Auteur/autrice : CH91

 

La dernière charge de la Morve d’or par Roland C. Wagner

Fiche de La dernière charge de la Morve d’or

Titre : La dernière charge de la Morve d’or
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1989
Editeur : Shayol Free Presse

Première page de La dernière charge de la Morve d’or

« Depuis près de douze heures, les barbares étaient à ses trousses ; depuis près de douze heures, il fuyait à travers la plaine, monté sur un cheval couvert d’écume dont le souffle se faisait plus court à chaque inspiration. Menée à un train d’enfer depuis l’aube, la bête ne tarderait plus à s’effondrer dans la poussière, son élan brisé, ses pattes battant l’air en un ultime mais inutile galop. Alors les barbares encercleraient Elric le Nécromancien, dernier prince de Melniboné, et ce serait l’hallali.

Sans cesser d’éperonner sa monture faiblissante, Elric leva les yeux vers le soleil qui tardait à se coucher, œil sanglant voilé par les brumes vespérales. Ce n’était pas une prière, mais un défi muet.

— Tu ne me verras pas mourir, gronda l’albinos.

Sa main enserra la poignée de Stormbringer, l’épée enchantée qui lui donnait force et lucidité, et la caressa avec douceur en s’attardant sur le pomeau. Le sauverait-elle une fois de plus ? Elric en doutait. Sa situation lui apparaissait comme sans issue. Mais le glaive lui permettrait de retarder l’instant de sa mort et de mettre à mal bon nombre de ses adversaires. »

Extrait de : R.C Wagner. « La Derniere Charge de la Morve d’Or »

La chanson de Jimmy par Roland C. Wagner

Fiche de La chanson de Jimmy

Titre : La chanson de Jimmy
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 2003
Editeur : Shayol Free Presse

Première page de La chanson de Jimmy

« J’ai fait la connaissance de Jimmy un samedi après-midi de décembre, à l’occasion d’une conférence qu’il donnait dans une banlieue de la grande couronne parisienne. Le thème en était, bien entendu, les extraterrestres et leur présence secrète sur notre monde ; Jimmy avait bâti sa carrière et son existence sur la certitude qu’« ils » étaient parmi nous, et qu’« ils » nous manipulaient.

La conférence avait lieu dans une de ces salles polyvalentes typiques des petites municipalités, où les compétitions sportives succèdent aux spectacles, et les débats aux vins d’honneur. Des piles de tatamis usés s’entassaient derrière l’estrade branlante, on n’avait même pas pris la peine de déplacer buts de hand et paniers de basket. Assis sur une estrade derrière une table recouverte d’une nappe en papier blanc, Jimmy parlait dans un micro bosselé, où l’on devinait que des générations de chanteurs avaient dû postillonner de la bière et du whisky de mauvaise qualité. Sa voix, déformée par une sono antédiluvienne, rebondissait sur les parois de la salle, s’enrichissant au passage d’effets de réverbération aléatoires qui en modifiaient le timbre au point de la rendre par moment méconnaissable et incompréhensible. »

Extrait de : Roland C. Wagner. « La Chanson de Jimmy. »

L. G. M. par Roland C. Wagner

Fiche de L. G. M.

Titre : L. G. M.
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 2010
Editeur : Bélial

Sommaire de L. G. M.

  • L’ambassadeur désordonné
  • MDMA et KGB
  • Brûlons la Californie !
  • La planète aux deux lunes

Première page de L’ambassadeur désordonné

« Comme prévu, la deux-chevaux déglinguée qu’on m’avait refilée pour l’opération tomba en panne à quelques centaines de mètres du Camp de Mars. À l’issue de plusieurs tentatives – infructueuses, les gars de la technique connaissaient leur boulot -, je sortis de la voiture pour jeter un coup d’œil tout aussi inutile dans le moteur. Puis, après avoir rageusement rabattu le capot, je me dirigeai vers les véhicules les plus proches dont les silhouettes se dressaient, sombres, dans la lumière rasante qui baignait cet après-midi finissant du dernier automne de la dernière année du millénaire. »

