Auteur/autrice : CH91

 

Le livre des légendes par Selma Lagerlöf

Fiche de Le livre des légendes

Titre : Le livre des légendes
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1910
Traduction : F. Palmér
Editeur : Perrin

Sommaire de Le livre des légendes

  • La fille du Grand-Marais
  • La mine d’argent
  • La légende de la Rose de Noël
  • La marche nuptiale
  • Le joueur de violon
  • Une légende de Jérusalem
  • Pourquoi le pape devint si vieux
  • Le ballon

Première page de La fille du Grand-Marais

« Ceci se passe dans une salle d’audience, en province. Devant le tribunal, tout au fond de la salle, est assis le vieux juge, homme de haute et forte taille, au visage rude et énergique. Des heures durant, sans discontinuer, il n’a fait que trancher litige après litige, et à la fin il s’est senti envahir par un sentiment de sombre dégoût. Il est difficile de savoir si c’est la chaleur étouffante de la salle qui l’incommode, ou s’il a été dégoûté à la longue de tant de querelles mesquines, qui paraissent n’être nées que pour témoigner de la manie tracassière, du manque de charité, et de l’âpreté au gain des hommes.
Il vient d’aborder la dernière des causes qui doivent être jugées ce jour-là. Il s’agit d’une demande de pension alimentaire.
Cette affaire est venue déjà au cours de la session précédente, et le greffier donne lecture du procès-verbal des débats antérieurs. Il en résulte d’abord que la partie demanderesse est la fille d’un pauvre journalier et que le défendeur est un homme marié. »

Extrait de : S. Lagerlöf. « Le livre des légendes. »

Le livre de Noël par Selma Lagerlöf

Fiche de Le livre de Noël

Titre : Le livre de Noël
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1945
Traduction :
Editeur : Actes sud

Sommaire de Le livre de Noël

  • Le livre de Noël
  • Légende de la fête de la Sainte-Luce
  • La princesse de Babylone
  • Le piège à rats
  • A Nazareth
  • Le rouge-gorge
  • Le crâne
  • La nuit de Nouvel An des animaux

Première page de Le livre de Noël

« Nous sommes assis autour de la grande table à rallonges, un soir de réveillon à Mårbacka. Papa à l’une des extrémités, maman à l’autre.
Oncle Wachenfeldt est là aussi – à la place d’honneur à côté de papa – et tante Lovisa, et Daniel, Anna, Gerda et moi. Comme toujours, Gerda et moi sommes assises de part et d’au­­tre de maman, parce que nous sommes les plus jeunes. L’image reste très claire dans mon esprit.
Nous avons déjà mangé la morue “à la lessive”, le riz au lait et les millefeuilles. Assiettes, cuillers, couteaux et fourchettes ont été débarrassés mais la nappe est restée. Les deux bougies à plusieurs branches fabriquées maison brûlent dans leurs candélabres au milieu de la table, entourées de la salière, du sucrier, de l’huilier et d’un gros cruchon en argent, rempli à ras bord de bière de Noël.
Le repas étant terminé, nous devrions quitter la table, mais ce n’est pas le cas. Nous restons assis dans l’attente de la distribution des cadeaux de Noël. »

Extrait de : S. Lagerlöf. « Le Livre de Noël. »

Le charretier de la mort par Selma Lagerlöf

Fiche de Le charretier de la mort

Titre : Le charretier de la mort
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1912
Traduction : T. Hammar
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Le charretier de la mort

« Une pauvre jeune fille de l’Armée du Salut agonisait.
Elle avait attrapé une de ces phtisies rapides et brutales qui ne vous permettent pas de résister plus d’un an. Tant qu’elle l’avait pu, elle avait continué ses tournées et rempli ses devoirs ; mais quand ses forces l’eurent trahie, on l’envoya dans un sanatorium. Elle y avait été soignée pendant quelques mois sans aucune amélioration, et, comprenant qu’elle était perdue, elle était revenue près de sa mère qui habitait une petite maison à elle dans une rue de banlieue. Là, couchée dans une pauvre chambre étroite où elle avait passé son enfance et sa première jeunesse, elle attendait la mort.
Sa mère s’était installée près de son lit, le cœur serré, mais si absorbée par ses soins de garde-malade, qu’elle ne prenait pas le temps de pleurer. Une Salutiste, qui, comme la malade, appartenait à la classe des visiteuses, se tenait au pied du lit et versait silencieusement des larmes. »

