Auteur/autrice : CH91

 

La lune des jardins sans soleil par Jean-Louis Trudel

Fiche de La lune des jardins sans soleil

Titre : La lune des jardins sans soleil
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1967
Editeur : Médiaspaul

Première page de La lune des jardins sans soleil

« — Attrape ! commanda l’enfant-bonsaï le plus proche.
Corinne tressaillit, cherchant des yeux ce qu’elle devait saisir. Mais l’ordre ne s’adressait pas à elle. Du coin de l’œil, elle vit filer dans les airs quelque chose de long et mince.
Tout de suite, l’enfant-bonsaï qui avait reçu l’objet le projeta vers un autre, déroulant une autre longueur de bandelette. Le moulinet fit ainsi plusieurs fois le tour du groupe, relancé de proche en proche.
L’enfant-bonsaï en face de Corinne tapa dans ses mains et le ruban-lumière s’illumina d’un seul coup. Le trait luisant zébra l’obscurité, refermant comme une cage lumineuse autour de Corinne et des enfants-bonsaïs rassemblés.
Pour la première fois, Corinne distingua clairement les visages des enfants-bonsaïs. La peau ridée, les yeux enfoncés, les cheveux blancs ou grisonnants, tout confirmait sa première impression. Malgré leurs membres graciles, leurs gestes fluides et leurs voix fluettes, les enfants-bonsaïs étaient vieux, beaucoup plus vieux qu’elle. »

Extrait de : J.L Trudel. « La lune des jardins sans soleil. »

Guerre pour un harmonica par Jean-Louis Trudel

Fiche de Guerre pour un harmonica

Titre : Guerre pour un harmonica
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 2000
Editeur : Médiaspaul

Première page de Guerre pour un harmonica

« Dans le bar des orbitants, Samuel et Ferrale prirent une table tout contre le mur du fond. La paroi était constituée d’une épaisseur de plastovitre si parfaitement transparente qu’ils eurent l’impression de boire, chanter et manger à deux pas des dunes de poussière de roc. De l’autre côté de ce mur, c’était le paysage désolé d’une planète sans atmosphère qui s’étendait, si proche qu’on pouvait compter les cailloux éparpillés par l’impact d’une météorite. À deux ou trois reprises, histoire de se rassurer, Samuel cogna du coude la surface lisse de la verrière.
Savoir que le vide et la mort attendaient à deux pas redoublait le plaisir des occupants du bar L’humour noir, qui accueillait depuis des siècles les visiteurs de passage et les travailleurs des complexes souterrains. Les vapeurs d’encens étaient plus grisantes. Les chants repris en chœur étaient plus forts. Et l’alcool montait à la tête plus vite. »

Extrait de : J.L Trudel. « Guerre pour un harmonica. »

Demain, les étoiles par Jean-Louis Trudel

Fiche de Demain, les étoiles

Titre : Demain, les étoiles
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 2000
Editeur : Editions Pierre Tisseyre

Sommaire de Demain, les étoiles

  • Le berger de comètes – 2208
  • Les sculpteurs de Mars – 2249
  • Noël, à treize années-lumières de la Terre – 2391
  • Différences culturelles – 2422
  • Un été à Rome – 2444
  • La première cicatrice – 2486
  • Demain l’espoir – 2766
  • Lukas 19 – 3211

Première page de Le berger de comètes

« Quand le vieux Phosphore capta le signal de détresse, il commença par se réjouir d’être sauvé de son ennuyeuse routine. Il n’y avait que trois pièces dans sa petite fusée. Le vieil homme n’avait pas envie de les nettoyer et de les ranger une fois de plus.
Sortir ? Sa fusée était posée à la surface d’un cœur de comète. En trois heures, Phosphore pouvait faire tout le tour de la boule de glace et de rocaille.
Bien sûr, dans cinq jours, la comète frapperait l’atmosphère de la planète Vénus. Cet impact de plus en plus proche n’inquiétait pas le vieux Phosphore. Ses préparatifs étaient déjà achevés. Dans quatre jours, il s’enfuirait de la comète condamnée à bord de sa fusée. En attendant, il s’ennuyait.
Bref, il fut d’abord content de se faire appeler à l’aide. Puis il se rappela que des gens étaient en danger et il eut honte. »

