Auteur/autrice : CH91
Le secret des Sylvaneaux par Joël Champetier

Fiche de Le secret des Sylvaneaux
Titre : Le secret des Sylvaneaux (Tome 4 sur 4 – Contremont)
Auteur : Joël Champetier
Date de parution : 1994
Editeur : Editions Paulines
Première page de Le secret des Sylvaneaux
« Prise dans les filets d’un cauchemar, Fafaro revivait le naufrage de la Brigaille. La cabine tournait et tanguait, l’eau qui jaillissait des hublots la frappait au visage. La jeune femme essayait de nager, mais la substance du rêve engourdissait tous ses membres. Étourdie, elle ne savait plus distinguer le haut du bas. Sa robe s’était entortillée autour de sa tête. Elle sombrait, incapable de respirer…
Fafaro se réveilla en sursaut, repoussant la masse chaude et poilue qui lui collait au visage. Contre le ciel blafard de l’aurore, une silhouette à quatre pattes s’éloigna à contrecœur. Fafaro murmura quelques jurons bien sentis : cet idiot de kchün cherchait-il donc à l’étouffer ? Elle cessa de maugréer puis releva sa couverture sous son menton et essaya de se rendormir. Peine perdue : non seulement la lumière de l’aube envahissait-elle maintenant le ciel, mais surtout, la fraîcheur du matin avait glissé son doigt insidieux sous la couverture. »
Extrait de : J. Champetier. « Le Secret des Sylvaneaux – Contremont. »
Le voyage de la sylvanelle par Joël Champetier

Fiche de Le voyage de la sylvanelle
Titre : Le voyage de la sylvanelle (Tome 3 sur 4 – Contremont)
Auteur : Joël Champetier
Date de parution : 1993
Editeur : Editions Paulines
Première page de Le voyage de la sylvanelle
« Ce matin-là, les couloirs du château de Contremont résonnaient d’appels impatients.
— Votre Altesse ? Êtes-vous ici ? Répondez-moi, je vous prie ! Y a-t-il quelqu’un qui a vu la princesse Melsi ?
Ces appels provenaient de dame Zirnon, la préceptrice de Melsi, qui traversait en coup de vent les nouveaux couloirs de la tour royale. Par réflexe, la préceptrice avait dirigé ses pas en direction de l’escalier des serviteurs, puis elle se rappela que cet escalier avait été démoli pour faire place à une cuisine. Elle rebroussa chemin, poussant un soupir d’exaspération. Deux ans plus tôt, le siège contre le géant Barrad et la bataille qui s’était ensuivie avaient causé tant de dégâts que les architectes du royaume en avaient profité pour refaire l’aménagement intérieur de la tour royale. La princesse Melsi, par exemple, possédait maintenant ses propres appartements avec vue sur le fleuve Pibole – et c’est là que dame Zirnon se dirigeait. Elle pénétra sans même frapper dans une petite antichambre tapissée de tissu bleu. »
Extrait de : J. Champetier. « Le voyage de la sylvanelle – Contremont. »
La prisonnière de Barrad par Joël Champetier

Fiche de La prisonnière de Barrad
Titre : La prisonnière de Barrad (Tome 2 sur 4 – Contremont)
Auteur : Joël Champetier
Date de parution : 1991
Editeur : Editions Paulines
Première page de La prisonnière de Barrad
« Dans une sombre pièce des fondations du château de Contremont, le roi Japier reprit conscience. À son chevet veillaient Ferodelis, le lieutenant Carazo, ainsi que trois médecins. Tous regardaient leur roi, leur visage grave modelé par la lueur des lampes à huile.
Japier voulut demander « Que s’est-il passé ? » mais déjà les souvenirs affluaient à son esprit. Ferodelis, le chef des armées de Contremont, avait voulu débarrasser le royaume du géant Barrad, un des derniers représentants de l’antique race des aggs. Or la campagne militaire avait été un échec. Ferodelis et ses soldats n’avaient réussi qu’à blesser Barrad et à le rendre furieux. Pour se venger, Barrad avait pris d’assaut Contremont et avait séquestré Japier dans une tour de son propre château. Les exigences de Barrad pour le libérer étaient inouïes : il voulait dévorer un sylvaneau, membre d’une race ancienne que l’on croyait disparue. En échange, il aurait libéré le roi et aurait disparu à jamais de Contremont.
— Toujours pas de nouvelles de Sirokin ? demanda Japier d’une voix faible. »
Extrait de : J. Champetier. « La prisonnière de Barrad – Contremont. »
La requête de Barrad par Joël Champetier

