Auteur/autrice : CH91

 

Le testament des siècles par Henri Loevenbruck

Fiche de Le testament des siècles

Titre : Le testament des siècles
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2003
Editeur : Flammarion

Première page de Le testament des siècles

« Je n’avais pas revu mon père depuis onze ans le jour où un notaire m’appela pour m’annoncer qu’il était mort.
On ne sait jamais vraiment que dire dans ces moments-là et je sentais que le type au bout du fil était encore plus gêné que moi. Le silence qui s’installait n’avait plus rien à voir avec le décalage du son entre Paris et New York, ni avec le fait que cela devait bien faire quatre ou cinq ans que je n’avais pas dit un mot de français. Je ne savais simplement pas quoi dire.
Onze ans que je vivais à New York, sept que je travaillais comme scénariste pour la télévision et que les producteurs du cru se pâmaient devant la French Touch que j’avais apportée au Saturday Night Live, trois que ma série Sex Bot faisait un carton sur HBO parce que les spectateurs n’avaient pas l’habitude d’entendre parler si ouvertement de sexe à la télévision, et seulement un an que j’avais décidé d’arrêter de jouer les millionnaires désabusés qui claquent leurs dollars en coke et en restaurants de luxe parce qu’ils ne savent plus quoi faire des zéros qui s’accumulent au bout des chèques. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « Le testament des siècles. »

Le syndrome Copernic par Henri Loevenbruck

Fiche de Le syndrome Copernic

Titre : Le syndrome Copernic
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2007
Editeur : Flammarion

Première page de Le syndrome Copernic

« Mon nom est Vigo Ravel, j’ai trente-six ans et je suis schizophrène. Du moins, c’est ce que j’ai toujours cru.

À l’âge de vingt ans – si je me le rappelle bien, car mes souvenirs ne remontent pas aussi loin et je dois me fier à ce que mes parents m’ont dit –, on a diagnostiqué chez moi des troubles psychiques symptomatiques d’une schizophrénie paranoïde aiguë. Perturbation de la mémoire à court et à long terme, dérangement de la pensée logique, et surtout, surtout, mon principal symptôme, dit « positif » : je souffre d’hallucinations auditives verbales.

Oui. J’entends des voix dans ma tête.

Des centaines de voix, différentes, nouvelles, proches ou lointaines. Tous les jours, partout, ici, maintenant. Comme des murmures venus de nulle part, des menaces, des insultes, des cris ou des sanglots, des voix surgies des grilles du métro, des voix flottant dans les bouches d’égout, grondant derrière les murs… Elles viennent au milieu de crises où ma vue se trouble et mon cerveau hurle de douleur. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « Le syndrome Copernic. »

L’apothicaire par Henri Loevenbruck

Fiche de L’apothicaire

Titre : L’apothicaire
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2011
Editeur : Flammarion

Première page de L’apothicaire

« Il vécut à Paris en l’an 1313 un homme sans famille qui allait du nom d’Andreas Saint-Loup, mais que d’aucuns appelaient l’Apothicaire et, quand on le désignait ainsi, nul n’ignorait qu’il s’agissait de celui-là bien qu’il y eût de nombreux autres hommes exerçant la profession dans la capitale, car il était à la fois le plus illustre et le plus mystérieux des préparateurs de potions, onguents, drogues et remèdes que l’on pût trouver dans la ville et peut-être même dans le pays tout entier.

Des divers adjectifs qui pouvaient qualifier l’homme, s’il n’eût fallu en retenir qu’un, on eût aisément dit de lui qu’il était sibyllin, en ce sens que ses paroles comme ses actes étaient aussi obscurs, mystérieux et impénétrables que ceux des oracles de l’Antiquité, et son passé, au reste, demeurait pour tout Paris une véritable énigme, même pour l’abbé Boucel, l’homme qui l’avait trouvé, recueilli et élevé non loin de là, dans l’abbaye de Saint-Magloire, et dont nous aurons l’occasion de reparler plus tard. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « L’Apothicaire. »

