Auteur/autrice : CH91

 

Le capitaine Micah Clarke par Arthur Conan Doyle

Fiche de Le capitaine Micah Clarke

Titre : Le capitaine Micah Clarke (Tome 2 sur 3 – Micah Clarke)
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1911
Traduction : A. Savine
Editeur : BnF

Première page de Le capitaine Micah Clarke

« Les ombres empourprées du soir s’étendaient sur la campagne.

Le soleil s’était couché derrière les lointaines hauteurs de Quantock et de Brendon quand la colonne d’infanterie, que formaient nos rudes paysans, traversa de son pas lourd Curry Revel, Wrantage et Henlade.

De tous les cottages situés sur les bords de la route, de toutes les fermes aux tuiles rouges les paysans sortaient en foule sur notre passage, portant des cruches pleines de lait ou de bière, échangeant des poignées de mains avec nos rustauds, les pressant d’accepter des vivres ou des boissons.

Dans les petits villages, jeunes et vieux accouraient en bourdonnant, pour nous saluer, et poussaient des cris prolongés et sonores en l’honneur du Roi Monmouth et de la Cause protestante.

Les gens, qui restaient à la maison, étaient presque tous des vieillards et des enfants, mais çà et là un jeune laboureur que l’hésitation ou quelques devoirs avaient retenu, était si enthousiasmé de notre air martial, des trophées visibles de notre victoire, qu’il s’emparait d’une arme et se joignait à nos rangs. »

Extrait de : A.C Doyle. « Le Capitaine Micah Clarke – Micah Clarke. »

Les recrues de Monmouth par Arthur Conan Doyle

Fiche de Les recrues de Monmouth

Titre : Les recrues de Monmouth (Tome 1 sur 3 – Micah Clarke)
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1911
Traduction : A. Savine
Editeur : BnF

Première page de Les recrues de Monmouth

« Il est possible, mes chers petits-enfants, qu’à des moments divers je vous aie conté presque tous les incidents survenus en ma vie pleine d’aventures.

Du moins il n’en est aucun, je le sais, qui ne soit bien connu de votre père et de votre mère.

Toutefois, quand je vois que le temps s’écoule, et qu’une tête grise est sujette à ne plus contenir qu’une mémoire défaillante, il m’est venu à l’idée d’utiliser ces longues soirées d’hiver à vous exposer tout cela, en bon ordre, depuis le commencement, de telle sorte que vous puissiez avoir dans vos esprits une image claire, que vous transmettrez dans ce même état à ceux qui viendront après vous.

Car, maintenant que la Maison de Brunswick est solidement établie sur le trône et que la paix règne dans le pays, il vous sera chaque année de moins en moins aisé de comprendre les sentiments des gens de ma génération, au temps où Anglais combattaient contre Anglais et où celui qui aurait dû être le bouclier et le protecteur de ses sujets, n’avait d’autre pensée que de leur imposer par la force ce qu’ils abhorraient et détestaient le plus. »

Extrait de : A.C Doyle. « Les Recrues de Monmouth – Micah Clarke. »

Jules Lermina

Présentation de Jules Lermina :

Jules Lermina (1839-1915) est un écrivain, journaliste et anarchiste français, moins connu que ses contemporains comme Jules Verne, mais dont l’œuvre mérite d’être redécouverte, notamment pour ses contributions au genre fantastique.

Vie et engagement

Né à Livry-Gargan en 1839, Lermina commence sa carrière comme journaliste. Son engagement politique est marqué par son anarchisme et son opposition au régime de Napoléon III. Il est notamment impliqué dans la Commune de Paris en 1871, ce qui lui vaut d’être emprisonné. Cet engagement se reflète dans une partie de ses écrits, souvent teintés d’une critique sociale et politique. Il fonde plusieurs journaux et participe activement à la vie littéraire et intellectuelle de son époque.

Œuvres fantastiques et de science-fiction

Si Lermina a écrit de nombreux romans populaires, d’aventures et des drames sociaux, c’est dans le domaine de l’imaginaire qu’il se distingue. Son œuvre fantastique, souvent publiée sous forme de feuilletons, s’inscrit dans la lignée du roman scientifique et d’anticipation, un genre très en vogue à la fin du XIXe siècle.

