Auteur/autrice : CH91
L’art de voir par Aldous Huxley

Fiche de L’art de voir
Titre : L’art de voir
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1943
Traduction :
Editeur : Payot
Première page de L’art de voir
« Medicus curat, natura sanat : le médecin traite et la nature guérit. Ce vieil aphorisme résume la portée entière et le but de la médecine, qui est de mettre les organismes malades dans les meilleures conditions extérieures et intérieures pour utiliser leurs propres mécanismes de restauration et de régulation automatique. S’il n’existait pas une vis medicatrix naturae, des puissances naturelles de guérison, la médecine serait impuissante, et le moindre dérangement de l’organisme conduirait soit à la mort immédiate, soit à une maladie chronique.
Lorsque les conditions sont favorables, les organismes malades tendent à la guérison par leurs propres moyens de restauration, inhérents à leur nature. S’ils ne se rétablissent pas, cela signifie soit que le cas est désespéré, soit que les conditions ne sont pas favorables, en d’autres termes que le traitement médical employé ne réussit pas à atteindre le résultat qu’un traitement adéquat obtiendrait. »
Extrait de : A. Huxley. « L’art de voir. »
Jouvence par Aldous Huxley

Fiche de Jouvence
Titre : Jouvence
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1939
Traduction : J. Castier
Editeur : Plon
Première page de Jouvence
« Tout avait été convenu par télégramme : Jeremy Pordage devait chercher des yeux un chauffeur « de couleur » vêtu d’un uniforme gris, avec un oeillet à la boutonnière ; et le chauffeur de couleur devait chercher des yeux un Anglais entre deux âges tenant à la main les Oeuvres Poétiques de Wordsworth. Malgré la foule qui encombrait la gare, ils se reconnurent sans difficulté.
« Le chauffeur de Mr Stoyte ?»
« Mr Pordage, Massah ?»
Jeremy fit de la tête un signe affirmatif, et, son Wordsworth dans une main, son parapluie dans l’autre, étendit à demi les bras, du geste d’un mannequin cherchant à excuser les imperfections de sa personne, tout en exhibant, avec une conscience totale et amusée de leurs défauts, une silhouette déplorable qu’accentuaient les vêtements les plus ridicules. « Une chose misérable, semblait-il insinuer, mais c’est bien moi. » Le dénigrement défensif et pour ainsi dire préventif était, chez lui, devenu habituel. »
Extrait de : A. Huxley. « Jouvencel. »
Île par Aldous Huxley

Fiche de Île
Titre : Île
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1962
Traduction : M. Treger
Editeur : Plon
Première page de Île
« Attention ! » cria une voix, et c’était comme si un hautbois se fût mis à parler tout à coup. « Attention ! » répéta la voix haut perchée et nasillarde. « Attention ! » Gisant sur un lit de feuilles mortes, tel un cadavre, les cheveux emmêlés, le visage barbouillé d’une façon grotesque, meurtri, les vêtements en lambeaux et maculés de boue, Will Farnaby s’éveilla en sursaut. Molly l’avait appelé. Il était temps de se lever, temps de s’habiller. Il ne fallait pas être en retard au bureau.
« Merci, chérie », dit-il en s’asseyant. Il ressentit une douleur aiguë dans son genou droit ; d’autres douleurs s’éveillèrent dans son dos, ses bras, sur son front.
« Attention ! » insistait la voix, sur le même ton. Appuyé sur un coude, Will regarda autour de lui et fut ahuri de voir, à la place du papier peint gris et des rideaux jaunes de sa chambre à coucher de Londres, une clairière ombragée et balayée par les rayons obliques de l’aurore.
« Attention ! »
Pourquoi disait-elle « Attention » ?
« Attention ! Attention ! » insistait la voix, au point que cela en devenait étrange et stupide. « Molly ! » appela Will. « Molly ! ». »
Extrait de : A. Huxley. « Île. »
Contrepoint par Aldous Huxley