Fiche de La requête de Barrad
Titre : La requête de Barrad (Tome 1 sur 4 – Contremont)
Auteur : Joël Champetier
Date de parution : 1991
Editeur : Editions Paulines
Première page de La requête de Barrad
« Sur un promontoire surplombant les eaux vertes du lac Emblic, sur la rive est du fleuve Pibole, se dressait l’antique ville de Contremont. La ville s’était formée autour du château de Contremont, encore plus ancien. Ce château était habité par un roi, nommé Japier, que les habitants de Contremont appelaient « le bon roi triste ». Bon, car le roi Japier était sage et comprenait le cœur des hommes. Triste, car la reine Anne, tant aimée du roi et du peuple, avait perdu la vie en tombant de cheval, quatre ans plus tôt.
Jusqu’à ce jour funeste, Japier avait été un roi avenant, prompt au rire et lent à la colère. Noble et digne, il ne méprisait pourtant pas ses sujets : Japier aimait se joindre à la population à l’occasion des banquets, des fêtes de moisson et des nombreuses chasses royales qui s’échelonnaient tout au long de l’année. Mais à la mort de sa reine, quelque chose se brisa en Japier. Il se désintéressa de son royaume et se retira de toute vie publique. Il s’enferma dans son château, avec pour seule compagnie ses proches serviteurs et l’unique enfant que la reine lui ait donné, la princesse Melsi. »
Extrait de : J. Champetier. « La Requête de Barrad – Contremont. »
Joël Champetier

Présentation de Joël Champetier :
Né le 30 novembre 1957 dans les rudes et majestueuses contrées de l’Abitibi, au sein de la pittoresque bourgade de La Corne, Joël Champetier demeure l’une des figures tutélaires de la littérature d’évasion au sein de la Belle Province. Ayant tragiquement quitté ce monde le 30 mai 2015, cet homme de lettres québécois s’est imposé comme un véritable orfèvre du fantastique, de l’anticipation et du merveilleux, insufflant aux lettres nord-américaines de langue française une vitalité et une ambition formidables.
De l’alambic à la plume
Avant de se consacrer tout entier aux vertiges de la création littéraire, le jeune Joël Champetier emprunte d’abord les chemins austères des sciences, exerçant la profession de chimiste et se spécialisant dans les domaines de l’électrochimie. Mais l’esprit de ce rêveur mélancolique, hanté par les vastes étendues boréales de son enfance et nourri d’intenses lectures solitaires, aspire à d’autres horizons. C’est ainsi qu’à l’aube de notre présente décennie, il délaisse les cornues pour embrasser la vocation d’écrivain. En 1981, il confie sa toute première nouvelle, sobrement intitulée « Le Chemin des fleurs », aux bonnes grâces de la revue Solaris, marquant ainsi son entrée triomphale en littérature.
Une fresque ténébreuse et poétique
L’œuvre romanesque de Joël Champetier se distingue par une étonnante polyphonie, l’auteur naviguant avec une aisance tout à fait remarquable entre le conte d’apprentissage pour la jeunesse et les récits d’épouvante ou de pure science-fiction destinés aux adultes. En 1991, il livre au public La Taupe et le Dragon, un roman d’anticipation d’une grande rigueur intellectuelle qui connaîtra d’ailleurs l’honneur d’une traduction outre-frontière, sous les presses américaines, prouvant au monde anglo-saxon la redoutable valeur de l’imaginaire francophone.
Toutefois, c’est assurément dans le registre du fantastique que sa prose ensorcelante atteint ses plus hauts sommets. Par la publication de La Mémoire du lac (qui lui vaut le prestigieux Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois) puis du troublant La Peau blanche — dont la noirceur fascinera le public jusqu’à connaître les honneurs du cinématographe —, l’écrivain tisse des toiles narratives redoutables, mâtinées d’une angoisse sourde et d’une psychologie d’une indéniable finesse.
Le paladin des lettres de l’imaginaire
L’on ne saurait décemment évoquer l’apport de Joël Champetier sans souligner son indéfectible dévouement à la communauté des auteurs de son pays. Conscient des affres du métier et soucieux de fédérer les talents de demain, il s’engage ardemment dans l’organisation du congrès Boréal, grand messe annuelle de la création chimérique au Québec. Mais c’est avant tout son labeur harassant au sein de la célèbre revue Solaris qui force l’admiration des esthètes. D’abord simple membre du comité de rédaction, il en devient bien vite le directeur littéraire puis le grand timonier, charge qu’il honorera jusqu’à son dernier souffle.
Tel un veilleur dans la nuit de l’édition, il a ainsi couvé des générations entières de jeunes nouvellistes, aiguisant leurs plumes et défendant, avec une ferveur inébranlable, la noblesse des littératures de l’étrange. Par la justesse de son verbe, l’acuité de ses visions et sa profonde humilité, Joël Champetier s’est érigé en maître incontesté du frisson, prouvant avec éclat que le Québec recelait, sous ses froids frimas, des conteurs d’une envergure véritablement universelle.
Livres de Joël Champetier :
Contremont :
- La requête de Barrad (1991)
- La prisonnière de Barrad (1991)
- Le voyage de la sylvanelle (1993)
- Le secret des Sylvaneaux (1994)
L’univers de Contremont :
- Les sources de la magie (2002)
- Le voleur des steppes (2007)
- Le mystère des Sylvaneaux (2009)
L’aile du papillon (1999)
La mémoire du lac (2001)
La mer au fond du monde (1990)
La peau blanche (2004)
La taupe et le dragon (1999)
Le jour-de-trop (1993)
Le prince Japier (1995)
Le voile de lumière (2011)
Tous mes univers (2020)
Pour en savoir plus sur Joël Champetier :
La page Wikipédia sur J. Champetier
La page Noosfere sur J. Champetier
La page isfdb de J. Champetier
Straken par Terry Brooks

