Auteur/autrice : CH91
Nickel le petit par Christophe Kauffman
Fiche de Nickel le petit
Titre : Nickel le petit
Auteur : Christophe Kauffman
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir
Première page de Nickel le petit
« — Père ?
— Oui, Nickel ?
— Père, parlez-moi du monde des hommes… Dites-moi le Peuple des Plaines.
Du haut de ses quinze centimètres, Nickel observait son père-choisi travailler à la rédaction d’un nouvel ouvrage, un de ces livres ésotériques dont seuls quelques lutins érudits ont le secret.
Faradz était penché sur le chevalet, profondément plongé, semblait-il, dans la relecture et la correction des dernières pages de son manuscrit. Rien ne transparaissait sur son visage étrange. Ses sourcils broussailleux lui ombraient les yeux et la lumière ne pouvait s’accrocher qu’à ses incisives surdéveloppées, comme celles d’un lapin. »
Extrait de : C. Kauffman. « Nickel le petit. »
Jalin Ka par Christophe Kauffman

Fiche de Jalin Ka
Titre : Jalin Ka
Auteur : Christophe Kauffman
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir
Première page de Jalin Ka
« Dans leur maison de pierre, le vieillard et l’enfant se faisaient croire l’un à l’autre qu’ils dormaient. Il n’y avait qu’un lit dans la pièce nue. Ils dormaient ainsi toutes les nuits, depuis de nombreuses années, et ces nuits avaient renforcé les liens presque filiaux qui les unissaient.
L’enfant n’osait pas se retourner sur sa couche, de peur de réveiller l’homme qui sommeillait à ses côtés.
Le vieillard avait senti le malaise de son jeune compagnon. Il eut une quinte de toux et changea bruyamment de position. L’enfant en profita lui aussi pour se retourner et tous deux purent recommencer à faire semblant de dormir.
Jalin Ka, l’enfant, aimait la nuit. C’était pour lui le seul moment où le fossé qui le séparerait à jamais des Maîtres se comblait un peu. Lorsque son instinct lui soufflait que le monde était plongé dans le noir le plus impénétrable, il se sentait presque leur égal. Dans ces moments-là, le fait que ses yeux ne s’ouvriraient jamais à la lumière ne lui paraissait plus si terrible. Lorsqu’il faisait noir, totalement noir dehors, sa nuit intérieure
n’était plus un obstacle. »
Extrait de : C. Kauffman. « Jalin Ka. »
Marc Lemosquet
Présentation de Marc Lemosquet :
Marc Lemosquet est un écrivain français de science-fiction, né en 1971. Il est principalement connu pour ses romans publiés dans la collection « Anticipation » du Fleuve Noir, une collection emblématique du genre en France.
Parmi ses œuvres les plus notables, on retrouve :
- « Le Gymnase de l’ogre » (1992, Fleuve Noir, Anticipation n° 1865). Ce roman dépeint un univers où la flore est aussi sanguinaire que la faune.
- « Plug-in » (1992, Fleuve Noir, Anticipation n° 1892).
- « Cobaye » (1993, Fleuve Noir, Anticipation n° 1928).
Les thèmes principaux de ses écrits s’inscrivent dans l’anticipation et la guerre, explorant souvent des univers sombres et dangereux. Marc Lemosquet est apprécié des lecteurs pour son style et ses récits.
Livres de Marc Lemosquet :
Cobaye (1993)
Le gymnase de l’ogre (1992)
Plug-in (1992)
Pour en savoir plus sur Marc Lemosquet :
La page Wikipédia sur M. Lemosquet
La page Noosfere sur M. Lemosquet
La page isfdb de M. Lemosquet
Pour des soleils froids par Jean-Louis Trudel

