Auteur/autrice : CH91

 

La paix éternelle par Joe Haldeman

Fiche de La paix éternelle

Titre : La paix éternelle (tome 2 sur 3 – La guerre éternelle)
Auteur : Joe Haldeman
Date de parution : 1997
Traduction : M. Pagel
Editeur : France Loisirs

Première page de La paix éternelle

« Il ne faisait pas tout à fait noir : un rayon de lune bleu ténu filtrait à travers la voûte des feuilles. Le silence n’était jamais complet.

Une grosse brindille craqua. Le bruit fut étouffé sous une lourde masse. Un singe hurleur mâle, dans un arbre, sortit de sa torpeur et baissa les yeux : quelque chose bougeait, noir sur noir. L’animal emplit ses poumons pour lancer un cri de défi.

Il y eut alors un son évoquant un journal qu’on déchire. Le torse du singe disparut dans un sombre geyser de sang et d’organes déchiquetés. Son corps tomba lourdement à travers les branches, coupé en deux.

Tu peux pas foutre la paix à ces putains de singes ? Ta gueule ! On est dans une réserve naturelle. C’est moi qui suis de service, alors ferme-la. C’est un exercice de tir.

Noir sur noir. L’ombre demeura un instant immobile, puis fila à travers la jungle tel un gros reptile silencieux. On eût pu s’en trouver à deux mètres sans la voir. Elle n’émettait pas d’infrarouges. Les ondes radar glissaient sur sa peau.

Sentant la chair humaine, elle se figea. La proie, un individu mâle, à environ trente mètres de là, puait la sueur âcre. Son haleine empestait l’ail. Une odeur d’huile à fusil et de vieux résidus de poudre l’accompagnait. L’ombre détermina le sens du vent puis recula, entama un mouvement tournant.

L’homme surveillait le chemin. Il fallait donc arriver par la forêt. »

Extrait de : J. Haldeman. « La Guerre Éternelle – La Paix éternelle. »

La guerre éternelle par Joe Haldeman

Fiche de La guerre éternelle

Titre : La guerre éternelle (tome 1 sur 3 – La guerre éternelle)
Auteur : Joe Haldeman
Date de parution : 1975
Traduction : G. Lebec, D. Brower
Editeur : J’ai lu

Première page de La guerre éternelle

« — Ce soir, nous allons vous montrer huit manières de tuer un homme ; elles sont toutes silencieuses.

Le gars qui venait de dire ça, un sergent-chef, ne paraissait guère plus vieux que moi, cinq ans au plus, et s’il avait jamais tué sur le terrain, silencieusement ou autrement, il avait dû le faire dès son enfance.

Je connaissais déjà quatre-vingt-dix façons de tuer quelqu’un, mais la plupart d’entre elles étaient quelque peu bruyantes. Je me redressai sur ma chaise, fis poliment semblant d’être attentif, puis m’endormis, les yeux ouverts. La plupart des autres en avaient fait autant : nous savions par expérience qu’ils ne mettaient rien d’important au programme de ces cours d’après-dîner.

Le projecteur m’a réveillé, et j’ai patienté jusqu’à la fin du court métrage nous détaillant les « huit manières silencieuses ». Certains des protagonistes devaient avoir eu le cerveau effacé car on les tuait pour de bon.

Après le film, une fille au premier rang a levé la main. Le sergent-chef lui a fait un signe de tête et elle s’est mise au garde-à-vous. »

Extrait de : J. Haldeman. « La Guerre Éternelle. »

Greg Bear

Présentation de Greg Bear :

Greg Bear, qui vit le jour sous le soleil radieux de la cité californienne de San Diego au mois d’août de l’an 1951, s’est imposé au fil des décennies comme l’un des démiurges les plus flamboyants et les plus érudits de la littérature d’anticipation d’outre-Atlantique. Fer de lance de cette école que les exégètes anglo-saxons se plaisent à nommer la hard science-fiction, il a su, avec une maestria rare, marier l’extrapolation scientifique la plus austère aux vertiges de la métaphysique.

