Auteur/autrice : CH91

 

Cuirassés par Adrian Tchaikovsky

Fiche de Cuirassés

Titre : Cuirassés
Auteur : Adrian Tchaikovsky
Traduction : L. Queyssi
Date de parution : 2008
Editeur : Bélial

Première page de Cuirassés

« Sturgeon dit toujours qu’autrefois, le premier choix de carrière des gosses de riche, c’était de partir à la guerre. Il explique, avec cet air supérieur agaçant du type qui simplifie pour que je comprenne bien, qu’à l’époque, les troufions de base n’étaient que de pauvres bougres avec un couteau et une veste en cuir, pas entraînés, qui ne connaissaient rien à rien et gobaient tous les mensonges qu’on leur servait.
Mais les riches, eux, n’avaient rien d’autre à foutre que de suivre des études et, grâce à leurs fortunes, ils pouvaient se payer des armures d’enfer qui résistaient aux lames des pouilleux. Ils s’amusaient même, quand ils partaient se battre, à compter combien de gars du peuple ils parviendraient à trucider. Et si ça tournait mal pour eux, ils ne mouraient pas, raconte encore Sturgeon. Ils se laissaient capturer et échanger contre rançon, puis s’en payaient une bonne tranche avec les millionnaires qui les récupéraient aux dépens de tous les malheureux qu’ils avaient butés. »

Extrait de : A. Tchaikovsky. « Cuirassés. »

Chiens de guerre par Adrian Tchaikovsky

Fiche de Chiens de guerre

Titre : Chiens de guerre
Auteur : Adrian Tchaikovsky
Traduction : H.L Planchat
Date de parution : 2017
Editeur : Denoël

Première page de Chiens de guerre

« Je m’appelle Rex. Je suis un bon chien.

Quand Rex fonce, l’ennemi est défoncé. C’est une blague du Maître.

Mon équipe se compose de Dragon, Miel et Abeilles. C’est une escouade d’assaut multiforme. Ça veut dire que ce ne sont pas des bons chiens comme moi.

Maintenant, j’approche des ennemis. J’avance contre le vent. Je peux les sentir : il y a au moins une trentaine d’humains dans le camp. Je flaire des fusils, mais pas d’explosifs. Je ne sens pas non plus d’autres chiens ni de biomorphes, seulement des humains qui sont des ennemis.

Je parle à mes armes. Elles me disent qu’elles sont prêtes et opérationnelles. Elles disent : Tous les systèmes fonctionnent, Rex. Et le module de rétroaction me dit : Bon chien, il n’oublie pas.

Mes fusils-mitrailleurs, on les appelle des « grands chiens ». C’est une blague des gens qui me les ont donnés. Ils sont sur mes épaules et ils tirent quand je leur dis de tirer, parce que j’ai besoin de mes mains pour faire autre chose que presser sur des détentes. On les appelle des grands chiens parce que les humains sont trop petits pour les utiliser sans se blesser. »

Extrait de : A. Tchaikovsky. « Chiens de guerre. »

Le jour de l’ascension par Adrian Tchaikovsky

Fiche de Le jour de l’ascension

Titre : Le jour de l’ascension (Warhammer 40.000 / WH40K)
Auteur : Adrian Tchaikovsky
Traduction : M. Quemener
Date de parution : 2022
Editeur : Bibliothèque noire / Black Library

Première page de Le jour de l’ascension

« Le corps du Fabricator Général Burzulem, seigneur de Morod, évoquait une imposante cloche de bronze drapée de rouge et d’or. Sa tête chauve baignait dans les ombres au sommet de la cloche, posée sur un nid de câbles sinueux et segmentés où ne se voyait pas de cou à proprement parler, et elle était généralement braquée vers le bas afin de souligner sa condescendance envers ses inférieurs qui se prosternaient devant lui. Lorsqu’il se déplaçait, c’était avec une démarche chaloupée, et l’on s’attendait presque à entendre sonner un coup de cloche à chaque pas. Ses mouvements étaient étrangement fluides pour un homme qui s’était depuis longtemps séparé de ses jambes humaines. De l’avis irrévocable de Gammat Triskellian, la douzaine de membres articulés qui le supportait aurait dû être agitée d’une espèce de grouillement, et non pas permettre à cette lourde masse de métal de glisser et flotter comme un habitant de fonds marins xenos où le soleil ne brille jamais. »

Extrait de : A. Tchaikovsky. « Le Jour de l’Ascension – Warhammer 40.000 / WH40K. »

Dans le berceau du temps par Adrian Tchaikovsky

Fiche de Dans le berceau du temps

Titre : Dans le berceau du temps (Tome 3 sur 3 – Dans la toile du temps)
Auteur : Adrian Tchaikovsky
Traduction : H.L Planchat
Date de parution : 2022
Editeur : Denoël