  • Le Secret des quatre-sœurs (1894) : Ce roman est l’une de ses œuvres les plus marquantes. Il raconte l’histoire d’un savant qui découvre le moyen de créer la vie artificielle à partir de quatre jeunes femmes. Cette œuvre, qui explore les thèmes de la science sans conscience et de la création de l’homme par l’homme, est un exemple précoce de la science-fiction d’horreur.
  • Le Fils de Monte-Cristo (1881) : Bien que ce roman soit une suite du célèbre roman d’Alexandre Dumas, Lermina y introduit des éléments fantastiques et d’aventure qui lui sont propres. Il prolonge le mythe de Monte-Cristo en y ajoutant des péripéties et des rebondissements qui le rapprochent du roman populaire d’anticipation.
  • L’Effroyable Aventure (1899) : Ce roman, plus sombre, explore les thèmes du monstre et de la folie. Lermina y dépeint la décadence d’une famille et les conséquences d’expériences scientifiques macabres.

Les œuvres fantastiques de Lermina se caractérisent par un mélange de science, de mystère, de surnaturel et de critique sociale. Elles abordent des thèmes comme les limites de la science, la folie, les créations monstrueuses et les utopies (ou dystopies) scientifiques, ce qui les rapproche des œuvres de l’époque comme celles de Villiers de l’Isle-Adam ou de Jean de la Hire.

Lermina meurt en 1915, laissant derrière lui une œuvre prolifique et diversifiée. Bien que son nom soit resté dans l’ombre de ses célèbres contemporains, ses romans fantastiques témoignent de l’inventivité et de la richesse de la littérature populaire de la fin du XIXe siècle.

Livres de Jules Lermina :

Les loups de Paris :

A brûler (1889)
A tes pieds ! (1889)
Alise (1893)
Histoires incroyables (1885)
L’A.B.C. du libertaire (1906)
L’effrayante aventure (1913)
L’élixir de vie (1890)
L’énigme (1895)
L’étranglée de la porte Saint-Martin (1908)
La criminelle (1881)
La deux fois morte (1895)
La magicienne (1892)
Le fils de Monte-Cristo (parties 1 et 2) (1881)
Les hystériques de Paris (1885)
Les mariages maudits (1880)
Mystère-Ville (1905)
Reine (1891)
To-ho le tueur d’or (???)

Pour en savoir plus sur Jules Lermina :

La page Wikipédia sur J. Lermina
La page Noosfere sur J. Lermina
La page isfdb de J. Lermina

Ultima par Alain Le Bussy

Fiche de Ultima

Titre : Ultima
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 2005
Editeur : Rivière blanche

Première page de Ultima

« Il sortit du caisson d’hibernation la tête encore pleine des lumières chatoyantes d’Astoria. Il y avait la musique aussi, inséparable des pinceaux de lumière colorée dont le ballet avait rythmé la fête. Et les parfums ! Ceux, doux, caressants, des fleurs du jardin du Régent et les autres, plus agressifs, des mets qu’on lui avait servi et qu’il avait pu toucher après que Rolf y eut goûté. Les rires des danseuses se mêlaient aux rythmes des orchestres comme les filles s’étaient mêlées aux invités. Il y aurait bien goûté aussi, mais Rolf ou Sieg étaient là pour le protéger des tentations, tandis qu’Hergill veillait sur sa sécurité.

