Auteur/autrice : CH91

 

Le loup des cordeliers par Henri Loevenbruck

Fiche de Le loup des cordeliers

Titre : Le loup des cordeliers (tome 1 sur 4 – Gabriel Joly)
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2019
Editeur : XO Editions

Première page de Le loup des cordeliers

« Il s’étendait à Paris, en l’an 1789, entre la Sorbonne et l’abbaye de Port-Royal, une voie longue de trois cents pieds, traversant le quartier dit des Cordeliers, et que l’on appelait rue d’Enfer. L’origine de ce nom a fait jusqu’à nos jours l’objet de ces interminables disputes dont les historiens ont le secret, les uns affirmant qu’il était une déformation de via Inferior – son ancienne appellation supposée –, les autres qu’il venait du sobriquet donné à la porte de l’enceinte de Philippe Auguste à laquelle ladite rue conduisait : la « porte en fer ». En somme, nos savants ne s’entendent que sur un seul point : n’en déplaise aux suppôts de Satan, la rue ne devait pas son nom à quelque lien que ce fût avec le feu éternel des enfers, et l’on n’y voyait guère plus de diables que de revenants.
Pourtant, quand la jeune femme s’engouffra, en ce soir de mai 1789, dans cette rue d’Enfer, ce qui l’attendait ressemblait à s’y méprendre à la terreur des abîmes. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « Le Loup des Cordeliers – Gabriel Joly. »

Le mystère Fulcanelli par Henri Loevenbruck

Fiche de Le mystère Fulcanelli

Titre : Le mystère Fulcanelli (tome 3 sur 3 – Ari Mackenzie)
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2013
Editeur : Flammarion

Première page de Le mystère Fulcanelli

« L’homme qui pénétra, à la nuit tombée, dans l’église de la Santa Caridad, à Séville, avait toutes les raisons de croire qu’il était seul dans ces murs.

Il se trompait.

À quelques pas des berges du Guadalquivir, l’édifice baroque, nappé du bleu royal que les nuits d’été déposent doucement sur cette partie du globe, se dressait comme un songe dans le silence ténébreux de la cité endormie. La courte nef, coiffée d’une voûte en berceau, était plongée dans une obscurité que seules quelques bougies allumées ici et là, et près de s’éteindre, venaient émailler de leurs dernières vacillations.

L’air, à la fraîcheur saisissante, était saturé de l’odeur poudrée des jasmins, un parfum qui, par sa puissance, n’évoquait pas tant les plaines fleuries de Chine que les encens d’une chambre funéraire. Et d’ailleurs, l’homme frissonna. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « Le mystère Fulcanelli. »

Les cathédrales du vide par Henri Loevenbruck

Fiche de Les cathédrales du vide

Titre : Les cathédrales du vide (tome 2 sur 3 – Ari Mackenzie)
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2009
Editeur : Flammarion

Première page de Les cathédrales du vide

« En refermant derrière lui la lourde porte en fer, Charles Lynch savait pertinemment qu’il n’avait que deux issues possibles : la liberté ou la mort.
Sortir du complexe souterrain ou y disparaître à jamais.
Le sang battait dans ses tempes et sa poitrine avec la cadence inquiétante d’un tambour funèbre et le couloir qui s’ouvrait devant lui avait tout d’un corridor de la mort. Il tenta de ne pas se laisser impressionner ; il était trop tard pour renoncer.
L’homme inspira profondément, serra les poings et se dirigea de l’autre côté, en marchant d’abord, soucieux de ne pas faire de bruit, puis de plus en plus vite. L’urgence, désormais, l’emportait sur la prudence.
L’écho de ses pas s’éleva au milieu des murs de béton gris. Quelques mètres seulement le séparaient de la porte qui – il en était presque certain – le mènerait enfin là-haut, dehors, à la surface. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « Les cathédrales du vide – Ari Mackenzie. »

Le rasoir d’Ockham par Henri Loevenbruck

Fiche de Le rasoir d’Ockham

Titre : Le rasoir d’Ockham (tome 1 sur 3 – Ari Mackenzie)
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2008
Editeur : Flammarion

Première page de Le rasoir d’Ockham

« Quand il entendit s’enfoncer doucement la longue et large aiguille dans l’arrière de son crâne, Christian Constantin comprit qu’il allait mourir d’une atroce manière.

Et cette lumière, de plus en plus éblouissante.

Allongé sur la table en chêne, cela faisait longtemps déjà qu’il ne pouvait plus bouger. Le paralysant qu’on lui avait injecté était redoutablement efficace et particulièrement vicieux : Christian Constantin était conscient de tout ce que l’on faisait subir à son corps, à sa chair, à son crâne, mais sans pouvoir lutter. Il ne pouvait pas même laisser s’exprimer la peur panique qui l’envahissait pourtant de façon si violente.