Fiche de Straken
Titre : Straken (Tome 3 sur 3 – Le Haut druide de Shannara – Shannara)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : M. Roger
Date de parution : 2005
Editeur : Bragelonne
Première page de Straken
« — Pen Ohmsford ! appela la silhouette enveloppée d’une cape noire depuis l’autre côté du gouffre séparant l’île du tanequil du reste du monde. Nous t’attendions !
Un druide. Il avança de quelques pas et rejeta sa capuche, révélant un visage grave. Pen ne l’avait jamais vu auparavant.
— Traverse le pont pour que nous puissions parler, ajouta le druide.
La lumière des flammes projetait son ombre en travers du passage de pierre, et la tache sombre, menaçante, se fondait dans les ténèbres du gouffre. Pen regretta de s’être précipité ainsi dans la lumière, de ne pas avoir été plus prudent. Mais il avait supposé que le pire était derrière lui. Il avait survécu à sa rencontre avec le tanequil, et reçu en récompense la noircanne, un talisman qui lui permettrait d’accéder à l’autre côté de la Barrière. Cela lui avait coûté deux doigts, mais il en était venu à penser qu’il s’agissait d’un prix bien modique. Perdre Cinnaminson avait été bien plus douloureux, néanmoins il avait accepté l’idée qu’il ne pourrait rien y faire avant le retour de sa tante, saine et sauve. Il s’était toutefois promis de revenir pour elle. Enfin, il avait échappé au monstre qui les avait poursuivis sans relâche depuis Anatcherae et qui était mort, tombé dans l’abîme où il s’était écrasé.
Et désormais, ceci. »
Extrait de : T. Brooks. « Straken. »
Tanequil par Terry Brooks

Fiche de Tanequil
Titre : Tanequil (Tome 2 sur 3 – Le Haut druide de Shannara – Shannara)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : E. Gourdet
Date de parution : 2004
Editeur : Bragelonne
Première page de Tanequil
« Sen Dunsidan, Premier ministre de la Fédération, s’arrêta pour jeter un coup d’œil par-dessus son épaule alors qu’il arrivait à ses appartements.
Il n’y avait là personne qui ne soit à sa place : ses gardes du corps devant la porte de sa chambre, les sentinelles en faction à chaque extrémité du couloir – personne d’autre. Comme toujours. Mais cela ne l’empêchait pas de vérifier chaque soir. Il scruta attentivement le couloir éclairé par les torches. Il n’y avait pas de mal à vouloir être sûr. Se montrer prudent n’était qu’une question de bon sens.
Il entra et referma doucement la porte derrière lui. La chaude lueur et les parfums suaves des bougies qui l’accueillirent étaient rassurants. Il était l’homme le plus puissant des Terres du Sud, mais non pas le plus apprécié. Il ne s’en était guère soucié avant la venue de la Sorcière d’Ilse, mais cela n’avait cessé de le préoccuper depuis. Elle avait beau n’être plus là, enfin, bannie dans un royaume de sombre folie et de créatures assoiffées de sang d’où nul ne s’était jamais échappé, il ne se sentait pas en sécurité pour autant. »
Extrait de : T. Brooks. « Tanequil. »
Jarka Ruus par Terry Brooks