J’irai tuer pour vous par Henri Loevenbruck

Fiche de J’irai tuer pour vous

Titre : J’irai tuer pour vous
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2018
Editeur : Flammarion

Première page de J’irai tuer pour vous

« Quand Marc Masson sortit de la Land Rover noire, à quelques pas à peine de l’entrée du camp militaire, il sentit aussitôt la tension explosive qui régnait sur toute la zone. De nombreux civils entouraient le camp, certains brandissant des pancartes avec des slogans accusateurs, d’autres visiblement prêts à en découdre avec l’armée. Il fallait s’attendre, à tout moment, à ce qu’une fusillade éclate. Marc grimaça. La plus petite étincelle mettrait le feu aux poudres, et ils n’étaient que deux pour protéger leur client britannique. Une opération calée dans l’urgence, à la dernière minute. Il avait horreur de ça.
Dans la longue avenue cabossée qui menait au camp de Monte Caseros, les véhicules blindés se croisaient sous un soleil de plomb au milieu de la foule. Au sud, les vertes plaines parsemées de palmiers, d’arbres fruitiers, semblaient tenir la ville à distance. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « J’irai tuer pour vous. »

Gallica par Henri Loevenbruck

Fiche de Gallica

Titre : Gallica – L’intégrale
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2018
Editeur : Bragelonne

Sommaire de Gallica :

  • Le louvetier
  • La voix des brumes
  • Les enfants de la veuve

La nuit de la louve par Henri Loevenbruck

Fiche de La nuit de la louve

Titre : La nuit de la louve (tome 3 sur 3 – La Moïra)
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2002
Editeur : Bragelonne

Première page de La nuit de la louve

« La convalescence d’Aléa et d’Erwan dura encore  plusieurs jours, jusqu’au début de l’automne, et leur deuil bien davantage. Finghin vint chaque matin soigner l’épaule d’Aléa, s’aidant du Saîman pour réparer la fracture.

Les derniers soldats de l’armée du Samildanach  — comme ils se désignaient eux-mêmes — s’étaient petit à petit rassemblés autour d’Aléa et de ses compagnons et avaient construit dans ce coin reculé de la forêt un campement aussi confortable que le permettait l’environnement. Tentes, petites cabanes en bois, couches modestes, tables, rangements, et au centre de la clairière un grand feu qui ne s’éteignait jamais.

On ne parlait pas beaucoup, on soignait les nombreux blessés, et certains soirs il n’y avait que les chants tristes de la cornemuse pour briser ce silence. Mjolln, les yeux plongés dans la voûte étoilée, jouait près du feu les airs que Faith lui avait appris ; chaque note était un sanglot versé à la mémoire de la barde. Dans tous les cœurs vivait le souvenir de la harpiste et du Magistel. Dans tous les cœurs la douleur. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « La nuit de la louve – La Moïra. »

La guerre des loups par Henri Loevenbruck

Fiche de La guerre des loups

Titre : La guerre des loups (tome 2 sur 3 – La Moïra)
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2001
Editeur : Bragelonne

Première page de La guerre des loups

« Il n’y avait sur tout le territoire de Gaelia de louve plus blanche que celle-ci. Les conteurs l’appelèrent Imala, qui est le nom de la couleur de la neige dans le langage des silves. On ne pouvait la confondre avec aucun autre loup de l’île, et cette différence n’était d’ailleurs pas la seule qui la démarquait de ses congénères. Imala avait changé. Elle avait quelque chose de plus que tous les autres loups, et cela se voyait dans sa démarche, dans ses yeux, dans le noble maintien de sa tête blanche.

Imala avait rencontré les verticaux.