Fiche de Contrepoint
Titre : Contrepoint
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1926
Traduction : J. Castier
Editeur : Le livre de poche
Première page de Contrepoint
« – Tu ne rentreras pas tard ? – La voix de Marjorie Carling était chargée d’inquiétude, et de quelque chose, même, qui ressemblait à une prière.
– Non, je ne rentrerai pas tard, dit Walter, avec la certitude malheureuse et coupable qu’il n’en serait rien. – Elle l’ennuyait avec sa façon même de parler, un peu traînante, un peu trop raffinée, fut-ce dans la douleur.
– Pas plus tard que minuit. – Elle eût pu lui rappeler le temps où il ne sortait jamais, le soir, sans elle. Elle eût pu le faire, mais elle ne le voulait pas ; c’eût été contraire à ses principes ; elle ne voulait pas forcer son amour, de quelque façon que ce fût.
– Mettons… une heure. Tu sais ce que c’est, des soirées comme celle-là… – En réalité, elle n’en savait rien, pour la bonne raison que, n’étant point sa femme, elle n’y était pas invitée. Elle avait quitté son mari pour vivre avec Walter Bidlake, et Carling, qui avait des scrupules religieux avec des goûts légèrement sadiques, goûtait sa vengeance et refusait de divorcer. Il y avait maintenant deux ans qu’ils vivaient ensemble. Deux ans seulement ; et déjà il avait cessé de l’aimer, il avait commencé d’en aimer une autre. La faute perdait sa seule excuse, les désagréments d’ordre social, leur seule contrepartie. Et elle était enceinte. »
Extrait de : A. Huxley. « Contrepoint. »
Christian Mantey

Présentation de Christian Mantey :
Christian Mantey est un écrivain français, né le 5 septembre 1941 à Paris. Il est principalement connu pour son travail dans la littérature de genre, se distinguant à la fois dans le roman policier (ou polar) et le roman d’anticipation (science-fiction).
Carrière littéraire
- Roman Policier : Il a publié une vingtaine de polars, principalement sous son nom de naissance, Christian Mantey, dans la célèbre collection Spécial Police du Fleuve Noir.
- Science-Fiction / Anticipation : À partir de 1976, il commence à écrire des romans d’anticipation, également publiés au Fleuve Noir Anticipation. Il est considéré comme un auteur prolifique dans ce domaine.
- Pseudonymes : Christian Mantey est un auteur qui a utilisé plusieurs pseudonymes pour ses œuvres. Les plus notables, outre celui que vous mentionnez, sont :
- Jean-Christian Bergman (souvent son principal pseudonyme pour la science-fiction).
- Jeffrey Lord (utilisé pour la série Blade).
- Zeb Chillicothe (un pseudonyme collectif qu’il partageait avec d’autres auteurs, comme Joël Houssin, Serge Brussolo, et Pierre Dubois, notamment pour la série Jag).
- Pierre Pauhljac.
Son pseudonyme : Budy Matieson
Budy Matieson est l’un des pseudonymes utilisés par Christian Mantey pour ses œuvres.
- Comme beaucoup d’auteurs du Fleuve Noir, Christian Mantey utilisait différents noms pour catégoriser ses publications ou respecter les contraintes de publication de l’éditeur.
- Ce pseudonyme est référencé comme étant l’un de ceux qu’il a employés pour ses écrits, souvent dans le domaine du roman de gare, du polar, ou de l’aventure, typiques de cette époque.
Thèmes et éditeurs principaux
Les thèmes abordés dans son œuvre sont variés, allant des enquêtes policières et de l’aventure à des explorations futuristes et de science-fiction (espace, apocalypse, chasse à l’homme).
Son éditeur principal est le Fleuve Noir, où il a publié la majeure partie de ses romans policiers et d’anticipation.
Livres de Christian Mantey :
Chronique du retour sauvage :
- Survivance (1980)
- Shea (1982)
Titcht :
- Titcht (1981)
- L’effet Halstead (1983)
- Wildlife connection (1983)
- No man’s land (1984)
Black planet (1976)
Transit pour l’infini (1976)
Pour en savoir plus sur Christian Mantey :
La page Wikipédia sur C. Mantey
La page Noosfere sur C. Mantey
La page isfdb de C. Mantey
Ian Watson

