Auteur/autrice : CH91

 

Le baptême du feu par Andrzej Sapkowski

Fiche de Le baptême du feu

Titre : Le baptême du feu (Tome 5 sur 9 – Le sorceleur)
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : C. Raszka-Dewez
Date de parution : 1996
Editeur : Bragelonne

Première page de Le baptême du feu

« Les oiseaux piaillaient dans les buissons.

Les flancs du ravin étaient envahis de ronces et d’épines-vinettes qui formaient une masse épaisse et compacte, repaire idéal pour la nidification et la pâture. Rien d’étonnant à ce que l’endroit pullule de volatiles. Les verdiers d’Europe lançaient leurs trilles acharnés, les passereaux et les fauvettes gazouillaient, les pinsons faisaient retentir leur chant à tout instant. Les pinsons annoncent la pluie, se dit Milva en levant instinctivement les yeux vers le ciel. Je ne vois pas de nuages. Mais le chant des pinsons annonce toujours la pluie. Un peu de pluie, enfin, ça ne ferait pas de mal !

Le poste de guet que s’était choisi Milva, face à la vallée, était une carte maîtresse pour une chasse fructueuse, particulièrement ici, à Brokilone. Les dryades, qui possédaient une bonne partie de la forêt, n’y chassaient que très rarement, et l’homme se risquait plus rarement encore dans les environs. »

Extrait de : A. Sapkowski. « Le baptême du feu – Le sorceleur. »

Le temps du mépris par Andrzej Sapkowski

Fiche de Le temps du mépris

Titre : Le temps du mépris (Tome 4 sur 9 – Le sorceleur)
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : C. Raszka-Dewez
Date de parution : 1995
Editeur : Bragelonne

Première page de Le temps du mépris

« Pour bien gagner sa vie, avait coutume de rabâcher Aplegatt aux jeunes cadets dont il avait la charge, un courrier à cheval doit posséder deux choses : une tête en or et des fesses en acier.

Une tête en or est indispensable, expliquait Aplegatt à ses apprentis courriers, car, sous son habit, dans sa fine besace en cuir ceinte à même la poitrine, le courrier transporte uniquement des informations de moindre importance, de celles que l’on peut sans crainte confier à la perfidie d’un papier ou d’un parchemin. Quant aux nouvelles confidentielles, de portée réelle, celles dont dépendent beaucoup de choses, le courrier doit les garder en mémoire pour les répéter à qui de droit. Mot pour mot. Et ces mots ne sont pas toujours faciles. Les formuler se révèle déjà compliqué, alors les retenir… Pour y parvenir, pour ne pas commettre d’erreur en les rapportant, il faut avoir une sacrée tête en or.

Quant à l’utilité des fesses en acier, ça, tout courrier en fera lui-même rapidement l’expérience lorsqu’il devra rester assis sur sa selle trois jours et trois nuits durant, à parcourir cent ou deux cents lieues, voire trois cents parfois, sur les routes, ou de temps à autre, s’il le faut, à travers champs. »

Extrait de : A. Sapkowski. « Le temps du mépris – Le sorceleur. »

Le sang des elfes par Andrzej Sapkowski

Fiche de Le sang des elfes

Titre : Le sang des elfes (Tome 3 sur 9 – Le sorceleur)
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : L. Waleryszak
Date de parution : 1994
Editeur : Bragelonne

Première page de Le sang des elfes

« La ville était en feu.

Les étroites ruelles qui menaient aux douves, à la première terrasse, crachaient de la fumée et de la braise ; les flammes dévoraient les toits des chaumières étroitement serrées les unes aux autres, et léchaient les murs du château. À l’ouest, depuis la porte qui donnait sur le port, s’élevait un énorme vacarme, les échos d’une lutte sans merci, les coups sourds du bélier qui faisaient trembler les
remparts.

Ils avaient été submergés par surprise, après que les assaillants eurent renversé la barricade défendue par quelques soldats, des habitants armés de hallebardes et des arbalétriers de métier. Des chevaux enveloppés de caparaçons noirs survolaient les obstacles tels des spectres, des lames blanches et scintillantes semaient la mort parmi les défenseurs en fuite.

Ciri sentit le chevalier qui l’avait emportée sur sa selle talonner violemment sa monture. Elle avait entendu son cri : « Accroche-toi, accroche-toi !  »

Extrait de : A. Sapkowski. « Le sang des elfes – Le sorceleur.  »

Excession par Iain M. Banks

Fiche de Excession

Titre : Excession (Tome 5 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : J. Martin
Date de parution : 1996
Editeur : Le livre de poche

Première page de Excession

« Un peu plus de cent jours après le début de sa quarantième année de réclusion, Dajeil Gelian reçut, dans sa tour isolée dominant la mer, un avatar du gros vaisseau qui était sa demeure.