On avait attaché ses mains et ses bras, au tout début sans doute, avant que le produit ne fasse effet, et à présent il ne parvenait plus à déplacer une seule partie de son corps. Il ne pouvait qu’assister, impuissant, à son lent assassinat. Ne pas comprendre, ne pas savoir qui le contrôlait et pourquoi, était la plus cruelle et la plus barbare des tortures, bien plus effroyable que l’idée de la mort elle-même. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « Le rasoir d’Ockham – Ari Mackenzie. »

Gombo par Gérard Delteil

Fiche de Gombo

Titre : Gombo
Auteur : Gérard Delteil
Date de parution : 2009
Editeur : Liana Lévi

Première page de Gombo

« Le président de la cellule 14 où dormaient, selon les jours, de soixante-dix à quatre-vingts détenus était un colosse de près d’un mètre quatre-vingt-dix à la peau très noire. Un cirage comme disaient parfois ceux dont l’épiderme était un peu plus clair. Une vilaine cicatrice zébrait son crâne lisse, qu’il rasait régulièrement, et deux scarifications tribales marquaient ses joues. Des lunettes miroirs dissimulaient en permanence son regard. Quand il les soulevait, on apercevait deux petits yeux rusés. C’était un Béti, ethnie qui fournissait paraît-il le gros de la garde spéciale du chef de l’État. On l’avait chassé de ce corps d’élite et emprisonné pour avoir abusé de son pouvoir.

À New Bell, nul ne savait quels délits précis il avait commis pour mériter ce sort, mais personne n’ignorait qu’il avait dû dépasser les bornes, à moins qu’il ne soit tombé en disgrâce pour d’obscures raisons. Ses origines, sa carrure et son expérience de la trique lui valaient sans doute son poste. »

Extrait de : G. Delteil. « Gombo. »

Chili incarné par Gérard Delteil

Fiche de Chili incarné

Titre : Chili incarné (Le Poulpe)
Auteur : Gérard Delteil
Date de parution : 1996
Editeur : Baleine

Première page de Chili incarné

« La rue Loayza est une des plus enfumées de La Paz, ville qui occupe une place de choix au hit-parade de la pollution.

C’est une artère relativement étroite, encaissée entre des constructions sans caractère aux façades décrépies et encombrée par des files ininterrompues de véhicules hors d’âge qui crachent leur venin noirâtre. Elle traverse le quartier des banques et grimpe assez raide jusqu’à l’alto, le quartier pauvre qui surplombe la capitale bolivienne.

Gravir cette rue est un calvaire pour un étranger qui n’a pas encore eu le temps de s’habituer à vivre à trois mille cinq cents mètres d’altitude. Luis Merino suffoquait avant d’avoir parcouru la moitié de la distance qui le séparait de son hôtel. Il aurait voulu presser le pas, mais ses jambes refusaient de lui obéir. La foule qui encombrait le trottoir ne facilitait pas son ascension. Les Indiennes accroupies sur le sol, leurs enfants dans les bras, le nez à la hauteur des pots d’échappement, tendaient la main vers lui. Son élégant costume clair leur laissait espérer un geste généreux, que pouvait bien représenter une poignée de bolivianos pour ce gringo ? Cet espoir était vite déçu lorsqu’elles croisaient son regard dur. »

Extrait de : G. Delteil. « Chili Incarné – Le Poulpe. »

Balles de charité par Gérard Delteil

Fiche de Balles de charité

Titre : Balles de charité
Auteur : Gérard Delteil
Date de parution : 1990
Editeur : Gallimard

Première page de Balles de charité

«  Derrière l’ancien Front de Seine, vous trouverez pas mal de pauvres », m’avait dit mon chef de secteur. Bon, je tournais depuis déjà un quart d’heure et je n’avais rencontré que des immeubles de rupins. En désespoir de cause, je rangeai ma bagnole et accrochai le premier passant. Ou plus exactement la première passante. Une petite mémé couverte de trucs brillants qui promenait son chien.

— Des pauvres, fit-elle, je crois que vous en rencontrerez par là-bas…

Du bras, elle me désigna une tour.

— Il me semble bien que celle-là vient d’être déclassée. Ils avaient promis de la démolir, mais ils ne l’ont pas fait…

Elle prononçait « pôvres », avec la bouche en cul de poule.

Elle me toisa de la tête aux pieds. Je ne portais pas l’uniforme de la Compagnie. Mes vêtements étaient propres et corrects, sans plus. »

Extrait de : G. Delteil. « Balles de charité. »

Henri Loevenbruck

Présentation de Henri Loevenbruck :

Né à Paris au mois de mars de l’année 1972, Henri Loevenbruck s’est très tôt passionné pour les littératures conjecturales et l’anticipation. Avant même de s’illustrer dans la rédaction de longs récits, le jeune homme fit ses premières armes dans le journalisme littéraire. Il fut d’ailleurs l’un des ardents fondateurs d’une revue fort estimée des amateurs du genre, sobrement baptisée Science-Fiction magazine, prouvant ainsi son dévouement à la cause du merveilleux et de l’extraordinaire.