Extrait de : J.L Trudel. « Demain, les étoiles. »

Fièvres sur Serendib par Jean-Louis Trudel

Fiche de Fièvres sur Serendib

Titre : Fièvres sur Serendib (Tome 5 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1996
Editeur : Médiaspaul

Première page de Fièvres sur Serendib

« Le stylet levé, j’hésite au moment d’écrire l’année. C’est que je suis habituée au calendrier de Nou-Québec. Sur ma planète d’origine, on compte les années depuis l’incarnation du Christ et leur nombre s’élève maintenant à 4109.
Mais je suis sur Serendib, maintenant, et le Gouverneur m’a désignée pour cette mission parce que j’ai appris à connaître la culture des colons humains. Or, les habitants de la fameuse Planète Perdue comptent les années depuis l’arrivée de leurs ancêtres sur Serendib et je dois m’habituer à penser comme eux.
Ainsi, Serendib a fait 765 fois le tour de l’étoile baptisée Gautama depuis que les premiers humains ont entamé la colonisation de Serendib. Durant ce temps, elle a connu des guerres qui ont détruit toutes ses installations orbitales, elle a été conquise par une poignée d’aventuriers glogs et, il y a quatre ans maintenant, elle a été libérée par des explorateurs du Second Empire terrien. Depuis bientôt un an, Elbert d’Elvec est arrivé de ma planète natale, Nou-Québec, pour représenter officiellement le Second Empire sur Serendib. Comme Gouverneur, on peut dire qu’il n’a pas eu la tâche facile ! »

Extrait de : J.L Trudel. « Fièvres sur Serendib. »

Des colons pour Serendib par Jean-Louis Trudel

Fiche de Des colons pour Serendib

Titre : Des colons pour Serendib (Tome 4 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1996
Editeur : Médiaspaul

Première page de Des colons pour Serendib

« Au cœur du vieux palais de Badulla, le Conseil du Gouverneur de Serendib se réunissait pour la deux centième fois dans la salle des glaces. Elbert d’Elvec avait ouvert la réunion en soulignant le chiffre, puis tous les ministres avaient pris place autour de la table.
Yola MacDonal, ministre des Finances, avait retenu un bâillement. Depuis, elle songeait vaguement que les temps héroïques étaient définitivement révolus. Il n’était plus question d’enfants perdus dans la nature, de guerre avec les Glogs, d’enlèvement inopiné ou même de coopération avec la nouvelle assemblée planétaire. Depuis un mois, la routine de l’administration au jour le jour prenait le dessus.
Ainsi, l’exposé de Mikayel Garro sur l’agrandissement de l’astroport de Badulla distillait un ennui irrésistible. Yola luttait contre l’envie de s’endormir. Après Mikayel Garro, Richar Makina était censé livrer un énième rapport sur la population de Serendib et Yola savait déjà qu’il s’efforcerait d’expliquer pourquoi chaque nouvelle évaluation de la population humaine donnait un chiffre plus élevé que la précédente. »

Extrait de : J.L Trudel. « Des colons pour Serendib. »

Les princes de Serendib par Jean-Louis Trudel

Fiche de Les princes de Serendib

Titre : Les princes de Serendib (Tome 3 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1996
Editeur : Médiaspaul

Première page de Les princes de Serendib

« Les cent derniers étages du perce-ciel n’avaient pas été habités depuis au moins un siècle. Mais en débarquant de l’ascenseur au six centième étage, les deux jeunes explorateurs découvrirent tout de suite les traces de la terrible bataille qui avait fait rage en ces lieux.
Celle qui était aux commandes de l’ascenseur était une jeune humaine. Quatorze ans depuis peu. Cheveux bruns crépus, yeux verts, peau légèrement hâlée. Le résultat du métissage des races sur le monde de Nou-Québec, colonisé des siècles auparavant par des Terriens. Elle s’appelait Orica Castel et elle commençait à regretter d’avoir suivi son compagnon dans son ascension d’un perce-ciel ruiné de la ville de Badulla.
Celui qui écarta de force les battants de la porte de l’ascenseur était un Glog. Petit mais musclé, il appartenait à une espèce extraterrestre qui avait souvent été l’ennemie des humains. Dix-huit ans. La nuque et le crâne couverts d’écailles turquoise, les yeux jaunes, la peau verte et lisse. »