Au loin, parmi les lourdes vagues grises sous les bancs de brume à la dérive, les masses lentes de quelques-uns des plus gros habitants de la petite mer glissaient et caracolaient. Des jets de vapeur sortaient des orifices respiratoires de ces animaux en exhalaisons brutales qui s’élevaient comme des geysers fantomatiques et immatériels au milieu des vols d’oiseaux accompagnant le banc. Les volatiles se dispersaient en criaillant, à tire-d’aile, puis décrivaient des cercles et revenaient dans l’air froid. Plus haut, surgissant des nuages teintés de rose ou y rentrant, d’autres créatures minuscules, ressemblant elles-mêmes à de petits flocons de nuages, se déplaçaient lentement, tels des dirigeables ou des cerfs-volants évoluant dans la haute atmosphère, leurs ailes ou baldaquins déployés, se réchauffant dans la lumière aqueuse d’un jour nouveau. »

Extrait de : I.M Banks. « Excession – Culture. »

L’essence de l’art par Iain M. Banks

Fiche de L’essence de l’art

Titre : L’essence de l’art (Tome 4 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : S. Quémener
Date de parution : 1991
Editeur : Bélial

Sommaire de L’essence de l’art

  • La route des crânes
  • Un cadeau de la culture
  • Curieuse jointure
  • Descente
  • Nettoyage
  • Fragment
  • L’essence de l’art
  • Eclat

Première page de La route des crânes

« ÇA CAHOTE QUELQUE PEU sur la célèbre route des Crânes…

« Bon sang, quoi encore ! » s’écria Mc9, soudain réveillé.

La carriole qui avait bien voulu les prendre, lui et son comparse, était violemment secouée.

Mc9 posa ses mains crasseuses sur la planche de bois pourri qui tenait lieu de ridelle au véhicule et baissa les yeux sur la voie légendaire ; il se demandait ce qui avait transformé ce voyage, jusqu’ici simplement inconfortable et bruyant, en une série de heurts à vous déboîter le squelette. Il s’attendait à constater qu’ils avaient perdu une roue, ou que le cocher porté à la sieste avait laissé le chariot sortir de la route sur un terrain caillouteux… mais non. L’œil exorbité, Mc9 considéra le sol avant de s’effondrer dans la charrette.

« Parole, énonça-t-il pour son seul bénéfice, je ne savais pas que l’Empire avait jamais eu des ennemis avec de si grosses têtes ! Voilà bien une rétribution des morts par-delà la tombe, pour sûr.  »

Extrait de : I.M Banks. « L’Essence de l’art – Culture. »

L’usage des armes par Iain M. Banks

Fiche de L’usage des armes

Titre : L’usage des armes (Tome 3 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : H. Collon
Date de parution : 1990
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’usage des armes

« — Dis-moi, qu’est-ce que le bonheur ?

— Le bonheur ? Le bonheur…, c’est s’éveiller par une belle matinée de printemps après une épuisante première nuit avec une ravissante… et passionnée… multi-meurtrière.

— … Merde, et c’est tout ?

Entre ses doigts, le verre ressemblait à une chose prise au piège et transpirant de la lumière. À l’intérieur, un breuvage de la même couleur que ses yeux tournoyait paresseusement dans le soleil ; derrière ses paupières lourdes, son regard se fixa sur la surface miroitante du liquide, qui dardait des reflets fugaces sur son visage où se dessinaient alors des veines d’or pur.

Il vida son verre, puis l’étudia tandis que l’alcool coulait dans sa gorge. Il sentit un picotement au passage, et eut l’impression que la lumière lui chatouillait les yeux. Il fit tourner le verre dans ses mains d’un geste prudent et régulier, apparemment fasciné par la rugosité de ses parties dépolies et par le brillant soyeux des aires non travaillées. Il l’éleva vers le soleil et ses yeux se plissèrent. »

Extrait de : I.M Banks. « L’Usage des armes – Culture. »

L’homme des jeux par Iain M. Banks

Fiche de L’homme des jeux

Titre : L’homme des jeux (Tome 2 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : H. Collon
Date de parution : 1988
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’homme des jeux

« Voici l’histoire d’un homme qui partit très loin et très longtemps dans le seul but de jouer à un jeu. Cet homme est un joueur-de-jeux nommé « Gurgeh ». Son histoire débute par une bataille qui n’en est pas une et s’achève sur un jeu qui n’en est pas un.

Moi ? Je vous parlerai de moi plus tard.

Ainsi commence l’histoire.