Extrait de : R.C Wagner. « L. G. M.. »

Histoire du futur proche – intégrale par Roland C. Wagner

Fiche de Histoire du futur proche – intégrale

Titre : Histoire du futur proche – intégrale
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 2021
Editeur : Les moutons électriques

Sommaire de Histoire du futur proche – intégrale

  • Les derniers jours de mai
  • Chroniques du désespoir
  • Le paysage déchiré

Première page de Les derniers jours de mai

« Et tout le reste, tout ce qui avait pu se passer auparavant, toutes ces années d’angoisse et de désespoir, toutes ces choses qui m’attendaient, tapies dans l’ombre visqueuse de la nuit rouge – tout le reste s’est effacé derrière moi, englouti par la bouche béante de l’oubli.

Les derniers jours de mai !

C’était comme une frontière que je m’apprêtais à franchir. Je me suis levé de mon cercueil de verre gradué et j’ai sauté dans le premier train, sans me préoccuper de sa destination. Il s’est trouvé qu’il allait à Paris, mais cela n’avait aucune importance à mes yeux. Je ne songeais qu’à fuir. Fuir cette existence misérable, cette drogue pulvérulente qui avait creusé des cernes violacés sous mes yeux sans éclat et constellé mes avant-bras d’essaims de croûtes brunâtres.

Le long convoi vert-de-gris s’est ébranlé, quittant avec une lenteur théâtrale la gare centrale d’Amsterdam – ce port qui, tout comme Aigues-Mortes, se retrouve aujourd’hui enfermé à l’intérieur des terres. »

Extrait de : R.C Wagner. « Histoire du futur proche – L’intégrale. »

H. P. L. (1890-1991) par Roland C. Wagner

Fiche de H. P. L. (1890-1991)

Titre : H. P. L. (1890-1991)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1995
Editeur : ActuSF

Première page de H. P. L. (1890-1991)

« Howard Philips Lovecraft vient de mourir à l’âge de cent un ans. Il était l’un des plus grands écrivains de Science-Fiction – mais aussi le plus méconnu parmi les grands, peut-être parce qu’il conserva toute sa vie une image d’auteur de textes d’horreur peu compatible avec le statut de géant de la SF. Il sut pourtant se hisser parfois au niveau d’un Heinlein ou d’un Sturgeon, et il est difficile d’imaginer ce qu’aurait été l’évolution du genre sans sa présence, occulte mais incontournable.
 
*
 
Lovecraft naquit le 20 août 1890 à Providence, une ville de Rhode Island. Son père, Winfield Scott Lovecraft, mourut en 1898 – et sa mère, Sarah Philips, qui souffrait de troubles mentaux, en 1921. Il passa son enfance dans la maison de son grand-père maternel, que sa mère et lui durent quitter en 1904, à la mort de celui-ci. Enfant solitaire, il se prit très tôt de passion pour les livres. Son premier “proto-fanzine” date de 1899. »

Extrait de : R.C Wagner. « H.P.L. (1890-1991). »

La tour de l’hirondelle – The Witcher par Andrzej Sapkowski

Fiche de La tour de l’hirondelle

Titre : La tour de l’hirondelle (Tome 6 sur 6 – The Witcher)
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : L. Cantin-Waleryszak
Date de parution : 1997
Editeur : Bragelonne