Fiche de Pour des soleils froids
Titre : Pour des soleils froids
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir
Première page de Pour des soleils froids
« Son horizon se limitait à un montant de porte. Sa vie se confinait à une grotte de métal. Son existence rétrécissait d’heure en heure. Le mur opposé était devenu aussi inaccessible qu’un quasar.
Il ne quittait plus son réduit de quarante cubicos. Le plancher et le plafond étaient cachés jusqu’à mi-hauteur par des étagères de fortune. Il dormait à même le métal tiède et vibrant d’un mur. Il n’avait qu’à s’asseoir et étendre le bras pour cueillir un des vidéo-livres alignés sur les étagères ou une tablette nutritive, mais il devait entamer une reptation de cinq mètres pour atteindre l’aspirateur sanitaire dont le siège fixe était devenu vertical. Se lever pour boire au robinet et défier l’accélération bloquée à quatre gravités représentait une aventure quotidienne.
Parfois, il se hasardait jusqu’à sa porte et glissait un regard en biais — impossible, impensable de pousser la tête plus loin — vers le bas. Vingt mètres dans cette direction qui avait correspondu à l’arrière du vaisseau, la coursive transformée en gouffre faisait un coude. La paroi y portait encore des traces de sang séché. »
Extrait de : J.L Trudel. « Pour des soleils froids. »
Petit guide de la science-fiction au Québec par Jean-Louis Trudel

Fiche de Petit guide de la science-fiction au Québec
Titre : Petit guide de la science-fiction au Québec
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 2017
Editeur : Les Éditions Alire
Sommaire de Petit guide de la science-fiction au Québec
- Les racines françaises jusqu’à Jules Verne
- La science-fiction politique d’Aubin à Tardivel et Barthe
- Vers une littérature commerciale
- Crise et renaissance de la production québécoise
- La génération Vonarburg
- Les structures du milieu québécois
- Assimilation et éparpillement
Première page de Petit guide de la science-fiction au Québec
« La science-fiction est un phénomène culturel d’importance du monde moderne. Les films qui en relèvent, du Voyage dans la Lune (1902) de George Méliès à Avatar (2009) de James Cameron et au-delà, comptent parmi les productions les plus populaires de l’histoire cinématographique occidentale. Au petit écran, elle a alimenté des séries télévisées aussi durables que les incarnations successives de Star Trek (1966-2005) et de Doctor Who (depuis 1963). Elle est aussi présente dans le dessin animé et la bande dessinée sous des formes multiples, plus ou moins vulgarisées. Si la science-fiction s’est moins nettement imposée dans le domaine littéraire, elle revendique en revanche une tradition d’une ancienneté et d’une richesse certaines, qui inclut les ouvrages de Jules Verne, H. G. Wells, Isaac Asimov, George Orwell, Stanislas Lem et Philip K. Dick. »
Extrait de : J.L Trudel. « Petit Guide de la science-fiction au Québec. »
Les insurgés de Tianjin par Jean-Louis Trudel

Fiche de Les insurgés de Tianjin
Titre : Les insurgés de Tianjin
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1967
Editeur : Médiaspaul
Première page de Les insurgés de Tianjin
« En quittant l’orbite de Ruego, le Christophe n’avait jamais été aussi plein. Les cargos de classe Procyon dans son genre étaient manœuvrés par un équipage de cinq personnes. Six étaient montées à bord.
Un cargo n’avait pas de chambre d’amis. Samuel avait donc attribué à Pablito sa propre cabine. L’adolescent avait besoin d’être seul. Il sortait d’un camp de rectification où il ne l’avait jamais été. Jour et nuit, il y avait eu des gardes pour le surveiller et des prisonniers pour subir avec lui la routine de la prison. Plus que tout, Pablito avait besoin d’un espace à lui. Samuel se contenterait de partager la cabine de Tong Zhihan, l’informaticien de Tianjin.
Après avoir donné ses ordres à Cristofine pour le départ, Samuel mena Pablito à l’infirmerie. La pièce s’illumina lorsque la porte coulissa. Une masse métallique surgit brusquement de sa niche dans la paroi du fond. Elle roula sur un rail accroché au plafond, déployant des membres articulés aux extrémités garnies de palpes et de sondes.
Pablito esquissa un geste de recul. »
Extrait de : J.L Trudel. « Les insurgés de Tianjin. »
Le revenant de Fomalhaut par Jean-Louis Trudel