Extrait de : J.L Trudel. « Les princes de Serendib. »

Le prisonnier de Serendib par Jean-Louis Trudel

Fiche de Le prisonnier de Serendib

Titre : Le prisonnier de Serendib (Tome 2 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1995
Editeur : Médiaspaul

Première page de Le prisonnier de Serendib

« Le soldat avait peur. Il était jeune, un humain né sur Nou-Québec, à des années-lumière de Serendib. Il portait un pistolaser en bandoulière, une tenue de camouflage et des lunettes aux verres teintés. Des ordinateurs incorporés à ces lunettes spéciales lui permettaient de déceler des mouvements infimes dans la jungle qui l’entourait. Il aurait aperçu du coin de l’œil une gargouille changeant d’appui sur la plus haute branche d’un orme-bronze. Avant de tourner la tête, il aurait su que ce n’était qu’un volatile sans danger.
De son côté, le Glog Shayenko ne bougeait pas. Son uniforme de toile caméléon avait pris l’aspect du feuillage des arbustes autour de lui. La peau verte de son visage et de ses bras se confondaient avec la végétation environnante. Le petit humanoïde avait enduit les écailles turquoise de sa tête d’une peinture de camouflage. Il respirait doucement, par deux orifices situés de part et d’autre de son cou musclé. Son odorat aiguisé, propre aux Glogs, sentait la peur que dégageait le soldat humain. »

Extrait de : J.L Trudel. « Le prisonnier de Serendib. »

Les rescapés de Serendib par Jean-Louis Trudel

Fiche de Les rescapés de Serendib

Titre : Les rescapés de Serendib (Tome 1 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1995
Editeur : Médiaspaul

Première page de Les rescapés de Serendib

« — Je suis Mikkkilo Iloha, sergent. Est-ce que je peux entrer ?
Le soldat de garde ne leva pas les yeux de l’écran de jeu. Il pressa distraitement un bouton et grommela sans regarder le Glog en face de lui :
— Mouais, vas-y.
La porte coulissa silencieusement. Mikkkilo pénétra dans la cale de l’astronef impérial Temujin sans dire mot. Un séjour de trois ans au cœur du Second Empire terrien l’avait habitué aux préjugés des humains. Une peau verte attirait à tout le moins des regards de travers, ou franchement hostiles, souvent des remarques acerbes ou des injures, et parfois des brimades ouvertes dans les magasins ou les bureaux de l’administration. Mikkkilo serra les poings en y repensant. Il préférait avoir affaire aux robots qui ne faisaient pas de distinction selon la couleur de la peau. »

Extrait de : J.L Trudel. « Les rescapés de Serendib. »

Les yeux de la terre folle par Philippe Pastor

Fiche de Les yeux de la terre folle

Titre : Les yeux de la terre folle
Auteur : Philippe Pastor
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les yeux de la terre folle

« Hiéronimus Vox songea en examinant les individus qui l’entouraient que le crime réunissait souvent les plus étranges compagnons. Rakri, d’abord : un grand escogriffe décharné, tout en bras et en jambes, qui arborait le sourire stupide du drogué sentant monter la Glace dans son cerveau cramé. Cet homme était fou, Vox le savait ; qui ne l’était pas dans la Zone ? Ce qui l’ennuyait, c’est que Rakri n’avait rien de l’épave inoffensive qu’il paraissait être. Non que la vacuité de son regard fût feinte ; en cet instant Rakri voguait, bien loin d’ici, dans un territoire imaginaire qui reflétait certainement toute l’étendue de sa béate imbécillité. Mais il avait été si bien conditionné que ses capacités se situaient au niveau du pur réflexe. Il aurait pu tuer en dormant ; c’est ce qui déplaisait à Vox.
Accroupi dans un coin d’ombre, Spice le bourreau astiquait sa prothèse manuelle à l’aide d’un chiffon de soie blanche. Spice au moins ne manquait pas d’intelligence. C’était un ancien ouvrier du Cartel Urbanisme qui avait perdu sa main lors du fameux enfoncement du Connex 8. »