Fils d’un officier de la marine, ce grand voyageur développa très tôt une insatiable curiosité pour les mystères du cosmos et les secrets de la biologie. Il n’est d’ailleurs point anodin de souligner que ce digne héritier de l’âge d’or des puces de silicium et de la conquête spatiale entra dans la grande famille des lettres de l’imaginaire par la grande porte, épousant la fille de l’illustre romancier Poul Anderson.

C’est au mitan des années quatre-vingt que Greg Bear frappa un grand coup, ébranlant les cénacles du genre avec des ouvrages d’une audace conceptuelle inouïe. L’on se doit de citer, au tout premier chef, son foudroyant roman « La Musique du sang » (paru sous les presses en 1985). Il y dépeint avec une précision toute clinique l’émergence de cellules intelligentes qui, proliférant au sein de l’organisme humain, finissent par transmuter l’humanité entière en une gigantesque conscience collective. Par cette fresque d’une implacable logique, il posa les jalons de ce que l’on nommera plus tard la nanotechnologie, prouvant que l’infiniment petit recelait des terreurs et des merveilles tout aussi sidérantes que l’immensité galactique.

Dans un registre plus proprement cosmologique, il livra la même année le monumental « Éon ». L’apparition soudaine d’un astéroïde creux dans le giron terrestre y sert de prétexte à une exploration fascinante des paradoxes temporels et des dimensions parallèles, rappelant les grandes heures du merveilleux scientifique. Son esprit foisonnant n’eut de cesse de scruter les possibles de l’évolution, comme en témoigne la remarquable « Échelle de Darwin » (1999), où les mutations génétiques, loin de signer notre perte, annoncent l’avènement d’une nouvelle marche sur l’escalier de l’hominisation.

Couronné à de multiples reprises par les prestigieux prix Hugo et Nebula, cet artisan méticuleux a bâti une œuvre qui force le respect par sa densité spéculative.

Hélas, l’écrivain a quitté notre monde à l’automne de l’an 2022, laissant le lectorat orphelin de l’une de ses plumes les plus visionnaires. En cet été 2026, alors que nos sociétés effleurent du doigt les prodiges biologiques et informatiques qu’il avait jadis prophétisés, l’œuvre de Greg Bear résonne avec une acuité troublante. Il demeurera, pour les générations futures, ce formidable architecte de l’esprit qui sut donner à la rationalité scientifique les accents épiques de la grande poésie romanesque.

Livres de Greg Bear :

Darwin :

Halo Forerunner :

Hexamone :

La Reine des anges :

Le second cycle de Fondation :

Star Trek :

Star Wars :

La cité à la fin des temps (2011)
La musique du sang (1985)

Pour en savoir plus sur Greg Bear :

La page Wikipédia sur G. Bear
La page Noosfere sur G. Bear
La page isfdb de G. Bear

Joe Haldeman

Présentation de Joe Haldeman :

Joe Haldeman, qui vit le jour sous le ciel d’Oklahoma City aux premiers jours de juin de l’an 1943, figure sans conteste parmi les hérauts les plus poignants et les plus rigoureux de la littérature d’anticipation d’outre-Atlantique. Avant de manier la plume avec l’aisance qu’on lui connaît, ce fils du Nouveau Monde s’était d’abord voué à l’étude austère de la physique et de l’astronomie. Toutefois, le grand fracas de l’Histoire vint bousculer ces nobles desseins : enrôlé sous les drapeaux, il fut précipité dans l’enfer vert du terrible conflit vietnamien. Blessé dans sa chair au cœur de ces jungles inhospitalières, il en rapporta un profond traumatisme et des cicatrices morales qui allaient constituer le terreau de sa vocation romanesque.

C’est au cœur des années soixante-dix, très exactement en 1974, que Joe Haldeman livra aux presses son authentique chef-d’œuvre, le foudroyant « La Guerre éternelle » (The Forever War). Dans ce récit appelé à faire date dans les cénacles du genre, l’auteur transpose dans le cosmos infini le drame intime du soldat et l’aliénation de la conscription. S’appuyant avec une rare maestria sur les théories de la relativité einsteinienne, il y dépeint les affres de fantassins stellaires dont les voyages à la vitesse de la lumière provoquent d’effroyables distorsions temporelles. À chaque retour de campagne, ces vétérans égarés retrouvent une planète Terre qui a vieilli de plusieurs siècles, une humanité métamorphosée dont ils ne comprennent plus ni les mœurs, ni la langue.

