Auteur/autrice : CH91

 

Escales sur l’horizon par Serge Lehman

Fiche de Escales sur l’horizon

Titre : Escales sur l’horizon
Auteur : Serge Lehman
Date de parution : 1998
Editeur : Fleuve noir

Sommaire de Escales sur l’horizon

  • Avant Champollion par Sylvie Denis
  • Hippo ! par Thierry Di Rollo
  • Des signes dans le ciel par Francis Valéry
  • Proche-horizon par Laurent Genefort
  • Voyageurs par Jean-Jacques Girardot
  • Musique de l’énergie par Roland C. Wagner
  • L’affaire des crimes météorologiques par André-François Ruaud
  • L’amour au temps du silicium par Jean-Jacques Nguyen
  • La fiancée du roi par Joëlle Wintrebert
  • Le hib par Guillaume Thiberge
  • Scintillements par Ayerdhal
  • Scorpion dans le cercle du temps par Jean-Louis Trudel
  • Le vol du bourdon par Yves Meynard
  • Dernier embarquement pour Cythère par Richard Canal
  • Nos traces dans la neige par Jean-Claude Dunyach
  • L’erreur par Thomas Day

Première page de Escales sur l’horizon

« POUR LE PETIT MONDE de la science-fiction, cette fin de siècle a des allures de nouvel Age d’or.

Depuis quelques années déjà, le genre triomphe au cinéma et – ce n’est pas la moindre des surprises – parvient à rassembler à la fois l’attention de la critique et la faveur du (très) grand public. Du grinçant Mars Attacks à la réédition enluminée des trois premiers épisodes de Star Wars, des radiotélescopes de Contact aux agents secrets de Men In Black, sans parler de l’extraordinaire Armée des douze singes de Terry Gilliam, les films se suivent et, ô merveille, ne se ressemblent pas. On a trop longtemps reproché au cinéma de science-fiction l’indigence de son contenu pour ne pas saluer comme il convient cette mutation fondamentale : désormais, la SF sur grand écran raconte aussi des histoires – et les effets visuels, s’ils continuent d’être la marque de fabrique du genre, participent du récit au lieu de maquiller son absence. Avec 2001 comme mythe fondateur (toujours imité, jamais égalé), Blade Runner en référence esthétique, Alien pour l’hystérie et Brazil pour l’humour (ou le désespoir, au choix), la science-fiction a gagné droit de cité au panthéon du septième art. »

Extrait de : S. Lehman. « Escales sur l’horizon. »

Chasseurs de chimères par Serge Lehman

Fiche de Chasseurs de chimères

Titre : Chasseurs de chimères
Auteur : Serge Lehman
Date de parution : 2006
Editeur : Omnibus

Sommaire de Chasseurs de chimères

  • Les Xipéhuz par J. H. Rosny Aîné
  • La roue fulgurante
  • La découverte de Paris par Octave Béliard
  • Le péril bleu par Maurice Renard
  • Anthéa ou l’étrange planète par Michel Epuy
  • Après la grande migration par Claude David
  • Par dela l’univers par Raoul Brémond
  • Le peseur d’âmes par André Maurois
  • Les signaux du soleil par Jacques Spitz
  • L’apparition des surhommes par B. R. Bruss

Première page de Chasseurs de chimères

« Entre 1863 et 1950, on peut estimer le nombre de récits de science-fiction publiés en France à trois mille environ.
Les bornes de cet intervalle chronologique ne doivent rien au hasard. 1863, c’est la date de publication, chez Hetzel, de Cinq semaines en ballon, le premier des Voyages Extraordinaires de Jules Verne. 1950, c’est l’année où la France découvre la S.-F. américaine grâce à la traduction du roman de Jack Williamson, Les Humanoïdes, aux éditions Stock ; il faudra cependant attendre l’article de Raymond Queneau, « Un nouveau genre littéraire : les science-fictions », publié l’année suivante dans la revue Critique, pour que le terme se généralise.
Dans son Encyclopédie de l’utopie, des voyages extraordinaires et de la science-fiction(2), Pierre Versins observe que l’article de Queneau a introduit dans l’esprit des Français « deux erreurs qui devaient avoir la vie dure. »

