Catégorie : Livres

 

Strontium 90 par Daniel Piret

Fiche de Strontium 90

Titre : Strontium 90
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir

Première page de Strontium 90

« Eux seuls ont survécu, ceux qui ont cru en eux-mêmes et non en la science des démons faits hommes.
Arg, assis sur une grosse pierre, la tête entre les mains, ne cessait de lire et relire l’inscription millénaire gravée sur le fronton du vieux temple. Il tournait et retournait entre ses mains le cylindre de céramique, sans comprendre ou plutôt en ayant peur de comprendre. La voix s’était arrêtée à présent mais chacun des mots qu’elle avait prononcés était à jamais gravé dans sa mémoire. Les hommes de son temps ne savaient ni lire ni écrire, hormis quelques vieux sages, mais leur mémoire était phénoménale.
Arg étudiait depuis son plus jeune âge. Un jour il serait lui aussi un Dirigeant, l’un de ceux qui savent. Aujourd’hui, après son retour du grand voyage, il se posait des questions. Ce qu’il tenait dans ses mains tremblantes l’affolait, le terrorisait. Demain il devrait rendre des comptes, s’expliquer, mais que dirait-il ? Comment décrirait-il ce qu’il avait vu ? Comment expliquerait-il la mort de ses compagnons ? »

Extrait de : D. Piret. « Strontium 90. »

Sogol par Daniel Piret

Fiche de Sogol

Titre : Sogol
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir

Première page de Sogol

« Aucun bruit autour de moi, aucun bruit. Au travers de mes paupières mi-closes, je ne distingue rien sinon une brume bleuâtre traversée de temps à autre par de grosses taches lumineuses qui s’éloignent rapidement pour se perdre vers un horizon indiscernable.
J’essaie de remuer, je ne le peux pas, je me heurte à un obstacle à la fois mou et consistant. Bien vite, je m’aperçois que je suis emprisonné dans une sorte de poche translucide qui adopte la forme de mon corps.
J’essaie de penser, je ne le peux pas, alors je m’absorbe dans la contemplation de ce qui m’entoure. Je suis maintenant en pleine possession de mes moyens. Peu à peu, je prends conscience, je n’ai aucun souvenir, je ne sais qui je suis, d’où je viens, où je suis, ni où je vais. Qui m’a placé là ? Je vais très vite, je le sens plus que je ne le vois. D’énormes sphères lumineuses défilent devant mes yeux. Souvent, d’autres boules plus petites tournent autour d’elles. »

Extrait de : D. Piret. « Sogol. »

Sloma de l’Abianta par Daniel Piret

Fiche de Sloma de l’Abianta

Titre : Sloma de l’Abianta
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir

Première page de Sloma de l’Abianta

« Silencieuse, attentive, la foule écoutait.
L’officiant venait à nouveau de commencer la lecture du livre noir. Nul ne savait au juste ce qu’était ce livre. Il faisait partie du rite de ceux de l’Abianta. Le peuple des grandes cavernes ne savait pas lire. Il n’avait pas le droit de savoir. Seuls les défenseurs de la foi le pouvaient. Le savoir, la connaissance sont mauvais.
Sloma était au premier rang. Il ne disait rien : il savait que la lecture du prêtre durerait longtemps, très longtemps, ponctuée de litanies.
— « Un jour viendra où nous remonterons. Nous aussi nous connaîtrons l’horizon, le Soleil et la Lune ; nous connaîtrons les fleurs. Lorsque la grande flamme aura disparu nous remonterons, nous remonterons… »

Extrait de : D. Piret. « Sloma de l’Abianta. »