À chaque pas s’envolait la poussière. Il marchait en boitant dans le désert, derrière la silhouette en combinaison. Entre ses mains, l’arme restait muette. Ils seraient bientôt arrivés ; le grondement lointain des vagues retentissait dans le champ sonore de son casque. Ils approchaient d’une haute dune, d’où ils pourraient sans doute apercevoir la côte. En fin de compte, il avait survécu ; jamais il ne l’aurait cru.

À l’extérieur régnait une atmosphère chaude et sèche, éblouissante ; mais sa combinaison fraîche et douillette le mettait à l’abri du soleil et de l’air brûlant. »

Extrait de : I.M Banks. « L’Homme des jeux – Culture. »

Une forme de guerre par Iain M. Banks

Fiche de Une forme de guerre

Titre : Une forme de guerre (Tome 1 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : H. Collon
Date de parution : 1987
Editeur : Le livre de poche

Première page de Une forme de guerre

« Le vaisseau n’avait même pas de nom. Pas d’équipage humain, l’unité-usine qui l’avait construit ayant été évacuée longtemps auparavant. Pour cette même raison, il ne comportait ni espaces habitables ni cabines. Pas de numéro de série, pas d’affectation précise au sein de la flotte : c’était un bâtard fait de bric et de broc dont les pièces provenaient de cuirassés d’espèces différentes ; et s’il n’avait pas de nom, c’était parce que l’élément-usine n’avait guère eu de temps à perdre avec de telles subtilités.

À partir de son stock de composants appauvri, le chantier spatial confectionna le vaisseau du mieux qu’il put, encore que dans l’ensemble, les armes, le système de propulsion et les circuits sensoriels fussent défectueux, périmés ou à réviser. Le cerveau de l’usine savait sa propre disparition inéluctable, mais il restait une chance pour que son ultime création soit assez rapide et assez fortunée pour pouvoir s’échapper.

Toutefois, l’usine avait à sa disposition un élément inappréciable, parfait : le Mental immensément puissant (encore qu’un peu fruste et sous-entraîné) autour duquel elle avait assemblé le reste du vaisseau. S’il parvenait à mettre le Mental en sécurité, le cerveau de l’usine considérerait son devoir accompli. Mais si le chantier-mère n’avait pas donné de nom à son vaisseau de fils, c’était aussi pour une autre raison ; il se disait qu’à ce dernier manquait encore une dernière chose : l’espoir. »

Extrait de I.M Banks. « Une forme de guerre – Culture. »

Le sorceleur – l’intégrale par Andrzej Sapkowski

Fiche de Le sorceleur – l’intégrale

Titre : Le sorceleur – l’intégrale
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : L. Dyèvre, A. Dayet, L. Waleryszak, C. Raszka-Dewez
Date de parution :
Editeur : Bragelonne

Sommaire de Le sorceleur – l’intégrale

  • Le dernier voeu
  • L’épée de la providence
  • Le sang des elfes
  • Le temps du mépris
  • Le baptême du feu
  • La tour de l’hirondelle
  • La dame du Lac
  • La saison des orages
  • La route d’où l’on ne revient pas

Les guerriers de Dieu par Andrzej Sapkowski

Fiche de Les guerriers de Dieu

Titre : Les guerriers de Dieu (Tome 2 sur 3 – La trilogie Hussite)
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : L. Waleryszak
Date de parution : 2004
Editeur : Bragelonne

Première page de Les guerriers de Dieu

« Ces derniers temps, nobles seigneurs, le monde nous apparaît dans toute son ampleur. Et toute sa petitesse.

Vous riez ? Vous pensez que je conte des niaiseries ? Que cela n’a ni queue ni tête ? Eh bien, je m’en vais vous prouver le contraire.

Regardez par la fenêtre, mes sieurs. Quelle vue s’offre à vos yeux ? Que voyez-vous ? La grange, me direz-vous, et vous aurez raison, et derrière, les latrines. Mais qu’y a-t-il, là-bas, derrière les latrines ? Si je pose cette question à la jeune fille qui vient nous servir notre bière, elle me répondra qu’il y a le chaume et, derrière, il y a la ferme de Jachym, derrière la ferme, il y a la goudronnerie, et plus loin encore peut-être Klein Kosolup. Si je le demande à notre aubergiste, ce dernier, ayant une connaissance plus vaste du monde, ajoutera que ça ne s’arrête pas là, qu’après Klein Kosolup, il y a aussi Groß Kosolup, plus loin, le hameau de Kozmirau, puis le village de Lahse, après Lahse, il y a Goschütz, et derrière Goschütz, probablement Festenberg. »

Extrait de : A. Sapkowski. « Trilogie Hussite – Les Guerriers de Dieu. »