
Avant de se consacrer à l’écriture, Daniel Piret exerce la profession de commerçant à Ivry-sur-Seine. C’est en 1972 qu’il fait son entrée dans le paysage littéraire de la science-fiction avec la publication de son premier roman, Année 500.000, au sein de la célèbre collection « Anticipation » des éditions du Fleuve Noir.
Une figure du Fleuve Noir
Daniel Piret devient rapidement l’un des auteurs réguliers et prolifiques du Fleuve Noir, collection qui domine alors le marché de la science-fiction populaire en France. Entre 1972 et le milieu des années 1980, il signe plus d’une vingtaine de romans pour l’éditeur. Ses récits explorent souvent les thèmes du voyage temporel, des civilisations perdues (comme l’Atlantide) et des enjeux écologiques ou cosmiques.
Parmi ses titres les plus notables publiés dans la collection « Anticipation », on peut citer :
- Les Fils de l’Atlantide (1974) ;
- Le Onzième Satellite (1975) ;
- Navire-planète (1978) ;
- Strontium 90 (1980) ;
- La 666e Planète (1982) ;
- La Parole (1984).
Autres collaborations et fin de carrière
À la fin des années 1970, il collabore également avec les éditions Roger Garry dans la collection « Mémoires d’outre ciel », où il publie des ouvrages tels que Péril végétal (1979) ou Cholom (1979).
Bien que sa production se soit raréfiée après l’âge d’or du Fleuve Noir, il est resté présent dans l’esprit des amateurs du genre. Vers la fin de sa vie, certaines de ses œuvres ont été rééditées ou publiées de manière posthume par les éditions Black Coat Press dans la collection « Rivière Blanche », notamment Projet Espoir (2008) et Les Enfants de la lumière (2009).
Daniel Piret s’est éteint en Dordogne en 2020, laissant derrière lui une œuvre représentative de la science-fiction française des « années Fleuve Noir », caractérisée par une imagination débordante et un sens aigu de l’aventure spatiale.
Livres de Daniel Piret :
Ellipses temporelles :
- Prométhée (1982)
- Les fils de Prométhée (1983)
Ahouvati le Kobek (1974)
Année 500.000 (1972)
Interférence (1978)
L’ancêtre d’Irskaa (1978)
L’île des Bahalim (1977)
La 666e planète (1983)
La dernière mort (1976)
La mort des dieux (1977)
La parole (1984)
Le grand passage (1975)
Le maître de Phallaté (1974)
Le manuscrit (1976)
Le navire-planète (1978)
Le onzième satellite (1975)
Le rescapé du Gaurisankar (1976)
Le Tell de la puissance (1975)
Les deux soleils de Canaé (1972)
Les dévoreurs d’âmes (1977)
Les disques de Biem-Kara (1973)
Les égarés du temps (1973)
Les égrégores (1975)
Les envoyés de Méga (1982)
Les fils de l’Atlantide (1974)
Les survivants de Miderabi (1976)
N’ooma (1979)
Naître ou ne pas naître (1974)
Sakkara (1976)
Sloma de l’Abianta (1980)
Sogol (1976)
Strontium 90 (1980)
Vae victis (1976)
Xurantar (1977)
Pour en savoir plus sur Daniel Piret :
La page Wikipédia sur D. Piret
La page Noosfere sur D. Piret
La page isfdb de D. Piret
Voyeur par Joël Houssin

Fiche de Voyeur
Titre : Voyeur
Auteur : Joël Houssin
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de Voyeur
« Je l’avais déjà aperçue à plusieurs reprises, mais je n’avais jamais remarqué ce qu’elle pouvait avoir d’intéressant pour moi. Elle se tenait à l’angle de la rue Saint-Denis et la rue Blondel. Elle était grande, fine, des yeux noisette bordés de cils soyeux, de longs cheveux blonds qu’elle remontait parfois en chignon, vêtue le plus souvent d’une tunique arachnéenne, de bas clairs et de porte-jarretelles mauves. C’était une belle femme. Probablement une des plus belles femmes de la rue. Elle n’avait pourtant pas un succès considérable auprès des clients qui lui préféraient souvent mystérieusement ses voisines, infiniment moins présentables. J’ignorais si cette relative bouderie de la clientèle tenait à son comportement en chambre – je n’étais jamais monté avec elle – ou encore à cet air distant qu’elle tentait de se composer en mâchonnant perpétuellement un chewing-gum. Pour ma part, je trouvais ce comportement de ruminant plutôt stupide et peu attirant. L’imaginaire odeur de chlorophylle qu’elle devait fatalement dégager n’avait rien de particulièrement sensuel. J’étais donc passé plusieurs fois devant elle sans lui accorder plus d’attention qu’un regard furtif et sans que, de son côté, elle n’essaye de me racoler. J’étais transparent. Ou, plutôt, je me sentais devenir transparent quand son regard éteint se posait par hasard sur moi. Ce regard vide, sans trace de haine, de mépris, de fatigue, dénué de toute expression, me mettait mal à l’aise. Je passais devant elle sans ralentir. »
Extrait de : J. Houssin. « Voyeur. »