Extrait de : P. Pastor. « Les Yeux de la terre folle. »

Anne et Gérard « Ange » Guéro

Présentation de Anne et Gérard « Ange » Guéro :

Anne Guéro et Gérard Guéro sont un couple d’écrivains français prolifiques, dont la carrière littéraire est inextricablement liée. Ils sont principalement connus sous le pseudonyme collectif Ange, un mot-valise formé à partir de leurs prénoms. Ils ont également écrit sous d’autres noms, notamment G. Elton Ranne et G. E. Ranne.

Biographie des auteurs :

  • Anne Montenay Guéro est née le 24 novembre 1966 à Tours.
  • Gérard Guéro est né le 14 février 1964 à Clamart.

Leur collaboration a débuté après leur rencontre en 1984 dans une librairie parisienne. Avant de se tourner pleinement vers l’écriture de romans, ils ont dirigé les magazines spécialisés Casus Belli et Plasma, ce qui témoigne de leur immersion précoce dans les cultures de l’imaginaire, notamment le jeu de rôle. Cette expérience a d’ailleurs influencé leurs œuvres futures, et ils ont même écrit des scénarios pour des jeux de rôle comme In Nomine Satanis/Magna Veritas et Bloodlust.

Carrière et Pseudonymes :

Le pseudonyme « Ange » est devenu leur signature principale et est associé à la majeure partie de leur production littéraire. Sous ce nom, ils ont exploré une grande variété de genres, allant de la fantasy (avec des séries emblématiques comme Les Trois Lunes de Tanjor, La Geste des Chevaliers Dragons, ou Ayesha) à la science-fiction (notamment avec le roman jeunesse L’Œil des Dieux et la série Shift). Leurs univers s’inspirent souvent de l’heroic fantasy et du thriller fantastique, avec une forte composante d’imaginaire.

Le pseudonyme G. Elton Ranne (ou G. E. Ranne) a été utilisé pour des œuvres distinctes, notamment des romans de fantasy tels que La Mâchoire du dragon et Chute libre.

En plus de leurs romans, Anne et Gérard Guéro sont des scénaristes de bandes dessinées très actifs depuis les années 1990. Ils ont collaboré avec de nombreux dessinateurs, notamment Alberto Varanda, et sont à l’origine de séries populaires comme Reflets d’écume, Bloodline, Némésis, Tower, Paradis perdu, La Cicatrice du souvenir, Khatedra, et Le Collège invisible. Ils ont également participé à l’écriture de Kookaburra Universe à partir de 2003.

Leur travail ne se limite pas à la création originale ; ils ont également réalisé un très grand nombre de traductions dans les domaines de la science-fiction et de la fantasy.

Le couple est également connu pour enseigner l’écriture, notamment des scénarios de bande dessinée, comme Anne Guéro l’a fait au CESAN, partageant leur expérience pratique et concrète de la narration.

Leur œuvre est caractérisée par une grande diversité, tant au niveau des thèmes abordés que des publics visés (adultes et jeunesse), et ils continuent de marquer le paysage littéraire et de la bande dessinée française par leur créativité et leur productivité.

Livres de Anne et Gérard « Ange » Guéro :

La geste des chevaliers-dragons :

La légende des tueuses-démon :

Les trois lunes de Tanjor :

Intégrale :

Chute libre (1997)
Double jeu (1997)
Il était trois petits enfants (2013)
L’oeil des dieux (2000)
La mâchoire du dragon (1996)
Le très grand vaisseau (2010)
New York underwater (1998)
Sang maudit (2017)
Tapisserie (2005)
Toutes les vies de Benjamin (2011)

Pour en savoir plus sur Anne et Gérard « Ange » Guéro :

La page Wikipédia sur Ange
La page Noosfere sur Ange
La page isfdb de Ange