Extrait de : S. Lagerlöf. « Le Charretier De La Mort. »

La légende de Gösta Berling par Selma Lagerlöf

Fiche de La légende de Gösta Berling

Titre : La légende de Gösta Berling
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1905
Traduction : A. Bellessort
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de La légende de Gösta Berling

« Enfin, voilà le pasteur en chaire… Les paroissiens relevèrent la tête. Ah, ah, le voilà pourtant ! Il y aurait donc un service aujourd’hui : ce ne serait pas comme dimanche dernier, et comme tant d’autres dimanches !
Le pasteur était jeune, grand, élancé. Il avait les yeux profonds d’un poète, le menton décidé d’un homme de guerre. Tout en lui était d’une singulière beauté et comme embrasé de vie intérieure.
Le peuple se sentit étrangement subjugué. Les gens étaient plus accoutumés à le voir sortir du cabaret en titubant, entouré de gais camarades, tels que Bérencreutz, le colonel aux épaisses moustaches blanches, et le fort capitaine Christian Bergh. Il avait tant bu que, depuis des semaines, il n’avait pu remplir ses fonctions et que la paroisse s’était plainte, d’abord auprès de son curé, puis auprès de l’évêque et du chapitre. Et l’évêque était venu procéder à une enquête. Il était là, dans le chœur, la croix d’or sur la poitrine ; et les théologiens de Karlstad et les pasteurs des communes avoisinantes étaient assis autour de lui. »

Extrait de : S. Lagerlöf. « La Légende De Gösta Berling. »

L’empereur du Portugal par Selma Lagerlöf

Fiche de L’empereur du Portugal

Titre : L’empereur du Portugal
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1914
Traduction : T. Hammar, M. Metzger
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de L’empereur du Portugal

« Jan Andersson de Skrolycka ne se lassa jamais, même dans sa vieillesse, de parler du jour où naquit la petite fille.
Dès le matin, Jan Andersson était allé chercher la sage-femme et d’autres personnes d’expérience ; après quoi il avait passé toute la matinée et un bon bout de l’après-midi assis sur le billot, dans le bûcher, sans autre chose à faire que d’attendre.
Au-dehors, il pleuvait à verse, et Jan Andersson ne put éviter sa part de l’ondée, bien que sensément il fût à l’abri. L’humidité suintait des murs mal clos, le toit aux poutres disjointes laissait passer les gouttes, et tout à coup le vent précipita une trombe d’eau par l’entrée du bûcher que ne fermait aucune porte.
– Je me demande si quelqu’un s’imagine que je me réjouis de voir arriver cet enfant, marmonnait Jan dans son coin, et ce disant il donna un tel coup de pied à une bûchette qu’il la fit voler dans la cour. Car c’est vraiment la pire malchance qui pouvait m’arriver. »

Extrait de : S. Lagerlöf. « L’Empereur Du Portugal. »

L’argent de Monsieur Arne par Selma Lagerlöf

Fiche de L’argent de Monsieur Arne

Titre : L’argent de Monsieur Arne
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1904
Traduction : E. Girod-Hoskier
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de L’argent de Monsieur Arne