Extrait de : S. Lehman. « Chasseurs de chimères. »

Aucune étoile aussi lointaine par Serge Lehman

Fiche de Aucune étoile aussi lointaine

Titre : Aucune étoile aussi lointaine
Auteur : Serge Lehman
Date de parution : 1998
Editeur : J’ai lu

Première page de Aucune étoile aussi lointaine

« Toute la nuit, le fracas de l’orage et celui du fleuve s’étaient mêlés pour faire trembler la ville. Un torrent noir, poussé par le vent d’ouest, se frayait un chemin parmi les nuées et s’abattait sur la terre, fouettant les toits, les rues, les places, avant de se diviser en une multitude de ruisseaux et de mares ombreuses.

Lorsque l’aube vint, Arkadih réalisa avec surprise qu’il était éveillé depuis longtemps. Il ouvrit les yeux. Une lumière jaune, languide, filtrait par la fenêtre de sa chambre, comme si le soleil peinait à s’extraire de l’horizon boursouflé. Arkadih se leva et s’approcha de la baie. Le crépitement de la pluie, qui s’élançait en rafales contre les murs du palais, le fit frissonner. Il se retourna et considéra avec envie son lit ouvert, encore tiède. Mais à l’instant où la tentation se formait en lui, il la repoussa dédaigneusement. L’autodiscipline était, pour lui, une seconde nature – “le seul aspect honorable de l’héritage Tomekin”, selon grand-père Pavel (qui n’était pas peu fier de cette formule). »

Extrait de : S. Lehman. « Aucune étoile aussi lointaine. »

Tonnerre lointain par Serge Lehman

Fiche de Tonnerre lointain

Titre : Tonnerre lointain (Tome 3 sur 3 – F.A.U.S.T.)
Auteur : Serge Lehman
Date de parution : 1997
Editeur : Fleuve Noir

Première page de Tonnerre lointain

« IL SE PASSE ici quelque chose d’étrange.

Le Complexe est désert. Tout le monde est parti, à l’exception d’une poignée d’agents de sécurité (les fidèles de la première heure, recrutés par le capitaine Daniel Kovalsky à l’époque où le Square n’existait pas encore). Trois femmes, six hommes. Ils jouent aux cartes ou se reposent. Ils n’ont rien à faire. Le Complexe est une forteresse inviolable. Des radars surveillent le ciel et le sous-sol. Des caméras, calées sur quatre longueurs d’ondes, scrutent les environs. Une batterie de détecteurs de masse et de dispositifs d’alerte cinétique entoure les murs de l’ancienne usine d’un champ technosensible. Tout objet de plus de dix grammes – vivant ou non – est repéré et, le cas échéant, détruit s’il s’approche de trop près. Dans ces conditions, la présence d’agents de sécurité est inutile. Le Complexe est capable de faire face à toutes les situations de crise classiques. L’une des femmes explique à ses collègues que leur rôle n’est pas de protéger le Complexe, mais d’être protégés par lui. Elle n’a peut-être pas tort. »

Extrait de : S. Lehman. « Tonnerre lointain. »

Les défenseurs par Serge Lehman

Fiche de Les défenseurs

Titre : Les défenseurs (Tome 2 sur 3 – F.A.U.S.T.)
Auteur : Serge Lehman
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve Noir

Première page de Les défenseurs

« INSENSIBLE aux mugissements des vents polaires qui dévalaient l’Arctique en entraînant un front nuageux large de mille kilomètres, l’Avatar finit par couper le terminateur, loin au-dessus de la Mer de Laptev. Le ciel immense, inondé de lumière, s’ouvrit devant lui comme une gueule. Le dirigeable s’ébroua, infléchit sa course et mit cap à l’est. Un vol d’oies sauvages affolées vint s’abriter sous ses flancs noir et or. Pendant plusieurs minutes, le battement de leurs ailes recouvrit le blason de l’Instance d’une incompréhensible calligraphie. Puis, les oies s’éloignèrent et l’Avatar put voguer seul, comme un fragment de nuit accroché en plein ciel.