Fiche de Jarka Ruus
Titre : Jarka Ruus (Tome 1 sur 3 – Le Haut druide de Shannara – Shannara)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : E. Gourdet
Date de parution : 2003
Editeur : Bragelonne
Première page de Jarka Ruus
« Elle était assise dans ses appartements, drapée dans les ombres du crépuscule et dans la solitude du soir, seule avec ses pensées plus sombres que la nuit tombante et plus pesantes que Paranor tout entière. Elle se retirait de bonne heure ces temps-ci, prétendument pour travailler mais surtout pour réfléchir, pour méditer sur la déception des échecs du présent et sur les perspectives décourageantes de l’avenir. Le silence régnait dans la haute tour, répit momentané dans la lutte qui l’opposait à ceux qu’elle devait diriger. Cela ne durait guère que le temps où elle demeurait recluse, mais elle songeait parfois que, sans ce réconfort quotidien, le désespoir lui aurait fait perdre la raison.
Elle n’était plus une enfant, ni même une jeune femme, quoiqu’elle ait conservé ses traits de jeunesse ; sa peau pâle, diaphane, était encore inaltérée et exempte de rides, ses yeux d’un bleu stupéfiant n’avaient rien perdu de leur limpidité, et ses gestes étaient toujours aussi calmes et assurés. »
Extrait de : T. Brooks. « Jarka Ruus. »
Morgawr par Terry Brooks

Fiche de Morgawr
Titre : Morgawr (Tome 3 sur 3 – Le voyage du Jerle Shannara – Shannara)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : E. Gourdet
Date de parution : 2002
Editeur : Bragelonne
Première page de Morgawr
« La silhouette surgit si vivement des ombres de l’alcôve que Sen Dunsidan ne s’aperçut pas de sa présence avant d’être arrivé presque sur elle. Le couloir menant à sa chambre à coucher était plongé dans la pénombre du crépuscule, et la lumière des lampes murales ne fournissait guère plus que des halos épars de clarté diffuse. Les lampes ne lui furent donc d’aucun secours cette fois-ci, et le ministre de la Défense n’eut l’occasion ni de fuir, ni de
se défendre.
— Un mot, si vous le voulez bien, ministre.
L’intrus disparaissait sous une cape et un capuchon, et Sen Dunsidan, bien qu’il ait instantanément songé à la Sorcière d’Ilse, sut sans le moindre doute qu’il ne s’agissait pas d’elle. C’était un homme qui se tenait devant lui – la forme était trop grande et trop imposante pour qu’il puisse s’agir d’une femme, et la voix était dure et masculine. La silhouette fine et menue, la voix douce et froide de la Sorcière d’Ilse manquaient à l’appel. »
Extrait de : T. Brooks. « Morgawr. »
Antrax par Terry Brooks

Fiche de Antrax
Titre : Antrax (Tome 2 sur 3 – Le voyage du Jerle Shannara – Shannara)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : E. Gourdet
Date de parution : 2001
Editeur : Bragelonne
Première page de Antrax
« Le dernier jour de son enfance, Grianne Ohmsford avait six ans. Elle était petite pour son âge et n’avait ni force physique inhabituelle, ni expérience extraordinaire de la vie ; aussi n’était-elle pas particulièrement bien préparée à grandir d’un seul coup. Aînée des deux enfants d’un scribe enseignant et d’une mère au foyer, Araden et Biornlief Ohmsford, elle avait passé toute sa vie à la bordure orientale des plaines de Rabb, enfant protégée d’un foyer préservé. Chez les Ohmsford, les gens allaient et venaient comme dans une auberge – élèves de son père ou clients venus bénéficier de ses compétences, ou encore voyageurs issus de toutes les Quatre Terres. Mais elle-même n’avait jamais voyagé et commençait tout juste à prendre conscience du peu qu’elle connaissait du monde, lorsque tout ce qui lui était familier lui fut enlevé. »
Extrait de : T. Brooks. « Antrax. »