Première page de Dans le berceau du temps

« Ce ne fut pas un murmure, mais une explosion.
Le vaisseau avait administré à Heorest Holt tous les médicaments qui lui permettraient de revenir paisiblement à la vie, mais il n’était pas préparé à entendre ce qui ressemblait à la fin du monde. Il ne s’était écoulé qu’un moment subjectif depuis qu’ils s’étaient tous rassemblés dans la salle de commandement pour discuter de leur cible et célébrer leur succès. Esi Arbandir, leur archiviste bavarde, avait même concocté une boisson alcoolisée grâce aux vieilles imprimantes de l’Enkidu.
Leur succès : avoir voyagé plus loin qu’aucun autre humain, être parvenus à un âge que personne n’avait jamais atteint auparavant. Ils constituaient un fragment de la Terre qui continuerait à survivre, contre toute attente. Le vaisseau était encore entier ; bien que l’ingénieur Olf ait énuméré péniblement les dysfonctionnements et les systèmes en panne, le simple fait qu’il soit encore en vie pour en parler et que les autres puissent l’écouter trompait toutes les probabilités ; ils avaient déjoué bien des certitudes, y compris la mort elle-même. Ils avaient survécu. »

Extrait de : A. Tchaikovsky. « Dans la toile du temps – Dans le berceau du temps. »

Dans les profondeurs du temps par Adrian Tchaikovsky

Fiche de Dans les profondeurs du temps

Titre : Dans les profondeurs du temps (Tome 2 sur 3 – Dans la toile du temps)
Auteur : Adrian Tchaikovsky
Traduction : H.L Planchat
Date de parution : 2019
Editeur : Denoël

Première page de Dans les profondeurs du temps

« D’innombrables histoires commencent par un réveil. Disra Senkovi avait dormi pendant des décennies. Tandis qu’il hibernait, la durée d’une existence s’était écoulée sur sa planète ; pour son corps inconscient, cela n’avait semblé qu’un instant – comme sa vitesse approchait celle de la lumière, le temps avait été comprimé par la relativité. Toutefois, pour lui, il n’y avait même pas de temps ; seulement l’oubli glacé d’une chambre de stase. On savait les construire, à l’époque.

Senkovi avait choisi son mode de réveil. Certains de ses collègues – qu’il considérait comme les moins imaginatifs – recevaient des informations essentielles, des nouvelles de chez eux, des rapports du vaisseau. En sortant d’hibernation, avec l’esprit plein de données, ils étaient prêts à bondir vers leur poste, à accomplir leur tâche sans attendre. C’était ridicule, puisque leur mission allait les occuper pendant des dizaines d’années. Senkovi n’éprouvait pas une grande estime pour la plupart de ses collègues.

Paradoxalement, il reprit connaissance avec le souvenir d’un rêve. »

Extrait de : A. Tchaikovsky. « Dans les profondeurs du temps – Dans la toile du temps. »

Dans la toile du temps par Adrian Tchaikovsky

Fiche de Dans la toile du temps

Titre : Dans la toile du temps (Tome 1 sur 3 – Dans la toile du temps)
Auteur : Adrian Tchaikovsky
Traduction : H.L Planchat
Date de parution : 2015
Editeur : Denoël

Première page de Dans la toile du temps

« Il n’y avait pas de fenêtres dans les installations du Brin 2 — grâce à la rotation, « dehors » était toujours « en bas » et l’on n’y pensait plus. Les écrans muraux affichaient une agréable illusion qui gommait les effets du mouvement giratoire, une vue composite et immobile de la planète : sa surface marbrée de vert, qui évoquait le bleu du monde d’origine situé à vingt années-lumière. La Terre avait également été verte autrefois, mais ses couleurs étaient maintenant ternies.Peut-êtren’avait-elle jamais été aussi verte que ce monde superbement ouvragé, dont les océans eux-mêmes offraient des reflets d’émeraude grâce au phytoplancton qui équilibrait la quantité d’oxygène contenue dans son atmosphère. Il avait été si difficile, si délicat, de construire ce monument vivant qui resterait stable pendant les prochaines ères géologiques.
Il n’avait pas de nom officiel, sinon sa désignation astronomique, bien que certains membres d’équipage parmi les moins inventifs insistent pour le baptiser « Simiana ». En le regardant, la docteure Avrana Kern ne parvenait à imaginer qu’un seul nom : le Monde de Kern. Son projet, son rêve, sa planète. La première, qui serait suivie de beaucoup d’autres. »

Extrait de : A. Tchaikovsky. « Dans la toile du temps. »

Zombies contre Licornes par Holly Black et Justine Larbalestier

Fiche de Zombies contre Licornes

Titre : Zombies contre Licornes
Auteur : Holly Black et Justine Larbalestier
Traduction : A.-E. Lozano
Date de parution : 2010
Editeur : Fleuve noir

