Catégorie : Livres
La saison de l’exil par Francine Pelletier

Fiche de La saison de l’exil
Titre : La saison de l’exil (Tome 4 sur 5 – Les aventures d’Arialde)
Auteur : Francine Pelletier
Date de parution : 1992
Editeur : Editions Paulines
Première page de La saison de l’exil
« Que peut bien fabriquer une ornithologue dans un endroit où il n’y a pas d’oiseau ni d’arbre, pas même le moindre atome d’oxygène ?
C’était la question que se posait Arialde Henke dans la navette qui amorçait sa descente vers Titan. Mains crispées aux accoudoirs de son fauteuil, la jeune femme fermait les yeux. De toute manière, il n’y avait rien à voir : pas de hublot, ni d’écran pour montrer aux passagers la surface où ils allaient se poser. Ce n’était pas nécessaire : Arialde avait vu suffisamment d’images de Titan pour savoir à quoi ressemblait sa destination.
Titan : pas même une planète, mais une lune de Saturne. Quant à elle, la planète géante n’était que rarement visible à partir de Titan, à cause des épais nuages de vapeur de méthane qui enveloppaient le satellite. De plus, un « smog », en haute atmosphère, dissimulait la surface de Titan aux yeux des voyageurs qui y arrivaient. Du fait de ce smog, Arialde savait que Titan serait apparu, sur les écrans, comme un globe d’un rouge brunâtre. »
Extrait de : F. Pelletier. « La saison de l’exil – Les aventures d’Arialde. »
Le septième écran par Francine Pelletier

Fiche de Le septième écran
Titre : Le septième écran (Tome 3 sur 5 – Les aventures d’Arialde)
Auteur : Francine Pelletier
Date de parution : 1992
Editeur : Editions Paulines
Première page de Le septième écran
« Quand on a toujours vécu au grand air, rien n’est plus exaspérant que de se retrouver enfermée dans une salle sans fenêtre, où se presse une foule tellement serrée qu’on ne peut esquisser le moindre mouvement sans écraser un pied ou heurter un dos. Quelle raison valable existait-il au monde pour accepter pareil calvaire ? Voilà la question que se posait avec amertume Arialde Henke, tandis qu’autour d’elle les congressistes joyeux s’agitaient bruyamment. Le brouhaha des voix rendait toute conversation indistincte. Au milieu de ce tumulte, une musique de fête devait jouer, mais il n’en restait rien d’audible. Quelle incroyable foire ! Arialde contemplait la foule avec incrédulité. À dix-neuf ans, la jeune femme avait quitté pour la première fois sa planète natale afin d’assister à ce congrès qui se tenait dans Agora, la station spatiale à proximité d’Arkadie. Ah ! Arkadie, c’était autre chose ! Arialde y avait grandi, dans son lointain village où l’on ne verrait jamais tant de monde. »
Extrait de : F. Pelletier. « Le septième écran – Les aventures d’Arialde. »
Le crime de l’enchanteresse par Francine Pelletier