Présentation de Ian Watson :
Ian Watson est un écrivain britannique dont l’œuvre, principalement axée sur la science-fiction de réflexion, est reconnue pour son exploration poussée du langage, de la conscience et de la métaphysique.
Né le 20 avril 1943 à Tyneside, en Angleterre, Watson a suivi un parcours académique rigoureux. Il a étudié au Balliol College de l’Université d’Oxford, où il a obtenu un diplôme, puis un doctorat en études littéraires, se penchant notamment sur la littérature anglaise et française du XIXe siècle. Cette formation intellectuelle transparaît fortement dans sa production littéraire ultérieure. Avant de se dévouer entièrement à l’écriture, il a exercé comme enseignant et maître de conférences en littérature dans divers pays, notamment en Tanzanie et à Tokyo, ainsi qu’au Royaume-Uni, expérience qui a enrichi sa perspective sur les cultures et les communications.
Sa carrière littéraire prend un tournant décisif en 1973 avec la publication de son premier roman, L’Enchâssement (The Embedding). Cet ouvrage, qui propose une réflexion complexe sur la manière dont le langage sculpte la réalité, est immédiatement salué par la critique. Le roman a remporté le prestigieux John W. Campbell Memorial Award et le Prix Apollo en France en 1975. Dès lors, et notamment après le succès de son deuxième roman, Le Modèle Jonas (The Jonah kit, 1975), Watson choisit de devenir écrivain à temps plein en 1976. Il s’impose rapidement comme une figure majeure de la science-fiction britannique, souvent associée à la Nouvelle Vague du genre.
L’œuvre de Watson se distingue par son approche intellectuelle et souvent expérimentale. Il explore fréquemment les concepts de réalité altérée, l’impact des psychotropes sur la perception, et l’influence des structures linguistiques sur la pensée humaine. Outre ses romans originaux de science-fiction, il s’est aventuré dans les domaines de la fantasy et de l’horreur, et a contribué à l’univers du jeu Warhammer 40,000.
Une autre facette notable de sa carrière fut sa collaboration avec le cinéaste Stanley Kubrick au début des années 1990. Watson a travaillé avec Kubrick pour développer l’histoire du projet A.I. Intelligence artificielle. Bien que le film ait été réalisé plus tard par Steven Spielberg après la mort de Kubrick, Ian Watson est crédité pour l’histoire du scénario (Screen Story), témoignant de son influence au-delà de la littérature.
Après avoir longtemps résidé dans le Northamptonshire en Angleterre, Ian Watson vit actuellement à Gijón, dans le nord de l’Espagne, où il s’est installé avec sa femme, la traductrice espagnole Cristina Macía. Il continue d’être considéré comme l’un des maîtres de la science-fiction exigeante et cérébrale.
Livres de Ian Watson :
Warhammer 40.000 :
- Space Marine (1993)
- La guerre de l’inquisition :
- Draco (1990)
- Arlequin (1994)
- L’enfant du chaos (1995)
Ambassade de l’espace (1977)
Chronomachine lente (1979)
L’enchâssement (1973)
L’inca de Mars (1977)
La mort en cage (1981)
Le modèle Jonas (1975)
Le monde divin (1979)
Le voyage de Tchekhov (1983)
Les oiseaux lents (1981)
Les visiteurs du miracle (1978)
Orgasmachine (1976)
Pour en savoir plus sur Ian Watson :
La page Wikipédia sur I. Watson
La page Noosfere sur I. Watson
La page isfdb de I. Watson
Jean-Christian Bergman
Présentation de Jean-Christian Bergman :
Jean-Christian Bergman est le principal pseudonyme de science-fiction utilisé par l’écrivain français Christian Mantey (né le 5 septembre 1941 à Paris).
Christian Mantey est un auteur prolifique connu pour son travail dans la littérature de genre, notamment :
- Le Roman Policier : Il a publié une vingtaine de polars, principalement dans la collection Spécial Police du Fleuve Noir, sous son nom de naissance (Christian Mantey).
- La Science-Fiction/Anticipation : Il est l’auteur d’une dizaine de romans de science-fiction, publiés majoritairement dans la collection Fleuve Noir Anticipation, pour lesquels il a eu recours à plusieurs pseudonymes, dont Jean-Christian Bergman.
- Autres Pseudonymes : Il a également utilisé les noms de Budy Matieson, Jeffrey Lord, et a participé, sous un pseudonyme collectif (Zeb Chillicothe), à la série JAG avec des auteurs comme Pierre Dubois et Joël Houssin.
Les livres de Jean-Christian Bergman
Le pseudonyme Jean-Christian Bergman a été exclusivement réservé à ses œuvres d’anticipation et de science-fiction publiées chez Fleuve Noir.
Ces romans s’inscrivent typiquement dans le style de la collection de l’époque, abordant des thèmes dystopiques et post-apocalyptiques.
Note sur la collaboration
Il est à noter que le pseudonyme Jean-Christian Bergman a également été mentionné comme ayant été utilisé pour une collaboration avec l’écrivain Jean Philippe Berger, donnant lieu à un total de trois volumes publiés chez Fleuve Noir sous ce nom de plume.
Les œuvres signées Jean-Christian Bergman se caractérisent par des récits d’un futur sombre, souvent marqués par des catastrophes écologiques ou sociales. Apocalypse Snow, par exemple, se déroule dans un avenir glacial, quelques jours avant l’an 2000, explorant la question d’une nouvelle ère ou d’une apocalypse imminente.
Livres de Jean-Christian Bergman :
Apocalypse snow (1980)
Homme, sweet homme (1979)
Palowstown (1979)
Pour en savoir plus sur Jean-Christian Bergman :
La page Wikipédia sur J.-C. Bergman
La page Noosfere sur J.-C. Bergman
La page isfdb de J.-C. Bergman
Spoutnik VII a disparu par Jimmy Guieu