« Du temps du roi Frédéric II de Danemark, vers l’an 1560, vivait à Marstrand, dans la pauvreté, un revendeur de poisson nommé Thorarin. Faible de santé, infirme d’un bras, il n’avait pas la force de tirer un filet hors de l’eau ni de conduire un bateau à la rame. Il ne pouvait donc pas gagner sa vie comme les autres pêcheurs du petit archipel de Marstrand et devait se contenter de circuler de village en village dans sa kariole, avec sa provision de poisson frais ou salé.
Un soir de février, au crépuscule, Thorarin se trouva sur la route qui, de Kongshelle mène à la paroisse de Solberga. La route était particulièrement solitaire, on n’y voyait pas une âme ; Thorarin cependant n’avait pas besoin de garder le silence. Il avait à côté de lui, sur la voiture, un excellent compagnon auquel il parlait souvent : c’était un petit chien noir au poil épais, qui répondait au nom de Grim. En général, Grim se tenait parfaitement tranquille, la tête appuyée sur ses pattes de devant, clignotant seulement des yeux quand son maître lui parlait ; mais s’il entendait quelque chose qui lui déplût, il se redressait, et, le museau en l’air, hurlait plus fort qu’un loup. »

Extrait de : S. Lagerlöf. « L’Argent De Monsieur Arne. »

L’anneau du pêcheur par Selma Lagerlöf

Fiche de L’anneau du pêcheur

Titre : L’anneau du pêcheur
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1939
Traduction : T. Hammar, M. Metzger
Editeur : La république des Lettres

Sommaire de L’anneau du pêcheur

  • L’inscription sur le sol
  • Mam’zelle Fredrika
  • Il ne faut jamais trop penser
  • La pierre du lac Rottne
  • Le journalier de chez Dobbrichsen
  • Parmi les rosiers grimpants
  • La trêve de Dieu
  • L’antique Kungahälla
  • La reine des bois
  • L’anneau du pêcheur
  • Une histoire de Hallstanaes
  • L’eau pure
  • Magister Frykstedt
  • Paix sur la terre
  • La cravache
  • La souricière

Première page de L’inscription sur le sol

« La femme adultère venait d’être jugée. Elle savait qu’elle allait mourir. Ceux qui l’avaient surprise en flagrant délit l’avaient traînée au temple et amenée devant les prêtres et les docteurs de la loi, qui venaient de prononcer leur arrêt : d’après la loi de Moïse, elle devait être lapidée.
La femme adultère était un pauvre être minable. Dans ses vêtements déchirés, le visage couvert de meurtrissures dues aux coups qu’elle avait reçus, déjà à moitié morte de frayeur, elle restait immobile, muette, devant ses juges, sans chercher à se défendre. Elle n’opposa aucune résistance non plus aux hommes qui l’avaient conduite au sanctuaire et qui, maintenant, la poussaient vers le lieu où elle allait subir son supplice. »

Extrait de : S. Lagerlöf. « L’anneau du pêcheur. »

Des trolls et des hommes par Selma Lagerlöf

Fiche de Des trolls et des hommes

Titre : Des trolls et des hommes
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1910
Traduction : M. de Gouvenain, L. Grunbach
Editeur : Babel

Première page de Des trolls et des hommes

« Un jour, une mère troll parcourait la forêt, portant son petit dans une hotte en écorce jetée sur son dos. Le marmot était gros et laid, avec des cheveux telles des soies de cochon, des dents aussi acérées que des poinçons et un petit doigt muni d’une griffe. Sa mère troll, pourtant, estimait bien sûr qu’on n’aurait su trouver de par le monde plus bel enfant.

Au bout d’un moment, elle arriva dans un endroit où la forêt s’éclaircissait. Un chemin passait là, criblé de trous et que les nombreuses racines rendaient glissant et, sur ce chemin, chacun sur son cheval, s’avançaient un fermier et sa femme.

À peine la mère troll les eut-elle aperçus qu’elle voulut s’esquiver au plus profond de la forêt pour ne pas être vue des humains, mais à l’instant même elle remarqua que la fermière portait un enfant sur le bras et, de ce fait, elle changea d’avis. « Il me faut vérifier si l’enfant d’homme égale en beauté mon petit », pensa-t-elle, et elle se blottit contre un noisetier qui poussait en bordure de chemin. »

Extrait de : S. Lagerlöf. « Des trolls et des hommes. »

Selma Lagerlöf

Présentation de Selma Lagerlöf :

Selma Lagerlöf était une écrivaine suédoise qui a remporté le prix Nobel de littérature en 1909. Elle est célèbre pour ses romans, ses histoires courtes et ses légendes qui sont souvent inspirés du folklore et de l’histoire suédoise.