Ce n’était pas pruderie mais prudence : il était l’héritier du trône des Six Planètes et bien des complots pouvaient s’ourdir autour de lui, soit pour le supprimer, soit pour le subvertir. Et des filles, il y en avait assez sur Ultima, qui n’attendaient qu’un signe de lui. Des filles pour le plaisir, pour la distraction, et même l’une ou l’autre qu’il pourrait épouser, mais toutes, absolument toutes, certifiées sans danger pour l’héritier. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Ultima. »

Soleil fou par Alain Le Bussy

Fiche de Soleil fou

Titre : Soleil fou
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir

Première page de Soleil fou

« Ils m’ont tout volé. Ce n’est pas par pure méchanceté ou par avidité… en général. C’est seulement une habitude. Ils le font entre eux. Ils l’ont fait souvent dans le passé, dépouillant ceux qu’ils appelaient primitifs de leur innocence, de leur joie de vivre. Et, s’ils m’ont tout volé, ils m’ont donné beaucoup en échange, il est vrai. Mais si j’ai assez appris pour pouvoir apprécier ce que j’ai reçu, je reste assez près de mes origines pour être capable de ressentir cruellement ce qui me manque.
C’est une longue histoire, qui s’étend à la fois sur plus de deux siècles et sur quelques dizaines d’années…
 
J’étais si jeune quand j’ai accepté de les suivre. Plein d’illusions sur eux, sur moi-même. Et le mot « accepté » n’est pas correct. Pas honnête, même. C’est moi qui ai voulu venir, je m’en souviens bien. Évidemment, je ne savais pas que je serais absent si longtemps. Je n’étais pas le premier à partir, même si c’était exceptionnel, et les autres étaient revenus au bout d’un temps. De longues années parfois, mais ils étaient revenus, et ne demandaient qu’à partir à nouveau. Ils avaient les yeux emplis de merveilles – ils avaient appris et n’avaient encore rien perdu – et leurs bouches tentaient de traduire tout ce qu’ils avaient vu, tout en répétant qu’il y avait encore tant et tant à découvrir. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Soleil fou. »

Quête impériale par Alain Le Bussy

Fiche de Quête impériale

Titre : Quête impériale
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir

Première page de Quête impériale

« Les Seigneurs de la Guerre ont toujours raison. Il est impensable qu’ils puissent faire erreur en prévoyant l’issue d’un combat ou la conséquence d’une décision, que ce soit au niveau stratégique ou au plan tactique. Une prévision exacte est leur raison d’être.
 
Ces phrases sans réplique obsédaient Varlo depuis peu. On les lui avait enseignées dans son enfance, et il les avait répétées souvent, comme des milliards d’hommes. Cependant, en lui-même, il avait toujours ressenti une sorte de besoin de s’insurger contre toute affirmation trop catégorique. Il y avait celle-ci, il y en avait d’autres, mais dans ce cas précis, avec le temps, l’apprentissage et la maturité, il en était venu à penser que cela ne servait qu’à camoufler un trop rapide renoncement.
Ces derniers jours, son opposition s’était faite obsession.
Une fois de plus, à l’instigation de l’un des Jeunes Royaumes – le Royaume du Quadrant dans ce cas précis –, une planète frontalière venait de refuser de payer le tribut annuel et de se déclarer indépendante. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Quête impériale. »

Piège vital par Alain Le Bussy

Fiche de Piège vital

Titre : Piège vital
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 2009
Editeur : Griffe d’encre Editions

Première page de Piège vital

« Il y a des gens qui n’ont aucun respect pour la fortune, même honnêtement acquise. On les confond parfois avec ceux qui ont une vénération pour l’argent, au point de vouloir s’en emparer où qu’il se trouve, fût-ce même dans la poche d’un autre. D’ailleurs, si le mot « poche » correspond à compte en banque, cache secrète ou portefeuille d’actions, c’est en général là qu’on le trouve. Certains se contentent de grappiller cent après cent, rendant d’honnêtes services. D’autres visent un peu plus haut, quelques crédeures à la fois, en vendant très cher un produit qui ne vaut en réalité pas grand-chose. Une bouteille d’eau qui vaut trois cents et qui se vend deux crédeures, ça fait vite une fortune !
Il y en a pour qui ce n’est pourtant pas assez rapide, et c’était sur l’un de ceux-là que j’étais tombé. Ce n’était pas le premier, hélas. L’homme est un loup pour l’homme, on a découvert ça il y a déjà pas mal de temps. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Piège vital. »

Une année de collège à Paris par André Laurie

Fiche de Une année de collège à Paris

Titre : Une année de collège à Paris
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1883
Editeur : BnF