Fiche de Spoutnik VII a disparu
Titre : Spoutnik VII a disparu
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1960
Editeur : Vaugirard
Première page de Spoutnik VII a disparu
« Monsieur René Normand, le célèbre magnat de la presse, propriétaire d’une chaîne de quotidiens et magazines européens, avait réuni l’élite de la High Society parisienne — et nombre de notabilités étrangères aussi — dans sa somptueuse résidence du bois de Boulogne. Le matin même, le mariage civil de sa fille avec le secrétaire de cabinet du ministère de l’Information avait revêtu le caractère d’une cérémonie quasi officielle.
A cet événement mondain assistaient plus de deux cents convives outre quantité de journalistes, radioreporters, cameramen, pour la plupart toutefois invités personnels de
monsieur Normand ou de son gendre.
Le soir, dans le grand parc brillamment éclairé, les flashes jetaient leurs brefs éclats sur tel invité de marque, vedette de cinéma, de la radio, de la TV ou encore célébrités littéraires ou personnalités politiques. Aux longues tables du buffet dressé dans le parc et où foisonnaient gâteaux, vins fins, liqueurs, champagnes, sandwiches-caviar, saumon et autres amuse-gueule, les amateurs de danse préféraient l’immense hall de la villa où un orchestre jouait sans relâche. »
Extrait de : J. Guieu. « Spoutnik VII a disparu. »
Réseau dinosaure par Jimmy Guieu

Fiche de Réseau dinosaure
Titre : Réseau dinosaure
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1958
Editeur : Plon
Première page de Réseau dinosaure
« La campagne provençale paraissait endormie sous le soleil d’été au pied du massif de Sainte-Victoire. Sur les troncs rugueux des grands pins ou dans les oliviers, seules les cigales déchiraient l’air chaud et embaumé de leur infatigable craquètement. Sans un cri, une pie s’envola vers l’est, en direction de Sainte-Victoire dont le sommet surmonté d’une croix se dressait à moins de trois kilomètres.
Agenouillés sur le sol d’argile rougeâtre, deux hommes grattaient, remuaient et fouillaient précautionneusement la terre à l’aide d’une sorte de pic à glace recourbé.
Le paléontologue Georges Barnier, docteur ès sciences, conservateur du Muséum d’Histoire Naturelle d’Aix-en-Provence, redressa le torse et se massa les reins en faisant la grimace. Son embonpoint et ses rhumatismes ne s’accommodaient guère de son inconfortable position. Pourtant, inlassablement depuis des mois, ce savant homme de soixante ans, petit, rougeaud et le front dégarni, parcourait le Midi, d’Aix-en-Provence à Draguignan. »
Extrait de : J. Guieu. « Réseau Dinosaure. »
Refuge cosmique par Jimmy Guieu

Fiche de Refuge cosmique
Titre : Refuge cosmique
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1968
Editeur : Plon
Première page de Refuge cosmique
« Avec des gestes précis, fruit d’un entraînement patient qui lui aurait permis de les exécuter les yeux bandés, le commandant Steve Hopkins, engoncé dans son vidoscaphe, manipula les commandes du tableau de bord mobile placé au-devant de son siège profilé.
Sur l’écran de télévision défilait le paysage lunaire, grêlé, crevassé, fissuré, ponctué d’innombrables bourrelets circulaires — les cratères — sur l’origine desquels les sélénographes n’étaient point d’accord. L’image s’apparentait à une immense étendue de boue crayeuse dans laquelle un géant aurait projeté une poignée de graviers… à son échelle. L’impact de ces « graviers » — des météorites de tailles diverses, selon l’une des théories en vigueur — avait formé de grands cirques en laissant en leur centre un « piton », une excroissance. Ici et là, des masses de « rocs » émergeaient, recouverts d’une substance blanchâtre.
Ce paysage, le commandant Hopkins et ses deux coéquipiers l’avaient déjà survolé lors d’une précédente mission. »
Extrait de : J. Guieu. « Refuge Cosmique. »