Première page de La tour de l’hirondelle

« L’univers, comme chacun sait, de même que la vie, suit une trajectoire circulaire. Sur la circonférence de ce cercle figurent huit points magiques qui forment une rotation complète, soit un cycle annuel. Ces points vont par paires et se font face sur la circonférence du cercle : Imbaelk, la germination, et Lammas, la maturation ; Belleteyn, la floraison, et Saovine, l’étiolement ; le solstice d’hiver, appelé Midinváerne, et d’été, Midaëte ; l’équinoxe de printemps, Birke, et d’automne, Velen. Le cercle est ainsi divisé en huit parties qui correspondent au découpage d’une année dans le calendrier elfique.
Les humains qui débarquèrent sur les plages à l’embou­­chure de la Iaruga et du Pontar possédaient leur propre calendrier ; basé sur la lune, il divisait l’année en douze mois et indiquait au laboureur le cycle annuel de son travail, de la fabrication des gaules en janvier jusqu’à l’époque des grands froids et du gel de la terre. Toutefois, même s’ils avaient leur propre calendrier et leurs propres saisons, les humains acceptèrent le cercle des elfes et les huit points qui jalonnaient sa circonférence. Imbaelk et Lammas, Saovine et Belleteyn, les deux solstices et les deux équinoxes du calendrier elfique, devinrent chez les humains également des jours de fête à nul autre pareil, aussi repérables qu’un arbre esseulé au milieu d’une prairie.
Car ces dates étaient auréolées de magie. »

Extrait de : A. Sapkowski. « Sorceleur (Witcher) – La Tour de l’Hirondelle. »

Le baptême du feu – The Witcher par Andrzej Sapkowski

Fiche de Le baptême du feu

Titre : Le baptême du feu (Tome 5 sur 6 – The Witcher)
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : C. Raszka-Dewez, L. Cantin-Waleryszak
Date de parution : 1996
Editeur : Bragelonne

Première page de Le baptême du feu

« Les oiseaux piaillaient dans les buissons.
Les flancs du ravin étaient envahis de ronces et d’épines-vinettes qui formaient une masse épaisse et compacte. Rien d’étonnant donc à ce que cet endroit idéal pour la nidification et la pâture pullulât de volatiles. Les verdiers d’Europe lançaient leurs trilles acharnés, les passereaux et les fauvettes gazouillaient, les pinsons faisaient retentir leur chant à tout instant. Les pinsons annoncent la pluie, se dit Milva en levant instinctivement les yeux vers le ciel. Je ne vois pas de nuages. Mais le chant des pinsons annonce toujours la pluie. Un peu de pluie, enfin, ça ne ferait pas de mal !
Le poste de guet que s’était choisi Milva, face à la vallée, était une carte maîtresse pour une chasse fructueuse, particulièrement ici, dans la forêt vierge de Brokilone. Les dryades, qui possédaient une bonne partie de cette sylve giboyeuse, n’y chassaient que très rarement, et l’homme se risquait plus rarement encore dans les environs. Ici, l’amateur en quête de gibier ou de peaux se muait lui-même en proie de chasse. Les dryades de Brokilone n’avaient aucune pitié pour les intrus. Milva l’avait appris un jour à ses dépens. »

Extrait de : A. Sapkowski. « Sorceleur (Witcher) – Le Baptême du feu. »

Le temps du mépris – The Witcher par Andrzej Sapkowski

Fiche de Le temps du mépris

Titre : Le temps du mépris (Tome 4 sur 6 – The Witcher)
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : C. Raszka-Dewez, L. Cantin-Waleryszak
Date de parution : 1995
Editeur : Bragelonne

Première page de Le temps du mépris

«  Pour bien gagner sa vie, avait coutume de rabâcher Aplegatt aux jeunes dont il avait la charge, un courrier à cheval doit posséder deux choses : une tête en or et des fesses en acier.
Une tête en or est indispensable, expliquait Aplegatt à ses apprentis courriers, car, sous son habit, dans sa fine besace en cuir ceinte à même la poitrine, le courrier transporte uniquement des informations de moindre importance, de celles que l’on peut sans crainte confier à la perfidie d’un papier ou d’un parchemin. Quant aux nouvelles confidentielles, de portée réelle, celles dont dépendent beaucoup de choses, le courrier doit les garder en mémoire pour les répéter à qui de droit. Mot pour mot. Et ces mots ne sont pas toujours faciles. Les formuler se révèle déjà compliqué, alors les retenir… Pour y parvenir, pour ne pas commettre d’erreur en les rapportant, il faut avoir une sacrée tête en or.
Quant à l’utilité des fesses en acier, ça, tout courrier en fera lui-même rapidement l’expérience, lorsqu’il devra rester assis sur sa selle trois jours et trois nuits durant, à parcourir cent voire deux cents lieues sur les routes, ou parfois, s’il le faut, à travers champs. »