Loin des fanfares belliqueuses ou des épopées militaro-spatiales aux accents triomphalistes, cet ouvrage se dresse comme un implacable réquisitoire contre l’absurdité des conflits armés. Cette prose, d’une âpreté toute naturaliste, fut d’ailleurs couronnée par les lauriers les plus convoités par les amateurs d’anticipation, raflant simultanément les prestigieux prix Hugo, Nebula et Locus.

Refusant de se laisser enfermer dans ce seul succès de librairie, l’écrivain poursuivit son labeur avec une constance admirable, signant peu après le très remarqué « Pont de l’esprit » (1976), puis renouant bien plus tard avec ses thèmes de prédilection au travers de « La Paix éternelle » (1997), prouvant ainsi la belle longévité de son inspiration.

En ce mi-août de l’an 2026, alors que ce grand artisan des lettres a soufflé voici peu ses quatre-vingt-trois bougies, il convient de rendre un hommage appuyé à son œuvre. Par la puissance de ses allégories et la rigueur de son bagage scientifique, Joe Haldeman a magistralement démontré que l’exploration des lointaines galaxies pouvait se faire le douloureux, mais salutaire, miroir de nos propres tragédies terrestres.

Livres de Joe Haldeman :

La guerre éternelle :

Star Trek :

En mémoire de mes péchés (1977)
Immortalité à vendre (1989)
La leçon du pouvoir (1972)
Le livre d’or (1977)
Le message (2000)
Pontesprit (1977)
Rêves infinis (1978)

Pour en savoir plus sur Joe Haldeman :

La page Wikipédia sur J. Haldeman
La page Noosfere sur J. Haldeman
La page isfdb de J. Haldeman

Vorkosigan – intégrale par Lois McMaster Bujold

Fiche de Vorkosigan – intégrale

Titre : Vorkosigan – intégrale
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution :
Traduction :
Editeur :

Sommaire de Vorkosigan – intégrale :

  • Opération Cay
  • Barrayar
  • Miles Vorkosigan
  • Cetaganda
  • Ethan d’Athos
  • Les frontières de l’infini
  • Un clone encombrant
  • Memory
  • Komarr
  • Ekaterin
  • Le poison du mariage
  • L’alliance
  • Immunité diplomatique
  • Cryoburn

Le couteau du partage – intégrale par Lois McMaster Bujold

Fiche de Le couteau du partage – intégrale

Titre : Le couteau du partage – intégrale
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution :
Traduction : J. Lopez, S. Rouillard, B. Domis
Editeur : Bragelonne

Sommaire de Le couteau du partage – intégrale :

  • Ensorcellement
  • Héritage
  • Passage
  • Horizon

L’esprit de l’anneau profane par Lois McMaster Bujold

Fiche de L’esprit de l’anneau profane

Titre : L’esprit de l’anneau profane
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 1992
Traduction : I. Tate
Editeur : J’ai lu

Première page de L’esprit de l’anneau profane

« Fiametta prit dans sa main la motte d’argile rouge.

— Ai-je attendu assez longtemps ? Puis-je enfin la briser ?

Maître Beneforte vérifia la température, il secoua la tête.

— Un peu de patience, que diable ! Repose cet objet, n’y touche plus. Crois-tu qu’il tiédira plus vite si tu le prends à tout instant ?

La jeune fille obéit avec un grand soupir de résignation. Elle plaça le morceau d’argile au bout de l’établi, dans la flaque de lumière qu’allumait sur le bois le soleil matinal filtrant à travers les fenêtres grillagées.

— Ne pourrais-tu lui jeter un sort pour hâter le refroidissement ? murmura-t-elle sur un ton de reproche à peine dissimulé.

— C’est plutôt ton ardeur que je devrais refroidir. Ce feu inextinguible qui couve en toi, ta pauvre mère, que Dieu ait son âme, s’en plaignait déjà. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « L’esprit de l’anneau profané. »

La reine rouge par Lois McMaster Bujold

Fiche de La reine rouge

Titre : La reine rouge (Tome 20 sur 20 – Saga Vorkosigan)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 2016
Traduction : S. Julien
Editeur : J’ai lu (Nouveaux millénaires)

Première page de La reine rouge

« Le moral était au beau fixe sur la station de transfert militaire en orbite autour de la planète Sergyar. La Vice-reine regagnait son foyer.