Première page de Une année de collège à Paris

« Ce livre pourra donner aux collégiens à leurs débuts un avant-goût de la vie des grands, au sens scolaire, et leur faire apprécier la distance qui sépare un gamin de sixième de cet immense personnage, un élève-bachelier.
Nous sommes, au moment où s’ouvre ce récit, dans un salon assez élégamment meublé, au premier étage d’une villa parisienne, alors isolée au bord d’une pelouse et d’une corbeille de fleurs, sur le quai de Billancourt.
A cent pas de la façade, la Seine fuit sous les embarcations entre deux rangées de peupliers bruissants et le long de l’île Séguin. Sur la gauche et un peu en arrière, trois corps de bâtiments à cinq étages surmontés d’une haute cheminée fumante. Tout au ras du chemin de halage, des montagnes de betteraves blanches à collet rose, qu’une file continue de porteurs marchant à pas comptés sur les talons l’un de l’autre, comme une procession de fourmis humaines, décharge à pleines hottes d’une barque amarrée au quai.
Plus loin, des charrettes attelées de chevaux géants, un train de wagons sur une ligne de rails, des équipes affairées, des sifflements de vapeur, tout le remue-ménage et l’activité d’une fabrique de sucre. »

Extrait de : A. Laurie. « Une année de collège à Paris. »

Spiridon le muet par André Laurie

Fiche de Spiridon le muet

Titre : Spiridon le muet
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1906
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Spiridon le muet

« LA crémaillère du docteur Aristide Cordat est restée célèbre dans les fastes du Paris artiste et savant. De mémoire de mondain, on n’avait rien vu de pareil comme entrée de jeu d’un débutant, frais émoulu des bancs de l’école. Jamais chirurgien illustre, arrivant au terme d’une fructueuse carrière ; jamais peintre à la mode ; jamais héritier soudain d’une fortune princière, décidé à la croquer à belles dents en sept ou huit semestres, n’avaient déployé un luxe aussi effréné, une entente aussi complète des raffinements de l’art, une observation aussi rigoureuse de toutes les conditions imposées au médecin pour assurer le bien-être et la sécurité de ses patients.

C’était dans un merveilleux hôtel de l’avenue du Bois-de-Boulogne, naguère occupé par un dramaturge fastueux, et que les architectes avaient remanié, rebâti, décoré de fond en comble, au milieu d’un parc immense, en gens qui ont reçu le mandat positif de ne pas regarder aux frais et qui réalisent sans compter le mandat le plus large et plus exigeant, pour ne pas dire le plus extravagant. »

Extrait de : A. Laurie. « Spiridon le Muet. »

Mémoires d’un collégien russe par André Laurie

Fiche de Mémoires d’un collégien russe

Titre : Mémoires d’un collégien russe
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1889
Editeur : BnF

Première page de Mémoires d’un collégien russe

« Je m’appelle Dmitri Fédorovitch Térentieff. Je viens d’avoir seize ans. Depuis la rentrée de Pâques, je suis élève de Prima au gymnase Saint-Vladimir à Moscou. Il y a deux ans que je fréquente, comme externe, les cours de ce lycée.

En ce moment, la plus épouvantable et aussi la plus injuste accusation pèse sur ma tête. C’est au fond d’un sombre cachot que j’écris ces lignes. J’y vois à peine, tant la lucarne qui m’éclaire est étroite ; mais je n’en persiste pas moins dans mon projet : écrire ma justification, me prouver à moi-même, par le récit fidèle et sincère de toute ma vie, que je suis innocent du crime affreux dont on m’accuse…

Je crois connaître le coupable ; c’est un de mes camarades du collège. Un mot de moi suffirait peut-être à le faire enfermer à ma place dans cette noire prison, où l’on m’a amené il y a deux jours… Il habiterait ce réduit humide, peuplé de rats et de cafards… Je les entends courir sous la paille pourrie qui me sert de couche… Il prendrait de la main du geôlier le pain noir et la cruche d’eau qui sont ma ration quotidienne. »

Extrait de : A. Laurie. « Mémoires d’un collégien russe. »