Fiche de Le crime de l’enchanteresse
Titre : Le crime de l’enchanteresse (Tome 2 sur 5 – Les aventures d’Arialde)
Auteur : Francine Pelletier
Date de parution : 1989
Editeur : Editions Paulines
Première page de Le crime de l’enchanteresse
« Ce matin-là, Lisbelle Chatereau travaillait dans la mine comme à tous les jours. L’ouvrière se trouvait dans un boyau étroit et, sous sa commande, une haveuse avançait dans le vacarme de son moteur. Des éclats de pierre jaillissaient tout autour tandis que les lames de la machine attaquaient la paroi rocheuse. Le havage ne visait pas à creuser le roc : la machine striait la surface rocheuse pour faciliter l’abattage qui venait ensuite. D’autres machines suivaient plus loin derrière, dans le même conduit.
La haveuse couinait sous l’effort pour avancer régulièrement et Lisbelle devait interrompre fréquemment la progression de l’appareil pour en nettoyer les chenillettes engluées de boue.
Vêtue de sa combinaison bleue d’ouvrière-mineure, Lisbelle Chatereau guidait patiemment l’appareil. De son casque, la lampe projetait un rayon lumineux sur les parois de la mine. Parfois, une lueur brillait au passage de la lampe : un cristal emprisonné dans la roche. »
Extrait de : F. Pelletier. « Le crime de l’Enchanteresse – Les aventures d’Arialde. »
Mort sur le Redan par Francine Pelletier
Fiche de Mort sur le Redan
Titre : Mort sur le Redan (Tome 1 sur 5 – Les aventures d’Arialde)
Auteur : Francine Pelletier
Date de parution : 1988
Editeur : Editions Paulines
Première page de Mort sur le Redan
« Arialde Henke se trouvait sur une plateforme d’exploration. La jeune fille était petite et mince. En fait, son corps musclé n’avait rien de frêle. Elle se savait capable de traverser la rivière à la nage, s’il le fallait. Car Arialde avait l’habitude du grand air et sa peau brunie par le soleil avait presque la même couleur que ses cheveux.
Près d’elle, sur la plate-forme, se tenaient Ian Onieri et Luc Mareuil. Luc venait de la Terre alors que Ian, tout comme Arialde, était né ici sur la planète Arkadie. Les deux jeunes hommes travaillaient au service de l’hydrographie.
La plate-forme se déplaçait lentement au-dessus de la rivière. Ses suspenseurs troublaient à peine la surface de l’eau. Sur les rives, des arbres se courbaient jusqu’à toucher la surface, des buissons poussaient presque au milieu du courant. D’ailleurs, la région était marécageuse, ponctuée d’étangs où affleuraient de longues herbes. La rivière verdissait à cause de toute cette végétation et, sous le soleil matinal, elle prenait la couleur du jade. D’où son nom : la Jadière. »
Extrait de : F. Pelletier. « Mort sur le Redan – Les aventures d’Arialde. »
Issabel de Qohosaten par Francine Pelletier

Fiche de Issabel de Qohosaten
Titre : Issabel de Qohosaten (Tome 3 sur 3 – Le sable et l’acier)
Auteur : Francine Pelletier
Date de parution : 1998
Editeur : Editions Alire
Première page de Issabel de Qohosaten
« Elle avait été femme, autrefois. En témoignaient les seins flasques, bourses dérisoires qui pendaient sur sa poitrine dénudée.
Elle avait oublié jusqu’à son nom. Elle existait, pourtant, elle respirait. Immobile telle une pierre. Immobile, tenant une pierre. À bout de bras. Prête à frapper. Aux aguets. Car il faut rester aux aguets pour survivre dans la Désolation. Son pagne achevait de tomber en lambeaux sur ses cuisses maigres cuites par le soleil ardent, creusées de sillons par le vent et la poussière. Ses cuisses, ses bras, son visage – semblables aux angles des collines.
Sous le rocher, seul un frémissement signalait la présence du rongeur. Une proie. Un être vivant. Comme elle. Un être de chair et de sang – du sang dont elle s’abreuverait pour que le sien, son sang, coule encore dans ses veines.
Elle tressaillit soudain. Quittant le rocher où se terrait sa proie, son regard se leva vers le ciel. Il n’y avait rien, là-haut, que la grisaille infinie des nuages. Pourtant… Quelque chose était arrivé. Quelque chose… qu’elle n’avait pas senti depuis longtemps.
Troublée, elle reporta son regard vers le rocher. Le rongeur n’allait pas tarder à pointer son museau dans l’air tiédi du soir tombant. Alors, il s’agirait d’être plus vive que lui. Plus vivante que lui. »
Extrait de : F. Pelletier. « Issabel de Qohosaten – Le sable et l’acier. »
Samiva de Frée par Francine Pelletier