Cependant, c’est au tournant du millénaire que Henri Lœvenbruck s’impose véritablement comme un romancier de premier plan. Il publie alors La Moïra, une grande fresque de haute fantaisie (cette littérature que les Anglo-Saxons nomment « fantasy »). Cette épopée, d’un souffle romanesque tout à fait remarquable, rencontre un succès retentissant, tant dans nos contrées qu’au-delà de nos frontières, séduisant un vaste lectorat par la richesse de ses contrées imaginaires et la noblesse de ses intrigues.

Fort de ce triomphe, cet écrivain prolifique démontre bien vite l’étendue de sa palette narrative en s’aventurant sur les terres du roman à énigmes et du frisson conjectural. Avec des ouvrages haletants tels que Le Testament des siècles ou encore Le Syndrome Copernic, il tresse d’ingénieuses intrigues où le mystère scientifique le dispute au suspense le plus implacable. N’hésitant jamais à se réinventer, il plonge également sa plume dans le grand roman d’aventures historiques, notamment avec L’Apothicaire ou, plus récemment, avec les passionnantes enquêtes de son héros Gabriel Joly, campées sous la Révolution française.

Il convient par ailleurs de souligner que Henri Lœvenbruck est un infatigable défenseur des lettres de l’évasion, étant l’un des membres éminents du collectif de La Ligue de l’Imaginaire, un cercle d’auteurs dévoués à la promotion d’une littérature populaire et foisonnante. Par sa prose élégante, son érudition et son sens inné du suspense, il s’inscrit dans la digne lignée des grands feuilletonistes qui firent les beaux jours de l’édition française.

Livres de Henri Loevenbruck :

Ari Mackenzie :

Gabriel Joly :

La Moïra :

Intégrales :

J’irais tuer pour vous (2018)
L’apothicaire (2011)
Le syndrome Copernic (2007)
Le testament des siècles (2003)
Les disparus de Blackmore (2023)
Nous rêvions juste de liberté (2015)
Pour ne rien regretter (2024)

Pour en savoir plus sur Henri Loevenbruck :

La page Wikipédia sur H. Loevenbruck
La page Noosfere sur H. Loevenbruck
La page isfdb de H. Loevenbruck

Notre-Dame des loups par Adrien Tomas

Fiche de Notre-Dame des loups

Titre : Notre-Dame des loups
Auteur : Adrien Tomas
Date de parution : 2014
Editeur : Mnémos

Première page de Notre-Dame des loups

« Le silence est omniprésent. Il est lourd sur ma nuque et mes épaules, il m’entoure, m’étouffe, me pèse. À chaque fois que mon cheval traverse de son sabot la couche de neige fraîche, à chaque fois que j’inspire l’air glacé ou que j’exhale un souffle de nuage blanc, j’ai l’impression d’être en train de profaner une église, un temple, ou je ne sais quoi de sacré.

Je n’ai jamais été très porté sur la religion, mais par la Dame, ce que je me sens païen et ignorant dans cet endroit ! La forêt Blanche m’écrase de sa majesté, de son immensité, me réduit à ce que je suis certainement : un intrus, minuscule et vain, dans un territoire qui ne lui appartient pas.

Je respire un grand coup, et je me reprends. Cet endroit n’appartient pas non plus à ceux que nous traquons. Nous sommes ici pour le débarrasser des Rejs, puis nous partirons, rendant au silence ses droits séculaires. Jack nous emmènera sans doute encore plus loin au nord, obsédé par l’idée fixe que la Dame s’enfonce toujours plus dans les terres glacées pour fuir notre fureur vertueuse. »

Extrait de : A. Tomas. « Notre-Dame des Loups. »

Les dossiers du Voile par Adrien Tomas

Fiche de Les dossiers du Voile

Titre : Les dossiers du Voile
Auteur : Adrien Tomas
Date de parution : 2021
Editeur : Fleurus

Première page de Les dossiers du Voile

« Mona tira sur le col de sa robe. Elle lui enserrait la gorge au point de dessiner un cercle rouge sur son cou. Elle détestait les mariages. Elle détestait les gens habillés en pingouins dont ils adoptaient progressivement la démarche à mesure que leur sang s’imbibait d’alcool. Elle haïssait les vieilles dames émues aux chapeaux improbables qui se tamponnaient les yeux pour un oui ou pour un non et la complimentaient sur l’abomination couleur pêche que sa mère l’avait forcée à porter.

Elle vomissait l’insistance presque pathétique du DJ à alterner les valses d’un autre âge et les morceaux à la mode dans le vain espoir de donner aux invités les plus vieux ou les plus jeunes l’envie de danser.

Pour l’occasion, tout le monde faisait bonne figure.

Il s’agissait d’un mariage très attendu au sein du Voile : pareil événement forçait les clans ennemis à taire leurs inimitiés. Mona vit pourtant Grisby Pavoisier, l’imposant archimage du cercle élémentaliste, jeter des regards hostiles à l’élégant Édouard Unterwald, le patriarche des nécromanciens. »

Extrait de : A. Tomas. « Les dossiers du Voile. »