Sakkara par Daniel Piret

Fiche de Sakkara

Titre : Sakkara
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir

Première page de Sakkara

« Paul était un enfant trouvé. On l’avait découvert en 2014 dans ce qui fut jadis l’Égypte, non loin d’une ancienne pyramide dont on lui avait donné le nom.
Il avait appartenu (en fait, il appartenait encore) à ce que l’on désignait sous le terme vague d’O.T.S. ou Office Terrestre de Surveillance. C’était une puissante organisation dont aucun des membres ne se connaissait. Ils agissaient toujours seuls et c’est à eux que l’on confiait les plus périlleuses missions.
L’O.T.S. était la seule famille de Paul, la seule en tout cas dont il se souvint. Évidemment ce « métier » risquait plus de vous coûter la vie que de vous amener à la retraite, mais il faut avouer qu’il comportait pas mal d’avantages.
Paul n’avait aucun souci matériel. Il était un peu dans la position du docteur Faust qui, ayant vendu son âme au diable, devait s’attendre à la remettre à tout moment. Mais cela lui plaisait. Il avait toujours eu le goût du risque et était incapable d’envisager la vie « popote » que menaient les neuf dixièmes de ses coplanétriotes. »

Extrait de : D. Piret. « Sakkara. »

Naître ou ne pas naître par Daniel Piret

Fiche de Naître ou ne pas naître

Titre : Naître ou ne pas naître
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Naître ou ne pas naître

« Lorsque Hervé « attaqua » les périphériques, il commença à y croire ! Les avait-il attendus, ces congés ! Il se pencha amoureusement du côté de Talma et jeta un œil attendri sur la rotondité de son ventre. Dans quelques mois, il serait père ! Il appuya joyeusement sur l’accélérateur. Talma avait baissé la glace et ses longs cheveux flottaient au vent.
— Tu sais, j’en connais un qui va être heureux !
— Ton père ?
— Bien sûr ! Depuis le temps qu’il attend un petit-fils !
— Ce sera peut-être une petite-fille !
— Ne parle pas de malheur, j’ai déjà assez d’une femme à la maison ! fit Hervé en riant.
Ils venaient de passer Orly et ils prirent la direction de Fontainebleau. Hervé n’avait pas l’intention de suivre l’autoroute jusqu’au bout. Il en sortirait avant pour emprunter les nationales et départementales aujourd’hui désertées et qu’il aimait tant. »

Extrait de : D. Piret. « Naître ou ne pas naître. »

N’ooma par Daniel Piret

Fiche de N’ooma

Titre : N’ooma
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir

Première page de N’ooma

« — Quelle fumée, bon Dieu ! Quelle fumée et quel bruit ! Il n’y a vraiment pas d’autres endroits où aller ?
— Je n’en connais pas d’autres, sinon plus malfamés encore. Antaréga d’Afnor n’est pas Léna XII… loin de là ! Faute de merles, on mange des grives, dit un ancien dicton terrien…
— Quel maudit planétoïde que cet Antaréga ! Combien de temps devrons-nous y rester ?
— Je ne sais pas au juste, Horst… Une semaine, deux semaines peut-être, le temps nécessaire aux réparations du Hativ… Les pièces sont arrivées par transmutateur aujourd’hui…
— Aujourd’hui !… Qu’est-ce que cela veut dire, « aujourd’hui », sur ce misérable caillou où les jours et les nuits sont artificiels ?… Vivre sous cette maudite cloche comme un fromage ! s’exclama le nommé Horst. Il y a de quoi devenir fou !
— Il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur !
— Oh ! toi et tes proverbes ! »

Extrait de : D. Piret. « N’ooma. »

Les survivants de Miderabi par Daniel Piret

Fiche de Les survivants de Miderabi

Titre : Les survivants de Miderabi
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les survivants de Miderabi

« Gaal retenait son souffle. Tous sens en éveil, les muscles tendus, tapi derrière le buisson d’épines, il regardait. L’oiseau de métal s’était posé dans un long sifflement semblable à celui du grand aigle en colère, à quelques mètres de lui.
Il regardait de tout ses yeux. Il avait eu un moment l’idée de fuir, mais une force plus forte que sa volonté propre l’en avait empêché ; peut-être s’appelait-elle : curiosité… Et maintenant, il était là, tremblant, dans l’attente de quelque chose.
Combien de temps se passa-t-il ? Il n’aurait pu le dire, mais sûrement plusieurs heures. Gaal, immobile comme la pierre, ne bougeait pas. Il était habitué à ces longues attentes ; combien de fois n’avait-il pas guetté le grand aurochs ou l’ours des cavernes, et pour lui le temps ne comptait pas.
« L’oiseau » était là, à peu de distance, il était bien plus gros que le plus gros mammouth laineux. La lueur qui l’entourait tout à l’heure avait maintenant disparu et Gaal distinguait mieux. »