C’était un bâtiment magnifique, long de cinq cent cinquante mètres – l’un des quatre croiseurs de classe Jaggernaut construits par la compagnie du Lion d’Orion, au début de la décennie. Dans le belvédère logé à la proue du pont supérieur, une silhouette était visible. Comparée aux dimensions colossales du bâtiment, elle semblait minuscule. »

Extrait de : S. Lehman. « Les Défenseurs. »

F.A.U.S.T. par Serge Lehman

Fiche de F.A.U.S.T.

Titre : F.A.U.S.T. (Tome 1 sur 3 – F.A.U.S.T.)
Auteur : Serge Lehman
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve Noir

Première page de F.A.U.S.T.

« À QUATRE MILLE ki­lo­mètres à l’est de la fosse des Phi­lip­pines, au mi­lieu de l’océan Pa­ci­fique, se trouve une île nom­mée Saint-George. C’est une terre mi­nus­cule, que ni l’ar­chi­pel des Mar­shall au nord, ni ce­lui des Gil­bert au sud, n’ont jus­qu’ici son­gé à re­ven­di­quer.
Sur le plan géo­gra­phique, Saint-George fait par­tie de la Mi­cro­né­sie. Sur le plan lé­gal en re­vanche, elle ap­par­tient à la fa­mille Faw­cett, qui la re­çut du roi George III en 1767, quelques mois seule­ment après que Wal­lis l’eut dé­cou­verte et of­ferte à la Cou­ronne bri­tan­nique.
Per­sonne n’y a ja­mais vécu plus de seize jours – pas même au ving­tième siècle, lors­qu’Amé­ri­cains et Ja­po­nais s’af­fron­taient pour le contrôle de ce sec­teur vi­tal du Pa­ci­fique. Saint-George n’est, il est vrai, qu’un ré­cif co­ra­lien de cent mètres sur cent dé­pour­vu de toute vé­gé­ta­tion. Seuls les al­ba­tros s’y posent par­fois, quand les vents vio­lents les y contraignent – mais ils ne s’at­tardent ja­mais.
Pour­tant, le 1er jan­vier 2095, à l’ins­tant pré­cis où toutes les hor­loges ali­gnées sur le mé­ri­dien de Green­wich son­naient mi­nuit, un pe­tit bon­dis­seur stra­to­sphé­rique Saxxon ap­pa­rut dans le ciel char­gé de nuages, juste au-des­sus de l’île. »

Extrait de : S. Lehman. « FAUST. »
Serge Lehman
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Pierre-fendre par Brice Tarvel

Fiche de Pierre-fendre

Titre : Pierre-fendre
Auteur : Brice Tarvel
Date de parution : 2017
Editeur : Les moutons électriques

Première page de Pierre-fendre

« Il pleuvait. C’est-à-dire que, comme de coutume, des gouttes froides tombaient de la voûte, donnant l’illusion que les pierres du château transpiraient. En fait, l’averse n’avait rien d’étrange, puisqu’elle était produite par l’humidité accumulée dans les hauteurs et grossie par des ruisselets d’infiltration. Cela amenait certains à penser que le manoir gisait au plus profond d’un océan, que son étanchéité se trouvait de plus en plus menacée et, qu’un beau jour, les murailles céderaient dans un grand fracas pour déverser des eaux dévastatrices qui ne laisseraient rien debout. Il y avait de cela quelques années, juché sur un grêle échafaudage, un nigaud s’était employé à badigeonner d’azur une partie de l’immense plafond, mais le piteux trompe-l’œil n’avait guère tenu et on avait eu à subir des chutes de confettis bleus durant des mois et des mois.

La pluie ne tombait pas que du ciel de pierre. Elle se logeait aussi dans le cœur d’Aurjance, plus glaciale encore, gommant tout ce qui faisait que la jeune fille se levait d’ordinaire au petit matin en se réjouissant des occupations qui seraient les siennes au cours de la journée. »

Extrait de : B. Tarvel. « Pierre-fendre. »

Le bal des iguanes par Brice Tarvel

Fiche de Le bal des iguanes

Titre : Le bal des iguanes
Auteur : Brice Tarvel
Date de parution : 2008
Editeur : Editions Lokomodo

Première page de Le bal des iguanes

« — Le jeu est le dernier recours avant l’ennui, soupira Robert Vauquelin, dit Bob, l’ancien truand.