Fiche de Samiva de Frée
Titre : Samiva de Frée (Tome 2 sur 3 – Le sable et l’acier)
Auteur : Francine Pelletier
Date de parution : 1998
Editeur : Editions Alire
Première page de Samiva de Frée
« Tout commença à aller de travers la nuit où les Terriens descendirent en plein blizzard.
Jusqu’alors, le lieutenant Sam de Frée jugeait s’être plutôt bien débrouillée dans l’existence. Après tout, elle avait gagné ses galons par un travail acharné et non grâce au piston, comme la plupart de ses confrères. Derrière elle, pour la soutenir, ne se trouvait aucune riche famille, aucun oncle puissant connaissant un tel dans l’entourage du Général, pas de glorieux ancêtres venus du nord pour lui valoir le respect gratuit de ses compagnons de régiment. Rien. Rien qu’une île balayée par les vents…
Il soufflait sacrément fort, le vent, cette nuit-là. Sam était entrée au mess, où elle espérait avaler un bol de bouillon en vitesse, quand elle avait entendu l’alarme retentir, sa corne puissante étouffée par la neige. Bon sang, ils n’allaient pas tenter une descente cette nuit ! Elle s’était précipitée dehors, bien entendu, non sans percevoir quelques ricanements dans son dos. Pas de chance, hein, Sam ? »
Extrait de : F. Pelletier. « Samiva de Frée – Le sable et l’acier. »
Nelle de Vilvèq par Francine Pelletier

Fiche de Nelle de Vilvèq
Titre : Nelle de Vilvèq (Tome 1 sur 3 – Le sable et l’acier)
Auteur : Francine Pelletier
Date de parution : 1997
Editeur : Editions Alire
Première page de Nelle de Vilvèq
« Chère Issa,
Je confie ce paquet au capitaine dans l’espoir qu’il te trouve en bonne santé et toujours active à Qohosaten. Il y a déjà longtemps que je n’ai reçu de nouvelles du « petit peuple », comme tu nommais les tiens. Pourquoi me décidé-je soudain, après toutes ces années, à te faire parvenir mon cahier ?
J’ai beaucoup réfléchi, ces temps derniers, à ce que tu disais de nous – de Samie, de Rinnie, de moi, de toi – à propos du Changement et de ce que nous représentons pour les gens de Qohosaten. Je vieillis aussi, il faut croire… et plus rapidement que toi, je parie. Je me suis rendu compte que je ne serais pas toujours là pour rappeler à mes concitoyens de Vilvèq qu’il existe un monde au delà du désert, que nous y avons des sœurs et des frères, ou à tout le moins des amis avec qui nous pouvons échanger et, si nous le souhaitons, de qui nous pouvons apprendre. »
Extrait de : F. Pelletier. « Le sable et l’acier – Nelle de Vilveq. »
Petites fugues en lettres mineures par Daniel Sernine

Fiche de Petites fugues en lettres mineures
Titre : Petites fugues en lettres mineures
Auteur : Daniel Sernine
Date de parution : 1997
Editeur : Dominique et compagnie
Sommaire de Petites fugues en lettres mineures :
- L’icône de Kiev
- Dans ses yeux une flamme
- La fourgonnette psychédélique
- Banshee
- Un vent de panique
- Les voyages imaginaires
- Les derniers érables
Première page de L’icône de Kiev
« Tard en cette nuit d’automne, il y avait encore de la lumière au château du comte Tchernine, sur la route de Tsarkoïé-Selo. En fait, ce n’était qu’une grande maison, mais le vieux comte aimait l’appeler « château », de la même façon qu’il s’enorgueillissait d’être presque le voisin du tsar, dont le Petit Palais n’était éloigné que de deux verstes.
Dans le salon, lampes et bougies ne parvenaient pas à éclairer tous les coins d’ombre. Il régnait un silence tendu, troublé seulement par le crépitement des bûches dans l’âtre ; on attendait Pierre, le fils du comte, allé en ville à midi.
Il y avait bien une heure que le vieux comte n’avait pas ronchonné « nous aurions dû partir en mars ». Au début, le septuagénaire s’était mis en colère, pour masquer son inquiétude, mais la colère s’était essoufflée et seule restait l’anxiété.
La bru du comte, Ludmila, une femme bien en chair, encore voluptueuse au milieu de la quarantaine, était à la fenêtre. Elle épiait la nuit par un interstice des rideaux, bien que le vieillard l’eût exhortée à ne pas montrer le bout du nez. »
Extrait de : D. Sernine. « Petites fugues en lettres mineures. »
Les portes mystérieuses par Daniel Sernine