Fiche de Le revenant de Fomalhaut
Titre : Le revenant de Fomalhaut
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1967
Editeur : Médiaspaul
Première page de Le revenant de Fomalhaut
« Quand Pierrick se réveilla, il crut d’abord avoir rêvé.
Il était allongé sur une couchette comme celle de sa cabine. La fermeté de l’oreiller, le doux contact du drap sur sa peau, l’odeur des fleurs synthétiques, l’impression de légèreté due à l’apesanteur, tout lui rappelait sa chambre.
— Maman ? murmura-t-il sans obtenir de réponse.
Il ouvrit les yeux et défit machinalement la bande de velcro qui attachait le drap au bord du lit. Son regard inspecta automatiquement la pièce plongée dans la pénombre.
— Oh non !
Il n’était pas dans sa chambre.
Il se mordit les lèvres. L’avait-on entendu s’écrier ? S’il n’avait pas rêvé, il devait être à bord du vaisseau moweu.
Un prisonnier ? Martine avait dit que les Moweus gardaient quelquefois des captifs au lieu de les tuer. Mais les adultes ne parlaient pas de ce qui arrivait à ces malheureux. Ce qui n’avait jamais empêché Pierrick de l’imaginer. »
Extrait de : J.L Trudel. « Le revenant de Fomalhaut. »
Le ressuscité de l’Atlantide par Jean-Louis Trudel

Fiche de Le ressuscité de l’Atlantide
Titre : Le ressuscité de l’Atlantide
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le ressuscité de l’Atlantide
« Vivant ! Il était vivant. Pendant un temps qu’il n’aurait pu mesurer, la surprise l’empêcha de formuler une autre pensée que cette triomphante constatation. Puis, il se mit à craindre de rêver.
Est-ce que les morts rêvent ?
Il avait un corps, pourtant. Il y avait un goût âcre au fond de son estomac. Un froid métallique lui glaçait la poitrine par endroits. Il respirait une odeur de désinfectant qui irritait sa gorge desséchée.
Oserait-il ouvrir les yeux ?
Il les ouvrit lentement, soulevant ses paupières collées ensemble par le temps. La pénombre régnait, meublée de quelques mouvements furtifs dont il ne distinguait pas la source. Il cligna des yeux. Au milieu d’un fouillis de lignes et de contours encore confus, il reconnut le bout de son nez. Il avait un nez. Il était vivant !
L’étonnement le paralysa. Vivant ? C’était impossible. Matos se souvenait distinctement qu’il…
Qu’il s’était allongé dans une capsule de stase pour échapper au cataclysme prédit par les savants atlantes. »
Extrait de : J.L Trudel. « Le ressuscité de l’Atlantide. »
Le perroquet d’Altaïr par Jean-Louis Trudel
Fiche de Le perroquet d’Altaïr
Titre : Le perroquet d’Altaïr
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1967
Editeur : Médiaspaul
Première page de Le perroquet d’Altaïr
« Ils étaient arrivés !
L’écran montrait désormais l’intérieur du ber d’appontage de la station spatiale de Glensha, un monde glog éclairé par un soleil dans la constellation du Lion.
Le jeune homme, qui avait presque oublié qu’il s’appelait Samuel Makenna, froissa nerveusement l’étoffe de sa livrée.
À bord du Katafigion, il était moins qu’un esclave. Même pas libre d’agir de son propre chef, parce qu’il n’était pas supposé avoir plus de jugeote qu’un enfant de six ans. S’il s’était rué dans un sas pour s’enfuir de l’astronef des exilés de Nea-Hellas, s’il avait arraché de ses épaules sa défroque de serviteur, s’il avait refusé d’obéir à un ordre, il aurait trahi ce qu’il était réellement.
Pour ses maîtres, il était moins qu’un esclave, oui, et moins encore qu’un androïde de manutention. Un jouet. Et il appartenait à une enfant qui pouvait passer tous ses caprices sur lui. »
Extrait de : J.L Trudel. « Le perroquet d’Altaïr. »