Extrait de : A. Sapkowski. « Sorceleur (Witcher) – Le Temps du mépris. »

Le sang des elfes – The Witcher par Andrzej Sapkowski

Fiche de Le sang des elfes

Titre : Le sang des elfes (Tome 3 sur 6 – The Witcher)
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : L. Cantin-Waleryszak
Date de parution : 1994
Editeur : Bragelonne

Première page de Le sang des elfes

« La ville était en feu.
Les étroites ruelles qui menaient aux douves, à la première terrasse, crachaient de la fumée et de la braise ; les flammes dévoraient le chaume des maisons étroitement serrées les unes aux autres, et léchaient les murs du château. À l’ouest, depuis la porte qui donnait sur le port, s’élevait un énorme vacarme, les échos d’une lutte sans merci, les coups sourds du bélier qui faisaient trembler les remparts.
Ils avaient été submergés par surprise, après que les assaillants eurent renversé la barricade défendue par quelques soldats, des habitants armés de hallebardes et des arbalétriers de métier. Des chevaux enveloppés de caparaçons noirs survolaient les obstacles tels des spectres, des lames blanches et scintillantes semaient la mort parmi les défenseurs en fuite.
Ciri sentit le chevalier qui l’avait emportée sur sa selle talonner violemment sa monture. Elle avait entendu son cri : « Accroche-toi, accroche-toi ! »
D’autres chevaliers aux couleurs de Cintra les devancèrent et fondirent sur les Nilfgaardiens. Ciri aperçut la scène l’espace d’un instant, du coin de l’œil : un immense tourbillon où se mêlaient des capes bleu et or et des capes noires, au milieu du fracas de l’acier, du grondement des lames contre les boucliers, du hennissement des chevaux…
Un cri. Non, pas un cri. Un hurlement. »

Extrait de : A. Sapkowski. « Sorceleur (Witcher) – Le Sang des elfes. »

L’épée de la providence – The Witcher par Andrzej Sapkowski

Fiche de L’épée de la providence

Titre : L’épée de la providence (Tome 2 sur 6 – The Witcher)
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : A. Dayet, L. Cantin-Waleryszak
Date de parution : 1992
Editeur : Bragelonne

Première page de L’épée de la providence

« – Il n’en sortira plus, je vous le dis, finit par lancer le grêlé en secouant la tête. Ça fait une heure et quart qu’il est entré. C’en est fini de lui.
Les bourgeois, pressés les uns contre les autres au milieu des ruines et des gravats, observaient en silence le trou noir béant de l’entrée du souterrain. Un gros homme vêtu d’un pourpoint jaune se dandinait d’un pied sur l’autre en toussant. Il fit glisser de sa tête une barrette toute fripée.
— Attendons encore un peu, dit-il en essuyant la sueur qui perlait de ses sourcils clairsemés.
— Attendre quoi ? mugit le grêlé. Là-bas, dans les oubliettes, se terre un basilic. L’auriez-vous oublié, bourg­­mestre ? Celui qui entre signe irrévocablement sa perte. Ils ne sont pas assez nombreux, ceux qui n’en sont pas revenus ? Qu’est-ce que nous attendons ?
— Enfin voyons, nous nous sommes mis d’accord…, murmura le gros homme sans conviction.
— Cet accord, vous l’avez conclu avec un vivant, bourg­­mestre, déclara le compagnon du grêlé, un géant ceint d’un tablier de boucher en cuir. Il est mort, aussi sûrement que le soleil brille dans le ciel. »

Extrait de : A. Sapkowski. « Sorceleur (Witcher) – L’Épée de la providence. »