Fiche de Les portes mystérieuses
Titre : Les portes mystérieuses
Auteur : Daniel Sernine
Date de parution : 1993
Editeur : Les éditions Héritage
Sommaire de Les portes mystérieuses :
- La porte mystérieuse
- Tu seras le septième
- La pierre d’Erèbe
- Belphéron
- La bouteille
- Les portes mystérieuses
- L’exhumation
- La charogne
- Le veilleur dans le tombeau
- Jalbert
- Maure à Venise
Première page de La porte mystérieuse
« Rue des Fortifications, dans le faubourg Saint-Imnestre, s’ouvre un portail à deux vantaux découpé dans l’épaisse muraille qui donne son nom à ces lieux. Ce portail donne accès à un passage ménagé entre la vieille muraille et le côté d’une maison. Par la gauche, on entre dans un jardin magnifique sur lequel donne la façade de cette maison.
Le jardin est ombragé par quelques grands arbres ; en saison, des bosquets et des plates-bandes y fleurissent. Ce jardin est borné à droite par une palissade de bois vermoulu, et sur deux autres côtés par la vieille muraille des fortifications, formant angle. La maison elle-même constitue le dernier côté de ce quadrilatère. Elle a une façade blanche ; ses châssis, ses volets, ses portes et les bardeaux de son toit sont brun clair. Avec des jardinières devant chaque fenêtre, elle a l’aspect d’une jolie maison de campagne, gaie au soleil. Elle a un rez-de-chaussée, un étage, et de petites lucarnes sur le toit indiquent l’existence d’un grenier. »
Extrait de : D. Sernine. « Les portes mystérieuses. »
Le vieil homme et l’espace par Daniel Sernine
Fiche de Le vieil homme et l’espace
Titre : Le vieil homme et l’espace
Auteur : Daniel Sernine
Date de parution : 1981
Editeur : Editions Le Préambule
Sommaire de Le vieil homme et l’espace :
- Le vieil homme et l’espace
- Exode 5
- La planète malade d’humanité
- Exode 4
- Boulevard des étoiles
- Fin de règne
Première page de Le vieil homme et l’espace
« Au-delà de la baie vitrée, le paysage faisait songer à une vision de rêve, de ces rêves lugubres qu’on a, loin de chez soi, lorsque le mal de l’espace vous rend neurasthénique. Jusqu’à un horizon relativement proche le sol s’étalait, tourmenté, crevassé, un désert rocailleux trop accidenté pour être une plaine mais au relief trop bas pour évoquer des collines. Là-dessus régnait une pénombre outremer, dure et froide, conférant au roc diverses nuances de gris-bleu. Dans le ciel d’un noir d’encre brillait une lune artificielle, telle une énorme étoile d’un blanc bleuté, un des satellites mis sur orbite stationnaire pour éclairer d’un crépuscule fallacieux les nuits de Mercure. Son immense réflecteur parabolique, composé de centaines de grands miroirs teintés, renvoyait la lumière du soleil proche pour alléger l’obscurité.
Un homme se tenait debout devant la baie vitrée, contemplant sans le voir ce paysage désolé qu’il estimait déjà avoir regardé trop souvent, depuis les quelques mois qu’il remplissait sur cet astre les fonctions de contrôleur en chef du trafic aérospatial. »
Extrait de : D. Sernine. « Le vieil homme et l’espace. »