En pénétrant dans la salle de commandement, l’amiral Jole balaya du regard l’écran tactique multicolore qui bourdonnait au-dessus de son holotable : la carte de son territoire, dont les proportions biaisées faisaient ressortir les points d’intérêt que présentait le système de Sergyar pour les humains. Ils seraient passés inaperçus à l’échelle astrographique réelle, et la présence humaine se serait résumée à une vague tache sur un grain de poussière. Une étoile jaune émettait une douce lumière discrète, entourée d’un collier d’une demi-douzaine de planètes et de leurs lunes. Le monde-colonie lui-même tournait sous la station. Plus stratégiques, quatre points de saut flanqués de stations militaires et civiles l’ouvraient sur le Nexus galactique. Deux d’entre eux, très actifs, constituaient les étapes d’un trafic commercial constant, et relayaient aussi des faisceaux hermétiques à destination des routes de saut donnant sur le reste de l’Empire barrayaran, ainsi que sur sa plus proche voisine de ce côté : Escobar, actuellement pacifique. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « Saga Vorkosigan – La reine rouge. »

Cryoburn par Lois McMaster Bujold

Fiche de Cryoburn

Titre : Cryoburn (Tome 19 sur 20 – Saga Vorkosigan)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 2010
Traduction : S. Julien
Editeur : J’ai lu (Nouveaux millénaires)

Première page de Cryoburn

« Il tombait une vraie pluie d’anges.

Miles cligna des yeux dans l’espoir de réduire à de simples flashs rétiniens les rais dorés qui chutaient comme autant de flocons devant ses yeux, mais ils s’obstinaient à figurer envers et contre tout de minuscules silhouettes distinctes, les traits accablés, la bouche arrondie. Il entendait leurs cris chevrotants, semblables aux chuintements étouffés de feux d’artifice se réverbérant dans une gorge.

Splendide. Des hallucinations auditives, maintenant.

Certes, dans son état fébrile, le plus grave danger venait des visions. S’il voyait des choses qui n’étaient pas là, il était tout à fait possible qu’il manque au contraire les obstacles réels, cages d’escalier ou fissures béantes dans le plancher du couloir. Ou encore balustrade au bord du vide, mais ne l’aurait-il pas sentie contre sa poitrine ? Il n’y voyait rien dans ce noir d’encre : il ne distinguait pas même ses mains qui cherchaient à tâtons, tendues devant lui. À ses tympans palpitait le ressac sourd de son pouls trop rapide ; il haletait, la bouche sèche. Il lui fallait ralentir. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « Cryoburn. »

L’alliance par Lois McMaster Bujold

Fiche de L’alliance

Titre : L’alliance (Tome 18 sur 20 – Saga Vorkosigan)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 2012
Traduction : S. Julien
Editeur : J’ai lu (Nouveaux millénaires)

Première page de L’alliance

« Il était près de minuit sur Komarr lorsqu’on sonna à la porte. Ivan, qui sentait enfin venir le sommeil, à peine remis du décalage horaire, du bouleversement de son rythme diurne et d’une journée de labeur, traîna les pieds jusqu’à l’entrée en maugréant.
Son intuition se confirma lorsqu’il découvrit son visiteur.
« Oh, bon Dieu. Byerly Vorrutyer. Va-t’en.
— Salut, Ivan, répliqua Byerly d’un ton suave en ignorant ces salutations peu amènes. Je peux entrer ? »
Ivan réfléchit une seconde aux situations pour le moins compliquées qui naissaient spontanément dans le sillage de Byerly, et répondit d’un simple : « Non. » Mais il avait trop hésité : l’importun s’était déjà faufilé à l’intérieur. Ivan soupira et laissa la porte étanche se refermer. Loin du pays, voir un visage familier lui ferait peut-être du bien… mais pas celui de By. La prochaine fois, sers-toi de l’écran de sécurité et fais le mort, hein ? »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « L’alliance – Saga Vorkosigan. »