Sommaire de Zombies contre Licornes

  • La plus haute justice par G. Nix
  • « Love will tear us apart » par A. D. Johnson
  • Test de pureté par N. Novik
  • Bougainvillées par C. Ryan
  • Un millier de fleurs par M. Lanagan
  • Les enfants de la révolution par M. Johnson
  • Prendre soin de son bébé licorne (tueuse) par D. Peterfreund
  • Inoculata par S. Westerfeld
  • Princesse Petite-Culotte par M. Cabot
  • Les mains froides par C. Clare
  • La troisième vierge par K. Duey
  • Dernier bal par L. Bray

Eleanor par Holly Black

Fiche de Eleanor

Titre : Eleanor
Auteur : Holly Black
Traduction : J.B Dupin
Date de parution : 2014
Editeur : Bayard

Première page de Eleanor

« Poppy posa l’une des sirènes près de la portion de la route qui représentait la mer Trop Noire. C’étaient de vieilles poupées — achetées dans un dépôt-vente de charité — avec de grosses têtes brillantes, des queues de différentes couleurs et d’abondants cheveux crépus.

Zachary Barlow voyait presque leurs nageoires ondoyer tandis qu’elles attendaient l’approche du navire, cachant sous leurs sourires de plastique leurs intentions meurtrières. A la première occasion, elles attireraient le bateau sur les récifs, inciteraient l’équipage à se jeter à la mer et dévoreraient les flibustiers entre leurs dents acérées.

Zachary farfouilla dans son sac de figurines. Il en tira un pirate armé de deux sabres d’abordage, puis le plaça soigneusement au centre du bateau en papier qu’ils avaient lesté avec des gravillons pris dans l’allée. Sans cela, le vent de ce début d’automne aurait risqué d’emporter le Neptune’s Pearl. À cet instant, Zach n’était plus sur la maigre pelouse devant la maison miteuse qu’habitait Poppy, mais à bord d’un véritable navire, le visage picoté par les embruns salés, en route vers l’aventure. »

Extrait de : H. Black. « Eleanor. »

Coldtown par Holly Black

Fiche de Coldtown

Titre : Coldtown – Cité des vampires
Auteur : Holly Black
Traduction : L. Rigoureau
Date de parution : 2013
Editeur : Hachette

Première page de Coldtown

« Tana se réveilla dans une baignoire. En chien de fusil, la joue appuyée au métal froid du robinet. Un filet de salive avait imbibé son haut au niveau de la clavicule et mouillé l’extrémité de ses mèches. Sinon, elle était complètement sèche, vêtements compris, ce qu’elle constata avec une espèce de soulagement. Elle avait la nuque raide, les épaules endolories. Elle contempla avec hébétude le plafond, sur lequel la moisissure dessinait des taches semblables à celles d’un test de Rorschach.

Durant un instant, elle se sentit totalement désorientée.

Dérapant sur l’émail, elle se mit à genoux et écarta le rideau de douche.

Le lavabo dégorgeait de gobelets en plastique, de bouteilles de bière et d’essuie-mains jetés à la va-vite. Le fenestron situé au-dessus des toilettes laissait passer une chaude lumière jaune d’été finissant filtrée par les ombres vacillantes des guirlandes d’ail suspendues à l’encadrement. »

Extrait de : H. Black. « Coldtown. »

Au plus profond de la forêt par Holly Black

Fiche de Au plus profond de la forêt

Titre : Au plus profond de la forêt
Auteur : Holly Black
Traduction : L. Damant-Jeandel
Date de parution : 2015
Editeur : Rageot

Première page de Au plus profond de la forêt

« Le long d’un sentier souvent emprunté s’enfonçant au cœur des bois, après un ruisseau et un tronc d’arbre creux plein de cloportes et de termites, se trouvait un cercueil de verre qui reposait à même le sol. À l’intérieur dormait un garçon à la tête cornue et aux oreilles aussi effilées que la pointe d’un couteau.

Selon Hazel Evans – elle le tenait de ses parents, qui eux-mêmes le tenaient de leurs parents –, il avait toujours été là. Et, quelle que soit la méthode employée, personne n’avait jamais réussi à le réveiller.

Il ne s’était pas réveillé les longs mois d’été, quand Hazel et son frère Ben, vautrés sur le cercueil, rêvaient de projets glorieux en l’observant à travers la paroi transparente, voilée par leur respiration. Il ne s’était pas réveillé face aux touristes qui l’admiraient, bouche bée, ni quand les fact checkers étaient venus certifier qu’il n’était pas réel. Il ne s’était pas réveillé les week-ends d’automne, quand les filles dansaient juste au-dessus de lui, tournoyant sur une musique à peine audible diffusée par une enceinte portative. Il n’avait pas remarqué Leonie Wallace qui, un soir, avait brandi sa bière comme pour saluer les créatures de la forêt. Il n’avait même pas bronché quand Jack Gordon, le meilleur ami de Ben, avait écrit au feutre sur un côté du cercueil : EN CAS D’URGENCE, BRISER LA GLACE, ni quand Lloyd Lindblad, armé d’une masse, l’avait pris au mot. »

Extrait de : H. Black. « Au plus profond de la forêt. »