Elle marchait à présent vers le nord, lentement, profitant entre chaque foulée des grâces de l’été, de l’herbe verte, du sol frais qu’indiquait l’abondance de lys et de mélique blanche penchée, du gibier, chevreuils, lièvres, perdrix. Par moments elle se couchait sur le flanc sous les rayons du soleil, jouissant de la chaleur estivale, puis elle secouait la tête pour chasser les insectes peu méfiants qui s’approchaient trop près. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « La guerre des loups – La Moïra. »

La louve et l’enfant par Henri Loevenbruck

Fiche de La louve et l’enfant

Titre : La louve et l’enfant (tome 1 sur 3 – La Moïra)
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2000
Editeur : Bragelonne

Première page de La louve et l’enfant

« La mémoire de la terre est étrangère à celle des hommes. On croit tout connaître de l’histoire et du monde, mais il est des âges oubliés où se croisaient encore mille merveilles aujourd’hui disparues. Seuls les arbres se souviennent, et le ciel et le vent. Et si un soir d’été, l’âme bienveillante, vous vous allongez
dans l’herbe et vous les écoutez le cœur ouvert, vous entendrez peut-être cette histoire d’un autre temps, au pays de Gaelia ; celle de la louve blanche et de l’enfant qu’on appelait Aléa.

Ce soir-là, au comté de Sarre, en cette ère qu’on nommait le Troisième Âge, une enfant pleurait dans le ventre sableux de la lande.

Il n’y avait rien à perte de vue que cette fille en haillons, recroquevillée sous les derniers rayons du soleil,
là où se terminait la trace rectiligne de ses empreintes de pas. Le vent jouait autour d’elle. Un vent sec et chaud qui emportait avec lui des buissons d’amarante et soulevait dans un souffle des nuages de sable blanc. La fin du jour s’emplissait déjà des odeurs de fumées lointaines. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « La louve et l’enfant – La Moïra. »

L’assassin de la rue Voltaire par Henri Loevenbruck

Fiche de L’assassin de la rue Voltaire

Titre : L’assassin de la rue Voltaire (tome 3 sur 4 – Gabriel Joly)
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2021
Editeur : XO Editions

Première page de L’assassin de la rue Voltaire

« Paris, ce soir-là, était aussi sombre et triste que la scène d’un théâtre fermé. Dans la chaleur étouffante d’une lourde nuit d’été, tous les occupants des chambres garnies, aux étages du faubourg Saint-Antoine, dormaient fenêtre béante. Tous, sauf une.
Mlle Jeanne Gallois – que ses amies appelaient gentiment la Jeanne –, blottie sur son bois de lit, au quatrième étage de la maison du sieur Rodron, marchand fripier, peinait à trouver le sommeil. Mais pour rien au monde la jeune fileuse de soie dijonnaise, qui était montée à Paris trois ans plus tôt pour y chercher un emploi, n’aurait ouvert sa fenêtre afin de laisser entrer un peu d’air sous les combles ; car si Morphée lui refusait ses bras, ce n’était pas tant à cause de la température que de la peur qui l’étreignait depuis plusieurs semaines déjà, quand le soleil s’évanouissait derrière le mont Valérien et que la nuit enveloppait de son morne manteau la capitale révoltée. Jeanne était terrifiée. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « L’Assassin de la rue Voltaire – Gabriel Joly. »

Le mystère de la main rouge par Henri Loevenbruck

Fiche de Le mystère de la main rouge

Titre : Le mystère de la main rouge (tome 2 sur 4 – Gabriel Joly)
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2020
Editeur : XO Editions

Première page de Le mystère de la main rouge

« Paris, vingt-deuxième jour de juillet 1789. À la suite de l’appel lancé au Palais-Royal par le jeune avocat Camille Desmoulins – invitant le peuple à prendre les armes pour défendre sa liberté contre les troupes royales qui se pressaient autour de la capitale –, la Bastille, symbole de la tyrannie monarchique, venait de tomber bruyamment. Non sans mal, les députés, convoqués par Louis XVI lui-même pour les états généraux, avaient réuni les trois ordres, tiers état, noblesse et clergé, et obtenu le vote par tête. Lors, après le serment du Jeu de paume, ils s’étaient proclamés eux-mêmes en Assemblée nationale, et la Constitution à laquelle ils œuvraient désormais était, pour le peuple de France, la promesse d’une grande réforme qui devait abolir les privilèges, garantir l’égalité des droits et sortir les plus démunis de la misère et de la famine. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « Le Mystère de la Main rouge – Gabriel Joly. »