Ne laissant filtrer qu’un mince trait de regard sous ses lourdes paupières de saurien, il fixait ses cartes comme s’il avait en main tous les mandats d’arrêt qui avaient émaillé sa longue et tumultueuse existence.

Henriette Dunoyer, installée face à Vauquelin, de l’autre côté de la table, émit un petit rire idiot, ce qui était chez elle une réponse à tous les propos qu’elle pouvait saisir, même quand elle n’en comprenait pas le sens. Était-elle consciente que cette hilarité imbécile et sporadique était tout ce qu’elle conservait de sa jeunesse depuis longtemps envolée, gâchée en moult minauderies mondaines ? Toujours est-il que, pour qui n’y était pas habitué, ce grelottement aux sonorités cristallines produit par sa gorge garnie de pendeloques de peau fanée ne manquait pas de surprendre avant de faire sourire, puis d’irriter.

— Le jeu, murmura Leufroy Nox en remuant à peine les lèvres, c’est surtout, avec l’incontinence, ce qui rend semblables les deux extrémités de la vie. »

Extrait de : B. Tarvel. « Le Bal des Iguanes. »

La montre de Rimbaud par Brice Tarvel

Fiche de La montre de Rimbaud

Titre : La montre de Rimbaud
Auteur : Brice Tarvel
Date de parution : 2018
Editeur : De Borée

Première page de La montre de Rimbaud

« Combien étaient-ils autour de la gare de Voncq ? Sans doute à peine une vingtaine, certains avec une valise au bout du bras, d’autres un panier, et il y avait même une vieille femme qui portait une poule en cage et qui semblait avoir honte des caquètements intempestifs de l’animal. Ils venaient de descendre du train, conservant une odeur de fumée prisonnière de leurs vêtements, ou bien s’élançaient bras ouverts vers une connaissance ou une personne plus chère encore. C’était sous un soleil plus que guilleret, dans une lumière qui blessait les yeux si on les levait trop. La modeste station au toit de tuiles rutilant ne possédait pas d’horloge, mais chacun avait entendu sonner midi au clocher du village. L’air sentait juillet, les blés attendant la faux, et une clématite palissée non loin de là y ajoutait une fragrance subtile. »

Extrait de : B. Tarvel. « La montre de Rimbaud. »

Destination cauchemar par François Sarkel

Fiche de Destination cauchemar

Titre : Destination cauchemar
Auteur : François Sarkel
Date de parution : 2007
Editeur : Rivière blanche

Première page de Destination cauchemar

« Voir Rangoon et vomir… C’était la formule peu flatteuse qu’avait trouvée Florène pour se venger de l’odeur écœurante du ngapi qui, depuis son arrivée dans la capitale de la Birmanie, l’incommodait particulièrement. Arnaud, lui, habitué plus que sa compagne à renifler les relents les plus inattendus de la planète, ne manifestait aucune allergie olfactive et paraissait même apprécier les exhalaisons pour le moins singulières qui assaillaient ses narines.
— Ton odorat n’a aucune finesse, répétait Florène, irritée. Le nez dans le cul d’une vache, tu afficherais encore des airs de testeur de fragrances raffinées.
Ce à quoi Arnaud se contentait de répondre par un sourire amusé, tant il était heureux d’être là avec l’insouciance pour seul objectif.
Ça faisait combien de temps qu’il n’avait pas pris de véritables vacances ? Il n’aurait su le dire. Mais, cette fois, c’était fait, il se baladait en simple touriste – même s’il n’en possédait guère l’apparence si souvent ridicule – et savourait pleinement de ne pas avoir à s’investir dans des affaires à but lucratif comme le lui imposait d’habitude son job de businessman international. »

Extrait de : F. Sarkel. « Destination cauchemar. »