Extrait de : D. Piret. « Les survivants de Miderabi. »

Les fils de l’Atlantide par Daniel Piret

Fiche de Les fils de l’Atlantide

Titre : Les fils de l’Atlantide
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les fils de l’Atlantide

« Dim s’étira longuement et émit un bâillement sonore. Il s’assit sur le rebord de la couchette et acheva de se libérer des fils qui le retenaient, prisonnier volontaire, à l’ordinateur-hibernateur. Il se leva lentement et fit jouer ses muscles. Quelques instants, il pratiqua la traditionnelle gymnastique de « remise en forme », puis, calmement, s’approcha des indicateurs directionnels.
Un simple coup d’œil le rassura, la trajectoire était bonne, les temps respectés. Il enclencha la touche d’un tabulateur miniaturisé, prit place dans un fauteuil, étendit les jambes et attendit, feuilletant d’un regard distrait La Terre, un vieux bouquin qui ne le quittait jamais. Une dizaine de secondes plus tard, une voix nasillarde le tirait de sa rêverie.
— Approchons zone 3472 ZH, limite cosmo-spatio-temporelle connue. Vous communiquons tracé théorique à suivre d’après coordonnées dernier repérage professeur Olam.
Une longue suite de chiffres, de symboles mathématiques s’inscrivit sur le petit cadran surmontant le tabulateur, tandis qu’une longue bande perforée apparaissait à la base de la machine. »

Extrait de : D. Piret. « Les Fils de l’Atlantide. »

Les envoyés de Méga par Daniel Piret

Fiche de Les envoyés de Méga

Titre : Les envoyés de Méga
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les envoyés de Méga

« Pour la troisième fois de la journée l’office central de surveillance s’était vu contraint d’interrompre les émissions de télévision. Cela se reproduisait depuis des semaines. Les coordinateurs de programmes s’affolaient, les Anciens les avaient menacés des pires sanctions. Les responsables des différentes chaînes de distribution s’arrachaient les cheveux ; seuls les androïdes, et pour cause, conservaient leur calme.

Nul ne parvenait à comprendre et par suite à expliquer ce qui se passait. Les émissions s’interrompaient brusquement et des textes s’inscrivaient sur les écrans tandis qu’une voix artificielle se faisait entendre… Une voix semblable à celle du Coordinateur Central, énorme ordinateur qui régissait toute la vie de l’empire de Méga.

Le C.C. ne pouvait transmettre que ce qu’on lui avait programmé, il était incapable d’initiative, incapable d’invention et surtout de rébellion. Or ce qui se passait, ce qui s’inscrivait sur les écrans était un appel à la révolution, non point direct mais insidieux, car il menaçait de jeter à bas l’édifice social, la hiérarchie, les coutumes, les usages, les croyances, l’éthique… »

Extrait de : D. Piret. « Les envoyés de Méga. »

Les Égrégores par Daniel Piret

Fiche de Les Égrégores

Titre : Les Égrégores
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les Égrégores

« — Je n’y suis absolument pour personne, Elvyre, dit l’inspecteur Michot en refermant soigneusement la porte du bureau derrière lui. Il se ravisa, rouvrit.
— Vous me ferez monter quelques sandwiches et une bière.
— Bien, Monsieur l’inspecteur.
— Ah oui, j’allais oublier. Dès qu’Alex arrivera, vous me l’enverrez… Lui et personne d’autre ! Compris ?
— Compris, Inspecteur ! À quoi, les sandwiches ? Jambon, saucisson, rillettes ?
— Cela m’est parfaitement égal ! Faites comme pour vous ! L’inspecteur passa derrière l’immense bureau ministre qui encombrait la petite pièce et posa devant lui un volumineux dossier dont la couverture portait en lettres rouges « Ultra confidentiel Interpol ».
Il s’installa dans le fauteuil à roulettes qui, avec le bureau et un ou deux classeurs à rideau, constituait tout le mobilier de la pièce. Il repoussa du revers du bras quelques papiers qui encombraient la table de travail, alluma une cigarette et ouvrit le dossier. »

Extrait de : D. Piret. « Les égrégores. »