Jeunesse et début de carrière

Selma Lagerlöf est née le 20 novembre 1858 à Mårbacka, en Suède. Elle a grandi dans une famille aisée, mais a souffert d’une maladie de la hanche qui l’a laissée avec un boitement permanent. Enfant, elle était une lectrice passionnée et a commencé à écrire de la poésie dès son plus jeune âge. Elle a également été une enseignante d’école pendant près de 10 ans avant de commencer à se consacrer entièrement à sa carrière d’écrivaine.

Carrière littéraire

Le premier roman de Lagerlöf, La saga de Gösta Berling, a été publié en 1891. Il raconte l’histoire d’un pasteur excommunié qui parcourt le pays en tant que vagabond. Le roman a été un succès immédiat et a établi la réputation de Lagerlöf en tant qu’écrivaine.

Certaines de ses œuvres les plus célèbres incluent :

  • Les Contes des rois-mages (1894) : Une collection de contes de Noël qui sont inspirés de la Bible.
  • Jérusalem (1901) : Un roman en deux parties qui raconte l’histoire d’un groupe de paysans suédois qui émigrent en Palestine.
  • Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède (1906) : Un roman pour enfants qui raconte les aventures d’un jeune garçon qui est transformé en un pouce et qui voyage à travers la Suède à dos de bernache du Canada.

En 1909, elle a reçu le prix Nobel de littérature pour « la noble idéalité, la vivante imagination et l’heureuse combinaison de l’ancienne et de la nouvelle manière qu’on trouve dans ses écrits. » Elle a été la première femme à recevoir ce prix.

Fin de vie et héritage

Selma Lagerlöf est décédée le 16 mars 1940 à Mårbacka, sa maison d’enfance. Elle était une figure marquante de la littérature suédoise et ses œuvres ont été traduites dans le monde entier. Son travail est encore lu et apprécié aujourd’hui pour son imagination, sa beauté et son humanité.

Livres de Selma Lagerlöf :

Des trolls et des hommes (1910)
L’anneau du pêcheur (1939)
L’argent de monsieur Arne (1904)
L’empereur du Portugal (1914)
La légende de Gösta Berling (1905)
Le charretier de la mort (1912)
Le livre de Noël (1945)
Le livre des légendes (1910)
Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède (1906)
Le monde des trolls (1915-1921)
Le violon du fou (1899)
Les liens invisibles (1894)

Pour en savoir plus sur Selma Lagerlöf :

La page Wikipédia sur S. Lagerlöf
La page Noosfere sur S. Lagerlöf
La page isfdb de S. Lagerlöf

Equilibre par Alain Le Bussy

Fiche de Equilibre

Titre : Equilibre
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1997
Editeur : Fleuve noir

Première page de Equilibre

« La planète n’offrait aucun intérêt particulier. Elle n’était même que marginalement habitable. Mais, même marginalement, c’était le seul point de l’espace à des dizaines d’années-lumière où l’homme pouvait vivre à l’air libre. Le seul point aussi où il avait le droit de se trouver.
Et le devoir de se trouver.
Sa marginalité ne résidait pas dans la composition de l’atmosphère, ou dans la pesanteur qu’on y ressentait. Pas même dans les températures – tout au moins à une certaine altitude – ou dans le climat qui pouvait être considéré, en ces endroits, comme tempéré ou méditerranéen.
Le problème, c’était que les endroits en question étaient rares : les océans occupaient plus de quatre-vingt-dix pour cent de la surface, et le reste était soit marécageux, soit constitué de zones d’un volcanisme actif où nul n’aurait songé à faire de lourds investissements pour installer une colonie permanente. Il y avait aussi quelques pics montagneux, lieux idéaux pour installer des observatoires, ou des stations de sports d’hiver, s’il y avait eu une véritable clientèle et de la neige en suffisance. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Équilibre. »